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Non classé | VIH/Sida | 07.04.2013 - 18 h 51 | 19 COMMENTAIRES
Bon… la pipe, c’est risqué ou pas ?
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S’il est avéré que la plupart des Infections Sexuellement Transmissibles peuvent être transmises par rapport oral, il faut l’avouer, un flou monstre règne autour du risque de contracter le VIH en taillant une pipe. Une zone d’incertitude qui est de nature à entretenir les fantasmes et qui a longtemps divisée les acteurs de santé. Pour autant des personnes déclarent s’être contaminées par fellation.

Alors, où en est-on sur la fellation (bordel) ?

Des résultats scientifiques difficiles à obtenir

De nombreuses études se sont intéressées au risque de transmission du VIH associé aux rapports oraux-génitaux. S’aventurant même à publier des estimations du risque que vous avez de vous contaminer en taillant une pipe. Estimation qui ne veut absolument rien dire en soi :

  • Le niveau de risque va varier en fonction de ta pratique de la fellation. En gros si tu la prends uniquement dans la bouche ou bien si tu te l’enfonces bien au fond de la gorge. Si tu prends le sperme en bouche, si tu l’avales ou pas et quelle quantité ;
  • Sucer des bites entre mecs est nettement plus à risque que les rapports oraux-génitaux hétéros du fait de la dynamique de contamination plus importante parmi le groupe des mecs qui baisent entre eux (c’est si joliment dit !) ;
  • Enfin dans les études qui sont réalisées des biais énormes existent : peu de gens déclarent s’être fait contaminer par rapport oral et parmi ceux-ci rien ne nous dit qu’ils ne cachent pas avoir eu d’autres pratiques, notamment une pénétration non protégée, plus tabou à révéler. Ensuite les études ne distinguent pas la diversité des pratiques oral (je suce/je me fais sucer, profond/pas profond, éjac bucale/pas d’éjac bucale, ingestion du sperme/pas d’ingestion du sperme). Enfin d’autres biais se posent propres à la méthodologie de recherche ;

A défaut d’avoir une valeur précise de la probabilité de choper le VIH en suçant, l’intérêt néanmoins de ces études aura été d’établir une échelle des risques – certes imparfaite. Celle-ci nous autorise à dire que la probabilité de contracter le virus du Sida en suçant une bite est infiniment plus faible que lors d’une pénétration sans préservatif. De nouveaux éléments sont néanmoins venus nous apporter quelques éclaircissements ces dernières années.

Sucer à l’heure du traitement en prévention

En 2008 un pavé dans la marre a été lancé par l’avis de médecins suisses, le Dr Hirschel et son équipe, sur le risque de transmission du VIH. Complété depuis par d’autres études, l’idée est de dire que lorsqu’une personne séropositive prends bien son traitement et que celui marche, le risque de transmettre le VIH s’effondre. En effet il n’y aurait pas une quantité suffisante de virus dans les liquides contaminants (sang, sperme, sécrétions génitales) pour permettre la transmission.

Or dans quels cas y-a-t ‘il un niveau de virus suffisant dans les liquides contaminants ?

–          Au tout début de l’infection lorsque le virus se réplique à toute vitesse jusqu’à atteindre des millions de copies dans le sang, le sperme et les sécrétions. Le risque de transmission à ce moment-là est alors très élevé. Cette période serait même responsable de bon nombre des cas de transmissions du VIH ;

–          Si la personne ne suit pas un traitement antirétrovirale ou ne le prends pas de manière satisfaisante, rendant difficile d’écraser le virus, une quantité de virus certes plus faible qu’au début peut en effet être suffisante pour transmettre le VIH ;

On peut alors se dire que pour la pipe, le risque de transmission peut être important si mon partenaire est effectivement séropositif, notamment s’il vient juste d’être contaminé et s’il ne prend pas de traitement ou ne le prend pas correctement. Mais vous allez me dire : « ah mais t’es gentil toi, mais y’a pas marqué sur son front tout ça ? ». Et il est vrai aussi, nous ne discutons pas toujours de ça lors de nos rencontres…

« Moi, je suce sans capote, je fais comment alors ? »

Ce n’est pas évident de savoir où en est ton partenaire sur son statut sérologique – peut-être ignore-t-il lui-même sa séropositivité. D’ailleurs plus de 3 contaminations sur 5 sont à l’origine de personnes qui ne savent pas qu’elles sont porteuses du VIH, à défaut de ne pas avoir encore été dépistées [1]. Si tu  fais le choix de ne pas utiliser de préservatif lorsque tu tailles une pipe, voici du coup quelques infos-clé à avoir en tête :

  1. Le sperme et le liquide pré-séminal peuvent contenir beaucoup de virus. Les prendre en bouche ou les ingurgiter augmente donc significativement le risque de contracter le VIH si ton partenaire est contaminé et ne prends pas de traitement ;
  2. Une plaie ouverte ou des aphtes seraient susceptibles de constituer une porte d’entrée pour le virus. Par exemple le brossage de dents favorise les saignements et il est recommandé d’attendre deux heures après s’être lavé les dents pour tailler une pipe (sinon un chewing-gum fera l’affaire mais ne le dis pas à ton dentiste) ;
  3. Les gorges profondes mettent en contact le sexe de ton partenaire avec une partie du pharynx. Partie plus à risque de faciliter le passage du VIH (peu de salive pour protéger les muqueuses et fortes présences des cibles du virus dans cette région) ;
  4. Si nous nous faisons tous dépister régulièrement du VIH et des IST, nous limiterons le nombre de transmissions. Tu as la possibilité de faire des tests du VIH à résultats immédiat dans les associations ou un check-up de toutes les IST dans le Centre de Dépistage le plus proche de chez toi ;
  5. Si tu penses avoir pris un risque, sous 48h tu peux aller récupérer un traitement d’urgence à l’hôpital le plus proche (la nuit aux urgences, le jour au service des maladies infectieuses s’il y en a un, sinon aux urgences direct). Le VIH se matérialise dans les premières semaines par des symptômes qui ressemblent à une grosse grippe (fatigue, maux de tête, ganglions au cou, aux aisselles et à l’aine notamment). N’hésite pas à aller faire un test si tu perçois ces symptômes et que tu penses avoir été exposé à un risque de contracter le VIH.

En conclusion, s’il est difficile d’établir un niveau précis du risque de transmission lors de la fellation, celui-ci dépendrait fortement de la quantité de virus dans le corps de ton partenaire s’il est séropositif et s’effondrerait s’il prend un traitement. Si tu décides de ne pas mettre de préservatif, il existe néanmoins des techniques pour réduire le risque d’acquisition du VIH (éviter d’avaler ou les gorges profondes, faire attention aux plaies, traitement d’urgence) et des réflexes pour réduire le risque de transmission à ses partenaires si l’on vient d’être contaminé (dépistage, prise de traitement).

Vincent

PS : je suis sûr que tu es toujours aussi frustré qu’avant de la réponse que je viens d’apporter…


[1] V. Supervie, D. Costagliola

 

LES réactions (19)
Bon… la pipe, c’est risqué ou pas ?
  • Par remifixe 12 Juin 2014 - 23 H 57

    Un rapport orale sans capote c’est prendre un risque réel et sérieux.
    on peut tergiverser des heures,
    Cela me rappelle l’époque ou des fumeurs nous enfumaient en soutenant que ce n’était pas plus dangereux que respirer l’air de paris, statistiques a l’appui, de me parler de degré de risque en m’enfumant de sa fumée 8 h par jour au bureau.

    Le liquide préséminal est infectieux, on ne contrôle pas, sa sécrétion .
    Des rapports oraux fréquents et de partenaire multiples impliquent donc d’avaler un peu de liquide préséminal infecté, statistiquement, c’est obligé.
    Alors expliquer en plus qu’il ne faut pas d’aphtes, pas de légère plaie, de ne pas s’être lavé les dents,
    que l’actif prenne son traitement régulièrement, bref, que les poules auront des dents. …
    Il est temps d’arrêter l’hypocrisie et prendre conscience que oui,
    il faut se protéger pour un rapport orale, que le mec qui refuse c’est INTOLERABLE (au canada il risquerait la prison s’il contamine en se sachant déjà potentiellement infecté risque par exemple)
    je vais devenir militant de la capote pour la fellation moi a lire des erreurs scientifiques pareilles…

     
  • Par remifixe 12 Juin 2014 - 19 H 37

    la pipe sans capote c’est risqué

    mois que la sodo surement mais très risqué aussi

    on peut blablater des heures dire que l’actif risque moins, et autre insanité
    ça me rappelle l’époque ou des connards nous enfumaient en soutenant que c’était pas plus dangeureux, statistiques a l’appui, de me parler de degré de risque en me crachant sa fumée 8 h par jour au bureau.
    et quan on voit que le iquide préséminal est infectieux, je sais pas mais moi je contrôle pas mon liquide préséminal, , un suceur (euse) insatiable est donc sur d’avaler un peu de liqui préséminal infecté,
    alors en plus il faut qu’il ait pas d’afte, que le passif se soit pas lavé les dents,
    que l’actif prenne son traitement réguièrement, que les poules auront des dents. …

    les gay devraient arrêter l’hypocrisie et prendre conscience que oui,
    il faut se protéger pour sucer, que le mec qui refuse est un sâle con egoïste (au canada il risquerait la taule s’il contamine en se sachant déjà potentiellement infecté risque par exemple)

    je vais devenir militant de la capote pour la fellation…
    acceptons la capote ou devenons fidèle, mes frères, mes soeurs !

     
  • Par helene 07 Avr 2014 - 16 H 24

    Vingt ans aprés avoir été contaminée par fellation j’avoues être un peu excedée de lire des « avis autorisés » déclarant « y’a pas beaucoup de risques ». Vingt ans aprés j’ai subi des opération j’ai vécu le moment( des chiasses à répétition, mon physique dégringole…mon esperance de vie en a pris un coup.Je me rappelle une amie médecin m’avait dit « c’est à toi de gérer tes risques ». Il y a vingt ans le médecin (un autre) m’avait dit « chaque année j’en vois une dizaine qui viennent me voir et se sont contaminés ainsi. En fait c’est simple beaucoup (comme moi) aimaient sucer et être sucée sans capote. Alors on trouve tous les pretextes possibles soidisant scientifiques (en ce moment c’est pas difficile) pour le faire. La pipe sous préso a un deuxiéme avantage :elle dure plus longtemps.

     
  • Par Benoit 04 Déc 2013 - 11 H 08

    Dernièrement j’ai installé une appli iPhone québécoise sur la prévention des MST/IST. J’ai été très surpris d’y lire « Si tu reçois des liquides biologiques dans la bouche, recrache ou avale. Les risques de transmission augmentent quand le liquide reste dans ta bouche. » Bon OK je ne vais pas garder le sperme dans la bouche pendant des heures. Mais le conseil « avale » m’a semblé très surprenant… Alors ? avaler n’est-il pas plus risqué que de recracher ? Des spécialistes qui pourraient donner une réponse valable ?

     
  • Par lapinoutoudoo 16 Avr 2013 - 23 H 41

    Merci @Nileju ^^

     
  • Par Vincent 16 Avr 2013 - 10 H 05

    Attention à ne pas tomber dans le piège « je connais mieux une personne donc il y a moins de risque ». Le seul moyen de savoir si l’on est porteur du VIH est de faire un test de dépistage. L’expérience a montré que trop de confiance pouvait être un facteur de risque 😉

     
  • Par Nileju 16 Avr 2013 - 9 H 31

    LOl avaler donnerait de la valeur ajouté à une pipe et prouverai son amour, très drôle ça, j’ai bien ri.
    Sinon je suis entièrement d’accord avec @lapinoutoudou.

     
  • Par speedjim 16 Avr 2013 - 7 H 19

    Mettant toujours un préservatif pour la sodomie sans jamais avoir eu de problème de rupture de celle ci et ayant contracté en primo infection le VIH en novembre dernier, je n’ai pu être contaminé qu’en faisant une fellation. Je tiens a préciser que je n’ai jamais eu de sperme dans ma bouche donc c’est par du liquide pré-séminal que j’ai contracté le virus! Je ne vois aucune autre solution en ce qui me conserne.
    Il faut donc que tout le monde sache que OUI un rapport buccal peut amener à la contraction du VIH, certe le plastique c’est pas top au gout mais si j’avais su avant, j’aurai préféré le gout du plastique que le traitement à vie que j’ai avec les risques d’effet secondaire (problème au foie, rein, …)

     
  • Par otzi 16 Avr 2013 - 7 H 02

    De toute façon contact muqueuse/ muqueuse est à mon avis risqué s’il y a une personne infecté il y a obligatoirement risque de transmission s’il y a une blessure ou un saignement. Heureusement une pipe permet quand même en suçant les couilles ou et la bite sans avaler de sperme ou de liquide pré-seminal qui lui aussi peut être chargé de virus.
    personnellement tant que je ne connais pas le statut sérologique de mon partenaire et que je n’ai pas un minimun confiance en lui je n’avale pas , je trouve plus sympa d’attendre un peu pour une relation sympa de couple de différer et cela redonne une vrai valeur à la pipe complète.

     
  • Par lapinoutoudoo 15 Avr 2013 - 23 H 04

    Qui se protège pour la fellation? Je connais quasiment personne qui met une capote pour se faire sucer, que ça soit chez les gays ou les hétéros. Je penses qu’on peut sucer sans capote du moment qu’on suit les conseils qui ont été donné. @Ronou je vais te dire quelque chose qui va te scandaliser mais… la vie c’est une partie de roulette russe, même si je me protège à 100%, peut-être que demain je vais me faire écraser par une voiture.

     
  • Par Vincent 15 Avr 2013 - 16 H 50

    Je me base sur les pratiques témoignées par les personnes

     
  • Par Ronou 15 Avr 2013 - 16 H 42

    Je ne comprends pas pourquoi vous parlez de « limiter un risque » ? Ne vous rendez-vous pas compte que ce sont des vies dont on parle ? Mettez une capote surtout pour une fellation et ne la retirez jamais si vous ne voulez pas dépérir, peu à peu, avec des cancers, des AVC et des maladies à répétition !!!!! Je vois tellement de gens, au bout de 20 ans de traitement, en train de mourir à petit feu… Non, il ne faut pas jongler avec cela (profond ou non, aphte ou non…) cela n’est pas de la prévention, c’est de la roulette russe.

     
  • Par Pyraloun 15 Avr 2013 - 13 H 29

    Hahahahahaha j’adooore le PS, c’est exactement ce que je me suis dit avant de le lire 😀

     
  • Par Vincent 15 Avr 2013 - 9 H 06

    La fluctuation de la charge virale est principalement liée à l’observance au traitement.

     
  • Par helene 15 Avr 2013 - 9 H 02

    bon scientifiques ou pas ceux qui aiment la pipe disent qu’il n’y a pas de risque.

    à un moment on disait même que ceux qui (comme moi) disaient l’avoir attrappé comme ça étaient des menteurs qui s’étaient fait baisersans capote et n’osaient pas le dire.

    le problême de la « charge virale indetectable qui rend non contaminant » c’est que la charge virage indétectable qui rend non contaminent » elle fluctue sans arrêt et qu’il y a les autres IST.

     
  • Par Act Up-Paris 15 Avr 2013 - 7 H 49

    Le bilan de toutes les études scientifiques sur la question : http://www.reactup.fr/?Le-risque-de-transmission-bucco

     
  • Par hulysse2000 08 Avr 2013 - 16 H 00

    Moralité…sucer c’est risqué…que reste-il.., ? la branlette…aie! j’ai mal au poignet…

     
  • Par Nileju 07 Avr 2013 - 20 H 51

    Très intéressant, c’est bon à savoir parce que personnellement sucer du plastique ça m’excite pas vraiment.

     
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