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Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Dépistage | Handicap | Relation médecin patient | Rencontres | santé sexuelle | VIH/Sida | 15.04.2014 - 17 h 52 | 4 COMMENTAIRES
Handicap & Sexe : « Le BDSM permet de ressentir son corps »

Entretien. Janvier 2014, après un fast-food dégueulasse, nous voila avec Fabrice assis face à face pour préparer un entretien un peu particulier. Cela fait bien longtemps que je souhaitais publier sur ce blog un texte sur les homos, le handicap et le sexe, mais sans trouver vraiment d’accroche originale par rapport à ce qui a déjà été dit. Fabrice me montrera que tout n’a justement pas été dit, notamment par les personnes en situation de handicap elles-mêmes, dont la parole est trop souvent confisquée par les professionnels de santé. Malgré son handicap, en raison de complications survenue à la naissance, Fabrice n’a jamais renoncé à explorer les rencontres, les relations et le sexe. Un chemin semé d’embuches qu’il nous raconte avec courage, pudeur et sincérité. Le « on » a parfois du mal à laisser place au « je ». Car quand on est gay et que l’on vit avec un handicap, il n’est pas facile de parler sexe à la première personne. Mais c’est bien de lui dont il nous parlera, alors big up Fabrice !

 

Vincent – Avant de commencer, quelles expressions dois-je bannir de mon vocabulaire lorsque je parle de handicap ?

Fabrice – Tu dis bien ce que tu veux. Je préfère personnellement parler de « personnes en situation de handicap » plutôt que de « personne handicapée ». Car c’est bien la société qui en étant inaccessible, à certains endroits ou à certains moments, met des personnes en situation de handicap.

Je retiens ! Tu me parles un peu de ton parcours…

J’ai des problèmes psychomoteurs qui se traduisent par une marche retardée, une difficulté à l’écrit et dans l’élocution, depuis ma naissance. Durant mon enfance et mon adolescence j’ai été placé dans des institutions. Pour autant, j’ai toujours essayé de m’intégrer au milieu de personnes valides. Par exemple, on voulait me placer dans des structures d’accueil de travailleurs en situation de handicap, dans lesquelles on fait un boulot mal payé et pas intéressant, comme du pliage d’enveloppes. Ces structures sont nécessaires et utiles, en fonction du handicap. Mais je ne trouvais pas ma place, c’est un milieu protégé qui ne me correspondait pas.

Il en est allé de même dans ma vie sexuelle, puisque j’ai toujours eu davantage de rapports avec des personnes valides. Auparavant je vivais une sexualité clandestine. Je disais être hétéro, alors même que très tôt, j’ai su être attiré aussi bien par les garçons que par les filles. Il faut dire que dans les institutions spécialisées on ne parlait pas beaucoup de sexualité avec les professionnels, à mon époque en tout cas. C’était même interdit d’avoir des rapports sexuels, on risquait le renvoi ! Tu imagines l’image négative que cela nous donnait de la sexualité ? Pour autant il y avait bien une sexualité, ou en tout cas des contacts physiques. Mais c’était caché. On en discutait aussi, enfin on parlait surtout des rapports entre garçons et fille. Comme beaucoup de personnes de mon âge, j’étais dans l’interrogation sur ma sexualité et aujourd’hui je me définis comme homo.

J’ai commencé à avoir mes premiers rapports sexuels vers l’âge de 25 ans. Je fréquente beaucoup les saunas et les boites de nuits et fait des rencontres par Internet principalement. D’ailleurs j’ai eu le droit aux moqueries ou au regard des autres. Cela peut atteindre l’estime de soi. Mais j’ai travaillé là dessus et ça m’a rendu plus fort. Et heureusement, tout le monde ne se moque pas.

Sur ce blog on parle beaucoup des enjeux de santé des gays et en particulier de la gestion du risque dans un cadre sexuel. Comment ça se passe pour toi ?

Quand on est une personne en situations de handicap, on peut parfois être vulnérables. On a tellement peu de relations que l’on est plus facilement tenté de dire oui pour des situations qui sont pourtant de vrais risques. Il m’est arrivé d’être tenté, lorsqu’on me proposait des rapports sans préservatif alors que je veux me protéger.

En raison de mes problèmes de psychomotricité, j’ai parfois aussi du mal à mettre un préservatif. Enfin il y a d’autres fois où, comme tout le monde, lorsque je fais des rencontres, il m’arrive aussi de prendre des risques sur le moment, sur le coup de l’excitation.

Ce dont tu me parles souligne l’importance aussi d’avoir un suivi régulier. Comment abordes-tu ta vie sexuelle avec un médecin ?

Je ne ressens pas le besoin d’aller voir un médecin. Je n’ai pas beaucoup de rapports sexuels, alors bon… Tu sais, j’ai eu affaire aux médecins et aux professionnels toute ma vie. Maintenant, j’en ai un peu marre… Non, quand je vois un professionnel, je ne parle pas de ma sexualité. Il m’est arrivé une fois de demander un test du VIH à un médecin. Mais c’était pour éviter de faire prendre un risque à un garçon. J’ai toujours privilégié les autres par rapport à moi, que ce soit la santé ou le reste. A vrai dire, ma santé n’a jamais eu beaucoup d’importance à mes yeux.

Si je comprends bien, prendre soin de sa santé est très lié à l’estime de soi ?

C’est ça. Néanmoins je vais essayer d’aller au Centre de santé sexuelle, le « 190 » et peut être que ce sera plus simple là-bas.

Tu me raconteras alors ! Ce que tu me dis pose aussi la question des espaces d’échanges et de discussions qui existent lorsqu’on vit avec un handicap et que l’on est aussi attiré par les personnes du même sexe…

Je suis allé à plusieurs reprises dans des associations LGBT. J’ai aussi participé à des rencontres de la communauté. Mais sans jamais réellement trouver ma place. Puis un jour, j’ai rencontré un militant de l’association AIDES. Il m’a dit tout de suite « toi, ça se voit que t’es gay ». J’ai paniqué. Personne dans ma famille ou parmi mes amis n’était au courant, j’avais peur que ça se voit. Et finalement il m’a proposé de participer à des ateliers dans son association. J’ai trouvé là un espace où parler de santé et sexualité dans un cadre convivial.

C’est vrai que maintenant je fais des dépistages du VIH plus régulièrement mais uniquement avec des personnes de confiance à AIDES. J’ai même commencé à participer à des activités de l’association et pour la première fois je me suis mis nu avec d’autres militants sur une plage naturiste sur laquelle ils interviennent l’été.

Pour autant même auprès de personnes avec qui je discute longuement et qui m’acceptent comme je suis, dans les associations notamment, ça reste difficile de faire des rencontres.

J’ai cru comprendre que tu avais monté un projet sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Comment t’est venu ce projet ?

Quand j’étais plus jeune j’écoutais « Love in Fun » sur FunRadio – une émission où les jeunes posaient des questions sur la sexualité, de manière très ouverte. Et je me suis dit qu’il y avait quelque chose de similaire à faire pour les personnes en situation de handicap. Avec plusieurs autres personnes nous avons alors monté une association et notre première initiative fut de lancer une émission radio, diffusée sur Handi F.M. Une fois par mois nous parlions à l’antenne de la vie affective et sexuelle lorsque l’on est en situation de handicap. Nous essayions aussi de mettre en place des distributeurs de capotes dans les institutions. Mais il faut avouer qu’il y avait de nombreuses réactions négatives de la part des professionnels qui considèrent que c’est de l’incitation alors que le règlement interdit tout rapport. Nous mettons également des espaces de parole et d’informations sur la vie affective et sexuelle

Il y a souvent l’amalgame entre vie sexuelle d’une personne en situation de handicap et violence sexuelle, n’est-ce pas ?

Ces violences existent. Dans certain établissements. On ne laisse par exemple pas le choix entre les différents moyens de contraception (pilule uniquement), il y a des cas de stérilisations. Sans parler du manque de respect de l’intimité, en nous baladant nu dans les institutions.  En rentant dans la chambre des résidents sont parfois frappés. Il y a des viols aussi. Toutes ces violences viennent des professionnels ou des autres résidents et sont principalement à l’encontre des femmes. Pour autant c’est très difficile de faire comprendre que notre sexualité ne se résume pas à la violence et que nous avons le droit à une vie affective et sexuelle.

Dans mon entourage il y a même des personnes en situation de handicap qui kiffent le BDSM. Cela leur permet de ressentir leur corps et d’être maître de la douleur qu’elles ressentent, alors que depuis des années celui-ci est meurtri et manipulé par des professionnels inconnus.

Un article publié récemment par Gabriel Girard intitulé « un libre-choix en matière de prévention du Sida ?» souligne que les débats autour de la prévention se focalisent beaucoup plus sur l’acceptation ou le rejet dans la communauté des prises de risque sexuelle que sur les inégalités sociales qui font que l’on est plus ou moins en capacité de prendre soin de sa santé et de se protéger. Il prend pour exemple l’essai de prévention Ipergay sur lequel on entend s’exprimer que des « blancs cisgenre de la classe moyenne […] »… Toi tu es black, homo et en situation de handicap : tu penses quoi de la PrEP [médicament préventif contre le VIH] et des expérimentations en cours ?

Tout le monde pratique le sexe, quelque soit le groupe d’appartenance. Quand je vais au sauna je le vois bien. Seulement, exprimer ses besoins et ses prises de risque n’est pas accessible à tout le monde. Déjà qu’il est difficile d’assumer le fait de prendre des risques. Alors quand en plus on appartient par ses origines à un système de valeurs culturelles et familiales différentes, c’est un dépassement supplémentaire à faire pour pouvoir s’exprimer sur ce sujet.

De mon point de vue, je vois dans la PrEP une super opportunité pour les personnes en situation de handicap. Pour autant je ne me retrouve pas dans la communication de l’essai Ipergay qui vise trop le profil du jeune gay hédoniste. Quand tu as des difficultés psychomotrices qui font qu’il est juste pas possible de mettre une capote et que tu ne te vois pas demander à une tierce personne de venir dérouler le préservatif sur ton sexe, comment tu fais ? Je vois dans l’idée des PrEP une solution intéressante à ce problème là.

Tu parles des tierces personnes. Justement, comment te positionnes-tu dans le débat sur l’accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap, débat qui a tout simplement été balayé d’un revers de la main par le projet de loi sur l’abolition de la prostitution ?

Je suis bien évidemment favorable à l’accompagnement érotique et sexuel. D’une part car ce sera toujours à la demande de la personne et jamais contre son gré – à partir de là, on ne peut pas dire que c’est une violence car tout le monde est consentant. Cela peut se faire si l’on propose un cadre précis. Par exemple que les personnes volontaires pour faire cet accompagnement puissent être formées sur les spécificités du handicaps. Aujourd’hui les quelques situations qui existent le sont de manière clandestine.  Mais l’accompagnement érotique et sexuel n’est pas la seule mesure à mettre en place. Il faudrait aussi une grande enquête sur la sexualité des personnes en situations de handicap, l’accessibilité à des structures de sante comme les centres de dépistage anonyme et gratuit, centres de planification. La formation du professionnel qui travaille dans les centres médico-sociaux est très importante… sans parler de l’accessibilité des lieux de loisirs tels que les bars ou les saunas !

Merci Fabrice !

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Quelques liens utiles :

Ma sexualité n’est pas un handicap – 25 avril 2014

Rencontres nationales de personnes avec handicap, de leurs familles et de professionnels de l’accompagnement pour un partage d’expériences et de réponses autour de la sexualité.

www.masexualitenestpasunhandicap.fr

Handivol

L’Association Handivol a pour but de promouvoir l’affectif, la sexualité parmi les jeunes et adultes handicapé, afin de faciliter la communication, la rencontre, et l’intégration social et citoyenne de tous.

handivol.org

Rencontres | VIH/Sida | 07.04.2014 - 00 h 22 | 3 COMMENTAIRES
« Annoncer son statut sérologique à ses conquêtes… ça peut aussi très bien se passer »

Merci Gabriel Girard pour l’inspiration…

Ça va bientôt faire trois ans que j’ai découvert ma séropositivité au VIH. Très tôt j’ai compris qu’assumer son statut sérologique ne dépendait pas du courage mais bien de la force et du soutien qu’apportent l’entourage, les amis, les proches. Grand adepte des rencontres, notamment par Internet, très vite s’est pourtant posée la question de le dire ou pas à mes conquêtes. A ce qu’il parait, les représentations sur les séropositifs vont bon train dans notre communauté. Il serait même impossible d’assumer son statut sérologique tout en essayant de faire des rencontres. En annonçant la couleur, ne risquerai-je alors pas d’être rejeté ? Voire pire, résumé à mon seul statut sérologique et l’objet de toutes les rumeurs ?

 

Au départ, une sorte d’obligation morale

En fait, je n’ai jamais eu d’attitude tranchée et définitive. Quelques jours après le fameux « le résultat de ton test est positif », les analyses ont montré que ma charge virale était explosive. Pour les profanes, cela signifie que le virus se multiplie rapidement et en grande quantité dans mon corps. Le risque de transmission à mes partenaires est alors élevé, même en me faisant simplement tailler une pipe. Je me sentais alors obligé d’en informer mes amants, même si dans nos pratiques je ne les exposais en fait à aucun risque, refusant par exemple toute fellation ou tout rapport non protégé. Je vivais pourtant à chaque fois ce petit stress qui te prend aux tripes. Savoir comment va réagir le gars… s’il ne va pas t’envoyer balader, se victimiser par un « ça me fait trop flipper dsl » ou pire, ne plus donner de nouvelle.

En fait, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire : il ne s’est absolument rien passé de différent par rapport à avant. Mes partenaires étaient compréhensifs.  Les réticences tombaient facilement. Certains me dévoileront même être eux-mêmes séropos ou alors avoir été en couple avec une personne touchée. Dans le meilleur des cas j’avais même le droit à des remerciements pour avoir été sincère. So cute.

En parallèle et tout de suite après mon diagnostic, j’ai demandé à mon médecin d’initier un traitement. De toute façon il y avait un intérêt pour ma santé. Mais je voyais surtout l’intérêt pour ma vie sexuelle, les rencontres, mes partenaires. Quelques mois après les premières prises de cachetons, ma charge virale était enfin « indétectable », indiquant que le traitement avait littéralement écrasé le virus dans mon corps. En tout cas pour ce qui me préoccupait avant tout, il y en avait en quantité insuffisante pour que transmission à mes partenaires il y ait.

Absence de risque pour mes partenaires : plus d’intérêt à le dire ?

Tant que je prendrai mon traitement correctement, je sais ne plus faire courir de risque à mes partenaires, même en cas de dérapage. Alors quel intérêt de leur dévoiler mon statut sérologique systématiquement ? S’ouvre alors une ère d’hésitation… du « cas par cas », du « on verra bien », du « ça sera au feeling ». Si je sentais une rencontre intéressante se profiler, je le disais avant ou peu après la rencontre. Sinon je m’abstenais… Et non sans un peu de culpabilité, j’avoue. En fait, le dire était devenu presque plus simple à vivre que de le garder pour moi. La raison était simple : je préférais prendre les devants plutôt que de me retrouver un jour devant l’inéluctable question qui finit bien par arriver : « t’es clean ? ». Et ainsi devoir répondre de mon statut sérologique, tout en m’exposant au reproche de ne pas l’avoir dit plus tôt. Le tout s’inscrivant dans un contexte assez incertain autour de la pénalisation de l’exposition au risque, jamais très loin de mon esprit paranoïaque.

Bon, il faut dire que le discours est rodé et travaillé. Je le dois à cet engagement dans la lutte contre le Sida qui m’a solidement armé. Il ne s’agit pas de dire « je suis séropo » et laisser l’autre ruminer avec cette info… Non. J’ai trop souvent entendu des mecs prétendre balancer leur statut sérologique à leurs partenaires comme une provocation, sans accompagner leur message de mots apaisants. Pour finalement se plaindre de ne jamais conclure… Une séropositivité bien expliquée est pourtant la clé contre le rejet. Expliquer ce que cela signifie pour soi. Expliquer ce que cela signifie pour son partenaire, en mettant l’accent sur le risque de transmission auquel il s’expose… ou pluôt le risque auquel il ne s’expose pas grâce à mon traitement. Et à ce sujet, l’argument de la « charge virale indétectable », à savoir le risque proche de zéro de transmettre le VIH, a toujours été mon arme absolue. Celle qui a toujours convaincu ceux de mes amants les plus inquiets.

Avec le temps… au fil des rencontres…

Ce serait mentir de prétendre que tout s’est toujours bien passé. Il est arrivé une fois qu’un garçon ne souhaite pas aller plus loin. Son père était décédé du Sida. Il ne souhaitait pas revenir là dessus. Plus tard néanmoins, il essaiera de me recontacter. Une autre fois, un mec qui me proposait un plan sans préservatif a littéralement cédé à l’hystérie lorsque je lui ai révélé mon statut sérologique. Il me bombarda d’insultes et de messages incohérents, prédisant ma mort proche, mon triste sort et la vie sordide que je devais mener. Il y a forcément raison à la déraison et il n’y en avait en tout cas ici aucune de me sentir visé personnellement. En s’exprimant ainsi, il a surtout exprimé maladroitement son rapport complexe à la sexualité et aux risques.

Ces deux exemples sont les seuls que j’ai en tête de réactions négatives. Deux. Rien de plus… Et je n’ose vous révéler le nombre à placer en dénominateur pour que vous calculiez ce que ça représente en proportion, au risque de passer pour une fieffée salope, comme dirait Brassens. Peut être y-a-t-il eu des occasions manquées ? Des gars qui savaient et qui pourtant n’ont pas souhaité m’aborder en raison du VIH… Mais que représentent-ils par rapport aux nombreuses rencontres où tout s’est passé avec sérénité ? Nous, séropos, sommes la meilleure arme contre la sérophobie. Nos munitions ne sont rien d’autres que nos mots. Ceux-là même qui permettent d’expliquer et de rassurer des mecs qui, d’un coup, se retrouvent face à une information qui peut être déroutante.

Quitte à le dire… autant l’écrire

Aujourd’hui, je suis devenu fainéant. Séro-fainéant. J’ai la flemme de prendre le temps de dire mon statut sérologique et de vivre ce stress de savoir comment va réagir le mec. Alors j’ai adopté la solution de facilité qui consiste à l’indiquer systématiquement dans mon profil, sur les sites de rencontre [voir captures d’écran ci-dessous]. Si une personne me contacte, j’ose espérer qu’elle aura lu mon profil. Elle est alors avertie.

Je crois qu’on ne m’a jamais autant contacté depuis… Pourtant, nulle part est-il inscrit que ma bite fait 24cm (oh c’est bon, j’ai le droit de rêver, oui !). Peut-être cette information sur mon statut sérologique amène-t-elle quelque chose de différent ou d’humain en ces lieux bestiaux ? Les curieux viennent poser quelques questions… les séropos envoient un petit « moi aussi, ça fait quelques mois ! »… Et dans la plupart des cas, je continue paisiblement à faire les mêmes rencontres passionnantes, excitantes et enivrantes avec vous, bande d’obsédés !

En fait, vous savez quel est mon secret pour les faire tous tomber ? Je suis séropo… chhuuut !

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Couple | Rencontres | VIH/Sida | 21.05.2012 - 18 h 33 | 5 COMMENTAIRES
« J’ai fait ma vaisselle, je me suis servie une vodka et je me suis mise à pleurer »

Voici Christelle ! Amie de longue date, confidente des plus intimes, elle occupe une place particulière dans la vie de Jonathan et la mienne. C’est même la super colloc’ de Jonathan ! Elle fait partie de ces personnes séroconcernées par le VIH dont on parle peu. Cet entourage proche, qui s’efface parfois pour soutenir un pote, un membre de sa famille, atteint par le VIH. Ce même entourage qui joue pourtant un rôle tellement essentiel pour le bien-être et l’acceptation de soi…Depuis plusieurs mois maintenant elle partage ma séropositivité avec courage en montrant un soutien sans faille. Pourtant ce n’est pas toujours facile. Par ce très beau témoignage, Christelle a voulu exprimer ce qu’elle a vécu, depuis ce jours de septembre où un message est venu lui annoncer la nouvelle…

Bonne Lecture !

Vincent

Une des personnes qui tient une grande place dans ma vie et dans mon cœur, à qui je tiens par-dessus tout est atteint d’un mal qui a tendance à se banaliser et qui est pourtant un des plus grands fléaux des ces dernières décennies : être atteint du VIH.

C’est un sujet que nous abordons beaucoup et pourtant si peu. Il arrive souvent, après l’avoir vu ou l’avoir entendu me de sentir triste, en colère, révoltée, désemparée et pleine de doute. Et j’espère juste pouvoir faire avancer un peu les choses et changer le regard de certaines personnes sur cette maladie. Parce que avant tout, cette personne est un être formidable qui mérite le bonheur, la réussite et la reconnaissance et qui ne se résume pas qu’à un « trait » de la personne : être séropo.

Je me souviendrai toute ma vie je pense, du jour où il me l’a annoncé. Il m’a envoyé un message où il m’expliquer pourquoi il était aussi fatigué en ce moment et qui se voulait rassurant. Il l’a fini en me disant qu’il était invincible et que tout irait bien pour lui, et que là, il était juste fatigué et qu’il voulait son lit. J’ai fait ma vaisselle, je me suis servie une vodka et je me suis mise à pleurer. J’avais peur. Pas peur de la maladie mais peur pour son avenir qu’il soit professionnel, sentimental, qu’il soit rejeté et qu’un jour, il lâche prise. Et après j’ai été en colère contre tout, cette saleté de maladie, la personne qui l’a contaminé, lui et moi… Moi qui  essayais de me voiler la face quand il me disait qu’il était fatigué et qu’il avait une angine qui lui disait que c’était normal car qu’il avait de gros changements dans sa vie. Moi qui avait que deux envies en ce moment précis, de le prendre dans mes bras pour lui montrer que je serais là pour lui et de lui en coller une en pleine figure parce que j’étais en colère (heureusement, on a pu en parlé au téléphone avant de se voir quelques jours après du coup je l’ai pas frappé). En y repensant je me dis que je fais une bien piètre amie et que j’ai réagi de façon un peu égoïste (voir beaucoup).

Quelques mois sont passés depuis et j’essaye de faire mon possible pour être présent pour lui. Je l’invite régulièrement à manger où j’essaie de lui faire des petits plats maison et où on regarde des conneries à la télé. J’essaie d’être toujours dispo quand il m’appelle quitte à raccrocher avec la personne avec qui je suis au téléphone pour lui répondre. J’essaie d’être à son écoute et de trouver des solutions quand il se pose des questions.

Ma réaction est peut-être démesurée mais voilà, je me fais du souci pour lui et ce, à chaque instant. Et là où je me fais le plus de soucis, c’est quand il me parle de sa vie sentimentale. Je ne parle pas juste d’un plan cul comme ça vite fait, mais de quand il rencontre quelqu’un et qu’il envisage la possibilité d’une relation suivie avec cette personne. Et là encore, je me sens prise dans un espèce de paradoxe que je n’arrive pas à expliquer, des sentiments bizarres qui viennent se mélanger et qui me foutent le cafard.

Mon ami est une personne très sincère et prévenante, et il ne cache pas le fait qu’il soit séropositif à ses partenaires. Et ça m’énerve de voir que certaines de ces personnes ne donnent pas de suite ou ne font pas l’effort de parler avec lui après qu’il leur ait dit ça. Des fois j’aimerais aller fouiller dans son portable, juste pour trouver leur numéro et les appeler pour leur dire : « Mais t’es con ou tu le fais exprès ? Le type, il te dit qu’il est séropo, il prend la peine de t’expliquer que son traitement marche plutôt bien et toi, tu lui réponds pas. T’as rien compris à la vie ou quoi ? J’espère qu’un jour tu te souviendras que quelqu’un a voulu être honnête avec toi, que ça a surement pas dû être facile pour lui et que toi t’as régi comme si t’avais le QI d’une moule !!! ». Après je me dis que c’est pas plus mal pour mon ami que ces personnes ne donnent pas de suite parce que ce sont des gros cons. Voilà pour la première vague de sentiments.

Après, la seconde vague, dite vague de la tourmente. Mais pourquoi se sent-il obligé de dire tout de suite qu’il est séropo. Alors je veux bien qu’effectivement c’est pas comme si il était atteint de chute de cheveux prématurée ou d’une autre pathologie à la con mais il sait que sa charge virale est indétectable et qu’il n’est plus contaminant, alors pourquoi ne se laisse-t-il pas un peu de temps ? Le temps de connaitre un peu la personne, je ne dis pas d’attendre des mois et de lui annoncer ça comme s’il avait mangé une pomme pour le goûter. Mais juste le temps de voir, quelques jours, si c’est une personne qui pourrait faire un bout de chemin avec lui. Mais je peux comprendre que la personne puisse se sentir trahie si, au bout de 15 jours, quand on est en pleine phase euphorique du « couple », qu’on pense tout le temps à la personne, il lui disait qu’il était séropo. Mais j’ai foi en l’espèce humaine et je me dis que cette personne arrivera à faire la part des choses, en ce disant que mon ami ne se résume pas qu’au fait d’être séropositif et que pendant ces jours où il ne lui a rien dit, il a tout fait pour le protéger. Certes cette maladie fait partie de lui et ce jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin ou un traitement qui la détruise complètement. Mais il n’est pas que ça.

Enfin, voilà mon petit message et mon coup de gueule. Les gars, vous avez des personnes sincères en face de vous, qui se mettent à nues, pour qui c’est difficile et qui le font car comme toute personne vivant sur cette terre, elles n’aspirent qu’à une chose, au bonheur et à faire le bonheur autour d’elles. Posez-vous quelques minutes et réfléchissez. Vous pensez vraiment qu’elle pourrait vous « faire du mal » ? Et pourquoi passer à côté de quelque chose qui pourrait être génial tout ça parce que vous avez peur de parler de cette maladie et d’accepter qu’on puisse être heureux avec quelqu’un de sérodifférent ?

Christelle

Rencontres | 11.05.2011 - 15 h 51 | 18 COMMENTAIRES
Internet, tu clic et tu niques ? Des rencontres quoi… !

Internet, tu clic et tu niques ? Des rencontres quoi… !

 

Avant de vous faire un lavement en suivant la recette de Vincent, encore faut-il faire des rencontres 🙂

 

Il y a des tas de façon de se trouver un copain ou une copine… en tant que gay, la plupart de mes mecs je les ai rencontrés via internet, sur des chats ou sites de rencontres.

 

Je ne pense pas qu’il y ait UNE bonne manière pour trouver un mec avec qui ça va durer plus de quelques semaines, plus de quelques mois, ou quelques années. Mais puisque ce blog est là pour échanger entre nos pratiques, je vais essayer de vous livrer la mienne. Pour moi il y a différentes façons de chercher…

 

Perso j’ai une nette préférence pour la méthode suivante : chercher avant tout à faire des rencontres, sans préjuger de ce que ça donnera, et laisser les choses se faire, à la manière douce. Est-ce un coup de malchance ou pas, mais à chaque fois que j’étais en recherche active d’un copain, et qu’on a décidé tous les deux de ne chercher que du « sérieux » en se jurant fidélité jusqu’à la mort, ça n’a jamais vraiment duré.

 

Ça peut démarrer super bien, mais au bout d’un moment il y a de la lassitude, et l’amour que je pouvais ressentir retombe comme un soufflé. Je pense qu’une relation sérieuse ne se cherche pas, mais se construit à deux petit à petit.

 

C’est pourquoi j’ai préféré chercher à faire de simples rencontres. J’entends par là toutes sortes de rencontres, que ce soit pour boire un verre, un échange de regard puis de sourire dans une soirée, un plan cul d’un soir (ou d’un aprèm), un plan cul régulier, et de voir ce que ça donnerait… !

 

A chaque fois que ça a bien fonctionné et que j’ai vécu de supers moments avec des mecs, c’était quand je ne cherchais rien, et je ne me lamentais pas sur mon sort car j’étais célibataire et que je ne trouvais pas de mec assez bien pour moi.

 

L’avant dernier m’est tombé sur les bras un soir de fête de la musique en plein milieu d’une foule d’hétéros sur une scène de musique électro… mais ça n’a duré que le temps de l’été, je me suis lassé, son caractère ne me convenait pas sur le long terme. Ça a été très dur pour moi de le quitter car j’ai horreur de faire de la peine aux gens, mais il a bien fallu que je prenne mon courage à deux mains pour ne pas qu’il souffre plus, plus tard encore.

 

Et le dernier est arrivé juste après, alors que j’étais catégorique et que je ne désirais surtout pas me remettre en couple. On discutait depuis quelques temps sur un site internet de rencontre, puis msn, et lorsque j’ai vu ses photos j’ai tout de suite voulu coucher avec (oui ne vous fiez pas aux profils sans photo sur internet, ce ne sont pas forcément les plus moches !).

 

J’étais même allé chez lui dans l’optique de me le faire ! Et puis le contact est super bien passé. On s’est fréquentés petit à petit, sans rien se promettre, sans se prendre la tête, et au final, dans les faits on était en couple, donc on a du se faire à cette idée !

 

Donc pour ceux qui désirent se mettre en couple, perso ma recette c’est un peu de fun, le moins de prise de tête possible, des rencontres sous le signe du carpe diem, et avec un peu de chance… paf ! Ça fait des chokapiks ! ;o)

 

Et toi, quelles types de rencontres aimes-tu faire ? Comment t’y prends-tu ? Est-ce important pour toi de faire de nouvelles rencontres ?


Jonathan


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