5046 VIH/Sida | Gay, Ma Santé !

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Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Non classé | prep | VIH/Sida | 20.09.2015 - 12 h 00 | 1 COMMENTAIRES
PrEP’Dial : un groupe Facebook d’information et d’autosupport sur la PrEP

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PrEP’Dial est un groupe francophone d’information, de témoignage et de discussions pour les usagers de la PrEP, les personnes intéressées par cette nouvelle stratégie de prévention biomédicale contre le VIH ainsi que celles et ceux qui en défendent l’accès.

Accéder au groupe : https://www.facebook.com/groups/PrepDial

Plus d’information sur la PrEP : http://www.aides.org/info-sante/prep

 

Accompagner les utilisateurs de la PrEP

PrEP’Dial s’inspire fortement du groupe Facebook anglophone PrEP Facts. Il s’agit de proposer un espace d’echange dédié aux utilisateurs de la PrEP et aux personnes désirant obtenir davantage d’information sur cette nouvelle stratégie de prévention.

Le nombre d’utilisateurs de la PrEP dans les pays francophones est en augmentation, que ce soit au travers des essais en prévention actuellement en cours ou à venir tel Ipergay, par un accès via le système de santé, comme au Quebec et on l’espère bientôt en France ou tout simplement par des circuits d’approvisionnement alternatifs (« PrEP sauvage »). Chacun pourra trouver sur ce groupe un espace d’expression, en français, pour partager son vécu dans le parcours de PrEP ou encore partager de l’information. L’objectif n’etant pas de debattre de l’intéret de la PrEP – celui-ci a déjà été démontré notamment pour les hommes ayant des rapports sexuels avec d’aurres hommes, mais bien de soutenir le succès de cette stratégie de prévention qui repose sur un accompagnement renforcé des utilisateurs.

Banaliser l’image de la PrEP

Malgré les tentatives de diabolisation par certains acteurs communautaires refractaires des utilisateurs de la PrEP, ces derniers entendent au contraire défendre leur choix de recourir à cette strategie de prévention. A l’image du mouvement des « Truvada Whores » (« salope à truvada ») ou du fil hashtag #PostYourPrEP sur les réseaux sociaux, sur lequel défilaient les selfies d’utilisateurs avec leur cachet de Truvada, les groupes PrEP Facts et PrEP’Dial souhaitent soutenir le témoignage de ces personnes motivées par l’objectif de prendre soin de leur santé tout en jouissant de leur sexualité.

 

Une animation participative, une modération communutaire

Le groupe est alimenté par les contributions des membres, libres de lancer des débats, répondre à des posts ou soumettre des articles. Le cadre est posé dans le texte de présentation du groupe : pas de dénigrement ou de trolling contre la PrEP ici et des echanges dans le respect des pratiques et des choix de chacun.

Les membres pouvent ainsi partager une information, leurs trucs et astuces sur le bon suivi du protocole de prise du Truvada, gage d’efficacité de la PrEP orale ou encore une information nouvelle qui viendrait de paraitre.

La modération est quant à elle assurée par des militants des associations communautaires AIDES et de « Nous sommes PrEP » réunissant des utilisateurs de la PrEP. Et ce afin de veiller au bon fonctionnement du groupe, à la liberté de ton sans jugement des personnes.

 

Vincent

 

Non classé | Produits | RdR | Relation médecin patient | santé sexuelle | Slam | VIH/Sida | 28.08.2015 - 17 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Traitements contre le VIH et drogues récréatives : interactions potentiellement dangereuses (methamphétamine, méphédrone, MDMA ou kétamine)

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(Traduction) Les deux médicaments utilisés dans le traitement du VIH et qui sont les plus susceptibles de provoquer des interactions avec les drogues récréatives sont ceux n’ayant pas d’action directe contre le virus mais utilisés en complément des antirétroviraux pour booster la concentration de ces derniers dans l’organisme, à savoir la Ritonavir (délivré sous le nom commercial de NORVIR ® ) et Cobicistat (TYBOST ® ). Interactions également possibles avec les médicaments traitant les troubles érectiles et les benzodiazépines. (auteur de l’article : Roger Pebody, Aidsmap. Traduction : Gaymasanté !).

 

Cobicistat est une des molécules entrant dans la combinaison du STRIBILD ® (avec elvitegravir, tenofovir et emtricitabine), présent également dans le PREZCOBIX ® (avec du darunavir) ou encore EVOTAZ ® (avec de l’atazanavir). Ritonavir est prescrit en complément des inhibiteurs de protéase et est également présent dans le KALETRA ® (avec du lopinavir) ainsi que dans le VIEKIRAX ® utilisé en traitement de l’hépatite C.

Alors qu’il existe potentiellement des interactions dangereuses entre les antirétroviraux à action directe contre le VIH et les drogues récréatives, celles-ci semblent moins inquiétantes que celles identifiées avec les boosters. Par ailleurs, toutes les drogues récréatives n’ont pas forcément d’interaction avec les antirétroviraux.

« Les praticiens doivent être conscients de ces risques pour informer leurs patients, soutiennent les auteurs d’une revue d’experts publiée le 24 août dans le magasine AIDS. Partant du principe que les usagers de produits continueront d’utiliser des drogues récréatives malgré les recommandations médicales, les praticiens doivent envisager de proposer des switch (changement de traitement) chez leurs patients vers des combinaisons thérapeutiques présentant un risque plus faible d’interactions », recommandent-ils dans l’article.

A propos des interactions

Lorsqu’un médicament est pris en combinaison avec un autre produit, licite ou illicite, leur interaction peut potentiellement réduire ou accentuer l’effet de l’un ou de l’autre. C’est le cas tant pour les drogues licites (médicaments) prescrits que pour les produits illicites, comme les drogues récréatives. Néanmoins il y a généralement plus d’études réalisées sur les interactions entre drogues licites, qu’entre médicaments et drogues illicites.

Depuis de nombreuses années néanmoins, des inquiétudes subsistent quant aux interactions entre certains médicaments antirétroviraux et les drogues récréatives. Plus récemment, un nouveau booster a été mis sur le marché : le cobicistat. Et nous assistons en parallèle à une modification des comportements chez les hommes gays au Royaume-Uni vivant avec le VIH en ce qui concerne la consommation de drogues récréatives. Le Crystal meth et la mephedrone sont en effet bien plus consommés qu’ils ne l’étaient auparavant, notamment dans le contexte des chemsex parties, ou soirées privées pouvant durée de nombreuses heures avec une consommation combinée de différentes substances psychoactives.

De plus, nous constatons un usage d’injection plus fréquent de ces drogues, cette pratique ayant pour conséquence une augmentation plus rapide de la concentration des produits absorbés par le sang et des risques de surdose.

Un groupe d’étude composé de praticiens, pharmaciens, biologistes ainsi qu’un consultant sur les produits psychoactifs ont conduit une revue de la littérature et des cas cliniques documentés afin de proposer un résumé actualisé des données disponibles concernant les interactions entre drogues et médicaments antirétroviraux. Plutôt que de couvrir toutes les interactions théoriquement possibles, ils ont souhaité proposer une revue pratique au service des praticiens. Aussi se sont-ils concentrés sur les interactions entre les drogues illicites communément utilisés chez les hommes gays vivant au Royaume-Uni et les médicaments antirétroviraux.

« Nous disposons de peu de données sur les interactions entre l’usage de substances psychoactives et les antirétroviraux, mais les connaissances concernant les potentiels effets cliniques de telles interactions doivent faire l’objet d’une grande attention de la part des praticiens suivant des patients vivant avec le VIH », précisent-ils.

 

Ritonavir et cobicistat

Le message principal de cette revue est que les deux médicaments prescrits les plus susceptibles de causer des interactions dangereuses avec les drogues récréatives sont le ritonavir (NORVIR ® ) et le cobicistat (TYBOST ® ).

Ces deux médicaments appartiennent à la classe des boosters, qui n’ont pas d’effets directs sur le VIH mais qui sont prescrits pour augmenter le niveau de concentration des antirétroviraux. Une petite dose de ces médicaments suffit à faire en sorte que le foie ralentisse le processus de dégradation, ce qui signifie que la molécule antirétrovirale restera plus longtemps dans l’organisme et à un niveau de concentration plus élevée. Sans cet agent booster, il faudrait prescrire une dose plus importante d’antirétroviral, pour un même niveau d’efficacité.

Ces boosters sont généralement utilisés en complément de la classe des antiprotéases (lopinavir, darunavir, atazanavir, fosamprenavir, tipranavir, communméments appelés par leurs noms commerciaux : KALETRA ® , PREZISTA ® , REYATAZ ® , TELZIR ® , APTIVUS ® ) mais aussi avec un inhibiteur d’intégrase (comme l’elvitagravir, contenu dans le STRIBILD ®) et dans certaines combinaisons thérapeutiques contre le virus de l’hépatite C (VIEKIRA ® ).

Ritonavir et cobicistat sont métabolisés par des enzymes du foie appelés CYP2D6 et CYP3A4. Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées par les mêmes enzymes, provoquant de potentielles interactions. L’effet booster ralenti alors leur dégradation par le foie, avec pour conséquence d’augmenter la concentration et la durée de vie dans le corps des produits psychoactifs. Ce qui peut mener à de sérieux effets secondaires voire à une overdose.

Quels produits sont concernés

Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées soit par l’enzyme CYP2D6 du foie, ou la CYP3A4 – les mêmes métabolisées par le ritonavir et le cobicistat. Celles-ci sont :

  • – Crystal methamphetamine (crystal, tina, meth)
  • – MDMA (ecstasy, X, mandy)
  • – Mephedrone (miaw miaw, plant food, bath salts)
  • – Ketamine (K, vitamin K, special K)
  • – Médicaments contre les troubles érectiles (Viagra, Cialis, Levitra)
  • – Benzodiazepines (benzos, Valium, Xanax)

Les auteurs jugent les interactions potentielles entre les trois premiers produits comme étant plutôt « modérés ». Inversement ils estiment que les trois derniers présentent un « risque élevé » d’interactions. Par ailleurs les médicaments traitant les troubles érectiles ou encore les benzodiazepines font souvent l’objet d’une consommation « sauvage », hors circuit médical, avec un risque de prendre une dose plus conséquente.

Avec chacune de ces drogues récréatives, une interaction avec le ritonavir et le cobicistat a pour conséquence l’augmentation en intensité de leurs effets, pouvant aller à des niveaux dangereux et difficiles à gérer pour la personne.

Des cas de décès chez des personnes sous ritonavir consommant du Crystal meth ont été rapportés, ainsi que chez des personnes consommant de la MDMA. Les analyses post-mortems ont montré un niveau anormal de concentration de ces drogues récréatives dans le sang de ces individus. Des cas ont également été identifiés d’effets secondaires graves consécutifs à l’usage de Ketamine chez des personnes sous ritonavir.

Les surdoses de médicaments traitant les troubles érectiles peuvent être dangereux pour le cœur. Les surdoses de benzodiazepines peuvent quant à elles provoquer des malaises ou des troubles respiratoires.

Les auteurs indiquent ne pas connaitre les interactions liés au GHB (gamma-hydroxybutyrate) ou GBL GBL (gamma-butyrolactone) et reconnaissent que peu de cas d’interactions ont été documentés jusqu’à présents.

Drogues récréatives et inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse
Des interactions différentes peuvent se présenter entre les drogues récréatives et les inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, dans la mesure où celles-ci sont métabolisés d’une autre manière. La conséquence de la combinaison des deux peut alors résulter en une concentration moins importante que prévu du produit psychoactif.

Cela concerne notamment les produits suivants : Efavirenz (SUSTIVA ®), Nevirapine (VIRAMUNE ®) et Etravirine (INTELENCE ®). Par opposition, la Rilpivirine (EDURANT ®) ne semble pas présenter d’interaction avec les drogues récréatives.

Les auteurs pensent que cette interaction peut notamment se produire avec la cocaïne, la kétamine et les médicaments traitant les troubles érectiles.

Cette classe de médicament a en effet pour conséquence d’accélérer la dégradation par le foie des drogues récréatives, ce qui signifie que les produits restent moins longtemps et à une concentration moindre qu’attendue. Bien que cela puisse sembler moins dangereux, les auteurs soulignent que si le produit n’a pas l’effet escompté par la personne, cela peut mener à une consommation plus importante ou une modification de la pratique, par injection par exemple, menant à des risques imprévisibles.

Les produits n’ayant pas d’interaction significative
Les auteurs considèrent le potentiel d’interactions entre certaines autres drogues récréatives et antirétroviraux comme étant plutôt faible. Cela inclue l’alcool, le cannabis, le poppers, l’héroine et certains autres opiacés.

De la même manière, les molécules antirétrovirales suivantes n’ont pas fait l’objet de troubles particuliers documentés :

  • – L’ensemble des Inhibiteur nucléosidique de la Transcriptase inverse,
  • – La Rilpivirine (EDURANT ® ), qui est un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse,
  • – Raltegravir (ISENTRESS ® ) et dolutegravir (TIVICAY ® ), qui sont des inhibiteurs d’intégrase,
  • – Maraviroc (CELSENTRI ® ), un inhibiteur de CCR5.

 

Recommandations

« Les praticiens doivent être vigilants aux épisodes et pratiques de consommation de drogues récréatives chez leurs patients afin de les informer sur les risques de toxicité, des effets secondaires liés aux produits et de potentielles interactions pouvant mener à une surdose involontaire et fatale » concluent les auteurs de l’article.

« Malgré cela, de nombreux patients ne modifieront pas leur consommation, par conséquent un switch vers une autre combinaison antirétrovirale présentant moins de risque d’interaction doit être envisagée avec le patient ».

Auteur : Roger Pebody

Cet article est une traduction du site www.aidsmap.com. Voir l’article original.

 

Références
Bracchi M et al. Increasing use of ‘party drugs’ in people living with HIV on antiretrovirals: a concern for patient safety. AIDS 29: 1585-1592, 2015.

L’université de Liverpool a par ailleurs publié un tableau des interactions entre les antirétroviraux et les drogues récréatives.

VIH/Sida | 07.05.2014 - 14 h 58 | 11 COMMENTAIRES
Enquête flash: votre avis sur la pilule qui protège du VIH.

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L’association AIDES lance un sondage sur la pilule qui protège du VIH qui ne devrait pas tarder à débarquer sur le marché français et qui est déjà disponible aux États-Unis.

Pour répondre à cette enquête flash : cliquez-ici !

On sait que ce traitement marche pour protéger du VIH quand il est bien pris. Mais on sait aussi que dans les essais réalisés, beaucoup de personnes ne le prenaient pas suffisamment bien pour que ça ait un effet protecteur. Il a notamment été mis en avant le caractère stigmatisant d’avoir avec soi une boîte de médicament contre le VIH quand on est pas infecté ou encore le fait d’être catalogué comme salope.

Il faut donc essayer de trouver le meilleur moyen pour soutenir la mise à disposition la plus adaptée de cet outil complémentaire de prévention pour favoriser son appropriation. Et c’est bel est bien l’objectif de ce sondage.

Actuellement cet outil est accessible en France uniquement dans le cadre d’un essai clinique de prévention auprès des garçons (bio ou trans) gays  intitulé Ipergay (www.ipergay.fr). Cet essai comprend un bras de personnes ayant le traitement avec le produit actif qui protège du VIH et un bras de personnes ayant un placebo. Les participants n’ont donc aucune certitude d’être effectivement protégés du VIH.

Dépistage | Handicap | Relation médecin patient | Rencontres | santé sexuelle | VIH/Sida | 15.04.2014 - 17 h 52 | 4 COMMENTAIRES
Handicap & Sexe : « Le BDSM permet de ressentir son corps »

Entretien. Janvier 2014, après un fast-food dégueulasse, nous voila avec Fabrice assis face à face pour préparer un entretien un peu particulier. Cela fait bien longtemps que je souhaitais publier sur ce blog un texte sur les homos, le handicap et le sexe, mais sans trouver vraiment d’accroche originale par rapport à ce qui a déjà été dit. Fabrice me montrera que tout n’a justement pas été dit, notamment par les personnes en situation de handicap elles-mêmes, dont la parole est trop souvent confisquée par les professionnels de santé. Malgré son handicap, en raison de complications survenue à la naissance, Fabrice n’a jamais renoncé à explorer les rencontres, les relations et le sexe. Un chemin semé d’embuches qu’il nous raconte avec courage, pudeur et sincérité. Le « on » a parfois du mal à laisser place au « je ». Car quand on est gay et que l’on vit avec un handicap, il n’est pas facile de parler sexe à la première personne. Mais c’est bien de lui dont il nous parlera, alors big up Fabrice !

 

Vincent – Avant de commencer, quelles expressions dois-je bannir de mon vocabulaire lorsque je parle de handicap ?

Fabrice – Tu dis bien ce que tu veux. Je préfère personnellement parler de « personnes en situation de handicap » plutôt que de « personne handicapée ». Car c’est bien la société qui en étant inaccessible, à certains endroits ou à certains moments, met des personnes en situation de handicap.

Je retiens ! Tu me parles un peu de ton parcours…

J’ai des problèmes psychomoteurs qui se traduisent par une marche retardée, une difficulté à l’écrit et dans l’élocution, depuis ma naissance. Durant mon enfance et mon adolescence j’ai été placé dans des institutions. Pour autant, j’ai toujours essayé de m’intégrer au milieu de personnes valides. Par exemple, on voulait me placer dans des structures d’accueil de travailleurs en situation de handicap, dans lesquelles on fait un boulot mal payé et pas intéressant, comme du pliage d’enveloppes. Ces structures sont nécessaires et utiles, en fonction du handicap. Mais je ne trouvais pas ma place, c’est un milieu protégé qui ne me correspondait pas.

Il en est allé de même dans ma vie sexuelle, puisque j’ai toujours eu davantage de rapports avec des personnes valides. Auparavant je vivais une sexualité clandestine. Je disais être hétéro, alors même que très tôt, j’ai su être attiré aussi bien par les garçons que par les filles. Il faut dire que dans les institutions spécialisées on ne parlait pas beaucoup de sexualité avec les professionnels, à mon époque en tout cas. C’était même interdit d’avoir des rapports sexuels, on risquait le renvoi ! Tu imagines l’image négative que cela nous donnait de la sexualité ? Pour autant il y avait bien une sexualité, ou en tout cas des contacts physiques. Mais c’était caché. On en discutait aussi, enfin on parlait surtout des rapports entre garçons et fille. Comme beaucoup de personnes de mon âge, j’étais dans l’interrogation sur ma sexualité et aujourd’hui je me définis comme homo.

J’ai commencé à avoir mes premiers rapports sexuels vers l’âge de 25 ans. Je fréquente beaucoup les saunas et les boites de nuits et fait des rencontres par Internet principalement. D’ailleurs j’ai eu le droit aux moqueries ou au regard des autres. Cela peut atteindre l’estime de soi. Mais j’ai travaillé là dessus et ça m’a rendu plus fort. Et heureusement, tout le monde ne se moque pas.

Sur ce blog on parle beaucoup des enjeux de santé des gays et en particulier de la gestion du risque dans un cadre sexuel. Comment ça se passe pour toi ?

Quand on est une personne en situations de handicap, on peut parfois être vulnérables. On a tellement peu de relations que l’on est plus facilement tenté de dire oui pour des situations qui sont pourtant de vrais risques. Il m’est arrivé d’être tenté, lorsqu’on me proposait des rapports sans préservatif alors que je veux me protéger.

En raison de mes problèmes de psychomotricité, j’ai parfois aussi du mal à mettre un préservatif. Enfin il y a d’autres fois où, comme tout le monde, lorsque je fais des rencontres, il m’arrive aussi de prendre des risques sur le moment, sur le coup de l’excitation.

Ce dont tu me parles souligne l’importance aussi d’avoir un suivi régulier. Comment abordes-tu ta vie sexuelle avec un médecin ?

Je ne ressens pas le besoin d’aller voir un médecin. Je n’ai pas beaucoup de rapports sexuels, alors bon… Tu sais, j’ai eu affaire aux médecins et aux professionnels toute ma vie. Maintenant, j’en ai un peu marre… Non, quand je vois un professionnel, je ne parle pas de ma sexualité. Il m’est arrivé une fois de demander un test du VIH à un médecin. Mais c’était pour éviter de faire prendre un risque à un garçon. J’ai toujours privilégié les autres par rapport à moi, que ce soit la santé ou le reste. A vrai dire, ma santé n’a jamais eu beaucoup d’importance à mes yeux.

Si je comprends bien, prendre soin de sa santé est très lié à l’estime de soi ?

C’est ça. Néanmoins je vais essayer d’aller au Centre de santé sexuelle, le « 190 » et peut être que ce sera plus simple là-bas.

Tu me raconteras alors ! Ce que tu me dis pose aussi la question des espaces d’échanges et de discussions qui existent lorsqu’on vit avec un handicap et que l’on est aussi attiré par les personnes du même sexe…

Je suis allé à plusieurs reprises dans des associations LGBT. J’ai aussi participé à des rencontres de la communauté. Mais sans jamais réellement trouver ma place. Puis un jour, j’ai rencontré un militant de l’association AIDES. Il m’a dit tout de suite « toi, ça se voit que t’es gay ». J’ai paniqué. Personne dans ma famille ou parmi mes amis n’était au courant, j’avais peur que ça se voit. Et finalement il m’a proposé de participer à des ateliers dans son association. J’ai trouvé là un espace où parler de santé et sexualité dans un cadre convivial.

C’est vrai que maintenant je fais des dépistages du VIH plus régulièrement mais uniquement avec des personnes de confiance à AIDES. J’ai même commencé à participer à des activités de l’association et pour la première fois je me suis mis nu avec d’autres militants sur une plage naturiste sur laquelle ils interviennent l’été.

Pour autant même auprès de personnes avec qui je discute longuement et qui m’acceptent comme je suis, dans les associations notamment, ça reste difficile de faire des rencontres.

J’ai cru comprendre que tu avais monté un projet sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Comment t’est venu ce projet ?

Quand j’étais plus jeune j’écoutais « Love in Fun » sur FunRadio – une émission où les jeunes posaient des questions sur la sexualité, de manière très ouverte. Et je me suis dit qu’il y avait quelque chose de similaire à faire pour les personnes en situation de handicap. Avec plusieurs autres personnes nous avons alors monté une association et notre première initiative fut de lancer une émission radio, diffusée sur Handi F.M. Une fois par mois nous parlions à l’antenne de la vie affective et sexuelle lorsque l’on est en situation de handicap. Nous essayions aussi de mettre en place des distributeurs de capotes dans les institutions. Mais il faut avouer qu’il y avait de nombreuses réactions négatives de la part des professionnels qui considèrent que c’est de l’incitation alors que le règlement interdit tout rapport. Nous mettons également des espaces de parole et d’informations sur la vie affective et sexuelle

Il y a souvent l’amalgame entre vie sexuelle d’une personne en situation de handicap et violence sexuelle, n’est-ce pas ?

Ces violences existent. Dans certain établissements. On ne laisse par exemple pas le choix entre les différents moyens de contraception (pilule uniquement), il y a des cas de stérilisations. Sans parler du manque de respect de l’intimité, en nous baladant nu dans les institutions.  En rentant dans la chambre des résidents sont parfois frappés. Il y a des viols aussi. Toutes ces violences viennent des professionnels ou des autres résidents et sont principalement à l’encontre des femmes. Pour autant c’est très difficile de faire comprendre que notre sexualité ne se résume pas à la violence et que nous avons le droit à une vie affective et sexuelle.

Dans mon entourage il y a même des personnes en situation de handicap qui kiffent le BDSM. Cela leur permet de ressentir leur corps et d’être maître de la douleur qu’elles ressentent, alors que depuis des années celui-ci est meurtri et manipulé par des professionnels inconnus.

Un article publié récemment par Gabriel Girard intitulé « un libre-choix en matière de prévention du Sida ?» souligne que les débats autour de la prévention se focalisent beaucoup plus sur l’acceptation ou le rejet dans la communauté des prises de risque sexuelle que sur les inégalités sociales qui font que l’on est plus ou moins en capacité de prendre soin de sa santé et de se protéger. Il prend pour exemple l’essai de prévention Ipergay sur lequel on entend s’exprimer que des « blancs cisgenre de la classe moyenne […] »… Toi tu es black, homo et en situation de handicap : tu penses quoi de la PrEP [médicament préventif contre le VIH] et des expérimentations en cours ?

Tout le monde pratique le sexe, quelque soit le groupe d’appartenance. Quand je vais au sauna je le vois bien. Seulement, exprimer ses besoins et ses prises de risque n’est pas accessible à tout le monde. Déjà qu’il est difficile d’assumer le fait de prendre des risques. Alors quand en plus on appartient par ses origines à un système de valeurs culturelles et familiales différentes, c’est un dépassement supplémentaire à faire pour pouvoir s’exprimer sur ce sujet.

De mon point de vue, je vois dans la PrEP une super opportunité pour les personnes en situation de handicap. Pour autant je ne me retrouve pas dans la communication de l’essai Ipergay qui vise trop le profil du jeune gay hédoniste. Quand tu as des difficultés psychomotrices qui font qu’il est juste pas possible de mettre une capote et que tu ne te vois pas demander à une tierce personne de venir dérouler le préservatif sur ton sexe, comment tu fais ? Je vois dans l’idée des PrEP une solution intéressante à ce problème là.

Tu parles des tierces personnes. Justement, comment te positionnes-tu dans le débat sur l’accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap, débat qui a tout simplement été balayé d’un revers de la main par le projet de loi sur l’abolition de la prostitution ?

Je suis bien évidemment favorable à l’accompagnement érotique et sexuel. D’une part car ce sera toujours à la demande de la personne et jamais contre son gré – à partir de là, on ne peut pas dire que c’est une violence car tout le monde est consentant. Cela peut se faire si l’on propose un cadre précis. Par exemple que les personnes volontaires pour faire cet accompagnement puissent être formées sur les spécificités du handicaps. Aujourd’hui les quelques situations qui existent le sont de manière clandestine.  Mais l’accompagnement érotique et sexuel n’est pas la seule mesure à mettre en place. Il faudrait aussi une grande enquête sur la sexualité des personnes en situations de handicap, l’accessibilité à des structures de sante comme les centres de dépistage anonyme et gratuit, centres de planification. La formation du professionnel qui travaille dans les centres médico-sociaux est très importante… sans parler de l’accessibilité des lieux de loisirs tels que les bars ou les saunas !

Merci Fabrice !

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Quelques liens utiles :

Ma sexualité n’est pas un handicap – 25 avril 2014

Rencontres nationales de personnes avec handicap, de leurs familles et de professionnels de l’accompagnement pour un partage d’expériences et de réponses autour de la sexualité.

www.masexualitenestpasunhandicap.fr

Handivol

L’Association Handivol a pour but de promouvoir l’affectif, la sexualité parmi les jeunes et adultes handicapé, afin de faciliter la communication, la rencontre, et l’intégration social et citoyenne de tous.

handivol.org

Rencontres | VIH/Sida | 07.04.2014 - 00 h 22 | 3 COMMENTAIRES
« Annoncer son statut sérologique à ses conquêtes… ça peut aussi très bien se passer »

Merci Gabriel Girard pour l’inspiration…

Ça va bientôt faire trois ans que j’ai découvert ma séropositivité au VIH. Très tôt j’ai compris qu’assumer son statut sérologique ne dépendait pas du courage mais bien de la force et du soutien qu’apportent l’entourage, les amis, les proches. Grand adepte des rencontres, notamment par Internet, très vite s’est pourtant posée la question de le dire ou pas à mes conquêtes. A ce qu’il parait, les représentations sur les séropositifs vont bon train dans notre communauté. Il serait même impossible d’assumer son statut sérologique tout en essayant de faire des rencontres. En annonçant la couleur, ne risquerai-je alors pas d’être rejeté ? Voire pire, résumé à mon seul statut sérologique et l’objet de toutes les rumeurs ?

 

Au départ, une sorte d’obligation morale

En fait, je n’ai jamais eu d’attitude tranchée et définitive. Quelques jours après le fameux « le résultat de ton test est positif », les analyses ont montré que ma charge virale était explosive. Pour les profanes, cela signifie que le virus se multiplie rapidement et en grande quantité dans mon corps. Le risque de transmission à mes partenaires est alors élevé, même en me faisant simplement tailler une pipe. Je me sentais alors obligé d’en informer mes amants, même si dans nos pratiques je ne les exposais en fait à aucun risque, refusant par exemple toute fellation ou tout rapport non protégé. Je vivais pourtant à chaque fois ce petit stress qui te prend aux tripes. Savoir comment va réagir le gars… s’il ne va pas t’envoyer balader, se victimiser par un « ça me fait trop flipper dsl » ou pire, ne plus donner de nouvelle.

En fait, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire : il ne s’est absolument rien passé de différent par rapport à avant. Mes partenaires étaient compréhensifs.  Les réticences tombaient facilement. Certains me dévoileront même être eux-mêmes séropos ou alors avoir été en couple avec une personne touchée. Dans le meilleur des cas j’avais même le droit à des remerciements pour avoir été sincère. So cute.

En parallèle et tout de suite après mon diagnostic, j’ai demandé à mon médecin d’initier un traitement. De toute façon il y avait un intérêt pour ma santé. Mais je voyais surtout l’intérêt pour ma vie sexuelle, les rencontres, mes partenaires. Quelques mois après les premières prises de cachetons, ma charge virale était enfin « indétectable », indiquant que le traitement avait littéralement écrasé le virus dans mon corps. En tout cas pour ce qui me préoccupait avant tout, il y en avait en quantité insuffisante pour que transmission à mes partenaires il y ait.

Absence de risque pour mes partenaires : plus d’intérêt à le dire ?

Tant que je prendrai mon traitement correctement, je sais ne plus faire courir de risque à mes partenaires, même en cas de dérapage. Alors quel intérêt de leur dévoiler mon statut sérologique systématiquement ? S’ouvre alors une ère d’hésitation… du « cas par cas », du « on verra bien », du « ça sera au feeling ». Si je sentais une rencontre intéressante se profiler, je le disais avant ou peu après la rencontre. Sinon je m’abstenais… Et non sans un peu de culpabilité, j’avoue. En fait, le dire était devenu presque plus simple à vivre que de le garder pour moi. La raison était simple : je préférais prendre les devants plutôt que de me retrouver un jour devant l’inéluctable question qui finit bien par arriver : « t’es clean ? ». Et ainsi devoir répondre de mon statut sérologique, tout en m’exposant au reproche de ne pas l’avoir dit plus tôt. Le tout s’inscrivant dans un contexte assez incertain autour de la pénalisation de l’exposition au risque, jamais très loin de mon esprit paranoïaque.

Bon, il faut dire que le discours est rodé et travaillé. Je le dois à cet engagement dans la lutte contre le Sida qui m’a solidement armé. Il ne s’agit pas de dire « je suis séropo » et laisser l’autre ruminer avec cette info… Non. J’ai trop souvent entendu des mecs prétendre balancer leur statut sérologique à leurs partenaires comme une provocation, sans accompagner leur message de mots apaisants. Pour finalement se plaindre de ne jamais conclure… Une séropositivité bien expliquée est pourtant la clé contre le rejet. Expliquer ce que cela signifie pour soi. Expliquer ce que cela signifie pour son partenaire, en mettant l’accent sur le risque de transmission auquel il s’expose… ou pluôt le risque auquel il ne s’expose pas grâce à mon traitement. Et à ce sujet, l’argument de la « charge virale indétectable », à savoir le risque proche de zéro de transmettre le VIH, a toujours été mon arme absolue. Celle qui a toujours convaincu ceux de mes amants les plus inquiets.

Avec le temps… au fil des rencontres…

Ce serait mentir de prétendre que tout s’est toujours bien passé. Il est arrivé une fois qu’un garçon ne souhaite pas aller plus loin. Son père était décédé du Sida. Il ne souhaitait pas revenir là dessus. Plus tard néanmoins, il essaiera de me recontacter. Une autre fois, un mec qui me proposait un plan sans préservatif a littéralement cédé à l’hystérie lorsque je lui ai révélé mon statut sérologique. Il me bombarda d’insultes et de messages incohérents, prédisant ma mort proche, mon triste sort et la vie sordide que je devais mener. Il y a forcément raison à la déraison et il n’y en avait en tout cas ici aucune de me sentir visé personnellement. En s’exprimant ainsi, il a surtout exprimé maladroitement son rapport complexe à la sexualité et aux risques.

Ces deux exemples sont les seuls que j’ai en tête de réactions négatives. Deux. Rien de plus… Et je n’ose vous révéler le nombre à placer en dénominateur pour que vous calculiez ce que ça représente en proportion, au risque de passer pour une fieffée salope, comme dirait Brassens. Peut être y-a-t-il eu des occasions manquées ? Des gars qui savaient et qui pourtant n’ont pas souhaité m’aborder en raison du VIH… Mais que représentent-ils par rapport aux nombreuses rencontres où tout s’est passé avec sérénité ? Nous, séropos, sommes la meilleure arme contre la sérophobie. Nos munitions ne sont rien d’autres que nos mots. Ceux-là même qui permettent d’expliquer et de rassurer des mecs qui, d’un coup, se retrouvent face à une information qui peut être déroutante.

Quitte à le dire… autant l’écrire

Aujourd’hui, je suis devenu fainéant. Séro-fainéant. J’ai la flemme de prendre le temps de dire mon statut sérologique et de vivre ce stress de savoir comment va réagir le mec. Alors j’ai adopté la solution de facilité qui consiste à l’indiquer systématiquement dans mon profil, sur les sites de rencontre [voir captures d’écran ci-dessous]. Si une personne me contacte, j’ose espérer qu’elle aura lu mon profil. Elle est alors avertie.

Je crois qu’on ne m’a jamais autant contacté depuis… Pourtant, nulle part est-il inscrit que ma bite fait 24cm (oh c’est bon, j’ai le droit de rêver, oui !). Peut-être cette information sur mon statut sérologique amène-t-elle quelque chose de différent ou d’humain en ces lieux bestiaux ? Les curieux viennent poser quelques questions… les séropos envoient un petit « moi aussi, ça fait quelques mois ! »… Et dans la plupart des cas, je continue paisiblement à faire les mêmes rencontres passionnantes, excitantes et enivrantes avec vous, bande d’obsédés !

En fait, vous savez quel est mon secret pour les faire tous tomber ? Je suis séropo… chhuuut !

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Dépistage | Drogue | Hépatite C | IST | santé sexuelle | VIH/Sida | 12.03.2014 - 16 h 08 | 4 COMMENTAIRES
L’Europe des backrooms

Drug, sex & electro

lab.oratory

Berlin, Cologne, Bruxelles, Gran Canaria… autant de villes qui raisonnent dans l’esprit de pas mal de mecs gays comme des lieux de pèlerinages incontournables de la culture hypersexuelle. Le développement des transports à bas prix couplé à la circulation plutôt facile au sein de l’espace Schengen ont sans aucun doute contribué à l’émergence d’une scène gay européenne.

J’aime la musique. Mais ma spécialité, ce sont les backrooms. Et quel plaisir ! Pour me rendre de temps à autres aux grandes soirées electro-sex et événements gays en Europe, l’excitation est toujours au rendez-vous. Toutes les nationalités sont réunies, l’attractivité dépasse les frontières  du Vieux Continent – on parle tous le même langage, un mélange entre le globish, le jockstrap et le cuir fétiche.

Musique cadencée et industrielle en fond sonore, torse-nu en petit short et bretelles, ma fiole de poppers dans la main droite, je traverse les couloirs enivrants et agréablement étouffants des corridors sombres, me frayant un chemin à travers la centaine de gars de tous horizons devant moi, certains perchés à la md’, meph’ et autres stimulants, à la recherche du prochains avec lequel baiser.

Même langage, mêmes codes… mêmes virus

Loin de chez moi je ressens à chaque fois la même sensation de liberté et de détachement. Parfois aussi, il faut l’avouer, de chaos. Notamment face à la difficulté d’assumer l’animosité qui m’habite à l’occasion de ces marathons sexuels auxquels je m’adonne, plusieurs heures durant et every single fucking day de ces voyages sexuels.

EuropeMapByNightAprès coup, c’est un peu la descente… avec combien de mecs est-ce que j’ai niké ? Ce soir là j’avais bien assuré en mettant une capote à chaque fois… putain pourquoi ce soir j’ai autant déconné ?

Derrière l’enfer paradisiaque des scènes sexuelles gays internationales se cache aussi une dure réalité : on estime qu’un tiers des mecs gays européens diagnostiqués pour le VIH se sont contaminés à l’étranger (1).

Il n’y a rien de bien nouveau dans une tel constat : le développement des voyages a toujours été une cause majeure de la propagation des épidémies. Souvenez-vous des maladies importées en Amérique Latine par les colons européens. La consommation sexuelle importante au sein d’un groupe, mine de rien assez restreint (les hommes gays sexuellement actifs), favorise la circulation rapide des infections sexuellement transmissibles. La question soulevée est alors plutôt de savoir quelles réponses apporter ?

L’Europe de la santé gay

Les discours de type « à Barcelone personne ne se protège », « à la Démence tu rentres ‘clean’ et tu ressors avec une chaude-pisse » sont totalement stériles. J’ai toujours été agréablement surpris par le nombre de mecs qui prenaient l’initiative de mettre une capote au Laboratory à Berlin ou à la Démence contrairement aux idées-reçues. Par ailleurs, il existe des soirées où la couleur est clairement affichée à l’image des « biohazard party » où le thème est le sexe sans capote entre séropo. Ca a le mérite de clarifier le niveau de risque auquel on s’expose, notamment pour l’hépatite C.

Force est de constater pour autant qu’il n’est pas rare de revenir de weekend avec une mauvaise surprise. Peut-on dès lors éviter cela ? Ou tout du moins réduire les risques ? Pour le coup, nous avons à faire à un public que l’on connait, facilement accessible et aux besoins clairement identifiés. En tout cas connus des associations de prévention dans toute l’Europe et auquel doit être proposé des services renforcés en santé sexuelle.

Notre communauté est le meilleur espace d’élaboration de réponses à ces besoins car nous savons où, quand et comment s’adresser à nos pairs. J’imagine bien une « fucking trousse » distribuée au départ du bus de la Démence, sur les sites des différentes soirées et comprenant capotes, gel, auto-tests du VIH et les adresses des lieux où trouver un traitement d’urgence à Barça, Tenerife, Berlin, Paris, Bruxelles… voire comprenant une boîte de Truvada (cachet permettant de prévenir de l’acquisition du VIH lorsqu’il est bien pris). …

Je rêve d’un supplément « Safer Sex » au guide Spartacus dans sa version papier ou smartphone permettant de trouver facilement le nécessaire pour prendre soin de son cul.

… Enfin je kifferai des équipes de prévention internationales sur les grands évènements sexuels gays, sillonnant les spots à la rencontre des mecs pour proposer dépistages complets, matis de prévention, orientation vers le traitement d’urgence, etc. Un peu à l’image de ce que AIDES a fait pendant l’Europride (voir ici).

(1) Fernández-Dávila P et al. Mobile men who have sex with men: an exploration in European residents of sexual risk taking while travelling abroad. 19th International AIDS Conference, Washington, abstract THPE373, 2012

Non classé | VIH/Sida | 07.04.2013 - 18 h 51 | 19 COMMENTAIRES
Bon… la pipe, c’est risqué ou pas ?

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S’il est avéré que la plupart des Infections Sexuellement Transmissibles peuvent être transmises par rapport oral, il faut l’avouer, un flou monstre règne autour du risque de contracter le VIH en taillant une pipe. Une zone d’incertitude qui est de nature à entretenir les fantasmes et qui a longtemps divisée les acteurs de santé. Pour autant des personnes déclarent s’être contaminées par fellation.

Alors, où en est-on sur la fellation (bordel) ?

Des résultats scientifiques difficiles à obtenir

De nombreuses études se sont intéressées au risque de transmission du VIH associé aux rapports oraux-génitaux. S’aventurant même à publier des estimations du risque que vous avez de vous contaminer en taillant une pipe. Estimation qui ne veut absolument rien dire en soi :

  • Le niveau de risque va varier en fonction de ta pratique de la fellation. En gros si tu la prends uniquement dans la bouche ou bien si tu te l’enfonces bien au fond de la gorge. Si tu prends le sperme en bouche, si tu l’avales ou pas et quelle quantité ;
  • Sucer des bites entre mecs est nettement plus à risque que les rapports oraux-génitaux hétéros du fait de la dynamique de contamination plus importante parmi le groupe des mecs qui baisent entre eux (c’est si joliment dit !) ;
  • Enfin dans les études qui sont réalisées des biais énormes existent : peu de gens déclarent s’être fait contaminer par rapport oral et parmi ceux-ci rien ne nous dit qu’ils ne cachent pas avoir eu d’autres pratiques, notamment une pénétration non protégée, plus tabou à révéler. Ensuite les études ne distinguent pas la diversité des pratiques oral (je suce/je me fais sucer, profond/pas profond, éjac bucale/pas d’éjac bucale, ingestion du sperme/pas d’ingestion du sperme). Enfin d’autres biais se posent propres à la méthodologie de recherche ;

A défaut d’avoir une valeur précise de la probabilité de choper le VIH en suçant, l’intérêt néanmoins de ces études aura été d’établir une échelle des risques – certes imparfaite. Celle-ci nous autorise à dire que la probabilité de contracter le virus du Sida en suçant une bite est infiniment plus faible que lors d’une pénétration sans préservatif. De nouveaux éléments sont néanmoins venus nous apporter quelques éclaircissements ces dernières années.

Sucer à l’heure du traitement en prévention

En 2008 un pavé dans la marre a été lancé par l’avis de médecins suisses, le Dr Hirschel et son équipe, sur le risque de transmission du VIH. Complété depuis par d’autres études, l’idée est de dire que lorsqu’une personne séropositive prends bien son traitement et que celui marche, le risque de transmettre le VIH s’effondre. En effet il n’y aurait pas une quantité suffisante de virus dans les liquides contaminants (sang, sperme, sécrétions génitales) pour permettre la transmission.

Or dans quels cas y-a-t ‘il un niveau de virus suffisant dans les liquides contaminants ?

–          Au tout début de l’infection lorsque le virus se réplique à toute vitesse jusqu’à atteindre des millions de copies dans le sang, le sperme et les sécrétions. Le risque de transmission à ce moment-là est alors très élevé. Cette période serait même responsable de bon nombre des cas de transmissions du VIH ;

–          Si la personne ne suit pas un traitement antirétrovirale ou ne le prends pas de manière satisfaisante, rendant difficile d’écraser le virus, une quantité de virus certes plus faible qu’au début peut en effet être suffisante pour transmettre le VIH ;

On peut alors se dire que pour la pipe, le risque de transmission peut être important si mon partenaire est effectivement séropositif, notamment s’il vient juste d’être contaminé et s’il ne prend pas de traitement ou ne le prend pas correctement. Mais vous allez me dire : « ah mais t’es gentil toi, mais y’a pas marqué sur son front tout ça ? ». Et il est vrai aussi, nous ne discutons pas toujours de ça lors de nos rencontres…

« Moi, je suce sans capote, je fais comment alors ? »

Ce n’est pas évident de savoir où en est ton partenaire sur son statut sérologique – peut-être ignore-t-il lui-même sa séropositivité. D’ailleurs plus de 3 contaminations sur 5 sont à l’origine de personnes qui ne savent pas qu’elles sont porteuses du VIH, à défaut de ne pas avoir encore été dépistées [1]. Si tu  fais le choix de ne pas utiliser de préservatif lorsque tu tailles une pipe, voici du coup quelques infos-clé à avoir en tête :

  1. Le sperme et le liquide pré-séminal peuvent contenir beaucoup de virus. Les prendre en bouche ou les ingurgiter augmente donc significativement le risque de contracter le VIH si ton partenaire est contaminé et ne prends pas de traitement ;
  2. Une plaie ouverte ou des aphtes seraient susceptibles de constituer une porte d’entrée pour le virus. Par exemple le brossage de dents favorise les saignements et il est recommandé d’attendre deux heures après s’être lavé les dents pour tailler une pipe (sinon un chewing-gum fera l’affaire mais ne le dis pas à ton dentiste) ;
  3. Les gorges profondes mettent en contact le sexe de ton partenaire avec une partie du pharynx. Partie plus à risque de faciliter le passage du VIH (peu de salive pour protéger les muqueuses et fortes présences des cibles du virus dans cette région) ;
  4. Si nous nous faisons tous dépister régulièrement du VIH et des IST, nous limiterons le nombre de transmissions. Tu as la possibilité de faire des tests du VIH à résultats immédiat dans les associations ou un check-up de toutes les IST dans le Centre de Dépistage le plus proche de chez toi ;
  5. Si tu penses avoir pris un risque, sous 48h tu peux aller récupérer un traitement d’urgence à l’hôpital le plus proche (la nuit aux urgences, le jour au service des maladies infectieuses s’il y en a un, sinon aux urgences direct). Le VIH se matérialise dans les premières semaines par des symptômes qui ressemblent à une grosse grippe (fatigue, maux de tête, ganglions au cou, aux aisselles et à l’aine notamment). N’hésite pas à aller faire un test si tu perçois ces symptômes et que tu penses avoir été exposé à un risque de contracter le VIH.

En conclusion, s’il est difficile d’établir un niveau précis du risque de transmission lors de la fellation, celui-ci dépendrait fortement de la quantité de virus dans le corps de ton partenaire s’il est séropositif et s’effondrerait s’il prend un traitement. Si tu décides de ne pas mettre de préservatif, il existe néanmoins des techniques pour réduire le risque d’acquisition du VIH (éviter d’avaler ou les gorges profondes, faire attention aux plaies, traitement d’urgence) et des réflexes pour réduire le risque de transmission à ses partenaires si l’on vient d’être contaminé (dépistage, prise de traitement).

Vincent

PS : je suis sûr que tu es toujours aussi frustré qu’avant de la réponse que je viens d’apporter…


[1] V. Supervie, D. Costagliola

 

Hépatite C | IST | VIH/Sida | 15.03.2013 - 13 h 26 | 2 COMMENTAIRES
Guide VIE POSITIVE pour les personnes touchées par le VIH et/ou une hépatite

Guide Vie Positive

Salut les amis,

Vous trouverez en cliquant sur l’image le guide « VIE POSITIVE » à destination des personnes vivant avec le VIH et/ou une hépatite réalisé par l’association AIDES. De nombreuses questions liées au vécu, à la prise en charge thérapeutique, à la sexualité, etc. sont abordées.

C’est aussi l’occasion pour chaque personne touchée par le VIH et/ou une hépatite de faire un point sur l’actualité, se questionner sur ses pratiques et construire son projet de santé.

Ce guide a été fait avec des personnes concernées et laisse une large place au témoignage. Il donne espoir et les déterminants d’une bonne santé. Ce guide tente de montrer une image fidèle et équilibrée du vécu avec le VIH, loin de la vision lugubre ou de la vision angéliste souvent présentées.

Bises

Vincent

 

 

 

 

 

Cul | Dépistage | Général | Homophobie | VIH/Sida | 03.01.2013 - 00 h 40 | 1 COMMENTAIRES
2013… et si on changeait de regard pour de bon sur le VIH ?

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Regard 2013

Après une carence d’articles… On est reparti comme en ’40 sur une bonne lancée… ! Un peu comme une bonne résolution que l’on va essayer de tenir ! La fin du monde n’a pas eu lieu au dernier solstice d’hiver… place à une nouvelle ère mais du coup… et si on changeait de regard sur le VIH pour de bon ? Beaucoup de vœux seraient souhaitables pour cette nouvelle année qui s’engage… !

2013… année folle… année du mariage ? Folle oui… mais les seules folles qui soient sont celles qui déchargent leur haine nauséabonde que l’on pensait être l’adage du Moyen-Âge… ! Quel rapport avec le VIH vous allez me dire ? Il ne faut pas aller chercher bien loin… La lutte contre le VIH/Sida ne peut pas aller sans une lutte contre les discriminations, notamment la lutte contre l’homophobie. Et comme le disait à très juste titre un des enfants de couples homoparentaux qui a été auditionné à l’assemblée récemment, la question latente derrière tous les débats qu’il y a actuellement n’est bien souvent pas tant « pour ou contre le mariage et l’adoption ouverts aux couples homosexuels » mais plutôt « pour ou contre l’homosexualité », comme si elle représentait un danger pour notre société, comme si c’était toujours considéré comme une maladie, une déviance… ! Or ce débat, et cette discrimination étatique qui est toujours en place, nuisent à l’estime de soi de beaucoup de gays, étant relégués à l’état de « sous-citoyen ». La mauvaise estime de soi, en plus de créer un surtaux de suicide chez les jeunes gays, est aussi un facteur de prises de risques sexuels ! Bien souvent, quand on n’est pas très bien dans sa peau, ce n’est pas toujours évident de prendre soin de sa santé, ce n’est pas une priorité… la sexualité peut parfois être utilisée comme un exutoire… les prises de risques peuvent plus facilement survenir… et une éventuelle contamination au VIH peut arriver !

Ouvrir le droit au mariage, à l’adoption et à la PMA aux couples homosexuels, lutter pour l’égalité des droits… c’est également lutter, dans une certaine mesure contre le terreau qui entretien l’épidémie du VIH/Sida chez les gays !

2013… année de la baise… année du pouvoir de s’exprimer librement ? Trop souvent encore un regard plein de morale s’écrase sur les épaules des mecs qui font des plans cul, qui parfois peuvent prendre des risques, qui ne font pas ou peu de plans cul mais qui prennent également parfois des risques ! Je pense que tout le monde est libre d’avoir sa propre sexualité, à partir du moment où c’est fait dans le respect de l’autre et en toute conscience de ce que l’on fait, sans que tout un chacun vienne y mettre son nez et se mêler de ce qui ne le regarde pas… ! Ce regard-censure a des effets pervers, et est également vecteur de l’épidémie. En effet, s’il est déjà ardu de parler librement de sa sexualité, sans tabou et sans jugement, il est encore plus difficile de pouvoir parler de ses éventuelles prises de risques… ! Et si on ne peut pas parler du fait que la capote nous fait débander, qu’on ressent moins de plaisir avec, qu’on a un mec séropo qui n’est pas sous traitement avec qui on n’arrive plus à mettre la capote, qu’on aime le jus, qu’on n’arrive pas à imposer la capote à son partenaire, que la prise de risque peut être excitante, qu’on est à fond sur un mec et qu’on ne pense pas du tout à se protéger, etc. sans se faire traiter d’inconscient, d’irresponsable, de salope et autres jolies dénominations… Comment peut-on clairement avoir accès à une information adaptée à nos pratiques, afin de mettre en place une réelle stratégie de réduction des risques ? Même si la protection n’est pas à 100%, il existe toute une palette d’outils et de techniques pour réduire au plus possible ces risques !

Pouvoir parler librement et sans jugement de sa sexualité et ses éventuelles prises de risques est essentiel pour mieux se protéger et avoir de l’aide !

2013… année de la disance… année de l’annonce ? Malgré les énormes progrès de la recherche sur le VIH, malgré un espérance de vie égale ou quasi égale pour les personnes séropositives que n’importe qui, malgré les résultats des études qui montrent que le traitement est extrêmement efficace pour éviter la contamination de son partenaire… les représentations sur le VIH et les personnes séropositives demeurent ancrées dans les années 80-90 et une proportion non négligeable de la population en a encore une peur irrationnelle ! Une personne qui découvre sa séropositivité aujourd’hui, ça sera certes un choc, ça ne sera certes sûrement pas facile à encaisser. Le regard et le rejet de certains autres sera lourd à supporter parfois, mais grâce aux traitements elle pourra continuer à mener une vie normale, extraordinaire même si elle le souhaite ! Elle pourra travailler. Elle pourra continuer à avoir pleins d’amis. Elle pourra faire du sport, baiser, tomber amoureux et se mettre en couple, fonder une famille, avoir des enfants et peut-être même des petits-enfants, avoir des projets et vivre quoi ! Et beaucoup de personnes qui annoncent une séropositivité (médecins ou militants associatifs) gardent malgré tout une image plutôt négative de cette annonce ! Même si en effet ce n’est pas facile à faire, il faut garder à l’esprit que dans une certaine mesure c’est une annonce positive (sans mauvais jeu de mot). Elle l’est d’un point de vue individuel, car la personne va pouvoir entrer dans un parcours de soin et prendre rapidement un traitement. Même si le traitement n’est pas forcément anodin et une partie de rigolade, le VIH n’est pas non plus anodin et il agresse en permanence le corps… ! Une étude a récemment montré une corrélation entre une plus mauvaise fin de vie, et le temps mis avant de commencer un traitement ! Et enfin cette annonce est positive d’un point de vue collectif, car une personne qui connaît son statut va faire prendre beaucoup moins de risques à ses partenaires. Une des plus grandes peurs des personnes séropositives est de contaminer quelqu’un d’autre ! Par ailleurs, le fait qu’elle puisse prendre un traitement évitera quasi à coup sûr une ou plusieurs autres contaminations, et aura pour effet de baisser la « charge virale communautaire » (addition de toutes les charges virales d’une communauté), et donc fera baisser le risque de contamination au sein de cette communauté… !

Pour mieux lutter contre le VIH, il est nécessaire de regarder la réalité de la séropositivité à travers un filtre objectif, et non un spectre noircissant les choses plus qu’elles ne le sont pour faire peur ! Il est prouvé par de nombreuses études que la peur comme moteur de prévention n’est pas ce qu’il y a de plus efficace du tout ! Comme disait un médecin avec laquelle j’intervenais à l’occasion du 1er décembre dernier devant un amphi d’étudiants en médecine et sages-femmes, « aujourd’hui il est certain que l’on vit mieux sans le VIH… mais on vit bien, voire très bien avec malgré tout… » !

2013… année du test… année de l’autonomie… ? Le dépistage est une étape indispensable à la lutte contre le VIH, et si l’image que l’on se fait du VIH est déformée, beaucoup de monde ne va pas, ou à reculons, la boule au ventre, se faire dépister ! Il serait souhaitable pour mieux lutter contre le VIH de développer encore plus l’offre de dépistage ! En 2011, grâce à l’action de Roselyne Bachelot visant à l’autorisation du dépistage communautaire, un grand pas a déjà été fait sur l’accessibilité des tests… ! Un tiers des dépistages réalisés à AIDeS cette année était auprès de personnes pour qui c’était la première fois. Preuve que le dépistage rapide, gratuit, indolore et dans des lieux que fréquentent les gays permet de toucher plus de monde que le dépistage classique. Cependant, on peut encore mieux faire ! Bien que les tests rapides soient désormais facilement accessibles sur les actions des militants associatifs, un certain nombre de personnes ne vont pas pour autant se faire dépister. Il y a ceux qui préfèrent que ce soit réalisé par un médecin ou une infirmière, ceux qui préfèrent que ce soit par un pair… et ceux qui ne souhaitent ni l’un ou l’autre, mais préfèreraient le faire eux-mêmes chez eux ! C’est pour ça que je pense qu’il est indispensable d’aller vers l’autorisation des autotests ! Plutôt que ces mecs ne commandent des tests via internet, où on ne connaît pas vraiment la fiabilité, et où le coût n’est pas  négligeable, l’état pourrait mettre en libre-service en pharmacie ou auprès d’associations des tests certifiés NF que les personnes pourraient faire seules ! Certains vont agiter les chiffons rouges, comme quoi il pourrait y avoir des dérives, des perdus de vue dans le système de soin, des mauvaises manipulations, des suicides, etc. ! Bien sûr que c’est possible… rien n’est impossible ! Mais les mêmes chiffons rouges étaient agités lorsqu’il était question de laisser la responsabilité à des militants associatifs de réaliser des TROD (Test Rapide à Orientation Diagnostic) ! Qu’il est nécessaire que la personne soit accompagnée par un médecin, et qu’elle ne soit pas seule après une annonce. Mais au final, une fois la consultation finie, la personne se retrouve dans tous les cas seule face à elle-même… ! Et c’est la méconnaissance de ce qu’est vraiment la séropositive et les peurs qui sont entretenues par certains qui sont responsables des éventuels suicides et autres conneries que pourraient faire les gens ! Il serait temps en 2013 de cesser de prendre les gens pour des irresponsables… ! Il est temps d’accompagner vers l’autonomie les personnes afin qu’elles puissent comprendre facilement comment fonctionne un test et comment le réaliser soi-même, car ce n’est vraiment pas sorcier du tout, et un certain nombre des militants associatifs se font eux-mêmes le test, comme le font également beaucoup de personnels soignants… !

Pour mieux lutter contre le VIH, je pense qu’il est nécessaire de partager le pouvoir ! Je pense que beaucoup de ceux dans le corps médical qui ont freiné pour le dépistage communautaire, et beaucoup de ceux qui freinent à la fois dans ce même corps médical et dans le milieu associatif aujourd’hui pour que les autotests n’arrivent pas sur le marché, ont peur de perdre leur pouvoir ! Ils tendent à l’inertie pour conserver le pouvoir qu’ils ont sur les gens en détenant le savoir ! Or je pense plutôt qu’en partageant ce pouvoir, au final on en gagne !

Tout ceci ne saurait être exhaustif dans le combat pour plus d’égalité et moins de VIH… A vous de compléter la liste de vœux pour cette année… ! En vous souhaitant à toutes et tous une super année 2013… riche en amour, en sexe, en ouverture d’esprit et en pouvoir d’agir !

Couple | Rencontres | VIH/Sida | 21.05.2012 - 18 h 33 | 5 COMMENTAIRES
« J’ai fait ma vaisselle, je me suis servie une vodka et je me suis mise à pleurer »

Voici Christelle ! Amie de longue date, confidente des plus intimes, elle occupe une place particulière dans la vie de Jonathan et la mienne. C’est même la super colloc’ de Jonathan ! Elle fait partie de ces personnes séroconcernées par le VIH dont on parle peu. Cet entourage proche, qui s’efface parfois pour soutenir un pote, un membre de sa famille, atteint par le VIH. Ce même entourage qui joue pourtant un rôle tellement essentiel pour le bien-être et l’acceptation de soi…Depuis plusieurs mois maintenant elle partage ma séropositivité avec courage en montrant un soutien sans faille. Pourtant ce n’est pas toujours facile. Par ce très beau témoignage, Christelle a voulu exprimer ce qu’elle a vécu, depuis ce jours de septembre où un message est venu lui annoncer la nouvelle…

Bonne Lecture !

Vincent

Une des personnes qui tient une grande place dans ma vie et dans mon cœur, à qui je tiens par-dessus tout est atteint d’un mal qui a tendance à se banaliser et qui est pourtant un des plus grands fléaux des ces dernières décennies : être atteint du VIH.

C’est un sujet que nous abordons beaucoup et pourtant si peu. Il arrive souvent, après l’avoir vu ou l’avoir entendu me de sentir triste, en colère, révoltée, désemparée et pleine de doute. Et j’espère juste pouvoir faire avancer un peu les choses et changer le regard de certaines personnes sur cette maladie. Parce que avant tout, cette personne est un être formidable qui mérite le bonheur, la réussite et la reconnaissance et qui ne se résume pas qu’à un « trait » de la personne : être séropo.

Je me souviendrai toute ma vie je pense, du jour où il me l’a annoncé. Il m’a envoyé un message où il m’expliquer pourquoi il était aussi fatigué en ce moment et qui se voulait rassurant. Il l’a fini en me disant qu’il était invincible et que tout irait bien pour lui, et que là, il était juste fatigué et qu’il voulait son lit. J’ai fait ma vaisselle, je me suis servie une vodka et je me suis mise à pleurer. J’avais peur. Pas peur de la maladie mais peur pour son avenir qu’il soit professionnel, sentimental, qu’il soit rejeté et qu’un jour, il lâche prise. Et après j’ai été en colère contre tout, cette saleté de maladie, la personne qui l’a contaminé, lui et moi… Moi qui  essayais de me voiler la face quand il me disait qu’il était fatigué et qu’il avait une angine qui lui disait que c’était normal car qu’il avait de gros changements dans sa vie. Moi qui avait que deux envies en ce moment précis, de le prendre dans mes bras pour lui montrer que je serais là pour lui et de lui en coller une en pleine figure parce que j’étais en colère (heureusement, on a pu en parlé au téléphone avant de se voir quelques jours après du coup je l’ai pas frappé). En y repensant je me dis que je fais une bien piètre amie et que j’ai réagi de façon un peu égoïste (voir beaucoup).

Quelques mois sont passés depuis et j’essaye de faire mon possible pour être présent pour lui. Je l’invite régulièrement à manger où j’essaie de lui faire des petits plats maison et où on regarde des conneries à la télé. J’essaie d’être toujours dispo quand il m’appelle quitte à raccrocher avec la personne avec qui je suis au téléphone pour lui répondre. J’essaie d’être à son écoute et de trouver des solutions quand il se pose des questions.

Ma réaction est peut-être démesurée mais voilà, je me fais du souci pour lui et ce, à chaque instant. Et là où je me fais le plus de soucis, c’est quand il me parle de sa vie sentimentale. Je ne parle pas juste d’un plan cul comme ça vite fait, mais de quand il rencontre quelqu’un et qu’il envisage la possibilité d’une relation suivie avec cette personne. Et là encore, je me sens prise dans un espèce de paradoxe que je n’arrive pas à expliquer, des sentiments bizarres qui viennent se mélanger et qui me foutent le cafard.

Mon ami est une personne très sincère et prévenante, et il ne cache pas le fait qu’il soit séropositif à ses partenaires. Et ça m’énerve de voir que certaines de ces personnes ne donnent pas de suite ou ne font pas l’effort de parler avec lui après qu’il leur ait dit ça. Des fois j’aimerais aller fouiller dans son portable, juste pour trouver leur numéro et les appeler pour leur dire : « Mais t’es con ou tu le fais exprès ? Le type, il te dit qu’il est séropo, il prend la peine de t’expliquer que son traitement marche plutôt bien et toi, tu lui réponds pas. T’as rien compris à la vie ou quoi ? J’espère qu’un jour tu te souviendras que quelqu’un a voulu être honnête avec toi, que ça a surement pas dû être facile pour lui et que toi t’as régi comme si t’avais le QI d’une moule !!! ». Après je me dis que c’est pas plus mal pour mon ami que ces personnes ne donnent pas de suite parce que ce sont des gros cons. Voilà pour la première vague de sentiments.

Après, la seconde vague, dite vague de la tourmente. Mais pourquoi se sent-il obligé de dire tout de suite qu’il est séropo. Alors je veux bien qu’effectivement c’est pas comme si il était atteint de chute de cheveux prématurée ou d’une autre pathologie à la con mais il sait que sa charge virale est indétectable et qu’il n’est plus contaminant, alors pourquoi ne se laisse-t-il pas un peu de temps ? Le temps de connaitre un peu la personne, je ne dis pas d’attendre des mois et de lui annoncer ça comme s’il avait mangé une pomme pour le goûter. Mais juste le temps de voir, quelques jours, si c’est une personne qui pourrait faire un bout de chemin avec lui. Mais je peux comprendre que la personne puisse se sentir trahie si, au bout de 15 jours, quand on est en pleine phase euphorique du « couple », qu’on pense tout le temps à la personne, il lui disait qu’il était séropo. Mais j’ai foi en l’espèce humaine et je me dis que cette personne arrivera à faire la part des choses, en ce disant que mon ami ne se résume pas qu’au fait d’être séropositif et que pendant ces jours où il ne lui a rien dit, il a tout fait pour le protéger. Certes cette maladie fait partie de lui et ce jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin ou un traitement qui la détruise complètement. Mais il n’est pas que ça.

Enfin, voilà mon petit message et mon coup de gueule. Les gars, vous avez des personnes sincères en face de vous, qui se mettent à nues, pour qui c’est difficile et qui le font car comme toute personne vivant sur cette terre, elles n’aspirent qu’à une chose, au bonheur et à faire le bonheur autour d’elles. Posez-vous quelques minutes et réfléchissez. Vous pensez vraiment qu’elle pourrait vous « faire du mal » ? Et pourquoi passer à côté de quelque chose qui pourrait être génial tout ça parce que vous avez peur de parler de cette maladie et d’accepter qu’on puisse être heureux avec quelqu’un de sérodifférent ?

Christelle

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