La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Non classé | prep | VIH/Sida | 20.09.2015 - 12 h 00 | 1 COMMENTAIRES
PrEP’Dial : un groupe Facebook d’information et d’autosupport sur la PrEP

Étiquettes : , ,

PrEP’Dial est un groupe francophone d’information, de témoignage et de discussions pour les usagers de la PrEP, les personnes intéressées par cette nouvelle stratégie de prévention biomédicale contre le VIH ainsi que celles et ceux qui en défendent l’accès.

Accéder au groupe : https://www.facebook.com/groups/PrepDial

Plus d’information sur la PrEP : http://www.aides.org/info-sante/prep

 

Accompagner les utilisateurs de la PrEP

PrEP’Dial s’inspire fortement du groupe Facebook anglophone PrEP Facts. Il s’agit de proposer un espace d’echange dédié aux utilisateurs de la PrEP et aux personnes désirant obtenir davantage d’information sur cette nouvelle stratégie de prévention.

Le nombre d’utilisateurs de la PrEP dans les pays francophones est en augmentation, que ce soit au travers des essais en prévention actuellement en cours ou à venir tel Ipergay, par un accès via le système de santé, comme au Quebec et on l’espère bientôt en France ou tout simplement par des circuits d’approvisionnement alternatifs (« PrEP sauvage »). Chacun pourra trouver sur ce groupe un espace d’expression, en français, pour partager son vécu dans le parcours de PrEP ou encore partager de l’information. L’objectif n’etant pas de debattre de l’intéret de la PrEP – celui-ci a déjà été démontré notamment pour les hommes ayant des rapports sexuels avec d’aurres hommes, mais bien de soutenir le succès de cette stratégie de prévention qui repose sur un accompagnement renforcé des utilisateurs.

Banaliser l’image de la PrEP

Malgré les tentatives de diabolisation par certains acteurs communautaires refractaires des utilisateurs de la PrEP, ces derniers entendent au contraire défendre leur choix de recourir à cette strategie de prévention. A l’image du mouvement des « Truvada Whores » (« salope à truvada ») ou du fil hashtag #PostYourPrEP sur les réseaux sociaux, sur lequel défilaient les selfies d’utilisateurs avec leur cachet de Truvada, les groupes PrEP Facts et PrEP’Dial souhaitent soutenir le témoignage de ces personnes motivées par l’objectif de prendre soin de leur santé tout en jouissant de leur sexualité.

 

Une animation participative, une modération communutaire

Le groupe est alimenté par les contributions des membres, libres de lancer des débats, répondre à des posts ou soumettre des articles. Le cadre est posé dans le texte de présentation du groupe : pas de dénigrement ou de trolling contre la PrEP ici et des echanges dans le respect des pratiques et des choix de chacun.

Les membres pouvent ainsi partager une information, leurs trucs et astuces sur le bon suivi du protocole de prise du Truvada, gage d’efficacité de la PrEP orale ou encore une information nouvelle qui viendrait de paraitre.

La modération est quant à elle assurée par des militants des associations communautaires AIDES et de « Nous sommes PrEP » réunissant des utilisateurs de la PrEP. Et ce afin de veiller au bon fonctionnement du groupe, à la liberté de ton sans jugement des personnes.

 

Vincent

 

Non classé | Produits | RdR | Relation médecin patient | santé sexuelle | Slam | VIH/Sida | 28.08.2015 - 17 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Traitements contre le VIH et drogues récréatives : interactions potentiellement dangereuses (methamphétamine, méphédrone, MDMA ou kétamine)

Étiquettes : , , , ,

(Traduction) Les deux médicaments utilisés dans le traitement du VIH et qui sont les plus susceptibles de provoquer des interactions avec les drogues récréatives sont ceux n’ayant pas d’action directe contre le virus mais utilisés en complément des antirétroviraux pour booster la concentration de ces derniers dans l’organisme, à savoir la Ritonavir (délivré sous le nom commercial de NORVIR ® ) et Cobicistat (TYBOST ® ). Interactions également possibles avec les médicaments traitant les troubles érectiles et les benzodiazépines. (auteur de l’article : Roger Pebody, Aidsmap. Traduction : Gaymasanté !).

 

Cobicistat est une des molécules entrant dans la combinaison du STRIBILD ® (avec elvitegravir, tenofovir et emtricitabine), présent également dans le PREZCOBIX ® (avec du darunavir) ou encore EVOTAZ ® (avec de l’atazanavir). Ritonavir est prescrit en complément des inhibiteurs de protéase et est également présent dans le KALETRA ® (avec du lopinavir) ainsi que dans le VIEKIRAX ® utilisé en traitement de l’hépatite C.

Alors qu’il existe potentiellement des interactions dangereuses entre les antirétroviraux à action directe contre le VIH et les drogues récréatives, celles-ci semblent moins inquiétantes que celles identifiées avec les boosters. Par ailleurs, toutes les drogues récréatives n’ont pas forcément d’interaction avec les antirétroviraux.

« Les praticiens doivent être conscients de ces risques pour informer leurs patients, soutiennent les auteurs d’une revue d’experts publiée le 24 août dans le magasine AIDS. Partant du principe que les usagers de produits continueront d’utiliser des drogues récréatives malgré les recommandations médicales, les praticiens doivent envisager de proposer des switch (changement de traitement) chez leurs patients vers des combinaisons thérapeutiques présentant un risque plus faible d’interactions », recommandent-ils dans l’article.

A propos des interactions

Lorsqu’un médicament est pris en combinaison avec un autre produit, licite ou illicite, leur interaction peut potentiellement réduire ou accentuer l’effet de l’un ou de l’autre. C’est le cas tant pour les drogues licites (médicaments) prescrits que pour les produits illicites, comme les drogues récréatives. Néanmoins il y a généralement plus d’études réalisées sur les interactions entre drogues licites, qu’entre médicaments et drogues illicites.

Depuis de nombreuses années néanmoins, des inquiétudes subsistent quant aux interactions entre certains médicaments antirétroviraux et les drogues récréatives. Plus récemment, un nouveau booster a été mis sur le marché : le cobicistat. Et nous assistons en parallèle à une modification des comportements chez les hommes gays au Royaume-Uni vivant avec le VIH en ce qui concerne la consommation de drogues récréatives. Le Crystal meth et la mephedrone sont en effet bien plus consommés qu’ils ne l’étaient auparavant, notamment dans le contexte des chemsex parties, ou soirées privées pouvant durée de nombreuses heures avec une consommation combinée de différentes substances psychoactives.

De plus, nous constatons un usage d’injection plus fréquent de ces drogues, cette pratique ayant pour conséquence une augmentation plus rapide de la concentration des produits absorbés par le sang et des risques de surdose.

Un groupe d’étude composé de praticiens, pharmaciens, biologistes ainsi qu’un consultant sur les produits psychoactifs ont conduit une revue de la littérature et des cas cliniques documentés afin de proposer un résumé actualisé des données disponibles concernant les interactions entre drogues et médicaments antirétroviraux. Plutôt que de couvrir toutes les interactions théoriquement possibles, ils ont souhaité proposer une revue pratique au service des praticiens. Aussi se sont-ils concentrés sur les interactions entre les drogues illicites communément utilisés chez les hommes gays vivant au Royaume-Uni et les médicaments antirétroviraux.

« Nous disposons de peu de données sur les interactions entre l’usage de substances psychoactives et les antirétroviraux, mais les connaissances concernant les potentiels effets cliniques de telles interactions doivent faire l’objet d’une grande attention de la part des praticiens suivant des patients vivant avec le VIH », précisent-ils.

 

Ritonavir et cobicistat

Le message principal de cette revue est que les deux médicaments prescrits les plus susceptibles de causer des interactions dangereuses avec les drogues récréatives sont le ritonavir (NORVIR ® ) et le cobicistat (TYBOST ® ).

Ces deux médicaments appartiennent à la classe des boosters, qui n’ont pas d’effets directs sur le VIH mais qui sont prescrits pour augmenter le niveau de concentration des antirétroviraux. Une petite dose de ces médicaments suffit à faire en sorte que le foie ralentisse le processus de dégradation, ce qui signifie que la molécule antirétrovirale restera plus longtemps dans l’organisme et à un niveau de concentration plus élevée. Sans cet agent booster, il faudrait prescrire une dose plus importante d’antirétroviral, pour un même niveau d’efficacité.

Ces boosters sont généralement utilisés en complément de la classe des antiprotéases (lopinavir, darunavir, atazanavir, fosamprenavir, tipranavir, communméments appelés par leurs noms commerciaux : KALETRA ® , PREZISTA ® , REYATAZ ® , TELZIR ® , APTIVUS ® ) mais aussi avec un inhibiteur d’intégrase (comme l’elvitagravir, contenu dans le STRIBILD ®) et dans certaines combinaisons thérapeutiques contre le virus de l’hépatite C (VIEKIRA ® ).

Ritonavir et cobicistat sont métabolisés par des enzymes du foie appelés CYP2D6 et CYP3A4. Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées par les mêmes enzymes, provoquant de potentielles interactions. L’effet booster ralenti alors leur dégradation par le foie, avec pour conséquence d’augmenter la concentration et la durée de vie dans le corps des produits psychoactifs. Ce qui peut mener à de sérieux effets secondaires voire à une overdose.

Quels produits sont concernés

Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées soit par l’enzyme CYP2D6 du foie, ou la CYP3A4 – les mêmes métabolisées par le ritonavir et le cobicistat. Celles-ci sont :

  • – Crystal methamphetamine (crystal, tina, meth)
  • – MDMA (ecstasy, X, mandy)
  • – Mephedrone (miaw miaw, plant food, bath salts)
  • – Ketamine (K, vitamin K, special K)
  • – Médicaments contre les troubles érectiles (Viagra, Cialis, Levitra)
  • – Benzodiazepines (benzos, Valium, Xanax)

Les auteurs jugent les interactions potentielles entre les trois premiers produits comme étant plutôt « modérés ». Inversement ils estiment que les trois derniers présentent un « risque élevé » d’interactions. Par ailleurs les médicaments traitant les troubles érectiles ou encore les benzodiazepines font souvent l’objet d’une consommation « sauvage », hors circuit médical, avec un risque de prendre une dose plus conséquente.

Avec chacune de ces drogues récréatives, une interaction avec le ritonavir et le cobicistat a pour conséquence l’augmentation en intensité de leurs effets, pouvant aller à des niveaux dangereux et difficiles à gérer pour la personne.

Des cas de décès chez des personnes sous ritonavir consommant du Crystal meth ont été rapportés, ainsi que chez des personnes consommant de la MDMA. Les analyses post-mortems ont montré un niveau anormal de concentration de ces drogues récréatives dans le sang de ces individus. Des cas ont également été identifiés d’effets secondaires graves consécutifs à l’usage de Ketamine chez des personnes sous ritonavir.

Les surdoses de médicaments traitant les troubles érectiles peuvent être dangereux pour le cœur. Les surdoses de benzodiazepines peuvent quant à elles provoquer des malaises ou des troubles respiratoires.

Les auteurs indiquent ne pas connaitre les interactions liés au GHB (gamma-hydroxybutyrate) ou GBL GBL (gamma-butyrolactone) et reconnaissent que peu de cas d’interactions ont été documentés jusqu’à présents.

Drogues récréatives et inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse
Des interactions différentes peuvent se présenter entre les drogues récréatives et les inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, dans la mesure où celles-ci sont métabolisés d’une autre manière. La conséquence de la combinaison des deux peut alors résulter en une concentration moins importante que prévu du produit psychoactif.

Cela concerne notamment les produits suivants : Efavirenz (SUSTIVA ®), Nevirapine (VIRAMUNE ®) et Etravirine (INTELENCE ®). Par opposition, la Rilpivirine (EDURANT ®) ne semble pas présenter d’interaction avec les drogues récréatives.

Les auteurs pensent que cette interaction peut notamment se produire avec la cocaïne, la kétamine et les médicaments traitant les troubles érectiles.

Cette classe de médicament a en effet pour conséquence d’accélérer la dégradation par le foie des drogues récréatives, ce qui signifie que les produits restent moins longtemps et à une concentration moindre qu’attendue. Bien que cela puisse sembler moins dangereux, les auteurs soulignent que si le produit n’a pas l’effet escompté par la personne, cela peut mener à une consommation plus importante ou une modification de la pratique, par injection par exemple, menant à des risques imprévisibles.

Les produits n’ayant pas d’interaction significative
Les auteurs considèrent le potentiel d’interactions entre certaines autres drogues récréatives et antirétroviraux comme étant plutôt faible. Cela inclue l’alcool, le cannabis, le poppers, l’héroine et certains autres opiacés.

De la même manière, les molécules antirétrovirales suivantes n’ont pas fait l’objet de troubles particuliers documentés :

  • – L’ensemble des Inhibiteur nucléosidique de la Transcriptase inverse,
  • – La Rilpivirine (EDURANT ® ), qui est un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse,
  • – Raltegravir (ISENTRESS ® ) et dolutegravir (TIVICAY ® ), qui sont des inhibiteurs d’intégrase,
  • – Maraviroc (CELSENTRI ® ), un inhibiteur de CCR5.

 

Recommandations

« Les praticiens doivent être vigilants aux épisodes et pratiques de consommation de drogues récréatives chez leurs patients afin de les informer sur les risques de toxicité, des effets secondaires liés aux produits et de potentielles interactions pouvant mener à une surdose involontaire et fatale » concluent les auteurs de l’article.

« Malgré cela, de nombreux patients ne modifieront pas leur consommation, par conséquent un switch vers une autre combinaison antirétrovirale présentant moins de risque d’interaction doit être envisagée avec le patient ».

Auteur : Roger Pebody

Cet article est une traduction du site www.aidsmap.com. Voir l’article original.

 

Références
Bracchi M et al. Increasing use of ‘party drugs’ in people living with HIV on antiretrovirals: a concern for patient safety. AIDS 29: 1585-1592, 2015.

L’université de Liverpool a par ailleurs publié un tableau des interactions entre les antirétroviraux et les drogues récréatives.

Produits | RdR | Slam | 28.05.2014 - 09 h 01 | 1 COMMENTAIRES
Slam : seringues, récupérateurs et petit matériel en accès gratuit

Étiquettes : , , , , ,

Image - slamLes militants de AIDES Île-de-France tiennent une permanence dédiée au slam au 36 rue Dussoubs (2e arrondissement, M° Réaumur, Sentier ou Les Halles)) tous les jeudis de 18h à 20h.

Tu trouveras en accès libre tout le matériel stérile et à usage unique nécessaire pour un slam à moindre risque (je vous apprends rien en disant que le partage de la même seringue voire du petit matériel (coton, cuillère, tampon, etc.) entre deux ou plusieurs personnes est à haut risque de transmission du VIH et de l’hépatite C).

C’est également l’occasion de se poser, discuter de ses pratiques, partager les bonnes astuces de consommation et prendre connaissance des ressources existantes concernant l’usage de prods (infos, asso, sites web, professionnels, etc.). Il est également possible de faire un test rapide du VIH et (espérons le) bientôt de l’hépatite C.

Les militants ont un projet de développement d’un espace ressource dédié, avec notamment la production d’une vidéo d’injection à moindre risque et d’un site web faits par et pour les mecs qui slam regroupant plein d’infos, de trucs et astuces. N’hésite pas à venir en discuter sur place, ils ont besoin de volontaires !

Il est également possible de venir en dehors de cette permanence dédiée. Le local de AIDES est ouvert le Lundi de 14h à 17h, et du mardi au jeudi de 10h à 13h. Le mieux reste aussi de les appeler savoir quand tu peux passer. Tél : 01 44 82 53 14

Possibilité de discuter aussi sur BBZ, profil : Assoc AIDES2 !

Pour trouver tous les lieux où récupérer du matériel en France, quelques liens :

Cul | Dépistage | Général | Homophobie | VIH/Sida | 03.01.2013 - 00 h 40 | 1 COMMENTAIRES
2013… et si on changeait de regard pour de bon sur le VIH ?

Étiquettes : , , , , , , , ,

Regard 2013

Après une carence d’articles… On est reparti comme en ’40 sur une bonne lancée… ! Un peu comme une bonne résolution que l’on va essayer de tenir ! La fin du monde n’a pas eu lieu au dernier solstice d’hiver… place à une nouvelle ère mais du coup… et si on changeait de regard sur le VIH pour de bon ? Beaucoup de vœux seraient souhaitables pour cette nouvelle année qui s’engage… !

2013… année folle… année du mariage ? Folle oui… mais les seules folles qui soient sont celles qui déchargent leur haine nauséabonde que l’on pensait être l’adage du Moyen-Âge… ! Quel rapport avec le VIH vous allez me dire ? Il ne faut pas aller chercher bien loin… La lutte contre le VIH/Sida ne peut pas aller sans une lutte contre les discriminations, notamment la lutte contre l’homophobie. Et comme le disait à très juste titre un des enfants de couples homoparentaux qui a été auditionné à l’assemblée récemment, la question latente derrière tous les débats qu’il y a actuellement n’est bien souvent pas tant « pour ou contre le mariage et l’adoption ouverts aux couples homosexuels » mais plutôt « pour ou contre l’homosexualité », comme si elle représentait un danger pour notre société, comme si c’était toujours considéré comme une maladie, une déviance… ! Or ce débat, et cette discrimination étatique qui est toujours en place, nuisent à l’estime de soi de beaucoup de gays, étant relégués à l’état de « sous-citoyen ». La mauvaise estime de soi, en plus de créer un surtaux de suicide chez les jeunes gays, est aussi un facteur de prises de risques sexuels ! Bien souvent, quand on n’est pas très bien dans sa peau, ce n’est pas toujours évident de prendre soin de sa santé, ce n’est pas une priorité… la sexualité peut parfois être utilisée comme un exutoire… les prises de risques peuvent plus facilement survenir… et une éventuelle contamination au VIH peut arriver !

Ouvrir le droit au mariage, à l’adoption et à la PMA aux couples homosexuels, lutter pour l’égalité des droits… c’est également lutter, dans une certaine mesure contre le terreau qui entretien l’épidémie du VIH/Sida chez les gays !

2013… année de la baise… année du pouvoir de s’exprimer librement ? Trop souvent encore un regard plein de morale s’écrase sur les épaules des mecs qui font des plans cul, qui parfois peuvent prendre des risques, qui ne font pas ou peu de plans cul mais qui prennent également parfois des risques ! Je pense que tout le monde est libre d’avoir sa propre sexualité, à partir du moment où c’est fait dans le respect de l’autre et en toute conscience de ce que l’on fait, sans que tout un chacun vienne y mettre son nez et se mêler de ce qui ne le regarde pas… ! Ce regard-censure a des effets pervers, et est également vecteur de l’épidémie. En effet, s’il est déjà ardu de parler librement de sa sexualité, sans tabou et sans jugement, il est encore plus difficile de pouvoir parler de ses éventuelles prises de risques… ! Et si on ne peut pas parler du fait que la capote nous fait débander, qu’on ressent moins de plaisir avec, qu’on a un mec séropo qui n’est pas sous traitement avec qui on n’arrive plus à mettre la capote, qu’on aime le jus, qu’on n’arrive pas à imposer la capote à son partenaire, que la prise de risque peut être excitante, qu’on est à fond sur un mec et qu’on ne pense pas du tout à se protéger, etc. sans se faire traiter d’inconscient, d’irresponsable, de salope et autres jolies dénominations… Comment peut-on clairement avoir accès à une information adaptée à nos pratiques, afin de mettre en place une réelle stratégie de réduction des risques ? Même si la protection n’est pas à 100%, il existe toute une palette d’outils et de techniques pour réduire au plus possible ces risques !

Pouvoir parler librement et sans jugement de sa sexualité et ses éventuelles prises de risques est essentiel pour mieux se protéger et avoir de l’aide !

2013… année de la disance… année de l’annonce ? Malgré les énormes progrès de la recherche sur le VIH, malgré un espérance de vie égale ou quasi égale pour les personnes séropositives que n’importe qui, malgré les résultats des études qui montrent que le traitement est extrêmement efficace pour éviter la contamination de son partenaire… les représentations sur le VIH et les personnes séropositives demeurent ancrées dans les années 80-90 et une proportion non négligeable de la population en a encore une peur irrationnelle ! Une personne qui découvre sa séropositivité aujourd’hui, ça sera certes un choc, ça ne sera certes sûrement pas facile à encaisser. Le regard et le rejet de certains autres sera lourd à supporter parfois, mais grâce aux traitements elle pourra continuer à mener une vie normale, extraordinaire même si elle le souhaite ! Elle pourra travailler. Elle pourra continuer à avoir pleins d’amis. Elle pourra faire du sport, baiser, tomber amoureux et se mettre en couple, fonder une famille, avoir des enfants et peut-être même des petits-enfants, avoir des projets et vivre quoi ! Et beaucoup de personnes qui annoncent une séropositivité (médecins ou militants associatifs) gardent malgré tout une image plutôt négative de cette annonce ! Même si en effet ce n’est pas facile à faire, il faut garder à l’esprit que dans une certaine mesure c’est une annonce positive (sans mauvais jeu de mot). Elle l’est d’un point de vue individuel, car la personne va pouvoir entrer dans un parcours de soin et prendre rapidement un traitement. Même si le traitement n’est pas forcément anodin et une partie de rigolade, le VIH n’est pas non plus anodin et il agresse en permanence le corps… ! Une étude a récemment montré une corrélation entre une plus mauvaise fin de vie, et le temps mis avant de commencer un traitement ! Et enfin cette annonce est positive d’un point de vue collectif, car une personne qui connaît son statut va faire prendre beaucoup moins de risques à ses partenaires. Une des plus grandes peurs des personnes séropositives est de contaminer quelqu’un d’autre ! Par ailleurs, le fait qu’elle puisse prendre un traitement évitera quasi à coup sûr une ou plusieurs autres contaminations, et aura pour effet de baisser la « charge virale communautaire » (addition de toutes les charges virales d’une communauté), et donc fera baisser le risque de contamination au sein de cette communauté… !

Pour mieux lutter contre le VIH, il est nécessaire de regarder la réalité de la séropositivité à travers un filtre objectif, et non un spectre noircissant les choses plus qu’elles ne le sont pour faire peur ! Il est prouvé par de nombreuses études que la peur comme moteur de prévention n’est pas ce qu’il y a de plus efficace du tout ! Comme disait un médecin avec laquelle j’intervenais à l’occasion du 1er décembre dernier devant un amphi d’étudiants en médecine et sages-femmes, « aujourd’hui il est certain que l’on vit mieux sans le VIH… mais on vit bien, voire très bien avec malgré tout… » !

2013… année du test… année de l’autonomie… ? Le dépistage est une étape indispensable à la lutte contre le VIH, et si l’image que l’on se fait du VIH est déformée, beaucoup de monde ne va pas, ou à reculons, la boule au ventre, se faire dépister ! Il serait souhaitable pour mieux lutter contre le VIH de développer encore plus l’offre de dépistage ! En 2011, grâce à l’action de Roselyne Bachelot visant à l’autorisation du dépistage communautaire, un grand pas a déjà été fait sur l’accessibilité des tests… ! Un tiers des dépistages réalisés à AIDeS cette année était auprès de personnes pour qui c’était la première fois. Preuve que le dépistage rapide, gratuit, indolore et dans des lieux que fréquentent les gays permet de toucher plus de monde que le dépistage classique. Cependant, on peut encore mieux faire ! Bien que les tests rapides soient désormais facilement accessibles sur les actions des militants associatifs, un certain nombre de personnes ne vont pas pour autant se faire dépister. Il y a ceux qui préfèrent que ce soit réalisé par un médecin ou une infirmière, ceux qui préfèrent que ce soit par un pair… et ceux qui ne souhaitent ni l’un ou l’autre, mais préfèreraient le faire eux-mêmes chez eux ! C’est pour ça que je pense qu’il est indispensable d’aller vers l’autorisation des autotests ! Plutôt que ces mecs ne commandent des tests via internet, où on ne connaît pas vraiment la fiabilité, et où le coût n’est pas  négligeable, l’état pourrait mettre en libre-service en pharmacie ou auprès d’associations des tests certifiés NF que les personnes pourraient faire seules ! Certains vont agiter les chiffons rouges, comme quoi il pourrait y avoir des dérives, des perdus de vue dans le système de soin, des mauvaises manipulations, des suicides, etc. ! Bien sûr que c’est possible… rien n’est impossible ! Mais les mêmes chiffons rouges étaient agités lorsqu’il était question de laisser la responsabilité à des militants associatifs de réaliser des TROD (Test Rapide à Orientation Diagnostic) ! Qu’il est nécessaire que la personne soit accompagnée par un médecin, et qu’elle ne soit pas seule après une annonce. Mais au final, une fois la consultation finie, la personne se retrouve dans tous les cas seule face à elle-même… ! Et c’est la méconnaissance de ce qu’est vraiment la séropositive et les peurs qui sont entretenues par certains qui sont responsables des éventuels suicides et autres conneries que pourraient faire les gens ! Il serait temps en 2013 de cesser de prendre les gens pour des irresponsables… ! Il est temps d’accompagner vers l’autonomie les personnes afin qu’elles puissent comprendre facilement comment fonctionne un test et comment le réaliser soi-même, car ce n’est vraiment pas sorcier du tout, et un certain nombre des militants associatifs se font eux-mêmes le test, comme le font également beaucoup de personnels soignants… !

Pour mieux lutter contre le VIH, je pense qu’il est nécessaire de partager le pouvoir ! Je pense que beaucoup de ceux dans le corps médical qui ont freiné pour le dépistage communautaire, et beaucoup de ceux qui freinent à la fois dans ce même corps médical et dans le milieu associatif aujourd’hui pour que les autotests n’arrivent pas sur le marché, ont peur de perdre leur pouvoir ! Ils tendent à l’inertie pour conserver le pouvoir qu’ils ont sur les gens en détenant le savoir ! Or je pense plutôt qu’en partageant ce pouvoir, au final on en gagne !

Tout ceci ne saurait être exhaustif dans le combat pour plus d’égalité et moins de VIH… A vous de compléter la liste de vœux pour cette année… ! En vous souhaitant à toutes et tous une super année 2013… riche en amour, en sexe, en ouverture d’esprit et en pouvoir d’agir !

Général | Homophobie | VIH/Sida | 14.05.2012 - 11 h 54 | 22 COMMENTAIRES
J’aurais préféré ne pas être gay…

Étiquettes : , , ,

Shakespeare se posait la question d’être ou ne pas être… quelle chance le fait de pouvoir choisir ! C’est un luxe qui ne nous est pas permis à nous autres, personnes homosexuelles, malgré ce que peuvent en dire bon nombre de détracteurs sur la scène publique ou parfois dans nos sphères privées.

Je pense que j’ai eu la chance de naître sous une bonne étoile, d’avoir une famille avec de réels soutiens, une famille où même si ça n’a pas été facile avec tout le monde, même si j’ai eu peur de m’assumer, au final je suis libre d’être qui je suis sans avoir à me cacher, un cercle d’ami où il en est de même, et un cercle professionnel où l’homosexualité pourrait peut-être être considérée comme une norme statistique… =) ! Je pense avoir eu la chance d’avoir pu m’épanouir, et même si ça peut m’arriver de cacher mon homosexualité dans certains lieux publics, la plupart je n’ai désormais plus aucun souci avec cette part de mon être. Et plusieurs fois j’ai entendu cette phrase qui me fait un pincement au cœur… « J’aurais préféré ne pas être gay… » ! Et à chaque fois mon sentiment oscille entre de la colère, de la révolte, de la tristesse, et de l’empathie. Je pense que ça me renvoie sûrement aux tourments que j’ai pu vivre intérieurement en me rendant compte que j’étais gay et je pense que je dois un peu le prendre comme une insulte ou un affront à l’égard du combat ou du moins le cheminement parfois difficile que j’ai dû parcourir pour arriver à l’état d’acceptation dans lequel je me trouve. Et puis c’est un peu comme si j’entendais un « J’aurais préféré ne pas te connaître… » car la probabilité de se rencontrer si on n’avait pas été tous les deux gays aurait été plus faible je pense, et on n’aurait certainement pas vécu les mêmes choses…

Je pense que la différence est une chance. Le fait d’appartenir à une minorité, même si ce n’est pas facile tous les jours, peut conférer une certaine force, car il faut de la force pour s’accepter et avancer la tête haute dans une société où l’homophobie est présente sous diverses formes (primaire avec des brutus, mais aussi politique où il n’y a pas d’égalité de droits totale avec les personnes hétérosexuelles). Je pense que la différence peut conférer plus de tolérance et une ouverture sur le monde peut-être plus grande. Et à côté de ça je trouve ça beau d’être différent, mais c’est un jugement subjectif. C’est un facteur commun qui fait se rapprocher et apprendre à se connaître des personnes d’horizons totalement divers et variés, notamment dans les lieux dits « communautaires ». On peut aussi bien croiser des médecins, des hommes politiques, des manutentionnaires, des coiffeurs, des ingénieurs, des étudiants en toutes sortes, des musiciens, des mécaniciens, des contrôleurs de train, des militants associatifs, des avocats, qui sont tous au même endroit… enfin bref des gens issues de toutes les classes de la société. Certains pourraient parler de « communautarisme », de « ghettoïsation », etc. mais ces lieux ont été créé parce que c’était le seul moyen pour certains d’échapper à l’homophobie et de ne pas avoir à cacher son homosexualité en société. Je pense que la « communauté homosexuelle » dans sa grande diversité est une vraie richesse et j’espère qu’elle la conservera longtemps. Mais je pense que pour profiter pleinement de cette richesse il faut être bien dans sa peau… ! Ce qui n’est bien évidemment pas évident… !

Quand j’entends mon copain, mon meilleur ami ou d’autres personnes dire « J’aurais préféré ne pas être gay… » j’aime à me dire que si la vie était trop facile ça ne serait pas intéressant… s’il n’y avait aucun challenge elle serait bien fade… même si je suppose que les personnes hétérosexuelles ont également leurs lots d’interrogations et de problèmes à résoudre. Mais je ne sais pas du tout ce que je serais devenu si je n’avais pas été gay, si j’avais eu un boulot qui me plaît tant, et puis surtout si j’avais rencontré toutes les personnes géniales que je côtoie !? Mais dans un sens, comment leur en vouloir de ce mal être que j’ai aussi vécu à un moment donné ?

Comment leur en vouloir d’avoir peur de se faire agresser dans la rue parce qu’on est un « pédé » ou une « gouine » ? C’est dur de devoir réprimer sa passion quand on se promène en couple dans la rue, pour ceux qui ont la chance d’être en couple, et de se retenir de prendre la main de son copain (ou de sa copine pour certaines), de se retenir d’avoir des gestes de tendresse, de regarder autour de soi avant d’embrasser la personne qu’on aime, de guetter le regard de travers, la moquerie ou le doigt pointé en sa direction alors que les couples hétérosexuels ne se posent pas cette question pour se faire des au revoir passionnés sur le quai de la gare par exemple (oui j’écris souvent mes articles dans le train… =) ) ! C’est la première chose que m’a dit ma mère quand elle a appris que j’étais gay : « Ma seule peur c’est qu’on te fasse du mal en raison de ton homosexualité… ». Mais parfois il n’y a pas besoin d’attendre que le coup fatal soit porté directement par autrui. C’est effarant de voir que les jeunes homosexuels masculins ont un taux de suicide 13 fois plus élevé que celui des jeunes hétérosexuels. Ces derniers meurent bien plus souvent d’accidents de la route que par suicide.

Comment leur en vouloir d’avoir peur de ne pas pouvoir fonder une famille parce que dans l’état actuel des choses la législation nous considère comme socialement stériles. Tant que le mariage pour les couples de même sexe, l’adoption, l’insémination artificielle, la gestation pour autrui et tutti quanti ne seront pas effectifs les choses seront difficiles pour nous et les familles homoparentales qui existent déjà seront dans la précarité. Depuis très jeune j’ai toujours adoré les enfants et j’ai toujours voulu plus tard en avoir plusieurs et je ne m’en suis jamais caché… Une de mes grands-mères m’imaginait même en bon père de famille entouré de plein d’enfants avant d’apprendre que j’étais gay. Aujourd’hui je suis persuadé que j’en aurais un jour… mais beaucoup d’amis qui ont 30-40 se sont résignés avec peine à ne pas en avoir. C’était je pense une des étapes les plus difficiles pour moi dans l’acceptation de mon homosexualité que de penser au début que je ne pourrai pas avoir d’enfants. Et ça m’est resté longtemps en travers de la gorge quand j’ai entendu mon père dire un jour que « les homosexuels sont égoïstes, ils ne veulent pas nous faire de petits-enfants »… heureusement qu’il ne pense plus ça aujourd’hui et qu’il m’aime et m’accepte comme je suis aujourd’hui. J’espère que les choses pour les gays vont rapidement s’arranger maintenant qu’on a un nouveau président.

Comment en vouloir à mon meilleur ami quand il me dit que s’il n’avait pas été gay il ne serait très probablement pas séropositif aujourd’hui ? Comme si la stigmatisation en raison de notre orientation sexuelle ne suffisait pas, nous sommes injustement victime d’une terrible épidémie. Comment vivre pleinement sa sexualité lorsque l’on sait qu’un gay a statistiquement 200 fois plus de risques qu’une personne lambda de se faire contaminer par le VIH ? En raison d’un multi-partenariat souvent important dans une population très réduite où le virus a une très forte prévalence (12 à 15% des gays vivent avec le VIH), de pratiques sexuelles (la sodomie) plus à risque car la muqueuse anale est plus fragile que la muqueuse vaginale et saigne donc plus facilement etc… ! C’est injuste mais nous devons assumer cette épidémie et être forts pour la combattre. Mais quelle chance pour nous qui somme la jeune génération de vivre à une époque où un traitement efficace existe et nous permet de vivre quasi aussi longtemps que tout le monde. Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous conseille de regarder « We Were Here », un film qui parle de l’hécatombe qu’a fait le VIH à ses débuts à San Francisco parmi la population homosexuelle. Des beaux et jeunes mecs qui par milliers sont tombés malade puis sont morts en quelques semaines… C’est un traumatisme épouvantable qui reste encore dans la mémoire des gens, ce qui entretient notamment, je pense, les stigmatisations des personnes vivant avec le VIH. Ce n’est certes pas à oublier, ce n’est pas facile de déprogrammer son cerveau car la peur y est souvent ancrée profondément, mais il faut réussir à rationaliser cette peur car aujourd’hui la situation n’a rien à voir, on vit avec le VIH. Et je ne pourrais jamais assez remercier ma mère de ne pas m’avoir fait plus tôt…

Aujourd’hui nous avons un nouveau président, peut-être bientôt une nouvelle assemblée qui sera à gauche, du moins je l’espère, et j’espère que le changement sera pour bientôt en ce qui concerne les droits pour les personnes homosexuelles. Je remercie les générations précédentes de gays et lesbiennes qui se sont battues pour les utopies que nous vivons aujourd’hui. J’espère voir se multiplier les initiatives comme It Gets Better (aux USA) ou Demain Sera Meilleur, à Montpellier. J’espère un jour ne plus entendre « J’aurais préféré ne pas être gay… » cela voudra dire que les combats que nous menons aujourd’hui auront portés leurs fruits, et que les générations suivantes de gays et lesbiennes et bis et trans vivront mieux que nous. Ils vivront nos utopies d’aujourd’hui…

Général | VIH/Sida | 30.11.2011 - 11 h 33 | 4 COMMENTAIRES
Séroconversion, et si jamais…?

Étiquettes : , , , ,

Séroconversion, et si jamais… ?

Depuis  l’article sur les couples sérodifférents, beaucoup de réflexions liées de prêt ou de loin à ce sujet se sont bousculées dans mon esprit, notamment sur la séroconversion.

Qu’est-ce donc alors ? Il s’agit, comme son nom l’indique, du moment où un séronégatif devient séropositif… la science ne nous permettant pas encore de faire une séroconversion inversée, hélas… (sauf une fois dans un cas allemand de greffe de moelle osseuse mais c’est l’exception qui confirme la règle) !

J’aurais très facilement pu recueillir des témoignages de personnes séropositives pour savoir comment elles ont vécu cette séroconversion et l’annonce de leur séropositivité, mais je préfère axer ça plus sur une réflexion de chacun… « Et si jamais, un jour, ça m’arrivait… ? » Et le plus intéressant ne sera pas cet article, mais votre projection dans les commentaires.

Je sais qu’il s’agit d’une chose à laquelle les gens ne préfèrent pas penser, ça en terrifie beaucoup, et je l’observe notamment lorsque je pose cette question à l’occasion d’un test rapide pour le VIH… Soit les gens n’y ont pas réfléchi avant, soit même sur le coup, ils ne préfèrent pas y réfléchir lorsque je leur demande tellement l’idée même les panique. Mais je pense que c’est une étape essentielle dans la lutte contre le VIH/Sida et les stigmatisations qui y sont liées.

                On a beau dire qu’on se protège tout le temps, et même si cela est vrai et que je ne peux qu’encourager ces comportements, on reste avant tout humain, et comme tout humain, nous sommes imparfaits. Les accidents n’arrivent qu’aux autres, sauf qu’on est tous l’autre d’autrui… Et avec une conjonction de plein d’évènement, le pire peut arriver. Et si on prend un ou des risques, l’important pour moi c’est qu’on puisse en parler librement sans crainte d’être jugé, traité d’irresponsable ou de suicidaire. Et pour moi, le principe de la prévention entre autre, c’est de penser les choses avant, pour d’une part les éviter, et d’autre part savoir comment réagir si on n’a pas su les éviter.

Et aujourd’hui encore, beaucoup de représentations persistent autour du VIH, et les témoignages du vécu des vieux séropos n’est plus représentatif de ce que vivra aujourd’hui un mec qui va se contaminer… L’épidémie a changé. Si avant on était dans une optique de mort rapide (en 1999, seul un mec séropo sur deux se contaminant à 25 ans était toujours en vie à 35 ans !!!), aujourd’hui on est dans une optique de vivre, avec le VIH car l’espérance de vie de quelqu’un se contaminant aujourd’hui est la même qu’une personne lambda. Et du coup un dilemme se pose à moi… Est-ce qu’il faut mentir aux gens en tenant un discours alarmiste et entretenir la peur autour du sida, alors même qu’on sait que la peur est un mauvais levier, qui est hélas très employés dans tous les domaines de la prévention en général (sida, drogues, sécurité routière, etc.), et dont on sait que ça ne marche pas ? Ou alors faut-il dire la vérité de ce qu’est aujourd’hui l’épidémie chez un gay lambda en France, afin de dédramatiser le sida, au risque d’être taxé d’irresponsable qui va faire que les gens vont relâcher leurs comportements préventifs ? C’est plutôt le parti pris que je pense être le bon, au risque de m’en prendre plein la gueule. Je suis conforté dans mon intention par la phrase que j’ai entendu de la bouche du Professeur Bernard Hirschel (co rédacteur du Swiss Statement en 2008) récemment à Chambéry qui disait donc que « Si on veut faire des vagues, il faut jeter un pavé, et pas un petit caillou ! ». Mais je tiens quand même à préciser que ce n’est aucunement mon intention de faire une quelconque incitation à prendre des risques, qu’il y a des IST à côté, et que même si on peut vivre très bien avec le VIH, il est quand même préférable de vivre sans.

                Et si moi j’étais séropositif ? Comment arriverais-je à organiser ma vie avec le virus ? Avec les consultations régulières à l’hôpital, une éventuelle mise sous traitement rapide, comment le cacher aux gens qui m’entourent ou comment leur dire ? A qui le dire ? Quand ? Comment ? Comment supporter le regard des autres qui va changer ? Comment gérer la peur que je risque de voir dans le regard des autres ? Comment gérer, le dégoût, le rejet,  la peur, ou la haine des autres ? Comment je vais faire si le traitement a des effets secondaires et que je veux avoir une vie sociale comme avant à faire des sorties avec mes potes, faire du sport, être opérationnel à mon boulot ? Comment réagirait mon mec ? Mes parents ? Mes frères et sœur ? Mes amis ?

Ce seraient les premières questions qui me passeraient en tête… Mais c’est parce que je suis un peu privilégié vu que je travaille dans la prévention du VIH/Sida… Car hélas pour beaucoup de monde qui n’a pas les mêmes connaissances que moi la première question qui se pose est « combien de temps me reste-t-il à vivre ? », ensuite viennent les autres. Sur les actions qu’on mène avec Aides on peut s’apercevoir que beaucoup de monde pense encore à tort que les traitements ne servent qu’à maintenir en vie les séropos quelques années seulement, et qu’ils ont une vingtaine de cachetons à avaler par jour… ! Mais c’est FAUX ! Du moins ça n’est plus vrai… ! Dans l’immense majorité des cas il n’y a pas plus de 5 cachets à avaler par jour, certes ils sont plutôt gros, et au début il faut prendre les anti-nausée et anti-diarrhée au cas où, mais tout le monde n’en a pas besoin, et le corps s’adapte plutôt rapidement et très vite il n’y a plus besoin d’artifices autour… ! Certains ont même qu’un seul cachet à prendre le soir, comme A. qui témoignait dans l’article sur les couples sérodifférents… et s’en portent très bien ! Mais l’avantage même par rapport à beaucoup de gens, c’est qu’il y a un check up complet du corps régulièrement, donc au moins pépin de santé, les personnes séropositives bénéficient de soins précoces… genre des anomalies cardiaques, des tumeurs ou autre que les personnes quidam découvrent souvent trop tard quand on ne peut plus rien faire.

                Je pense maintenant qu’il est temps d’arrêter de nier les évidences ! Ce qui tue aujourd’hui les séropos, ce n’est plus le VIH, c’est le regard des autres !!!! Et rien que d’y penser je sens mon sang bouillir de colère !!! Alors que médicalement ça roule (sauf pour des personnes contaminées depuis très longtemps et qui peuvent être en échec thérapeutique), qu’il serait totalement possible pour une personne séropo de VIVRE (avec un grand V et une grande IVREsse), d’être amoureux et en couple, de ne plus contaminer son partenaire même s’il n’y a pas de capote, qu’il serait possible de faire du sport, de travailler comme tout le monde, d’être heureux, d’être comme tout le monde en définitive, sans ces tracas là en tête… Ce n’est très souvent pas possible, mais pas à cause du virus en lui-même. Si certains ont trouvé la force de rationaliser la chose, d’arriver à en parler plutôt facilement sans avoir à se cacher, même si ce n’est pas facile, beaucoup sont terrifiés à l’idée même d’en parler…. Ils se sentent sales, comme des bombes virales, ils ont peur d’être rejetés, répudiés de la communauté, ils s’interdisent de vivre, ils ont honte… Mais HONTE de quoi au final ??? Honte parce qu’ils ont chopé un VIRUS ?? Ou honte parce que les représentations autour de ce virus sont sinistres et n’ont pas évolué en même temps que les avancées de la science depuis 30 ans ? Honte parce que les autres les font se sentir honteux ! Dans l’esprit de beaucoup ils sont malades… mais il faudrait avoir honte, être coupable d’être malade ? Ils ont honte parce que des paroles ignobles sortent de la bouche de certains à leur encontre… Il y a en gros 1 gay sur 10 qui est séropo en France… Combien arrivent à en parler ? Ca n’est pas écrit sur leur tête qu’ils le sont, mais beaucoup souffrent de cette image qui est véhiculée par le VIH… Et en tant que personne affectée dans mon esprit par ce virus, ça me fait franchement mal de vivre dans une telle société… Si on demande à des gens si la capote protège du sida, ils nous diront presque tous oui… et si on leur demande s’ils pourraient coucher avec une personne séropositif, en mettant un préservatif, la réponse n’est pas si unanime… !

1 sur 10… et si jamais, demain, c’était moi ? Et si jamais, demain, c’était toi ?

IST | VIH/Sida | 10.06.2011 - 22 h 24 | 25 COMMENTAIRES
« C’est une mode, tous les jeunes veulent se faire baiser bareback »

Étiquettes : , , , ,

Si jeunesse savait Je voudrais revenir sur le discours que j’entends souvent chez les homos et notamment les aînés visant à dire que les jeunes ne se protègent plus, sont inconscients ou encore ne savent pas se protéger.

Déclarations qui ont lieu dans un contexte d’une épidémie du VIH qui frappe les gays sans commune mesure avec le reste de la population avec une mobilisation forte depuis les début des années 1980.

Alors oui c’est vrai, il y a des jeunes qui prennent des risques – il y a même une légère hausse des nouvelles infections au VIH chez les 15-25ans, certains ne se protègent pas voire ne savent pas comment se protéger. Néanmoins est-ce que cela est lié à leur jeunesse et une certaine inconscience ?

J’aimerais aborder avec vous ce sujet qui à mes yeux relève d’une forme de domination sur une génération sans vraiment de fondements et qui ne permet en rien d’expliquer que des personnes, qui s’avèrent être jeunes, prennent des risques.

 

Les jeunes, une catégorie qui ne veut rien dire

Personnellement je vois dans ce genre de discours une nouvelle tentative de dévalorisation d’une catégorie, en l’occurrence d’une génération, dans son ensemble.

Les jeunes ce sont comme les chômeurs, les immigrés, les vieux, les précaires, les riches, les paysans : des catégories que l’on créé et qui ne veulent absolument rien dire tant elles sont hétérogènes mais qui arrangent bien pour désigner un autre abstrait que l’on accuse de tous les maux que l’on veut.

Quel lien y-a-t’il entre un jeune né dans une famille bourgeoise parisienne un autre qui vit dans une citée défavorisée en province ou un jeune étudiant à l’université et un jeune qui a commencé à bosser à l’âge de 16 ans ? Pas grand chose.

Aussi cette catégorie « jeunes » ne veut absolument rien dire tant elle désigne des réalités bien différentes les unes des autres (dixit Robert Castel).

 

Argument de l’âge, argument de la sagesse ?

Mais il n’y a pas de raison après tout que les jeunes gays échappent aux multiples formes de domination classiques exercées par leurs aînés dans de nombreux autres domaines et depuis la nuit des temps.

Le fameux « Nous on a connu les années Noires du Sida ! » utilisé à profusion un peu comme d’autres diraient « Nous on a connu la guerre et les cartes de rationnement alors ferme ta gueule ! » ; ou comment détourner la mémoire afin de se mettre sur un piédestal !

 

L’autre jour j’ai rencontré un gars avec qui nous étions sur le point d’avoir un rapport sexuel (de baiser quoi). Celui-ci enfile un préservatif et l’air de rien déchire une nouvelle pochette et enfile un deuxième préservatif par dessus. Ce que je désignerai plus tard par le concept de surprotection 🙂 .

 

Lorsque j’ai essayé d’aborder avec lui le risque de déchirure que cela représentait avec le frottement des deux préservatifs l’un contre l’autre, sa seule réaction a été de me dire : « Quel âge as-tu ? Moi j’ai 40 ans, ça fait 20 ans que je fais ça ».

Utiliser l’argument de mon jeune âge pour se conforter dans sa propre stratégie de prévention, qui pourtant comportait un risque, voilà encore une tentative de rabaisser une personne en fonction de son appartenance à une génération plus jeune.

 

(pour répondre par avance à la question insolente de Paul Denton, oui je suis parti et il ne s’est rien passé de croustillant entre lui et moi)

 

Des jeunes prennent des risques, oui, mais pas parce qu’ils sont jeunes

Alors oui, il y a des jeunes qui ne savent pas grand chose et se protègent insuffisamment, c’est vrai. Ces jeunes avec Jonathan on en a rencontré pas mal par exemple en prison ou dans des centres de réinsertion pour élèves déscolarisés où la plupart viennent de quartiers très précaires.

 

Mais la cause n’était pas leur jeunesse… en prison il y avait aussi d’autres personnes d’autres générations qui ne savaient pas grand chose non plus. La cause de cela était bien plus l’accès quasi nul à la prévention ainsi que les représentations et pressions sociales fortes qui s’exercent dans le milieu dans lequel ils ont évolué depuis leur naissance.

 

En conclusion ?

Dire que les jeunes ne se protègent pas ou peu voire plus nie la réalité de milliers de jeunes qui se protègent tant bien que mal tout en ne permettant pas d’expliquer pourquoi certaines personnes prennent des risques, qu’elles soient jeunes ou moins jeunes.

C’est néanmoins souvent sur cette population que l’on projette une image erronée d’une mauvaise appropriation de la prévention, laissant par la sorte transparaître une certaine forme de domination générationnelle… un classique à ajouter à la longue liste des dominations de notre temps telles que hommes/femmes, blancs/non-blancs, parisien/provincial, riches/pauvres, LesbGay/BiTrans, cocaïne/héroïne, etc.

 

Le premier outil de prévention reste notre parole !

 

Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Vincent

 

PS : ah oui au fait… la majeure partie des découvertes de séropositivité ont lieu entre 35 et 40 ans sur des infections ayant eu lieu dans les quelques mois ou années précédant le dépistage.

 

[Cet article vous a plu ? Soutenez Yagg.com en cliquant ici.]

Publicité