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Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Dépistage | Drogue | Hépatite C | IST | santé sexuelle | VIH/Sida | 12.03.2014 - 16 h 08 | 4 COMMENTAIRES
L’Europe des backrooms

Drug, sex & electro

lab.oratory

Berlin, Cologne, Bruxelles, Gran Canaria… autant de villes qui raisonnent dans l’esprit de pas mal de mecs gays comme des lieux de pèlerinages incontournables de la culture hypersexuelle. Le développement des transports à bas prix couplé à la circulation plutôt facile au sein de l’espace Schengen ont sans aucun doute contribué à l’émergence d’une scène gay européenne.

J’aime la musique. Mais ma spécialité, ce sont les backrooms. Et quel plaisir ! Pour me rendre de temps à autres aux grandes soirées electro-sex et événements gays en Europe, l’excitation est toujours au rendez-vous. Toutes les nationalités sont réunies, l’attractivité dépasse les frontières  du Vieux Continent – on parle tous le même langage, un mélange entre le globish, le jockstrap et le cuir fétiche.

Musique cadencée et industrielle en fond sonore, torse-nu en petit short et bretelles, ma fiole de poppers dans la main droite, je traverse les couloirs enivrants et agréablement étouffants des corridors sombres, me frayant un chemin à travers la centaine de gars de tous horizons devant moi, certains perchés à la md’, meph’ et autres stimulants, à la recherche du prochains avec lequel baiser.

Même langage, mêmes codes… mêmes virus

Loin de chez moi je ressens à chaque fois la même sensation de liberté et de détachement. Parfois aussi, il faut l’avouer, de chaos. Notamment face à la difficulté d’assumer l’animosité qui m’habite à l’occasion de ces marathons sexuels auxquels je m’adonne, plusieurs heures durant et every single fucking day de ces voyages sexuels.

EuropeMapByNightAprès coup, c’est un peu la descente… avec combien de mecs est-ce que j’ai niké ? Ce soir là j’avais bien assuré en mettant une capote à chaque fois… putain pourquoi ce soir j’ai autant déconné ?

Derrière l’enfer paradisiaque des scènes sexuelles gays internationales se cache aussi une dure réalité : on estime qu’un tiers des mecs gays européens diagnostiqués pour le VIH se sont contaminés à l’étranger (1).

Il n’y a rien de bien nouveau dans une tel constat : le développement des voyages a toujours été une cause majeure de la propagation des épidémies. Souvenez-vous des maladies importées en Amérique Latine par les colons européens. La consommation sexuelle importante au sein d’un groupe, mine de rien assez restreint (les hommes gays sexuellement actifs), favorise la circulation rapide des infections sexuellement transmissibles. La question soulevée est alors plutôt de savoir quelles réponses apporter ?

L’Europe de la santé gay

Les discours de type « à Barcelone personne ne se protège », « à la Démence tu rentres ‘clean’ et tu ressors avec une chaude-pisse » sont totalement stériles. J’ai toujours été agréablement surpris par le nombre de mecs qui prenaient l’initiative de mettre une capote au Laboratory à Berlin ou à la Démence contrairement aux idées-reçues. Par ailleurs, il existe des soirées où la couleur est clairement affichée à l’image des « biohazard party » où le thème est le sexe sans capote entre séropo. Ca a le mérite de clarifier le niveau de risque auquel on s’expose, notamment pour l’hépatite C.

Force est de constater pour autant qu’il n’est pas rare de revenir de weekend avec une mauvaise surprise. Peut-on dès lors éviter cela ? Ou tout du moins réduire les risques ? Pour le coup, nous avons à faire à un public que l’on connait, facilement accessible et aux besoins clairement identifiés. En tout cas connus des associations de prévention dans toute l’Europe et auquel doit être proposé des services renforcés en santé sexuelle.

Notre communauté est le meilleur espace d’élaboration de réponses à ces besoins car nous savons où, quand et comment s’adresser à nos pairs. J’imagine bien une « fucking trousse » distribuée au départ du bus de la Démence, sur les sites des différentes soirées et comprenant capotes, gel, auto-tests du VIH et les adresses des lieux où trouver un traitement d’urgence à Barça, Tenerife, Berlin, Paris, Bruxelles… voire comprenant une boîte de Truvada (cachet permettant de prévenir de l’acquisition du VIH lorsqu’il est bien pris). …

Je rêve d’un supplément « Safer Sex » au guide Spartacus dans sa version papier ou smartphone permettant de trouver facilement le nécessaire pour prendre soin de son cul.

… Enfin je kifferai des équipes de prévention internationales sur les grands évènements sexuels gays, sillonnant les spots à la rencontre des mecs pour proposer dépistages complets, matis de prévention, orientation vers le traitement d’urgence, etc. Un peu à l’image de ce que AIDES a fait pendant l’Europride (voir ici).

(1) Fernández-Dávila P et al. Mobile men who have sex with men: an exploration in European residents of sexual risk taking while travelling abroad. 19th International AIDS Conference, Washington, abstract THPE373, 2012

Hépatite C | IST | VIH/Sida | 15.03.2013 - 13 h 26 | 2 COMMENTAIRES
Guide VIE POSITIVE pour les personnes touchées par le VIH et/ou une hépatite

Guide Vie Positive

Salut les amis,

Vous trouverez en cliquant sur l’image le guide « VIE POSITIVE » à destination des personnes vivant avec le VIH et/ou une hépatite réalisé par l’association AIDES. De nombreuses questions liées au vécu, à la prise en charge thérapeutique, à la sexualité, etc. sont abordées.

C’est aussi l’occasion pour chaque personne touchée par le VIH et/ou une hépatite de faire un point sur l’actualité, se questionner sur ses pratiques et construire son projet de santé.

Ce guide a été fait avec des personnes concernées et laisse une large place au témoignage. Il donne espoir et les déterminants d’une bonne santé. Ce guide tente de montrer une image fidèle et équilibrée du vécu avec le VIH, loin de la vision lugubre ou de la vision angéliste souvent présentées.

Bises

Vincent

 

 

 

 

 

Anus | Cul | Dépistage | IST | Non classé | Proctologue | 12.02.2012 - 17 h 53 | 6 COMMENTAIRES
Se faire « checker » le cul !

Santé anale, santé sexuelle

La santé sexuelle pour beaucoup de gays tourne en grande partie autour de leur beau petit cul ! Me faisant fréquemment prendre, cela me semble important de me faire examiner régulièrement mon anatomie anale pour dépister une éventuelle anomalie.

Les pratiques anales ou la présence de certaines infections sexuellement transmissibles peuvent en effet provoquer des troubles au niveau du rectum et de l’anus. Des fissures, des hémorroïdes ou des saignements peuvent apparaître à la suite de vos ébats sexuels. Et certains virus tels que les HPV1 – très fréquents chez les gays – peuvent être à l’origine de condylomes (sorte de petites verrues) ou d’un cancer de l’anus.Cela faisait longtemps que je souhaitais vous en parler – mais j’attendais ma prochaine consultation de proctologie, qui peut être menée soit par un médecin spécialiste, par un dermato ou généraliste qui a des connaissances en procto.

Avec tout ça, je préfère donc me faire « anusculter » de temps à autres ! Et ce d’autant que j’ai eu des condylomes externes par le passé, qui sont partis facilement grâce à une crème. Je craignais d’en avoir développé en interne – ayant régulièrement de petits saignements à la suite de rapports sexuels.

Une consultation de l’anus c’est…

Lorsque j’étais en Grande Bretagne, j’ai eu l’occasion d’avoir un examen de l’anus et du rectum à chacune de mes consultations de dépistage. Très professionnels, le médecin allait systématiquement se mettre derrière un rideau pour me laisser le temps de me déshabiller complètement et m’allonger sur la table de consultation – sur le côté, les genoux relevés, c’est moins « humiliant », parait-il. En France, c’était plus direct.

Il s’agit alors d’observer votre anus afin de déceler tout signe suspect. Tout d’abord à l’extérieur puis à l’intérieur. Pour cela, le médecin m’insère un doigt pour palper l’intérieur du rectum puis à l’aide d’un anuscope dilate l’anus afin de pouvoir observer ce qui peut bien se passer la dedans.

Pour avoir eu l’occasion de me faire « anusculter » à trois reprises, je trouve cela plutôt simple et rapide. La dernière fois le médecin n’étant pas franchement très doux, il m’a fait mal. Plus que jamais la relation médecin-patient est primordiale, ça aide à dilater pendant qu’il vous ausculte 😉

Cette fois-ci je n’étais pas très à l’aise. Car durant l’examen je n’ai pas bien aimé son air étonné lorsque je lui ai expliqué me faire prendre régulièrement. J’avais le sentiment de lui faire perdre son temps et qu’il avait envie d’en finir au plus vite. D’ailleurs la consultation a du durer au maximum 4 mins. Entretien et osculation inclus.

Et ce alors même qu’il y aurait dix mille choses à aborder avec un patient qui se fait sodomiser : quelles sont mes pratiques sexuelles et comment je gère ma prévention ? Comment sont préparées mes pénétrations ? Quels sont les autres problèmes que j’ai pu avoir ? Que nenni, tu baisses ton froc devant le docteur et l’infirmière qui te regardent, tu t’allonges et tu dilates. Y’a rien ? Tu te casses avec une crème apaisante à appliquer en cas de douleur.

Cela ne me dissuadera néanmoins pas d’y retourner de nouveau – peut être avec un autre procto qu’on m’aura conseillé. En attendant je continue à faire du diagnostic profane : je regarde mes fesses dans un miroir, je me mets un doigt à l’intérieur pour voir si je ne sens rien de suspecte. Notamment si je ne sens pas des petits boutons ou bouts de peaux qui pourraient faire penser à des condylomes.

Bref, j’apprends à connaître mon anatomie pour pouvoir prendre soin d’elle.

Et vous ?

Vincent

Crédit photo : myhiv.org

1 Papillomavirus Humain (“Human Papilloma Virus”)

IST | Non classé | VIH/Sida | 07.12.2011 - 22 h 15 | 8 COMMENTAIRES
Billet d’humeur : j’aime plus le 1er décembre…

Ma première journée mondiale de lutte contre le Sida je trouvais ça cool, je distribuais des capotes dans mon lycée. Maintenant ça me prend la tête. Pas parce que je suis contre cette journée, au contraire. Mais parce qu’elle est trop synonyme de défaitisme, alors que je suis plein d’espoirs.

La Journée Mondiale est passée…ouf ! Entendre les journalistes, artistes, médecins, associatifs, anciens activistes à la retraite (re-ouf!) et autres nous accabler du même discours pessimiste copier/coller depuis des années commençait à me prendre sérieusement la tête. Et ce alors même que 2011 marque un tournant majeur et prometteur dans la lutte contre le VIH.

Même mon témoignage énergique et optimiste donné à une journaliste a été retoqué en un truc déprimant à faire pleurer jusque dans les chaumières. Comme si, lorsqu’il s’agit de parler du VIH, la règle était de faire un « constat d’échec », de parler d’une « situation alarmante » et « hors de contrôle ».

Surtout chez « les jeunes », of course ! Catégorie qui ne veut absolument rien dire tant elle est hétérogène. Comme si c’était en mettant le paquet sur la prévention auprès de Jérémy, Natacha, Julie, Kévin et leurs amis de la 1ère B du Lycée Saint-Joseph de Trouville dans les Yvelines qu’on allait arrêter l’épidémie de VIH.

Ok, c’est cool de faire de la santé sexuelle auprès « des jeunes ». Tout le monde doit avoir un accès à l’éducation sexuelle et les établissements scolaires ont une responsabilité pleine et entière dans ce domaine.

Mais ce serait encore plus cool si on ciblait plus particulièrement les jeunes gays, les jeunes migrants, les jeunes précaires, les jeunes tox, les jeunes sans papiers, les jeunes déscolarisés, les jeunes incarcérés et autres.
Mais pas parce qu’ils sont jeunes… mais parce qu’ils sont gays, migrants, précaires, tox, sans papiers, déscolarisés, incarcérés et autres et qu’ils ont, pour le coup, bien plus de risque d’être exposés au VIH et aux IST que Jérémy, Natacha et leurs amis.

Car le VIH est aussi symptomatique des maux d’une société. Et ce n’est pas une question d’âge.

Jouons la carte de la solidarité !

Chez les gays, on a sans doute atteint le niveau maximal d’utilisation du préservatif – bien meilleur que dans n’importe quel autre groupe, soit dit en passant. Il ne faut pas s’attendre, je crois, à ce qu’on le dépasse. Au contraire, on constate une hausse du nombre de découvertes d’IST, traduisant la multiplication des prises de risque. Attendre un re-sursaut soudain autour du préservatif me semble être une perte de temps.

Alors que fait-on maintenant, mes amis ? Pleurons notre triste sors ? Accablons ces « jeunes pd insouciants » de plus en plus nombreux à découvrir leur séropositivité ? Bref, faisons un constat d’échec comme à la télé ou à la manière de Gégé du PMU au coins de la rue : « jvous l’dit, moi ! Tout fou l’camps ! » ?

On aura certainement pas ce sursaut autour de la capote. Il y a plus de prises de risques et un rapport au risque et au VIH qui ont évolué chez les gays (« ça ne fait plus peur » disent certains). Néanmoins, avant de paniquer, de toujours chercher à trouver des coupables, je crois qu’il y a vraiment quelque chose à travailler au niveau des solidarités qui se jouent entre nous.

… parler cul entre potes, s’écouter parler de nos pratiques sexuels, de nos prises de risque, se conseiller et soutenir mutuellement dans notre prévention, c’est être solidaire.

… ne pas envoyer balader les séropos, montrer à ses potes séropos qu’ils ne sont pas seuls, c’est être solidaire.

… se faire dépister régulièrement c’est être solidaire. Car les personnes qui transmettent le plus le VIH et les IST, ce sont celles qui ignorent qu’elles sont infectées.

… prendre un traitement lorsqu’on est séropo pour réduire le risque de transmettre son virus à ses partenaires, c’est être solidaire.

… parler prévention avec ses partenaires sexuel avant et/ou après être allé au pieu, leur envoyer un SMS quand on s’est chopé une IST, c’est être solidaire.

… agir pour transmettre la mémoire des « années SIDA » à ces jeunes qui ne les ont pas connu et qui, soit disant, n’en ont rien à foutre, c’est ça, aussi être solidaire.

Ça fait un peu biblique mon énumération, mais vous voyez, il y a encore beaucoup à faire dans notre communauté avant de dire que nous sommes en situation d’échec face au VIH. Cette solidarité est l’affaire de tous. Elle est même l’une des clés, je crois, à un contrôle de l’épidémie, la notre, pas celle de l’autre.

IST | VIH/Sida | 10.06.2011 - 22 h 24 | 25 COMMENTAIRES
« C’est une mode, tous les jeunes veulent se faire baiser bareback »

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Si jeunesse savait Je voudrais revenir sur le discours que j’entends souvent chez les homos et notamment les aînés visant à dire que les jeunes ne se protègent plus, sont inconscients ou encore ne savent pas se protéger.

Déclarations qui ont lieu dans un contexte d’une épidémie du VIH qui frappe les gays sans commune mesure avec le reste de la population avec une mobilisation forte depuis les début des années 1980.

Alors oui c’est vrai, il y a des jeunes qui prennent des risques – il y a même une légère hausse des nouvelles infections au VIH chez les 15-25ans, certains ne se protègent pas voire ne savent pas comment se protéger. Néanmoins est-ce que cela est lié à leur jeunesse et une certaine inconscience ?

J’aimerais aborder avec vous ce sujet qui à mes yeux relève d’une forme de domination sur une génération sans vraiment de fondements et qui ne permet en rien d’expliquer que des personnes, qui s’avèrent être jeunes, prennent des risques.

 

Les jeunes, une catégorie qui ne veut rien dire

Personnellement je vois dans ce genre de discours une nouvelle tentative de dévalorisation d’une catégorie, en l’occurrence d’une génération, dans son ensemble.

Les jeunes ce sont comme les chômeurs, les immigrés, les vieux, les précaires, les riches, les paysans : des catégories que l’on créé et qui ne veulent absolument rien dire tant elles sont hétérogènes mais qui arrangent bien pour désigner un autre abstrait que l’on accuse de tous les maux que l’on veut.

Quel lien y-a-t’il entre un jeune né dans une famille bourgeoise parisienne un autre qui vit dans une citée défavorisée en province ou un jeune étudiant à l’université et un jeune qui a commencé à bosser à l’âge de 16 ans ? Pas grand chose.

Aussi cette catégorie « jeunes » ne veut absolument rien dire tant elle désigne des réalités bien différentes les unes des autres (dixit Robert Castel).

 

Argument de l’âge, argument de la sagesse ?

Mais il n’y a pas de raison après tout que les jeunes gays échappent aux multiples formes de domination classiques exercées par leurs aînés dans de nombreux autres domaines et depuis la nuit des temps.

Le fameux « Nous on a connu les années Noires du Sida ! » utilisé à profusion un peu comme d’autres diraient « Nous on a connu la guerre et les cartes de rationnement alors ferme ta gueule ! » ; ou comment détourner la mémoire afin de se mettre sur un piédestal !

 

L’autre jour j’ai rencontré un gars avec qui nous étions sur le point d’avoir un rapport sexuel (de baiser quoi). Celui-ci enfile un préservatif et l’air de rien déchire une nouvelle pochette et enfile un deuxième préservatif par dessus. Ce que je désignerai plus tard par le concept de surprotection 🙂 .

 

Lorsque j’ai essayé d’aborder avec lui le risque de déchirure que cela représentait avec le frottement des deux préservatifs l’un contre l’autre, sa seule réaction a été de me dire : « Quel âge as-tu ? Moi j’ai 40 ans, ça fait 20 ans que je fais ça ».

Utiliser l’argument de mon jeune âge pour se conforter dans sa propre stratégie de prévention, qui pourtant comportait un risque, voilà encore une tentative de rabaisser une personne en fonction de son appartenance à une génération plus jeune.

 

(pour répondre par avance à la question insolente de Paul Denton, oui je suis parti et il ne s’est rien passé de croustillant entre lui et moi)

 

Des jeunes prennent des risques, oui, mais pas parce qu’ils sont jeunes

Alors oui, il y a des jeunes qui ne savent pas grand chose et se protègent insuffisamment, c’est vrai. Ces jeunes avec Jonathan on en a rencontré pas mal par exemple en prison ou dans des centres de réinsertion pour élèves déscolarisés où la plupart viennent de quartiers très précaires.

 

Mais la cause n’était pas leur jeunesse… en prison il y avait aussi d’autres personnes d’autres générations qui ne savaient pas grand chose non plus. La cause de cela était bien plus l’accès quasi nul à la prévention ainsi que les représentations et pressions sociales fortes qui s’exercent dans le milieu dans lequel ils ont évolué depuis leur naissance.

 

En conclusion ?

Dire que les jeunes ne se protègent pas ou peu voire plus nie la réalité de milliers de jeunes qui se protègent tant bien que mal tout en ne permettant pas d’expliquer pourquoi certaines personnes prennent des risques, qu’elles soient jeunes ou moins jeunes.

C’est néanmoins souvent sur cette population que l’on projette une image erronée d’une mauvaise appropriation de la prévention, laissant par la sorte transparaître une certaine forme de domination générationnelle… un classique à ajouter à la longue liste des dominations de notre temps telles que hommes/femmes, blancs/non-blancs, parisien/provincial, riches/pauvres, LesbGay/BiTrans, cocaïne/héroïne, etc.

 

Le premier outil de prévention reste notre parole !

 

Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Vincent

 

PS : ah oui au fait… la majeure partie des découvertes de séropositivité ont lieu entre 35 et 40 ans sur des infections ayant eu lieu dans les quelques mois ou années précédant le dépistage.

 

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IST | 28.04.2011 - 23 h 28 | 51 COMMENTAIRES
« J’ai chopé un truc, tu devrais aller faire un test ! »

Étant gay il y a certains plaisirs auxquels t’es un peu plus habitué que les autres, comme recevoir ce genre de SMS d’un mec avec qui t’as baisé quelques jours avant :

« Slt c’est juste pour te dire que demain je vais à la clinique (1) j’ai chopé une infection. Tu devrais prendre rdv. Désolé. »

WooOooh putain…

Pendant quelques secondes je passe par les 5 phases décrites par Elisabeth Kübler-Ross :

  • le déni : « naan mais c’est bonnn. J’ai rien. Et t’façon j’ai une chance sur 1 trilliard d’choper quelque chose »

  • la colère : « rha… le salaud ! »

  • la négociation : « c’est ptêtre ça les ptits picotements. Ouais mais je suis assez psychosomatique en même temps… bon je vais attendre, continuer à baiser puis je verrai bien… nan mais faut mieux pas. Si j’ai chopé un truc je risque de le refiler. Je prends rendez-vous ou pas ? »

  • la dépression : « putain abstinence pendant plusieurs semaines !!!! no way ! »

  • l’acceptation : « hmmm y’a ptêtre des ptites bêtes dont il vaut mieux se débarrasser par là ! ».

… oui tout ça en quelques secondes (vous avez vu la psychologie de type PMU que je viens de faire ?)

C’est jamais un moment très agréable à vivre.

Et pourtant, après être passé par mes 5 phases, je m’empresse de lui répondre un truc rassurant du style « hey, merci de m’avoir prévenu, j’espère que tout ira bien pour toi ! Je prends rendez-vous rapidement à la clinique (1). On se tient au courant. Bises, V.  »

Oui parce que même si dans ma phase colère je me suis dit « rha le salaud », ce n’est pas ce que je pense dans le fond. Si le mec a chopé une infection et me l’a transmise, ce n’est pas franchement de sa faute. Et ça m’a gêné après-coup qu’il me dise « désolé ».

Ça me semble donc important, au contraire, de le rassurer et de l’inciter à continuer à communiquer avec moi.

Personne n’a à se sentir coupable d’avoir une IST (Infection Sexuellement Transmissible) et personne ne doit nous accuser de l’avoir refilée. Le truc de type « ah tiens jte refile ma chlamydia ptit con et j’espère qu’elle te rongera bien la bite » relève plus du mythe que de la réalité, non 🙂 ?

Après son rendez-vous à la clinique il s’avère qu’il a bien chopé quelque chose. Les tests doivent encore déterminer s’il s’agit d’une chlamydia ou d’une LGV (2).

En fait, je suis plus inquiet pour lui, car étant séropo, une IST, peut avoir des répercussions bien plus grave sur son organisme et être plus difficile à traiter. Heureusement il n’a pas attendu pour se rendre à la clinique de santé sexuelle.

Cette histoire me rappelle à quel point, pour beaucoup de mecs, il est difficile d’accepter que ses partenaires nous disent « j’ai une IST, je te l’ai peut être refilée » sans être en colère contre lui. Et qu’il est peut être encore plus difficile, nous même, à notre tour, d’en informer nos partenaires.

Pourtant c’est important de pouvoir en parler librement pour donner l’opportunité à nos partenaires de rencontrer un médecin, d’en parler, de se faire dépister et se soigner de l’infection en question s’ils ont été exposés à un risque de transmission (sauf VIH pour lequel on a pas encore trouvé de remède). D’autant que pour certaines IST comme les Chlamydias ou encore la Syphilis, une simple fellation sans préservatif peut être à l’origine de la transmission !

Bref je voulais avoir vos avis: en ce qui te concerne,  te sens-tu de l’annoncer à tes partenaires si t’as chopé une IST ? Si oui comment ? Et comment le prendrais-tu si l’un des mecs avec qui t’as baisé t’annonce qu’il en a chopé une ?

Vincent

 

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  1. Il ne s’agit pas de cliniques privées mais des « sexual health clinics », l’équivalent de nos Centres de Dépistages Anonymes et Gratuits (CDAG) en France, enfin, en un peu mieux…

  2. Je ne suis pas médecin donc pour plus d’infos je ne peux que vous conseiller les pages suivantes sur la Chlamydia, la LGV et vous rappeler que rien ne vaut une consultation avec un médecin pour diagnostiquer une infection sexuellement transmissible ! Si vous n’avez pas envie d’aller voir votre généraliste, sachez qu’il existe dans toutes les villes de consultations anonymes et gratuites. Tapez « CDAG + le nom de la ville la plus proche » dans Google pour trouver leur adresse et numéro !

 

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