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Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Non classé | Produits | RdR | Relation médecin patient | santé sexuelle | Slam | VIH/Sida | 28.08.2015 - 17 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Traitements contre le VIH et drogues récréatives : interactions potentiellement dangereuses (methamphétamine, méphédrone, MDMA ou kétamine)

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(Traduction) Les deux médicaments utilisés dans le traitement du VIH et qui sont les plus susceptibles de provoquer des interactions avec les drogues récréatives sont ceux n’ayant pas d’action directe contre le virus mais utilisés en complément des antirétroviraux pour booster la concentration de ces derniers dans l’organisme, à savoir la Ritonavir (délivré sous le nom commercial de NORVIR ® ) et Cobicistat (TYBOST ® ). Interactions également possibles avec les médicaments traitant les troubles érectiles et les benzodiazépines. (auteur de l’article : Roger Pebody, Aidsmap. Traduction : Gaymasanté !).

 

Cobicistat est une des molécules entrant dans la combinaison du STRIBILD ® (avec elvitegravir, tenofovir et emtricitabine), présent également dans le PREZCOBIX ® (avec du darunavir) ou encore EVOTAZ ® (avec de l’atazanavir). Ritonavir est prescrit en complément des inhibiteurs de protéase et est également présent dans le KALETRA ® (avec du lopinavir) ainsi que dans le VIEKIRAX ® utilisé en traitement de l’hépatite C.

Alors qu’il existe potentiellement des interactions dangereuses entre les antirétroviraux à action directe contre le VIH et les drogues récréatives, celles-ci semblent moins inquiétantes que celles identifiées avec les boosters. Par ailleurs, toutes les drogues récréatives n’ont pas forcément d’interaction avec les antirétroviraux.

« Les praticiens doivent être conscients de ces risques pour informer leurs patients, soutiennent les auteurs d’une revue d’experts publiée le 24 août dans le magasine AIDS. Partant du principe que les usagers de produits continueront d’utiliser des drogues récréatives malgré les recommandations médicales, les praticiens doivent envisager de proposer des switch (changement de traitement) chez leurs patients vers des combinaisons thérapeutiques présentant un risque plus faible d’interactions », recommandent-ils dans l’article.

A propos des interactions

Lorsqu’un médicament est pris en combinaison avec un autre produit, licite ou illicite, leur interaction peut potentiellement réduire ou accentuer l’effet de l’un ou de l’autre. C’est le cas tant pour les drogues licites (médicaments) prescrits que pour les produits illicites, comme les drogues récréatives. Néanmoins il y a généralement plus d’études réalisées sur les interactions entre drogues licites, qu’entre médicaments et drogues illicites.

Depuis de nombreuses années néanmoins, des inquiétudes subsistent quant aux interactions entre certains médicaments antirétroviraux et les drogues récréatives. Plus récemment, un nouveau booster a été mis sur le marché : le cobicistat. Et nous assistons en parallèle à une modification des comportements chez les hommes gays au Royaume-Uni vivant avec le VIH en ce qui concerne la consommation de drogues récréatives. Le Crystal meth et la mephedrone sont en effet bien plus consommés qu’ils ne l’étaient auparavant, notamment dans le contexte des chemsex parties, ou soirées privées pouvant durée de nombreuses heures avec une consommation combinée de différentes substances psychoactives.

De plus, nous constatons un usage d’injection plus fréquent de ces drogues, cette pratique ayant pour conséquence une augmentation plus rapide de la concentration des produits absorbés par le sang et des risques de surdose.

Un groupe d’étude composé de praticiens, pharmaciens, biologistes ainsi qu’un consultant sur les produits psychoactifs ont conduit une revue de la littérature et des cas cliniques documentés afin de proposer un résumé actualisé des données disponibles concernant les interactions entre drogues et médicaments antirétroviraux. Plutôt que de couvrir toutes les interactions théoriquement possibles, ils ont souhaité proposer une revue pratique au service des praticiens. Aussi se sont-ils concentrés sur les interactions entre les drogues illicites communément utilisés chez les hommes gays vivant au Royaume-Uni et les médicaments antirétroviraux.

« Nous disposons de peu de données sur les interactions entre l’usage de substances psychoactives et les antirétroviraux, mais les connaissances concernant les potentiels effets cliniques de telles interactions doivent faire l’objet d’une grande attention de la part des praticiens suivant des patients vivant avec le VIH », précisent-ils.

 

Ritonavir et cobicistat

Le message principal de cette revue est que les deux médicaments prescrits les plus susceptibles de causer des interactions dangereuses avec les drogues récréatives sont le ritonavir (NORVIR ® ) et le cobicistat (TYBOST ® ).

Ces deux médicaments appartiennent à la classe des boosters, qui n’ont pas d’effets directs sur le VIH mais qui sont prescrits pour augmenter le niveau de concentration des antirétroviraux. Une petite dose de ces médicaments suffit à faire en sorte que le foie ralentisse le processus de dégradation, ce qui signifie que la molécule antirétrovirale restera plus longtemps dans l’organisme et à un niveau de concentration plus élevée. Sans cet agent booster, il faudrait prescrire une dose plus importante d’antirétroviral, pour un même niveau d’efficacité.

Ces boosters sont généralement utilisés en complément de la classe des antiprotéases (lopinavir, darunavir, atazanavir, fosamprenavir, tipranavir, communméments appelés par leurs noms commerciaux : KALETRA ® , PREZISTA ® , REYATAZ ® , TELZIR ® , APTIVUS ® ) mais aussi avec un inhibiteur d’intégrase (comme l’elvitagravir, contenu dans le STRIBILD ®) et dans certaines combinaisons thérapeutiques contre le virus de l’hépatite C (VIEKIRA ® ).

Ritonavir et cobicistat sont métabolisés par des enzymes du foie appelés CYP2D6 et CYP3A4. Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées par les mêmes enzymes, provoquant de potentielles interactions. L’effet booster ralenti alors leur dégradation par le foie, avec pour conséquence d’augmenter la concentration et la durée de vie dans le corps des produits psychoactifs. Ce qui peut mener à de sérieux effets secondaires voire à une overdose.

Quels produits sont concernés

Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées soit par l’enzyme CYP2D6 du foie, ou la CYP3A4 – les mêmes métabolisées par le ritonavir et le cobicistat. Celles-ci sont :

  • – Crystal methamphetamine (crystal, tina, meth)
  • – MDMA (ecstasy, X, mandy)
  • – Mephedrone (miaw miaw, plant food, bath salts)
  • – Ketamine (K, vitamin K, special K)
  • – Médicaments contre les troubles érectiles (Viagra, Cialis, Levitra)
  • – Benzodiazepines (benzos, Valium, Xanax)

Les auteurs jugent les interactions potentielles entre les trois premiers produits comme étant plutôt « modérés ». Inversement ils estiment que les trois derniers présentent un « risque élevé » d’interactions. Par ailleurs les médicaments traitant les troubles érectiles ou encore les benzodiazepines font souvent l’objet d’une consommation « sauvage », hors circuit médical, avec un risque de prendre une dose plus conséquente.

Avec chacune de ces drogues récréatives, une interaction avec le ritonavir et le cobicistat a pour conséquence l’augmentation en intensité de leurs effets, pouvant aller à des niveaux dangereux et difficiles à gérer pour la personne.

Des cas de décès chez des personnes sous ritonavir consommant du Crystal meth ont été rapportés, ainsi que chez des personnes consommant de la MDMA. Les analyses post-mortems ont montré un niveau anormal de concentration de ces drogues récréatives dans le sang de ces individus. Des cas ont également été identifiés d’effets secondaires graves consécutifs à l’usage de Ketamine chez des personnes sous ritonavir.

Les surdoses de médicaments traitant les troubles érectiles peuvent être dangereux pour le cœur. Les surdoses de benzodiazepines peuvent quant à elles provoquer des malaises ou des troubles respiratoires.

Les auteurs indiquent ne pas connaitre les interactions liés au GHB (gamma-hydroxybutyrate) ou GBL GBL (gamma-butyrolactone) et reconnaissent que peu de cas d’interactions ont été documentés jusqu’à présents.

Drogues récréatives et inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse
Des interactions différentes peuvent se présenter entre les drogues récréatives et les inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, dans la mesure où celles-ci sont métabolisés d’une autre manière. La conséquence de la combinaison des deux peut alors résulter en une concentration moins importante que prévu du produit psychoactif.

Cela concerne notamment les produits suivants : Efavirenz (SUSTIVA ®), Nevirapine (VIRAMUNE ®) et Etravirine (INTELENCE ®). Par opposition, la Rilpivirine (EDURANT ®) ne semble pas présenter d’interaction avec les drogues récréatives.

Les auteurs pensent que cette interaction peut notamment se produire avec la cocaïne, la kétamine et les médicaments traitant les troubles érectiles.

Cette classe de médicament a en effet pour conséquence d’accélérer la dégradation par le foie des drogues récréatives, ce qui signifie que les produits restent moins longtemps et à une concentration moindre qu’attendue. Bien que cela puisse sembler moins dangereux, les auteurs soulignent que si le produit n’a pas l’effet escompté par la personne, cela peut mener à une consommation plus importante ou une modification de la pratique, par injection par exemple, menant à des risques imprévisibles.

Les produits n’ayant pas d’interaction significative
Les auteurs considèrent le potentiel d’interactions entre certaines autres drogues récréatives et antirétroviraux comme étant plutôt faible. Cela inclue l’alcool, le cannabis, le poppers, l’héroine et certains autres opiacés.

De la même manière, les molécules antirétrovirales suivantes n’ont pas fait l’objet de troubles particuliers documentés :

  • – L’ensemble des Inhibiteur nucléosidique de la Transcriptase inverse,
  • – La Rilpivirine (EDURANT ® ), qui est un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse,
  • – Raltegravir (ISENTRESS ® ) et dolutegravir (TIVICAY ® ), qui sont des inhibiteurs d’intégrase,
  • – Maraviroc (CELSENTRI ® ), un inhibiteur de CCR5.

 

Recommandations

« Les praticiens doivent être vigilants aux épisodes et pratiques de consommation de drogues récréatives chez leurs patients afin de les informer sur les risques de toxicité, des effets secondaires liés aux produits et de potentielles interactions pouvant mener à une surdose involontaire et fatale » concluent les auteurs de l’article.

« Malgré cela, de nombreux patients ne modifieront pas leur consommation, par conséquent un switch vers une autre combinaison antirétrovirale présentant moins de risque d’interaction doit être envisagée avec le patient ».

Auteur : Roger Pebody

Cet article est une traduction du site www.aidsmap.com. Voir l’article original.

 

Références
Bracchi M et al. Increasing use of ‘party drugs’ in people living with HIV on antiretrovirals: a concern for patient safety. AIDS 29: 1585-1592, 2015.

L’université de Liverpool a par ailleurs publié un tableau des interactions entre les antirétroviraux et les drogues récréatives.

Dépistage | Handicap | Relation médecin patient | Rencontres | santé sexuelle | VIH/Sida | 15.04.2014 - 17 h 52 | 4 COMMENTAIRES
Handicap & Sexe : « Le BDSM permet de ressentir son corps »

Entretien. Janvier 2014, après un fast-food dégueulasse, nous voila avec Fabrice assis face à face pour préparer un entretien un peu particulier. Cela fait bien longtemps que je souhaitais publier sur ce blog un texte sur les homos, le handicap et le sexe, mais sans trouver vraiment d’accroche originale par rapport à ce qui a déjà été dit. Fabrice me montrera que tout n’a justement pas été dit, notamment par les personnes en situation de handicap elles-mêmes, dont la parole est trop souvent confisquée par les professionnels de santé. Malgré son handicap, en raison de complications survenue à la naissance, Fabrice n’a jamais renoncé à explorer les rencontres, les relations et le sexe. Un chemin semé d’embuches qu’il nous raconte avec courage, pudeur et sincérité. Le « on » a parfois du mal à laisser place au « je ». Car quand on est gay et que l’on vit avec un handicap, il n’est pas facile de parler sexe à la première personne. Mais c’est bien de lui dont il nous parlera, alors big up Fabrice !

 

Vincent – Avant de commencer, quelles expressions dois-je bannir de mon vocabulaire lorsque je parle de handicap ?

Fabrice – Tu dis bien ce que tu veux. Je préfère personnellement parler de « personnes en situation de handicap » plutôt que de « personne handicapée ». Car c’est bien la société qui en étant inaccessible, à certains endroits ou à certains moments, met des personnes en situation de handicap.

Je retiens ! Tu me parles un peu de ton parcours…

J’ai des problèmes psychomoteurs qui se traduisent par une marche retardée, une difficulté à l’écrit et dans l’élocution, depuis ma naissance. Durant mon enfance et mon adolescence j’ai été placé dans des institutions. Pour autant, j’ai toujours essayé de m’intégrer au milieu de personnes valides. Par exemple, on voulait me placer dans des structures d’accueil de travailleurs en situation de handicap, dans lesquelles on fait un boulot mal payé et pas intéressant, comme du pliage d’enveloppes. Ces structures sont nécessaires et utiles, en fonction du handicap. Mais je ne trouvais pas ma place, c’est un milieu protégé qui ne me correspondait pas.

Il en est allé de même dans ma vie sexuelle, puisque j’ai toujours eu davantage de rapports avec des personnes valides. Auparavant je vivais une sexualité clandestine. Je disais être hétéro, alors même que très tôt, j’ai su être attiré aussi bien par les garçons que par les filles. Il faut dire que dans les institutions spécialisées on ne parlait pas beaucoup de sexualité avec les professionnels, à mon époque en tout cas. C’était même interdit d’avoir des rapports sexuels, on risquait le renvoi ! Tu imagines l’image négative que cela nous donnait de la sexualité ? Pour autant il y avait bien une sexualité, ou en tout cas des contacts physiques. Mais c’était caché. On en discutait aussi, enfin on parlait surtout des rapports entre garçons et fille. Comme beaucoup de personnes de mon âge, j’étais dans l’interrogation sur ma sexualité et aujourd’hui je me définis comme homo.

J’ai commencé à avoir mes premiers rapports sexuels vers l’âge de 25 ans. Je fréquente beaucoup les saunas et les boites de nuits et fait des rencontres par Internet principalement. D’ailleurs j’ai eu le droit aux moqueries ou au regard des autres. Cela peut atteindre l’estime de soi. Mais j’ai travaillé là dessus et ça m’a rendu plus fort. Et heureusement, tout le monde ne se moque pas.

Sur ce blog on parle beaucoup des enjeux de santé des gays et en particulier de la gestion du risque dans un cadre sexuel. Comment ça se passe pour toi ?

Quand on est une personne en situations de handicap, on peut parfois être vulnérables. On a tellement peu de relations que l’on est plus facilement tenté de dire oui pour des situations qui sont pourtant de vrais risques. Il m’est arrivé d’être tenté, lorsqu’on me proposait des rapports sans préservatif alors que je veux me protéger.

En raison de mes problèmes de psychomotricité, j’ai parfois aussi du mal à mettre un préservatif. Enfin il y a d’autres fois où, comme tout le monde, lorsque je fais des rencontres, il m’arrive aussi de prendre des risques sur le moment, sur le coup de l’excitation.

Ce dont tu me parles souligne l’importance aussi d’avoir un suivi régulier. Comment abordes-tu ta vie sexuelle avec un médecin ?

Je ne ressens pas le besoin d’aller voir un médecin. Je n’ai pas beaucoup de rapports sexuels, alors bon… Tu sais, j’ai eu affaire aux médecins et aux professionnels toute ma vie. Maintenant, j’en ai un peu marre… Non, quand je vois un professionnel, je ne parle pas de ma sexualité. Il m’est arrivé une fois de demander un test du VIH à un médecin. Mais c’était pour éviter de faire prendre un risque à un garçon. J’ai toujours privilégié les autres par rapport à moi, que ce soit la santé ou le reste. A vrai dire, ma santé n’a jamais eu beaucoup d’importance à mes yeux.

Si je comprends bien, prendre soin de sa santé est très lié à l’estime de soi ?

C’est ça. Néanmoins je vais essayer d’aller au Centre de santé sexuelle, le « 190 » et peut être que ce sera plus simple là-bas.

Tu me raconteras alors ! Ce que tu me dis pose aussi la question des espaces d’échanges et de discussions qui existent lorsqu’on vit avec un handicap et que l’on est aussi attiré par les personnes du même sexe…

Je suis allé à plusieurs reprises dans des associations LGBT. J’ai aussi participé à des rencontres de la communauté. Mais sans jamais réellement trouver ma place. Puis un jour, j’ai rencontré un militant de l’association AIDES. Il m’a dit tout de suite « toi, ça se voit que t’es gay ». J’ai paniqué. Personne dans ma famille ou parmi mes amis n’était au courant, j’avais peur que ça se voit. Et finalement il m’a proposé de participer à des ateliers dans son association. J’ai trouvé là un espace où parler de santé et sexualité dans un cadre convivial.

C’est vrai que maintenant je fais des dépistages du VIH plus régulièrement mais uniquement avec des personnes de confiance à AIDES. J’ai même commencé à participer à des activités de l’association et pour la première fois je me suis mis nu avec d’autres militants sur une plage naturiste sur laquelle ils interviennent l’été.

Pour autant même auprès de personnes avec qui je discute longuement et qui m’acceptent comme je suis, dans les associations notamment, ça reste difficile de faire des rencontres.

J’ai cru comprendre que tu avais monté un projet sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Comment t’est venu ce projet ?

Quand j’étais plus jeune j’écoutais « Love in Fun » sur FunRadio – une émission où les jeunes posaient des questions sur la sexualité, de manière très ouverte. Et je me suis dit qu’il y avait quelque chose de similaire à faire pour les personnes en situation de handicap. Avec plusieurs autres personnes nous avons alors monté une association et notre première initiative fut de lancer une émission radio, diffusée sur Handi F.M. Une fois par mois nous parlions à l’antenne de la vie affective et sexuelle lorsque l’on est en situation de handicap. Nous essayions aussi de mettre en place des distributeurs de capotes dans les institutions. Mais il faut avouer qu’il y avait de nombreuses réactions négatives de la part des professionnels qui considèrent que c’est de l’incitation alors que le règlement interdit tout rapport. Nous mettons également des espaces de parole et d’informations sur la vie affective et sexuelle

Il y a souvent l’amalgame entre vie sexuelle d’une personne en situation de handicap et violence sexuelle, n’est-ce pas ?

Ces violences existent. Dans certain établissements. On ne laisse par exemple pas le choix entre les différents moyens de contraception (pilule uniquement), il y a des cas de stérilisations. Sans parler du manque de respect de l’intimité, en nous baladant nu dans les institutions.  En rentant dans la chambre des résidents sont parfois frappés. Il y a des viols aussi. Toutes ces violences viennent des professionnels ou des autres résidents et sont principalement à l’encontre des femmes. Pour autant c’est très difficile de faire comprendre que notre sexualité ne se résume pas à la violence et que nous avons le droit à une vie affective et sexuelle.

Dans mon entourage il y a même des personnes en situation de handicap qui kiffent le BDSM. Cela leur permet de ressentir leur corps et d’être maître de la douleur qu’elles ressentent, alors que depuis des années celui-ci est meurtri et manipulé par des professionnels inconnus.

Un article publié récemment par Gabriel Girard intitulé « un libre-choix en matière de prévention du Sida ?» souligne que les débats autour de la prévention se focalisent beaucoup plus sur l’acceptation ou le rejet dans la communauté des prises de risque sexuelle que sur les inégalités sociales qui font que l’on est plus ou moins en capacité de prendre soin de sa santé et de se protéger. Il prend pour exemple l’essai de prévention Ipergay sur lequel on entend s’exprimer que des « blancs cisgenre de la classe moyenne […] »… Toi tu es black, homo et en situation de handicap : tu penses quoi de la PrEP [médicament préventif contre le VIH] et des expérimentations en cours ?

Tout le monde pratique le sexe, quelque soit le groupe d’appartenance. Quand je vais au sauna je le vois bien. Seulement, exprimer ses besoins et ses prises de risque n’est pas accessible à tout le monde. Déjà qu’il est difficile d’assumer le fait de prendre des risques. Alors quand en plus on appartient par ses origines à un système de valeurs culturelles et familiales différentes, c’est un dépassement supplémentaire à faire pour pouvoir s’exprimer sur ce sujet.

De mon point de vue, je vois dans la PrEP une super opportunité pour les personnes en situation de handicap. Pour autant je ne me retrouve pas dans la communication de l’essai Ipergay qui vise trop le profil du jeune gay hédoniste. Quand tu as des difficultés psychomotrices qui font qu’il est juste pas possible de mettre une capote et que tu ne te vois pas demander à une tierce personne de venir dérouler le préservatif sur ton sexe, comment tu fais ? Je vois dans l’idée des PrEP une solution intéressante à ce problème là.

Tu parles des tierces personnes. Justement, comment te positionnes-tu dans le débat sur l’accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap, débat qui a tout simplement été balayé d’un revers de la main par le projet de loi sur l’abolition de la prostitution ?

Je suis bien évidemment favorable à l’accompagnement érotique et sexuel. D’une part car ce sera toujours à la demande de la personne et jamais contre son gré – à partir de là, on ne peut pas dire que c’est une violence car tout le monde est consentant. Cela peut se faire si l’on propose un cadre précis. Par exemple que les personnes volontaires pour faire cet accompagnement puissent être formées sur les spécificités du handicaps. Aujourd’hui les quelques situations qui existent le sont de manière clandestine.  Mais l’accompagnement érotique et sexuel n’est pas la seule mesure à mettre en place. Il faudrait aussi une grande enquête sur la sexualité des personnes en situations de handicap, l’accessibilité à des structures de sante comme les centres de dépistage anonyme et gratuit, centres de planification. La formation du professionnel qui travaille dans les centres médico-sociaux est très importante… sans parler de l’accessibilité des lieux de loisirs tels que les bars ou les saunas !

Merci Fabrice !

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Quelques liens utiles :

Ma sexualité n’est pas un handicap – 25 avril 2014

Rencontres nationales de personnes avec handicap, de leurs familles et de professionnels de l’accompagnement pour un partage d’expériences et de réponses autour de la sexualité.

www.masexualitenestpasunhandicap.fr

Handivol

L’Association Handivol a pour but de promouvoir l’affectif, la sexualité parmi les jeunes et adultes handicapé, afin de faciliter la communication, la rencontre, et l’intégration social et citoyenne de tous.

handivol.org

Dépistage | Drogue | Hépatite C | Relation médecin patient | Slam | 14.03.2012 - 13 h 58 | 15 COMMENTAIRES
L’injection chez les gays – « ça slam’ pour moi »

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Rémy a 28 ans et vit en région parisienne. Depuis plusieurs mois maintenant, il « slam’ » régulièrement. Cette pratique, qui semble se développer dans certains cercles gays des grandes métropoles, consiste à s’injecter des produits tels que la mephedrone, le 4-MEC voire de la cocaïne.

Slammer (de l’anglais, to slam/slamming) = s’injecter une drogue.

Visant à atteindre une désinhibition totale, le slam commence bien souvent dans un cadre sexuel ou festif. A la recherche de performances et de plaisirs intenses, la pratique fait pourtant plonger rapidement ceux qui s’y prêtent vers la dépendance. Celle-ci peut alors devenir problématique. Santé, boulot, argent… La difficulté à se contrôler impacte directement la vie de ceux qui consomment.

D’abord initiés au cours de soirées entre slammeurs, le glissement vers une consommation en solo se fait en quelques  mois voire quelques semaines à peine. Le profil de ces gays injecteurs, que commencent à rencontrer certains médecins, n’a pourtant rien à voir avec ceux, plus stéréotypés, des toxicomanes.

Que ce soit un phénomène en devenir ou une mode vouée à disparaître, Rémy a souhaité raconter son expérience. Un témoignage riche, pour que notre communauté, les associations et les médecins s’emparent de ces pratiques et s’organisent  face aux risques qu’elles représentent pour les slammeurs. En évitant de tomber dans l’écueil de la morale (« c’est mal », « mais que devient notre monde ? »), la question est clairement posée de savoir comment les gays, qui ont été le fer de lance du « safer sex », s’approprieront-ils désormais la culture de réduction des risques (RdR), liés à la consommation de produits ?

Témoignage recueilli par Jonathan

Comment en es-tu arrivé à « slammer » ?

Tout a commencé il y a quelques mois. Je parlais sur Internet à des mecs qui slammaient. Avant de se lancer, bien souvent il y a un passé dans la consommation de produits. On arrive pas au slam comme ça. Mais pour moi, c’était le stade à ne pas atteindre – je n’avais pas envie d’y aller.

Puis, plus j’en entendais parler, plus ça me faisait envie. Un peu comme un effet de mode. J’ai dédramatisé la pratique dans mon esprit. Tu sais, dans le slam il y a un peu le culte de la performance sexuelle, qui se mêle à l’envie d’aller toujours plus loin. En plus les mecs avec qui j’en parlais étaient plutôt mignons, me plaisaient et je me sentais vraiment à l’aise et en confiance. Alors j’ai eu envie d’y aller.

Comment s’est passé ton premier slam ?

Je me suis rendu chez un couple de mecs qui slammaient déjà. Avec internet, sur certains sites sur lesquels je suis inscrit, ce n’est pas bien compliqué à trouver. Quand tu vois marqué « chems++++ » (chems = ‘produits’ en anglais, ndlr) sur le profil d’un mec, ça ne fait pas trop de doute, pour moi, sur leurs pratiques.

Ce soir là je n’étais pas seul à m’initier. Il y avait un autre gars qui, comme moi, venait découvrir la pratique pour le première fois. Ça avait un côté rassurant de ne pas être le seul. On a bien discuté avant, puis on l’a fait. Comme je ne connaissais pas les gestes pour s’injecter, ils m’ont fait le slam. Pour qu’on évite de se partager les seringues et le matériel, on a pris une feuille de papier et tracé des colonnes avec nos noms dans lesquelles chacun avait son matos.

Quels sont les effets que ça procure ?

Une fois le slam fait, les effets se font vite ressentir. Ça me détend, je parle beaucoup plus facilement, je me sens détendu et très sociable. Je me sens bien et l’excitation est très forte. Tu peux alors baiser pendant des heures et des heures – de toute façon c’est presque impossible de jouir. Le niveau de plaisir est vraiment très intense.

Les sens sont aussi démultipliés 10x, 20x ! Un peu de lumière peut vite devenir éblouissant d’ailleurs. Le bruit est aussi gênant. Le plan se passe alors dans une grande pénombre et au calme.

N’y a-t’il pas des risques d’overdose ?

Les produits que j’utilise sont surtout le 4-MEC-Crystal ou la mephedrone – des cristaux que l’on fait fondre dans la cuillère avant de les injecter avec de l’eau stérile. Ce sont des produits qui sont moins à risque d’overdose, je crois. Pour le moment j’ai toujours refusé de m’injecter de la cocaïne – c’est une limite que j’essaie de ne pas franchir. Maintenant je sais que si je suis perché, au cours d’une soirée, et qu’on m’en propose, j’aurais peut être plus de mal à dire non.

Les prods’ que je prends sont des amphétamine. C’est coupe-faim et coupe-soif. Tu peux vites te déshydrater et assécher tes muqueuses. Je me sens souvent « desséché » quand je slam.

Tu me dis que le plan peut durer des heures, comment ça se passe ?

Le produit procure des effets pendant environs 1h/1h30. Au cours d’une nuit tu peux donc slammer près d’une dizaine de fois. Au bout de la 5e ou de la 6e, « l’effet de montée » ne se fait plus autant ressentir, me poussant alors à en prendre toujours plus. Le rapport au temps est totalement différent : tu peux avoir l’impression que 3h viennent de s’écouler, alors qu’en fait il s’en est passé beaucoup plus. Parfois j’ai même l’impression d’avoir des black-outs, je ne sais plus trop ce qui s’est passé.

Et comment gères-tu la descente ?

La descente n’est pas forcément dure, au début – et puis le pétard aide bien. Par contre les jours qui suivent sont difficiles à gérer, avec de gros coups de blues ou des envies soudaines de slammer de nouveau. Dans ces moments là je prends ma carte bancaire et je commande sur internet. C’est très facile de trouver mes prods. D’autant que plus tu commandes, moins c’est cher…

Comment ton rapport au slam a-t-il évolué, au fil des mois ?

En l’espace de 5 ou 6 mois, je suis passé d’un slam par mois à un voire plusieurs par semaine. L’addiction vient très vite. Une fois que j’ai commencé à stocker chez moi mon propre matériel et des prods’, j’ai commencé à pratiquer seul.

Quand je suis seul et que je m’ennuie, je peux me faire un slam. Je vais alors sur des sites de rencontre, histoire de trouver des mecs avec qui baiser. Ça peut durer longtemps… une fois j’ai passé trois jours non-stop à me branler, draguer, niker, slammer et ainsi de suite. Je suis incapable de dire combien de fois… Çà a duré au moins 12h… du moins c’est ce que je pensais. Ça avait en fait duré trois jours, durant lesquels je n’étais pas allé bossé…

Quel impacte cela-a-t-il sur ta vie quotidienne ?

En plus du rapport au temps qui devient complexe, je suis vite tombé dans l’engrenage du slam. Je claque beaucoup d’argent – rien qu’au mois de janvier entre les produits et parfois le taxi pour aller voir un dealer à l’autre bout de Paris, au milieu de la nuit, j’ai dépensé entre 450 et 500€. Voilà à quoi a servit mon 13e mois…

Je me sens souvent dans le bad. Pas d’humeur. Pas de motivation.

L’injection présente des risques somatiques (abcès) ou infectieux lorsqu’elle est pratiquée à plusieurs, comme pour l’hépatite C. Comment gères-tu ces risques ?

Quand j’ai commencé à slammer seul, je me suis défoncé le bras. J’avais juste vu cela sur les autres ou c’était toujours quelqu’un d’autre qui me le faisait. Le pire c’est que j’avais des notions de RdR (réduction des risques liés à l’injection, ndlr), mais voilà je ne savais pas comment mettre l’aiguille, quel angle d’entrée avoir, comment bien viser. Je me suis toujours injecté sur le bras gauche pour garder un bras sans dommage pour les prises de sang. J’ai bien essayé de regarder sur internet pour voir comment le faire, notamment sur le site d’ASUD (Association d’auto-support auprès des Usagers de Drogues, ndlr). Mais aujourd’hui ça devient de plus en plus difficile d’y arriver. Mes veines sont abîmées. Et crois moi, quand tu te loupes, que l’aiguille rate la veine, tu souffres. Et ça fait un abcès.

Il y a un vrai besoin d’être accompagné dans le slam. Pour apprendre les bons gestes, notamment avec d’autres mecs qui slamment eux aussi et qui savent bien faire.

Je fais toujours très attention à l’hygiène et à ne pas partager la seringue et le petit matériel (cuillère, filtre, coton, etc., ndlr). Quand on est plusieurs, chacun a un plateau avec son propre matos. Une fois je faisais une soirée avec un mec qui est porteur du virus de l’hépatite C. A un moment il s’est retourné et, sans faire exprès, m’a griffé avec l’aiguille. On a pas vu de sang et on a désinfecté très rapidement. Mais j’ai vraiment flippé car il n’y a pas de traitement d’urgence pour l’hépatite C. Lorsque je suis allé me faire dépister, j’ai vraiment eu très peur.

Justement comment abordes-tu cela avec les professionnels de santé ?

Au « 190 » (Centre de Santé sexuelle à Paris, ndlr) j’ai pu en parler assez facilement avec le médecin. Il n’avait pas forcément de conseils à donner mais m’a écouté. Il m’a dit rencontrer de plus en plus de mecs qui slamment et se contaminent à l’hépatite C. Il s’agit apparemment de profils totalement nouveaux – que les médecins ne voyaient pas avant. Ce n’est pas le tox avec ses chiens qui vit dans les squattes. Le contexte de ces personnes est totalement différent. Ce peut être le boulanger ou le fleuriste du coin venant consulter et qui découvrent qu’ils ont chopée l’hépatite C au cours d’une soirée à slammer. Et il y en a de tous les âges.

Et dans ton entourage, comment en parles-tu ?

J’ai une amie à qui j’en parle. Elle m’écoute et ça compte beaucoup. C’est important aussi de discuter avec d’autres personnes qui vivent la même chose, d’autres slammeurs.

Comment envisages-tu la suite ?

J’en ai marre du trash, de l’absence de contrôle et du sans limite. Je n’ai plus envie de rencontrer de nouvelles personnes qui slamment. Je veux juste me poser, rencontrer quelqu’un qui m’apporterait un cadre. C’est quand je suis seul, que je m’ennuie et cogite sur mon cadre de vie merdique que je slamme. Parce que ça m’aide à me sentir bien, je me défonce.

C’est en m’occupant, en étant avec des gens que je sortirai de cette spirale. Je veux arriver à me fixer des limites, pouvoir slammer, mais juste une fois de temps en temps en soirée, comme ça. Contrôler, ne plus être dans la dépendance physique.

Lorsque je m’occupe à autre chose pendant une longue période j’ai vraiment l’impression de revivre.

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Relation médecin patient | 15.08.2011 - 18 h 44 | 6 COMMENTAIRES
La relation patient-médecin

Au cours des précédents articles nous avons plusieurs fois eu l’occasion avec Jonathan de parler de la relation patient-médecin lorsqu’on est gay. Et notamment de la difficulté à fonder une relation de qualité avec son médecin traitant ou tout autre professionnel de santé auquel on est confronté.

Oui, il existe une santé gay

… C’était même le sujet de notre article introductif (voir « Existe-t-il une santé gay ? »). Il est indéniable que traiter un patient gay nécessite certains réflexes tels que proposer un dépistage des IST, aborder la question du poids de l’homosexualité dans la famille, au travail, etc.

Mais voilà, le constat que nombre d’entre nous faisons est que d’une part il est difficile de révéler son homosexualité à son médecin. Surtout lorsqu’on dépend encore de son médecin de famille. Et d’autre part lorsque cela a effectivement été dit, on se retrouve parfois face à devoir faire avec leurs maladresses et les clichés habituels qui ne facilite pas l’expression de notre parole.

Exemple ci-dessous d’une conversation que j’ai pu avoir avec ma médecin traitant :

« Je viens pour un test chlamydia, vu qu’une personne avec qui j’ai eu un rapport dit l’avoir chopé et n’avoir eu de contact sexuel qu’avec moi ces derniers mois (et a regretté d’ailleurs, 🙂 ). Je souhaite faire un test et éventuellement avoir un traitement.

– Mais vous avez des symptômes ?

– Non

– Alors pourquoi vous voulez faire un test ?

– On peut être porteur asymptomatique pendant un certain temps.

– Vous croyez ?

–  Oui…

(elle regarde sur son ordinateur)

– Ah oui. »

Un peu plus tard :

« Est-il possible de faire un test VIH également ?

– Pourquoi ?

– Et bien je fais régulièrement un test pour contrôler.

– Ah bon ? Mais vous avez pris un risque ?

– Non.

– Il faut bien mettre un préservatif avec vos petites copines. Et si vous prenez un risque… bah… tant pis !

– Il existe un traitement d’urgence, non ?

– Ah oui, aussi… »

Un peu plus tard encore :

« Ah mais vous êtes ho-mo-se-xuel ? Bon… et c’était un rapport… comment dire… incertif ou réceptif ?

– ‘réceptif’…

– non mais, vous, les homosexuels. Vous pouvez pas en garder un et vivre avec, plutôt que d’aller voir à droite et à gauche ?

– et bien, c’est un choix de vie.

– ah. Moi je connais un couple homosexuel, ils ne vont pas voir ailleurs en même temps. »

Je ne lui en ais pas voulu à ma médecin traitant. Mais voilà, c’est juste qu’elle a une patientelle principalement composée de familles et de personnes âgées. Elle est certainement très compétente dans les pathologies liées à l’âge. Mais au niveau de l’homosexualité ou de la santé sexuelle elle n’y connait absolument rien et manque de tact pour en parler.

Faut-il un médecin gay ?

Une demande à laquelle nous avons souvent à faire dans l’associatif est celle de donner le bon filon d’un médecin gay dans le coin. Il n’existe pas de liste officielle et c’est souvent par le bouche à oreille que cela fonctionne. Il existe bien une association des médecins gays (AMG – voir chat avec les Dr. Philippe Lagrée et Nicolas Foureur). Celle-ci milite à la fois pour la reconnaissance des médecins et des patients homosexuels. Mais ce n’est pas le rôle de l’AMG de publier le nom des professionnels de santé homosexuels, bien que lors de ses permanences vous pouvez éventuellement êtres orienté vers un médecin en particulier.

Néanmoins l’homosexualité d’un médecin ne garantie pas sa capacité à aborder les problématiques récurrentes chez ses patients homos. Il est peut être préférable d’avoir à faire à des professionnels de santé formés, par exemple, à la santé sexuelle ou à la sexologie clinique. Car n’oublions pas que l’objectif c’est de vous soigner. Ce n’est pas à vous d’être désolé d’être gay mais bel et bien à celle ou celui à qui vous faites un chèque, ou que l’État paye, à la fin de la consultation, de vous apporter un service de qualité.

Je le répète souvent, mais il existe une grande diversité de professionnels de santé. Certains excellents, d’autres qui ne méritent pas ou plus leur titre. Vous êtes libre de changer si vous ne vous sentez pas à l’aise. Que ce soit en consultation de ville, ou même à l’hôpital, vous pouvez toujours essayer de voir avec le secrétariat s’il existe la possibilité de voir un autre médecin.

C’est cette relation patient-médecin, si importante, qui peut être l’une des explications de l’attrait des gays pour les centres de santé sexuels.

Les centres de santé sexuelle

Globalement, il s’agit de centres de santé anonymes et gratuits dans lesquels vous pouvez bénéficier de consultations liées à la santé sexuelle/psycho-sexuelle. Comme par exemple le dépistage approfondi des IST. Personnellement j’ai été totalement séduit par le concept en Grande-Bretagne. En France il n’est pas encore généralisé en dehors de Paris, faute de moyens et de volonté politique.

J’ai bénéficié à chaque fois d’entretiens où l’on me posait plein de questions allant de la pipe au fist, en passant par l’origine de mes partenaires, si les rapports étaient protégés, si oui, comment, si non, à mon avis, pourquoi, si j’avais eu des rapports tarifés, si j’avais pris des produits, etc. etc. Tout est abordé et de manière simple, directe et respectueuse, sans jamais me juger et toujours avec une attitude positive et encourageante.

Et par la suite j’ai à chaque fois eu le droit à une batterie de tests que même la NASA ne doit pas effectuer sur ses astronautes : prise de sang, prélèvement buccal, spéculum dans le cul et prélèvement anal, prélèvement dans l’urètre (GGGgggnnnnaaaaaaaaaaaaah putain oui je suis un HOMME ET JLE SENS BIEN LA… OH OUI JE SOUUUUUFRE VAS Y REMUE LE COTON TIGE DANS L’URÈTRE UNE DEUXIÈME FOIS) et analyses d’urines. Ouf ! Petite anecdote, pour montrer le respect que le médecin attache à votre intimité et la délicatesse de ce moment, le médecin va s’isoler derrière un rideau pendant que vous vous déshabillez et ne reviens qu’à votre signal. C’est tout simple, mais ça rassure.

Enfin, il m’a à chaque fois été proposé de voir une psy super sympa qui m’offrait des petits sacs de préservatifs et de lubrifiant en me demandant comment j’allais. C’était aussi l’occasion de me demander comment l’entretien avec le médecin c’était passé et en récapitulant ce qui venait d’être fait. Elle saisissait aussi l’opportunité d’aborder la question de quoi faire en cas de prise de risque ou de savoir comment j’analysais mes propres prises de risque quand j’en prenais.

Le jour même des premières analyses sont rendues et les traitements éventuels donnés gratuitement. Et pour les tests nécessitant un passage au laboratoire (VIH syphilis, etc.), un délais d’une semaine était à prévoir pour venir chercher ses résultats (ou les recevoir par SMS…).

En conclusion ?

Vous l’aurez compris, la relation patient-médecin, lorsqu’elle est de bonne qualité et vous permet de vous exprimer sans être jugé, peut permettre un certain confort du patient. Et celui-ci sera par conséquent d’autant plus à l’aise de donner l’ensemble des informations nécessaire au praticien pour faire son diagnostique médical.

N’oubliez jamais que dans cette relation avec votre médecin, vous êtes roi et non l’inverse.

La santé sexuelle et les questions relatives à l’homosexualité forment une pratique médicale particulière, on pourrait même dire, une spécialité. Et l’existence de centres spécialisés est un vrai confort pour les patients homosexuels.

Notez la publication d’une brochure, à destination des généralistes, réalisée par AIDES et l’AMG intitulée : « Homosexuels, des patients comme les autres ? ». Si un jour par hasard vous passez pas loin de chez votre médecin, n’hésitez pas à glisser un exemplaire dans sa boîte aux lettre.

Vincent

Et vous, vous santez vous à l’aise de parler avec votre médecin de votre homosexualité et de votre santé sexuelle ? Souhaiteriez-vous avoir un médecin gay ou cela ne vous importe peu ? Quels sont vos trucs & astuces pour aborder ces questions avec votre médecin ?

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Crédit photo: © Terrence Higgins Trust / Montage : Vincent
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