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Anus | Cul | Proctologue | Sexe & Technique | 18.03.2013 - 14 h 33 | 7 COMMENTAIRES
Sexe anal – gérer la douleur

paindouleurUne question qui revient souvent parmi celles et ceux souhaitant expérimenter le sexe anal du côté passif de la force : comment gérer la douleur ? Celle-ci peut avoir de multiples causes. Je vous propose ici quelques pistes à partir de ma propre pratique du sexe anal et des témoignages sacrés d’autres adeptes !

Sodo : to fuck or not to fuck ?

Avant de commencer, rappelons que le sexe anal doit répondre à une envie, à l’excitation. Se faire prendre juste pour faire plaisir à son partenaire n’est pas franchement de nature à favoriser ton épanouissement sexuel. Tu dois avoir envie de sentir l’autre en toi, de te faire mettre, te faire défoncer, labourer ou ce que tu veux. Bref, le vouloir. Le manque d’envie est le meilleur moyen de morfler au niveau de la douleur. Si tu hésites ou ne souhaites pas, prends le temps d’en discuter avec ton partenaire, essayez de trouver ensemble ce qui fait que vous en avez envie ou ce qui peut être un frein et comment y remédier !

La pénétration anale réceptive (se faire prendre) est une pratique à haut risque de contraction des IST et du VIH (si la charge virale du partenaire est suffisamment élevée, notamment en l’absence de traitement efficace). L’utilisation du préservatif et un dépistage régulier permettent de réduire fortement ces risques !

Pincements

Problème ?
Au moment où l’engin de ton partenaire pénètre ton anus, une sensation très douloureuse peut se produire durant une vingtaine de secondes. Une sorte de pincement qui est de nature à inhiber complètement l’envie de continuer.

Solutions.
1)      La première est bien sûr de travailler sur l’excitation. A chacun d’identifier ce qui le fait bouillonner au point d’avoir envie de se faire défoncer, fourrer, labourer… Une fois le secret trouvé, informe ton/tes partenaire-s. Les anulingus sont souvent de nature à susciter une grande excitation et à détendre la zone anale. D’autres aiment aussi qu’on leur mette un ou plusieurs doigts avec du gel ou de la salive comme lubrifiant pour préparer le sphincter à la dilatation.

2)      Ensuite, il ne faut pas hésiter à mettre un paquet de gel lubrifiant sur le sexe et sur l’anus. Lubrifiant à base d’eau ou de silicone (bien meilleur pour lubrifier mais moyennant un coût plus élevé).

3)      De plus au moment de la pénétration tu peux demander à ton partenaire actif d’y aller par à-coups (je pousse un peu à l’entrer de l’anus, puis je me retire, je repousse un peu plus loin puis je me retire de nouveau et ainsi de suite jusqu’à avoir introduit complètement le sexe). Au même moment le partenaire qui se fait pénétrer peut pousser au niveau du sphincter – sans s’en rendre compte et notamment lorsqu’on est mal à l’aise ou pas assez excité, notre sphincter a tendance à se resserrer, rendant la pénétration plus difficile et favorisant l’apparition de douleurs.

Position d’Andromaque

4)      Enfin la position d’Andromaque facilite grandement la première pénétration lors du rapport sexuel. En s’asseyant sur le sexe, le partenaire qui se fait pénétrer contrôle la vitesse, peut y aller progressivement par à-coups et desserre plus facilement le sphincter – ce muscle qui se contracte ou se dilate pour fermer ou ouvrir l’anus.

Aïe, ça chauffe !

Problème ?
Lorsque tu te frottes les mains, cela créé de la chaleur et au bout d’un moment des brûlures  Il en va de même pour la pénétration qui peut vite chauffer tes parois intérieures et créer une sensation d’irritation.

Solutions ?

1)      Gel gel gel ! N’hésite pas à utiliser une bonne dose de gel lubrifiant. A base d’eau voire, moyennant un coût plus élevé, à base de silicone. Tu peux en remettre régulièrement au cours du rapport sans attendre forcément de ressentir les premières brûlures.

2)      Adapter le rythme ! Si certains aiment la défonce, si ça chauffe trop, n’hésite pas à demander à ton partenaire de ralentir la vitesse. Bon j’avoue que c’est parfois compliqué, ça peut casser l’ambiance de l’instant sexuel. Tu peux alors prendre le dessus sur le rapport sexuel, te mettre en position d’Andromaque et dicter le rythme à ta guise !

3)      Arrêter. Si ça chauffe trop, n’hésite pas à dire à ton partenaire de se retirer. Subir pour faire plaisir à l’autre ne participe pas vraiment à ton bien-être sexuel et peut être assez traumatisant. Par le passé j’avais du attendre un an avant d’être de nouveau en confiance suite à un rapport qui avait été très douloureux car très mal préparé. Tout ça parce que je n’avais pas su dire que je n’en avais pas envie.

La capote, ça m’irrite !

Problème ?
Malgré son utilisation essentielle pour éviter de contracter ou transmettre le VIH et d’autres IST, nombreuses sont les personnes qui témoignent d’irritations des muqueuses anales lorsqu’elles utilisent un préservatif.

Solutions ?

1)      J’ai souvent constaté que les irritations survenaient chez moi lorsque mon partenaire ne mettait pas correctement le préservatif. Si celui-ci n’est pas bien tendu sur le sexe, une partie de la capote, dont le réservoir, se repli et se froisse. Et lors du frottement avec les parois cela me fait particulièrement mal. De plus cela facilite le risque de voir la capote se déchirer. Du coup je mets moi-même le préservatif sur le sexe de mon partenaire, en veillant à ce qu’il soit bien tendu et qu’il n’y ait pas d’air dans le réservoir. Si c’est lui qui met la capote et le fait mal, je l’enlève en prend une autre pour la mettre moi-même. C’est un moment plutôt drôle en général.

2)      Le même problème peut être rencontré (capote qui se froisse) lorsque l’érection n’est pas complète. Dans ce cas là je te conseille de te retirer et de renouveler la pénétration qu’une fois le sexe de ton partenaire bien dur (vous pouvez y travailler ensemble !). Se faire prendre lorsque le sexe n’est pas complètement en érection est très douloureux avec le frottement du préservatif et présente un risque que celui-ci glisse, ôtant la protection contre le VIH et les IST si l’un des deux partenaires en est porteur.

3)      Lube… Lube… Lube… Enfin si la capote est bien mise et le sexe bien dur, en mettant la dose de lubrifiant il y a peu de risque que la capote irrite tes muqueuses. Il est fréquent que lorsqu’un partenaire met une capote, il ne mette pas de lubrifiant (plus de plaisir pour celui qui pénètre). N’hésite pas à prendre l’initiative d’en mettre sur la capote et au niveau de ton anus !

 

Too Big To Fuck

Problème ?
La nature a doté certains mâles d’un engin particulièrement imposant rendant la pénétration plus difficile et douloureuse… ou pas.

Solutions ?

1)      Si tu étais une petite souris capable de te rendre dans les blocs opératoires pour les interventions anales, tu serais surpris des capacités de dilatation de ton sphincter. Travailler sur l’excitation en amont de la pénétration et y aller progressivement (en commençant par des doigts et en pénétrant par à-coups progressifs) devraient te permettre de faire rentrer le sexe imposant de ton partenaire.

2)      La position d’Andromaque est également adaptée pour permettre une pénétration plus facile des gros calibres.

 

Hémorroïdes, fissures, condylomes… et saignements

Problème ?

Le sexe anal peut provoquer certains désagréments. Ne pas utiliser de préservatif peut par exemple favoriser la contamination au Papillomavirus Humain de la zone anale avec le risque de développement de condylomes (verrues) ou de cancer anal selon le virus. Les personnes immunodéprimées (défenses immunitaires faibles) sont particulièrement sensibles aux HPV. La défonce à sec (sans gel) peut quant à elle provoquer des fissures (lésions superficielles) ou l’apparition d’hémorroïdes. Ces dernières pouvant avoir d’autres causes que la sodomie comme la constipation, les diarrhées, le vieillissement etc. Dans tout les cas, se faire prendre alors qu’il y a un condylome, une fissure ou des hémorroïdes peut s’avérer douloureux et provoquer des saignements.

Solutions ?

1) Vous faire checker le cul régulièrement par un médecin. Comme nous en parlions dans un précédent article, certains médecins généralistes formés ou un proctologue peuvent diagnostiquer la présence de condylomes, d’une fissure ou d’hémorroïdes et vous proposer des soins ou un traitement adapté. N’hésitez pas vous-même à regarder régulièrement cette zone si vous pratiquez le sexe anal pour éventuellement aller consulter un médecin en cas de doute (avec un miroir et en vous passant un doigt sur l’anus et à l’intérieur au niveau des muqueuses). Croyez-moi les médecins ont plus que l’habitude de ces situations et personnellement je réalise un bilan chaque année avec un proctologue. Si vous ne souhaitez pas aller voir votre généraliste, il existe dans toutes les villes des Centres d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des IST (CIDDIST) ou à Paris le Centre de Santé Sexuelle « le 190« . Ils sauront vous diagnostiquer des pépins ou vous orienter sur un spécialiste.

2) Toutes les solutions présentées ci-dessus (mettre du gel lubrifiant, vérifier la pose du préservatif, y aller progressivement) réduirons le risque de traumatiser vos chères petites muqueuses !

J’espère que ces petits trucs et astuces t’aideront à aborder le sexe anal avec sérénité, que tu sois passif ou actif soucieux du confort et du plaisir de ton partenaire. Nous n’avons pas abordé la question du sexe sous prods (drogues ou autres produits psychoactifs). Si cela est une solution pour certaines personnes pour gérer leur pratique du sexe anal, nous traiterons de ce sujet dans un autre article plus complet sur Sexe & Prods ! A voir également l’article sur L’art du Lavement sur Gay, Ma Santé !

Et vous quels sont vos trucs et astuces pour gérer la douleur ?

Vincent

Cul | Dépistage | Général | Homophobie | VIH/Sida | 03.01.2013 - 00 h 40 | 1 COMMENTAIRES
2013… et si on changeait de regard pour de bon sur le VIH ?

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Regard 2013

Après une carence d’articles… On est reparti comme en ’40 sur une bonne lancée… ! Un peu comme une bonne résolution que l’on va essayer de tenir ! La fin du monde n’a pas eu lieu au dernier solstice d’hiver… place à une nouvelle ère mais du coup… et si on changeait de regard sur le VIH pour de bon ? Beaucoup de vœux seraient souhaitables pour cette nouvelle année qui s’engage… !

2013… année folle… année du mariage ? Folle oui… mais les seules folles qui soient sont celles qui déchargent leur haine nauséabonde que l’on pensait être l’adage du Moyen-Âge… ! Quel rapport avec le VIH vous allez me dire ? Il ne faut pas aller chercher bien loin… La lutte contre le VIH/Sida ne peut pas aller sans une lutte contre les discriminations, notamment la lutte contre l’homophobie. Et comme le disait à très juste titre un des enfants de couples homoparentaux qui a été auditionné à l’assemblée récemment, la question latente derrière tous les débats qu’il y a actuellement n’est bien souvent pas tant « pour ou contre le mariage et l’adoption ouverts aux couples homosexuels » mais plutôt « pour ou contre l’homosexualité », comme si elle représentait un danger pour notre société, comme si c’était toujours considéré comme une maladie, une déviance… ! Or ce débat, et cette discrimination étatique qui est toujours en place, nuisent à l’estime de soi de beaucoup de gays, étant relégués à l’état de « sous-citoyen ». La mauvaise estime de soi, en plus de créer un surtaux de suicide chez les jeunes gays, est aussi un facteur de prises de risques sexuels ! Bien souvent, quand on n’est pas très bien dans sa peau, ce n’est pas toujours évident de prendre soin de sa santé, ce n’est pas une priorité… la sexualité peut parfois être utilisée comme un exutoire… les prises de risques peuvent plus facilement survenir… et une éventuelle contamination au VIH peut arriver !

Ouvrir le droit au mariage, à l’adoption et à la PMA aux couples homosexuels, lutter pour l’égalité des droits… c’est également lutter, dans une certaine mesure contre le terreau qui entretien l’épidémie du VIH/Sida chez les gays !

2013… année de la baise… année du pouvoir de s’exprimer librement ? Trop souvent encore un regard plein de morale s’écrase sur les épaules des mecs qui font des plans cul, qui parfois peuvent prendre des risques, qui ne font pas ou peu de plans cul mais qui prennent également parfois des risques ! Je pense que tout le monde est libre d’avoir sa propre sexualité, à partir du moment où c’est fait dans le respect de l’autre et en toute conscience de ce que l’on fait, sans que tout un chacun vienne y mettre son nez et se mêler de ce qui ne le regarde pas… ! Ce regard-censure a des effets pervers, et est également vecteur de l’épidémie. En effet, s’il est déjà ardu de parler librement de sa sexualité, sans tabou et sans jugement, il est encore plus difficile de pouvoir parler de ses éventuelles prises de risques… ! Et si on ne peut pas parler du fait que la capote nous fait débander, qu’on ressent moins de plaisir avec, qu’on a un mec séropo qui n’est pas sous traitement avec qui on n’arrive plus à mettre la capote, qu’on aime le jus, qu’on n’arrive pas à imposer la capote à son partenaire, que la prise de risque peut être excitante, qu’on est à fond sur un mec et qu’on ne pense pas du tout à se protéger, etc. sans se faire traiter d’inconscient, d’irresponsable, de salope et autres jolies dénominations… Comment peut-on clairement avoir accès à une information adaptée à nos pratiques, afin de mettre en place une réelle stratégie de réduction des risques ? Même si la protection n’est pas à 100%, il existe toute une palette d’outils et de techniques pour réduire au plus possible ces risques !

Pouvoir parler librement et sans jugement de sa sexualité et ses éventuelles prises de risques est essentiel pour mieux se protéger et avoir de l’aide !

2013… année de la disance… année de l’annonce ? Malgré les énormes progrès de la recherche sur le VIH, malgré un espérance de vie égale ou quasi égale pour les personnes séropositives que n’importe qui, malgré les résultats des études qui montrent que le traitement est extrêmement efficace pour éviter la contamination de son partenaire… les représentations sur le VIH et les personnes séropositives demeurent ancrées dans les années 80-90 et une proportion non négligeable de la population en a encore une peur irrationnelle ! Une personne qui découvre sa séropositivité aujourd’hui, ça sera certes un choc, ça ne sera certes sûrement pas facile à encaisser. Le regard et le rejet de certains autres sera lourd à supporter parfois, mais grâce aux traitements elle pourra continuer à mener une vie normale, extraordinaire même si elle le souhaite ! Elle pourra travailler. Elle pourra continuer à avoir pleins d’amis. Elle pourra faire du sport, baiser, tomber amoureux et se mettre en couple, fonder une famille, avoir des enfants et peut-être même des petits-enfants, avoir des projets et vivre quoi ! Et beaucoup de personnes qui annoncent une séropositivité (médecins ou militants associatifs) gardent malgré tout une image plutôt négative de cette annonce ! Même si en effet ce n’est pas facile à faire, il faut garder à l’esprit que dans une certaine mesure c’est une annonce positive (sans mauvais jeu de mot). Elle l’est d’un point de vue individuel, car la personne va pouvoir entrer dans un parcours de soin et prendre rapidement un traitement. Même si le traitement n’est pas forcément anodin et une partie de rigolade, le VIH n’est pas non plus anodin et il agresse en permanence le corps… ! Une étude a récemment montré une corrélation entre une plus mauvaise fin de vie, et le temps mis avant de commencer un traitement ! Et enfin cette annonce est positive d’un point de vue collectif, car une personne qui connaît son statut va faire prendre beaucoup moins de risques à ses partenaires. Une des plus grandes peurs des personnes séropositives est de contaminer quelqu’un d’autre ! Par ailleurs, le fait qu’elle puisse prendre un traitement évitera quasi à coup sûr une ou plusieurs autres contaminations, et aura pour effet de baisser la « charge virale communautaire » (addition de toutes les charges virales d’une communauté), et donc fera baisser le risque de contamination au sein de cette communauté… !

Pour mieux lutter contre le VIH, il est nécessaire de regarder la réalité de la séropositivité à travers un filtre objectif, et non un spectre noircissant les choses plus qu’elles ne le sont pour faire peur ! Il est prouvé par de nombreuses études que la peur comme moteur de prévention n’est pas ce qu’il y a de plus efficace du tout ! Comme disait un médecin avec laquelle j’intervenais à l’occasion du 1er décembre dernier devant un amphi d’étudiants en médecine et sages-femmes, « aujourd’hui il est certain que l’on vit mieux sans le VIH… mais on vit bien, voire très bien avec malgré tout… » !

2013… année du test… année de l’autonomie… ? Le dépistage est une étape indispensable à la lutte contre le VIH, et si l’image que l’on se fait du VIH est déformée, beaucoup de monde ne va pas, ou à reculons, la boule au ventre, se faire dépister ! Il serait souhaitable pour mieux lutter contre le VIH de développer encore plus l’offre de dépistage ! En 2011, grâce à l’action de Roselyne Bachelot visant à l’autorisation du dépistage communautaire, un grand pas a déjà été fait sur l’accessibilité des tests… ! Un tiers des dépistages réalisés à AIDeS cette année était auprès de personnes pour qui c’était la première fois. Preuve que le dépistage rapide, gratuit, indolore et dans des lieux que fréquentent les gays permet de toucher plus de monde que le dépistage classique. Cependant, on peut encore mieux faire ! Bien que les tests rapides soient désormais facilement accessibles sur les actions des militants associatifs, un certain nombre de personnes ne vont pas pour autant se faire dépister. Il y a ceux qui préfèrent que ce soit réalisé par un médecin ou une infirmière, ceux qui préfèrent que ce soit par un pair… et ceux qui ne souhaitent ni l’un ou l’autre, mais préfèreraient le faire eux-mêmes chez eux ! C’est pour ça que je pense qu’il est indispensable d’aller vers l’autorisation des autotests ! Plutôt que ces mecs ne commandent des tests via internet, où on ne connaît pas vraiment la fiabilité, et où le coût n’est pas  négligeable, l’état pourrait mettre en libre-service en pharmacie ou auprès d’associations des tests certifiés NF que les personnes pourraient faire seules ! Certains vont agiter les chiffons rouges, comme quoi il pourrait y avoir des dérives, des perdus de vue dans le système de soin, des mauvaises manipulations, des suicides, etc. ! Bien sûr que c’est possible… rien n’est impossible ! Mais les mêmes chiffons rouges étaient agités lorsqu’il était question de laisser la responsabilité à des militants associatifs de réaliser des TROD (Test Rapide à Orientation Diagnostic) ! Qu’il est nécessaire que la personne soit accompagnée par un médecin, et qu’elle ne soit pas seule après une annonce. Mais au final, une fois la consultation finie, la personne se retrouve dans tous les cas seule face à elle-même… ! Et c’est la méconnaissance de ce qu’est vraiment la séropositive et les peurs qui sont entretenues par certains qui sont responsables des éventuels suicides et autres conneries que pourraient faire les gens ! Il serait temps en 2013 de cesser de prendre les gens pour des irresponsables… ! Il est temps d’accompagner vers l’autonomie les personnes afin qu’elles puissent comprendre facilement comment fonctionne un test et comment le réaliser soi-même, car ce n’est vraiment pas sorcier du tout, et un certain nombre des militants associatifs se font eux-mêmes le test, comme le font également beaucoup de personnels soignants… !

Pour mieux lutter contre le VIH, je pense qu’il est nécessaire de partager le pouvoir ! Je pense que beaucoup de ceux dans le corps médical qui ont freiné pour le dépistage communautaire, et beaucoup de ceux qui freinent à la fois dans ce même corps médical et dans le milieu associatif aujourd’hui pour que les autotests n’arrivent pas sur le marché, ont peur de perdre leur pouvoir ! Ils tendent à l’inertie pour conserver le pouvoir qu’ils ont sur les gens en détenant le savoir ! Or je pense plutôt qu’en partageant ce pouvoir, au final on en gagne !

Tout ceci ne saurait être exhaustif dans le combat pour plus d’égalité et moins de VIH… A vous de compléter la liste de vœux pour cette année… ! En vous souhaitant à toutes et tous une super année 2013… riche en amour, en sexe, en ouverture d’esprit et en pouvoir d’agir !

Anus | Cul | Dépistage | IST | Non classé | Proctologue | 12.02.2012 - 17 h 53 | 6 COMMENTAIRES
Se faire « checker » le cul !

Santé anale, santé sexuelle

La santé sexuelle pour beaucoup de gays tourne en grande partie autour de leur beau petit cul ! Me faisant fréquemment prendre, cela me semble important de me faire examiner régulièrement mon anatomie anale pour dépister une éventuelle anomalie.

Les pratiques anales ou la présence de certaines infections sexuellement transmissibles peuvent en effet provoquer des troubles au niveau du rectum et de l’anus. Des fissures, des hémorroïdes ou des saignements peuvent apparaître à la suite de vos ébats sexuels. Et certains virus tels que les HPV1 – très fréquents chez les gays – peuvent être à l’origine de condylomes (sorte de petites verrues) ou d’un cancer de l’anus.Cela faisait longtemps que je souhaitais vous en parler – mais j’attendais ma prochaine consultation de proctologie, qui peut être menée soit par un médecin spécialiste, par un dermato ou généraliste qui a des connaissances en procto.

Avec tout ça, je préfère donc me faire « anusculter » de temps à autres ! Et ce d’autant que j’ai eu des condylomes externes par le passé, qui sont partis facilement grâce à une crème. Je craignais d’en avoir développé en interne – ayant régulièrement de petits saignements à la suite de rapports sexuels.

Une consultation de l’anus c’est…

Lorsque j’étais en Grande Bretagne, j’ai eu l’occasion d’avoir un examen de l’anus et du rectum à chacune de mes consultations de dépistage. Très professionnels, le médecin allait systématiquement se mettre derrière un rideau pour me laisser le temps de me déshabiller complètement et m’allonger sur la table de consultation – sur le côté, les genoux relevés, c’est moins « humiliant », parait-il. En France, c’était plus direct.

Il s’agit alors d’observer votre anus afin de déceler tout signe suspect. Tout d’abord à l’extérieur puis à l’intérieur. Pour cela, le médecin m’insère un doigt pour palper l’intérieur du rectum puis à l’aide d’un anuscope dilate l’anus afin de pouvoir observer ce qui peut bien se passer la dedans.

Pour avoir eu l’occasion de me faire « anusculter » à trois reprises, je trouve cela plutôt simple et rapide. La dernière fois le médecin n’étant pas franchement très doux, il m’a fait mal. Plus que jamais la relation médecin-patient est primordiale, ça aide à dilater pendant qu’il vous ausculte 😉

Cette fois-ci je n’étais pas très à l’aise. Car durant l’examen je n’ai pas bien aimé son air étonné lorsque je lui ai expliqué me faire prendre régulièrement. J’avais le sentiment de lui faire perdre son temps et qu’il avait envie d’en finir au plus vite. D’ailleurs la consultation a du durer au maximum 4 mins. Entretien et osculation inclus.

Et ce alors même qu’il y aurait dix mille choses à aborder avec un patient qui se fait sodomiser : quelles sont mes pratiques sexuelles et comment je gère ma prévention ? Comment sont préparées mes pénétrations ? Quels sont les autres problèmes que j’ai pu avoir ? Que nenni, tu baisses ton froc devant le docteur et l’infirmière qui te regardent, tu t’allonges et tu dilates. Y’a rien ? Tu te casses avec une crème apaisante à appliquer en cas de douleur.

Cela ne me dissuadera néanmoins pas d’y retourner de nouveau – peut être avec un autre procto qu’on m’aura conseillé. En attendant je continue à faire du diagnostic profane : je regarde mes fesses dans un miroir, je me mets un doigt à l’intérieur pour voir si je ne sens rien de suspecte. Notamment si je ne sens pas des petits boutons ou bouts de peaux qui pourraient faire penser à des condylomes.

Bref, j’apprends à connaître mon anatomie pour pouvoir prendre soin d’elle.

Et vous ?

Vincent

Crédit photo : myhiv.org

1 Papillomavirus Humain (“Human Papilloma Virus”)

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