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Rencontres | VIH/Sida | 07.04.2014 - 00 h 22 | 3 COMMENTAIRES
« Annoncer son statut sérologique à ses conquêtes… ça peut aussi très bien se passer »

Merci Gabriel Girard pour l’inspiration…

Ça va bientôt faire trois ans que j’ai découvert ma séropositivité au VIH. Très tôt j’ai compris qu’assumer son statut sérologique ne dépendait pas du courage mais bien de la force et du soutien qu’apportent l’entourage, les amis, les proches. Grand adepte des rencontres, notamment par Internet, très vite s’est pourtant posée la question de le dire ou pas à mes conquêtes. A ce qu’il parait, les représentations sur les séropositifs vont bon train dans notre communauté. Il serait même impossible d’assumer son statut sérologique tout en essayant de faire des rencontres. En annonçant la couleur, ne risquerai-je alors pas d’être rejeté ? Voire pire, résumé à mon seul statut sérologique et l’objet de toutes les rumeurs ?

 

Au départ, une sorte d’obligation morale

En fait, je n’ai jamais eu d’attitude tranchée et définitive. Quelques jours après le fameux « le résultat de ton test est positif », les analyses ont montré que ma charge virale était explosive. Pour les profanes, cela signifie que le virus se multiplie rapidement et en grande quantité dans mon corps. Le risque de transmission à mes partenaires est alors élevé, même en me faisant simplement tailler une pipe. Je me sentais alors obligé d’en informer mes amants, même si dans nos pratiques je ne les exposais en fait à aucun risque, refusant par exemple toute fellation ou tout rapport non protégé. Je vivais pourtant à chaque fois ce petit stress qui te prend aux tripes. Savoir comment va réagir le gars… s’il ne va pas t’envoyer balader, se victimiser par un « ça me fait trop flipper dsl » ou pire, ne plus donner de nouvelle.

En fait, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire : il ne s’est absolument rien passé de différent par rapport à avant. Mes partenaires étaient compréhensifs.  Les réticences tombaient facilement. Certains me dévoileront même être eux-mêmes séropos ou alors avoir été en couple avec une personne touchée. Dans le meilleur des cas j’avais même le droit à des remerciements pour avoir été sincère. So cute.

En parallèle et tout de suite après mon diagnostic, j’ai demandé à mon médecin d’initier un traitement. De toute façon il y avait un intérêt pour ma santé. Mais je voyais surtout l’intérêt pour ma vie sexuelle, les rencontres, mes partenaires. Quelques mois après les premières prises de cachetons, ma charge virale était enfin « indétectable », indiquant que le traitement avait littéralement écrasé le virus dans mon corps. En tout cas pour ce qui me préoccupait avant tout, il y en avait en quantité insuffisante pour que transmission à mes partenaires il y ait.

Absence de risque pour mes partenaires : plus d’intérêt à le dire ?

Tant que je prendrai mon traitement correctement, je sais ne plus faire courir de risque à mes partenaires, même en cas de dérapage. Alors quel intérêt de leur dévoiler mon statut sérologique systématiquement ? S’ouvre alors une ère d’hésitation… du « cas par cas », du « on verra bien », du « ça sera au feeling ». Si je sentais une rencontre intéressante se profiler, je le disais avant ou peu après la rencontre. Sinon je m’abstenais… Et non sans un peu de culpabilité, j’avoue. En fait, le dire était devenu presque plus simple à vivre que de le garder pour moi. La raison était simple : je préférais prendre les devants plutôt que de me retrouver un jour devant l’inéluctable question qui finit bien par arriver : « t’es clean ? ». Et ainsi devoir répondre de mon statut sérologique, tout en m’exposant au reproche de ne pas l’avoir dit plus tôt. Le tout s’inscrivant dans un contexte assez incertain autour de la pénalisation de l’exposition au risque, jamais très loin de mon esprit paranoïaque.

Bon, il faut dire que le discours est rodé et travaillé. Je le dois à cet engagement dans la lutte contre le Sida qui m’a solidement armé. Il ne s’agit pas de dire « je suis séropo » et laisser l’autre ruminer avec cette info… Non. J’ai trop souvent entendu des mecs prétendre balancer leur statut sérologique à leurs partenaires comme une provocation, sans accompagner leur message de mots apaisants. Pour finalement se plaindre de ne jamais conclure… Une séropositivité bien expliquée est pourtant la clé contre le rejet. Expliquer ce que cela signifie pour soi. Expliquer ce que cela signifie pour son partenaire, en mettant l’accent sur le risque de transmission auquel il s’expose… ou pluôt le risque auquel il ne s’expose pas grâce à mon traitement. Et à ce sujet, l’argument de la « charge virale indétectable », à savoir le risque proche de zéro de transmettre le VIH, a toujours été mon arme absolue. Celle qui a toujours convaincu ceux de mes amants les plus inquiets.

Avec le temps… au fil des rencontres…

Ce serait mentir de prétendre que tout s’est toujours bien passé. Il est arrivé une fois qu’un garçon ne souhaite pas aller plus loin. Son père était décédé du Sida. Il ne souhaitait pas revenir là dessus. Plus tard néanmoins, il essaiera de me recontacter. Une autre fois, un mec qui me proposait un plan sans préservatif a littéralement cédé à l’hystérie lorsque je lui ai révélé mon statut sérologique. Il me bombarda d’insultes et de messages incohérents, prédisant ma mort proche, mon triste sort et la vie sordide que je devais mener. Il y a forcément raison à la déraison et il n’y en avait en tout cas ici aucune de me sentir visé personnellement. En s’exprimant ainsi, il a surtout exprimé maladroitement son rapport complexe à la sexualité et aux risques.

Ces deux exemples sont les seuls que j’ai en tête de réactions négatives. Deux. Rien de plus… Et je n’ose vous révéler le nombre à placer en dénominateur pour que vous calculiez ce que ça représente en proportion, au risque de passer pour une fieffée salope, comme dirait Brassens. Peut être y-a-t-il eu des occasions manquées ? Des gars qui savaient et qui pourtant n’ont pas souhaité m’aborder en raison du VIH… Mais que représentent-ils par rapport aux nombreuses rencontres où tout s’est passé avec sérénité ? Nous, séropos, sommes la meilleure arme contre la sérophobie. Nos munitions ne sont rien d’autres que nos mots. Ceux-là même qui permettent d’expliquer et de rassurer des mecs qui, d’un coup, se retrouvent face à une information qui peut être déroutante.

Quitte à le dire… autant l’écrire

Aujourd’hui, je suis devenu fainéant. Séro-fainéant. J’ai la flemme de prendre le temps de dire mon statut sérologique et de vivre ce stress de savoir comment va réagir le mec. Alors j’ai adopté la solution de facilité qui consiste à l’indiquer systématiquement dans mon profil, sur les sites de rencontre [voir captures d’écran ci-dessous]. Si une personne me contacte, j’ose espérer qu’elle aura lu mon profil. Elle est alors avertie.

Je crois qu’on ne m’a jamais autant contacté depuis… Pourtant, nulle part est-il inscrit que ma bite fait 24cm (oh c’est bon, j’ai le droit de rêver, oui !). Peut-être cette information sur mon statut sérologique amène-t-elle quelque chose de différent ou d’humain en ces lieux bestiaux ? Les curieux viennent poser quelques questions… les séropos envoient un petit « moi aussi, ça fait quelques mois ! »… Et dans la plupart des cas, je continue paisiblement à faire les mêmes rencontres passionnantes, excitantes et enivrantes avec vous, bande d’obsédés !

En fait, vous savez quel est mon secret pour les faire tous tomber ? Je suis séropo… chhuuut !

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LES réactions (3)
« Annoncer son statut sérologique à ses conquêtes… ça peut aussi très bien se passer »
  • Par Vincent 07 Avr 2014 - 16 H 28

    La vie fantasmée des autres, selon Hélène Hazera… que serait la lutte contre le Sida sans ses drôles de récits ?

     
  • Par helene 07 Avr 2014 - 16 H 15

    Il est charmant ce jeune homme mais il nous raconte pas comment il a attrappé le sida.
    (on le sait: en ne mettant pas le préservatif).
    En lisant on comprend que contaminé sous traitement il continue comme avant , il ne met pas le préservatif.  »parce que sa charge virale est indétectable » et que le virus  »est écrasé dans son corps »
    1) c’est pas vraie la charge virale fluctue. Il suffit d’un rien, un rhume pour qu’elle remonte et qu’il redevienne totalement contaminant.
    2) en baisant sans capote il peut chopper une autre IST (syphylis, gonorhée, hépatite) qui fera exploser sa charge virale. L’obligera à passer à l’interferon, un traitement lourd et le rendra à nouveau contaminant.

    c’est bien de raconter son statut (ça évite de se faire plaquer quand l’autre l’apprend), c’est bien de réduire le risque de contamination avec les traitements. Mais continuer la capote c’est mieux, c’est risque zero.

    3) sucer et se faire sucer avec une capote ce n’est pas taper dessus avec une hâche…

     
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