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Couple | VIH/Sida | 01.08.2011 - 00 h 13 | 29 COMMENTAIRES
Couples sérodifférents – témoignages
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Article écrit par Jonathan.

« Sérodifférence »… ! Pour faire simple, c’est le fait qu’il y ait dans un couple un partenaire qui est séropositif, et le deuxième qui est séronégatif, donc qu’il y ait une différence sérologique (VIH en l’occurrence) entre les deux partenaires. Ce terme est à préférer à celui de « sérodiscordance » portant une sémantique plus agressive.

C’est une situation qui est très souvent cachée, parfois même aux amis les plus proches. Il a été rude de trouver des témoignages dans mon entourage, malgré le boulot que j’exerce. Bien que dans les témoignages ci-dessous vous verrez que ce n’est pas un sujet dont le couple parle au quotidien, on remarque la difficulté qu’il peut y avoir à parler du fait d’être séropositif ou d’être dans un couple sérodifférent aux autres, à l’extérieur du couple.

Je suppose que dans votre entourage il y a possiblement plusieurs personnes séropositives, mais il y a aussi plusieurs personnes qui sont en couple avec une personne séropositive. Dans tous les cas combien vous en parlent ? Combien connaissez-vous de couples sérodifférents ? Et si oui, si vous l’avez appris directement d’eux ou bien par quelqu’un d’autre qui les auraient  « outé ».

Sur les actions de prévention que je mène avec l’association AIDES, j’en ai rencontré des tas de mecs… Et peu m’ont parlé de leur vécu dans un couple sérodifférent de vive-voix. Alors même que lorsque l’on fait passer des petits questionnaires anonymes, certains disent être concernés.

Cet article nous permet de réfléchir à savoir quels sont les espaces d’expression pour ces couples. Des deux partenaires ensemble tout autant que de celui qui est séroneg et celui qui est séropo, sans que la parole de l’un n’écrase celle de l’autre. J’ai ainsi souhaité par cet article donner la parole à deux mecs vivant dans deux couples sérodifférents. L’un est séroneg et le deuxième séropo.

« Ça va faire un an et demi qu’on est ensemble, il sait depuis un peu moins de 2 ans qu’il est séropo, et pour l’instant il n’est pas sous traitement car son médecin spécialiste du VIH n’en voit pas l’intérêt tant que ses T4 sont bons (défenses immunitaires, ndlr), car initier un traitement est quelque chose de lourd, et une fois commencé il faut s’y tenir à vie… et la vie pour nous est encore longue, lui ayant 25 ans, et moi 21 !

Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ce ne soit pas quelque chose d’anodin, mais merde et moi dans l’histoire ? Je compte pour quelque chose ou bien ?

Je l’aime plus que tout, et je ne veux pas être contaminé. Et lui non plus ne veut pas me contaminer, il m’a dit plusieurs fois qu’il se foutrait en l’air si ça arrivait… il ne supporterait pas l’idée de me faire ça, ça le détruirait de me refiler son virus !

Mais voilà, au fil du temps c’est de plus en plus difficile à accepter de mettre un préservatif que nous trouvons tous les deux irritant en position passive, et notre sexualité ne peut pas être aussi épanouie que ce que nous voudrions. Et même si on essaye de mettre en pratique ce qu’on nous a dit pour réduire au plus possible les risques, il y en a de temps en temps.

On va ensemble à ses consultations à l’hôpital, mais quand on parle de sexualité, le médecin nous répond avec un sourire bienveillant qu’il suffit de mettre un préservatif, ce qui coupe court à toute discussion. Ni lui ni moi n’arrivons à lui parler d’éventuelles prises de risque. Un truc bien que ce médecin a fait, c’est de me rédiger une ordonnance valable un an pour me faire dépister tous les 3 mois, et il va aussi me vacciner, en douce, contre l’hépatite A en même temps que lui, et gratuitement (en France le vaccin n’est pas remboursé normalement, ndlr).

On nous a évidemment parlé du traitement d’urgence au cas où… mais je ne peux clairement pas aller chercher un traitement tous les mois… ! Une fois, la capote avait craqué, j’ai voulu en prendre un, et la médecin aux urgences était très désagréable, m’a dit que j’étais ‘’irresponsable et suicidaire’’, et a fortement insisté sur le prix de la trithérapie.

J’ai décidé de partir et de ne pas le prendre, c’était trop décourageant.

Heureusement les tests sont toujours négatifs aujourd’hui. Mais je sais qu’il suffirait d’une fois, et mon copain aussi ça le fait flipper… je pense désormais que « l’amour est un facteur de prise de risque », comme tu me l’avais déjà dit une fois. Je refusais de croire à cette connerie quand je l’ai entendu, mais force est de constater que si ! Autant avec les plans cul que j’ai pu faire, e n’avais aucun soucis de prévention, là j’ai un mec, je l’aime plus que tout, mais je refuse de voir en lui le virus, ce n’est pas ce qui compose son être, c’est l’homme de ma vie et je veux vivre avec lui comme n’importe quel autre couple.

Peut-être que la femme aux urgences avait raison, qu’on se voile la face, qu’on est irresponsables, d’ailleurs il a été très bouleversé par cet épisode de notre relation, où ça a réveillé en lui ses vieux démons, bloquant totalement sa libido… !

Il y a pourtant quelque chose qui pourrait nous sécuriser plus, c’est le traitement ! J’ai lu il y a peu une étude montrant que le traitement chez les couples comme nous réduisait de 96% le risque de contamination  !!!!!! (étude HPTN 052, ndlr) Au fond de moi je n’attends que ça, qu’il le prenne, je suis prêt à l’accompagner et le soutenir du début à la fin, pour que ça se passe le mieux possible. Et en évitant le sperme comme on le fait actuellement, je pense que le risque de contamination serait presque nul.

Mais voilà, je ne veux pas lui dire tout ça.

J’entends ses peurs avec le traitement qui est lourd, je veux être fort pour lui, et je ne veux pas qu’il le prenne juste pour me faire plaisir, mais parce qu’il en a vraiment envie/besoin, lui, et qu’il sera prêt à le prendre toute sa vie. Du moins jusqu’à ce qu’on trouve mieux.

Mais du coup j’en parle où ? A qui ?

Ses amis les plus proches sont au courant de sa séropositivité, mais je ne veux pas me confier à eux. Je n’ai que deux amis à qui je fais entièrement confiance, et qui je sais ne lâcheront jamais le morceau, et qui d’ailleurs habitent plutôt loin de Lyon. Ce qui évite au plus possible les fuites d’ailleurs. Mais ils n’ont pas que ça à faire non plus que de m’écouter parler. Donc la plupart du temps je garde mes craintes et mes questionnements pour moi.

Mon mec a une psychologue à sa disposition à l’hôpital s’il veut, mais moi j’aimerais bien pouvoir en bénéficier aussi des fois, pour pouvoir me vider un peu, lui dire mes peurs, pouvoir trouver des solutions avec cette psy peut-être… avoir l’avis d’un professionnel, mais bon ce n’est pas possible. Et si je me contaminais un jour, comment ça se passerait ? Je ne sais même pas si je pourrais parler, à ces deux rares amis avec qui j’en ai discuté, d’une séroconversion…

Mis à part ça je suis heureux tout de même hein, j’ai un mec formidable et pour rien au monde je n’en changerais. Je l’aime et on a plein de projets ensemble. On nous dit qu’on forme un beau couple, mais je pense que beaucoup sont très loin de penser à quel point on s’aime, et combien le VIH a pu nous consolider. »

(X., 21 ans, séronégatif en couple sérodifférent)

« Nous avons toujours très bien vécu ma séropositivité dans mon couple actuel, car j’en ai informé Maxime dès le début, avant tout rapport. Avec lui je sentais que ça pourrait devenir sérieux, et la suite m’a donné raison (depuis 3 ans), c’est pour ça que j’y ai été avec des pincettes.

Notre rencontre correspond à mon début de traitement. Nous étions très prudents au début, c’était même un peu de l’obsession, surtout de ma part. Aucun, mais alors aucun risque de pris. Une fois le traitement commencé et depuis que ma charge virale est devenue indétectable (ce qui réduit voire annule le risque de contamination, ndlr), nous avons relâché la vigilance, en gardant quand même la capote pour les relations anales (ce qui en l’occurrence ne gêne aucun des deux).

Aujourd’hui on a trouvé un équilibre tout à fait stable, je vais 2 fois par an à l’hôpital vérifier que tout va bien et lui se fait dépister par la même occasion, sans grande inquiétude franchement. C’est d’ailleurs tellement devenu un non-sujet de conversation (parce que nous ne nous inquiétons pas) que je ne saurais pas trop quoi te dire vis-à-vis du ressenti de Maxime. Je me vois un peu comme un diabétique, mais au lieu d’une piqûre par jour je prends une pilule. Et quand on baise (c’est toujours aussi bien) je ne pense pas une seconde à la maladie.

Par ailleurs, je n’ai jamais ressenti le besoin d’en parler, ni à mes amis, ni à ma famille, donc personne ne le sait. Je n’ai pas envie de leur faire peur et je n’ai pas envie d’avoir ce trait-là dans l’idée qu’ils se font de moi. Le jour où ma séropositivité m’affectera (si ce jour arrive) alors j’en parlerai. Tant que ça reste une pilule par jour sans effet sur mon corps ni sur mon esprit, je n’en parlerai pas.

Maxime, lui, a eu besoin d’en parler, évidemment avec moi et là il n’y a aucun problème de communication, mais aussi avec une amie proche à lui (qui est devenue une amie à moi aussi). Donc je sais qu’elle sait mais je n’en parle jamais avec elle. Je crois que maintenant Maxime non plus, il a quand même eu besoin de se rassurer auprès d’elle je pense au début de notre relation.

De manière générale lui et moi sommes sur la même longueur d’onde. Nous considérons que c’est un peu du domaine de l’intime dans notre couple donc nous n’en parlons pas autour de nous, mais nous en parlons entre nous, si besoin, et franchement pas tous les jours, loin de là !

En tous cas, je souhaite à tous les séropos d’arriver à trouver un équilibre comme j’ai pu le trouver, et à ceux qui sont en couple ou cherchent à l’être de trouver un bonhomme ou une bonne femme qui ne se prenne pas trop la tête, parce que ça n’en vaut vraiment pas la peine. C’est aussi pour ça que je voulais militer un petit peu à AIDES, pour transmettre ce genre de message, mais comme je te le disais je n’ai vraiment plus le temps de le faire… Dommage. Mais tu peux le porter pour moi, je sais que tu fais ça très bien 🙂 »

(A., 23 ans, séropositif en couple sérodifférent)

Je tiens à remercier ces deux personnes qui ont témoignées. Parler de ce sujet n’est pas forcément évident.

 

Difficulté à se protéger et stratégies adoptées

Les deux témoignages évoquent les difficultés à se protéger, bien que pour le second cela semble poser moins soucis. X. nous parle à un moment des techniques de réduction des risques sexuels. Bien évidemment, son médecin leur a dit de mettre un préservatif, et c’est la norme préventive, c’est aujourd’hui le moyen le plus sûr de se préserver du VIH. Il est recommandé de l’utiliser autant que possible.

Mais après, personne n’est infaillible, et on peut entendre que dans certaines situations, des personnes puissent être plus vulnérables que d’autres. Et comme la majeure partie des gens, ils ne veulent ni se contaminer, ni transmettre leur virus.

Bien sûr, il existe des stratégies pour réduire ce risque, ce dont parle X. à un moment. L’actif prend par exemple moins de risque que le passif, mettre le paquet de gel permet de réduire le risque de lésions, se retirer avant l’éjac, etc. Mais comme il est indiqué, de récentes publications en matière de recherche contre le VIH montrent que le traitement permet de réduire voire d’annuler le risque de transmission du virus, lorsqu’il est pris correctement [1]. Ou encore on pense fortement que le fait qu’un séroneg prenne un traitement spécifique avant un risque permettrait d’éviter d’attraper le VIH. Dans les deux cas, il s’agirait d’outils de plus pour les personnes souvent exposées à un risque. Comme ici dans les couples sérodifférents.

Dans les deux témoignages, on note bien ainsi que le traitement, plus que toutes les autres stratégies mises en oeuvre, est perçu comme facteur d’amélioration de la qualité de vie sexuelle dans le couple. L’angoisse, la peur de transmettre son virus est nettement atténuée si le traitement fonctionne. C’est une vraie bouffée d’oxygène pour la vie sexuelle du couple. Bien que ce soit une décision qui doit être pesée, réfléchie (et soutenue ?).

Et vous, est-ce que vous avez connaissance de couples sérodifférents, ou vous mêmes, êtes vous concerné ? Quels espaces pourrions-nous offrir pour que ces couples puissent s’exprimer, échanger, être soutenus sur les difficultés qu’ils rencontres, sur les stratégies qu’ils pourraient mettre en œuvre pour se protéger, etc. ? La séroconversion dans le couple ?

Jonathan

[Cet article vous a plu ? Soutenez Yagg.com en cliquant ici.]

[1] Voir étude HPTN 052 (lien)

[2] Voir études Partners, FDN ou encore Iprex pour les homos

Crédit photo: © Terrence Higgins Trust / Montage : Vincent


LES réactions (29)
Couples sérodifférents – témoignages
  • Par roland22 05 Jan 2016 - 11 H 46

    Bonjour !
    je suis Roland DUCOSS. Il y a de cela 2 ans j’étais un homme malheureux et malchanceux. J’avais divorcé avec ma femme il y a long temps pourtant je l’aimais. Et j’ai parlé de ça sur internet pour avoir des conseils. Parmi tous les conseils que j’ai reçu une femme qui m’a conseillé de contacter un maitre suivit de son mail pour lui expliquer mon cas. Au début je n’avais pas confiance parce que j’ai déjà contacter beaucoup qui m’ont pas satisfait et quand je l’ai contacté, je lui ai expliqué toute la situation de ma femme et moi. Vous savez quoi?
    Ce maitre m’a dit qu’il va me faire quelque chose pour que ma femme revienne. Et j’ai passé à quelques rituels.
    Et bizarrement dans les sept jours à suivre ma femme est revenu en me suppliant de remarier avec elle, c’est un miracle pour moi en plus de ça j’avais des soucis au travail avec mon directeur tout ces problèmes sont finis et je suis en paix au travail et dans mon foyer. C’est le premier miracle que j’ai vu dans ma vie.
    (pour tous vos petits problèmes de rupture amoureuse ou de divorce-maladie-la chance-les problèmes liés a votre personnes d’une manière-les maux de ventre-problème d’enfants-problème de blocage-attirance clientèle-problème du travail,portefeuille magique ou tant d’autres). Ce maitre est très fort avec lui ma femme est revenue et j’ai eu la satisfaction en 7 jours il est très fort surtout les problèmes de retour affectif.
    C’est une personne sérieuse et honnête qui offre son talent a des personnes honnêtes qui sont dans le besoin d’appui spirituel pour avoir satisfaction a tous les problèmes de leur vie actuelle, soit pour s’assurer d’un lendemain meilleur avec leur famille.
    je me permets de vous laisser son mail: maitrewakpon@gmail.com

     
  • Par alpha8765 21 Oct 2015 - 16 H 47

    Grand marabout saint très sérieux dans mes rituels ( aide retour affectif etc.. )

    je suis un marabout très puissant du nord
    je suis capable de résoudre vos problèmes
    il vous suffit de me faire confiance
    écoutez faites attention puisque il y a des faux marabouts sur internet qui vont toujours vous demandez de l’argent
    j’ai connu des personnes qui se sont fait voler de l’argent par les faux marabouts qui redemandent toujours
    ces gens sont venus vers moi et ils ont tous eu satisfaction chez moi je vous jure
    j’ai pris une seule fois de l’argent chez eux pour acheter les produits qui vont me servir à résoudre vos problèmes par des rituels très puissants
    je ne demande jamais de l’argent 2 fois
    c’est une seule fois
    Medium des problèmes de couples, retour affectif. Sauver son couple, déblocage rapide. Je vous débarasse des mauvais sorts et de la malchance qui vous poursuit. Je vous aide et vous conseille à retrouver l’être aimé, envoûtement d’amour, crise conjugale, rupture , déception d’amour, retour rapide d’affection et l’harmonie de couple même les cas plus désespérés. Guérisseur traditionnel
    Vous cherchez des solutions contre l’impuissance sexuelle, pour l’éloignement d’un rival, le succès aux affaires, examens. Désenvoûtement , protection individuelle, habitation et familiale, contre tous les dangers etc …
    Travail sérieux, efficace et rapide et discret

    vous pouvez me joindre par mon mail :
    alphaibrahim6@yahoo.fr

     
  • Par Yago98 21 Juil 2014 - 23 H 49

    Bonjour,
    Je suis moi même en couple sérodifférent et ce sujet me concerne et me touche par la même occasion.
    Lui séropositif depuis plus de 5 ans et moi séronégatif.
    Je suis avec lui depuis maintenant 2 ans et il est vrai que je ne l’ai pas su tout de suite. La peur de la séparation, de la perte et du jugement était trop forte pour lui. Il n’aurait jamais pu autant se tromper de sa vie.

    Je l’ai finalement toujours plus ou moins su, étant infirmier certains traitement sont reconnaissables, certains termes médicaux échappées par inadvertance. J’ai cependant respecté sont souhait de laisser gérer ses traitements, il est également atteint d’une tumeur en état plus ou moins stable depuis de nombreuses années, j’ai pris à tord son traitement du soir pour des traitements anticancéreux.

    Et puis un beau jour j’ai compris et je l’ai aidé à me l’avouer.
    Nous n’en parlons pas autour de nous car cela relève de notre intimité et que nous n’en ressentons pas le besoin. Mais nous en parlons entre nous si besoin.

    Je crois en l’Amour, il peut faire de vrai miracle sur les individus et le monde. Il a un réel pouvoir sur nos peurs et nos doutes.
    Depuis que je le sais, il s’est libéré d’un lourd fardeau et nous continuons à nous aimer aussi fort qu’il est possible de le faire.

    N’ayez pas peur, si vous êtes porté pas l’amour, le virus ne prendra jamais le dessus dans votre relation.
    Aimez et vivez au présent car on ne peut pas présumer de l’avenir, La vie se gagne maintenant et pas hier ni demain.

    Merci

    Julien (25 ans)

     
  • Par shinox 22 Sep 2011 - 8 H 04

    Ce qui serait super intéressant, c’est un sujet sur ceux chez qui ça a détruit le couple: sans juger bien entendu avoir des témoignages de gens où ça s’est mal passé.

     
  • Par jules 21 Sep 2011 - 18 H 33

    Je suis en couple depuis peu. Mon compagnon a découvert sa séropositivité il y’a tout juste un mois et je dois dire que la sortie du cabinet médical à été une véritable souffrance car il a fallut que je reste très fort pour le soutenir et pour moi même tenir le coup.

    Depuis que nous sommes ensemble, je n’ai jamais eu autant de certitudes… Certitude qu’il est l’homme de ma vie, que je veux construire avec lui une vie a 2, et surtout que je veux être la pour lui.

    Suite à la nouvelle qui nous à écrasé il y a peu, il était persuadé que j’allais le quitter. Chose que je n’envisage pas une seconde. Mes certitudes sont toujours là…

    Pour nous rien n’a changé, il a peur pour moi et j’ai peur pour lui.

    Pour moi nous sommes toujours dans l’expectatives et les prochains testes seront décisifs quand à savoir si je suis contaminé ou pas sachant que nous avions pris quelques risques juste avant que son résultat ne tombe (il était trop tard pour que je prenne un traitement d’urgence).

    Si je devais être positif, je ne l’en blâmerai pas, ce sont des actes que nous avons fait entre 2 personnes consentantes et extrêmement amoureuses…
    Et si je suis négatif cela ne changera rien… Et je n’irais SURTOUT PAS songer à une séroconvertion…

    Nous utilisons des préservatifs maintenant beaucoup plus sérieusement, et je dois dire que le sexe entre nous est toujours aussi intense et jouissif.

    Les médecins le mettent directement sous traitement pour réduire les risques même si sa contamination est extrêmement récente et sa charge faibles. Il veut aussi me protéger et se battre le maximum. C’est une décision qu’il a pris seul même si il sait que cela va être à présent à vie.

    Il n’y a pas de peur à avoir à être en couple « sérodifférent » (je marque sérodifférent même si dans le cas présent il y a encore un doute pour moi), il suffit juste de prendre plus de précautions.

    Il est vrai que j’ai eu grandement besoin de parler, de vider mon sac et d’ouvrir les vannes (je crois que je n’avais jamais pleuré autant de ma vie). Ayant été accablé par un horrible sentiment d’injustice le fameux « pourquoi lui ??? » et je n’ai pas pensé à moi une seul seconde, j’ai fait un test de dépistage rapide même si je connaissais mon statut sérologique, juste pour le rassurer. J’ai trouvé d’abord du réconfort chez AIDES ou j’ai pu parler et poser des questions puis au CDAG pendant le premier test de dépistage (négatif) auprès d’une infirmière extra qui m’a tenu la jambe pendant plus d’une heure en me parlant d’amour au sein des couples sérodifférents qu’elle connaissait.
    Seul 2 de mes meilleurs amis sont au courant. Les deux sont séropos et d’ailleurs, ironie du sort, l’un deux m’a avoué la sienne au cours de cette discussion.

    Il est vrai qu’il est difficile de traverser de telles épreuves quand on est un jeune couple parfaitement fusionnel comme celui que je forme actuellement avec mon mec. Mais je sais ce que je veux, et ce que je veux c’est lui et rien que lui. nous sommes jeunes et avons encore beaucoup de grandes et belles choses a faire ensemble et ce n’est pas sa séropositivité qui va changer les choses. Nous nous aimons et c’est tout ce qui compte …

     
  • Par Jfq89 13 Sep 2011 - 20 H 01

    C’est touchant de voir ton commentaire !! Je suis très content que cette article puisse produire de tels effets…! =)
    Si ça peut vous permettre d’être heureux tous les deux, et ne pas vous faire passer à côté d’une potentielle belle histoire, c’est génial !

    En tous cas tu ne perds rien à essayer, et je pense que tu pourras aussi lui faire du bien, l’aider à se sentir moins rejeté !

    Je te/vous souhaite plein de bonnes choses alors ! =)

     
  • Par mawime 13 Sep 2011 - 17 H 39

    Merci ! ça fait du bien de lire ça ! ça calme nos angoisses ! je suis séronégatif et j’ai rencontré un garçon séropositif cet été – il est formidable ! je ne suis pas fier d’écrire que j’ai du prendre du recul à peine avoir fait deux pas en avant – probablement par peur de devoir gérer tout ça par la suite. je me pose beaucoup de questions, j’aimerais terminer cette rencontre – alors je lis ces témoignages et je me dis que …. ça doit être faisable ? !

     
  • Par Paul Denton 04 Août 2011 - 12 H 46

    Cher @baba, il s’agit de mon partenaire envisagé, en l’occurrence, je me protège toujours lors de mes rapports 😉

     
  • Par babar 03 Août 2011 - 8 H 04

    « Sinon, c’est intéressant car on se pose forcémeatif nt la question à un moment ou à un autre. Qu’est ce que je risque en couchant avec un mec séropo, est-ce qu’il se protège efficacement (…) ? Etc. » (Paul Denton)

    – « est-ce qu’il se protège efficacement (…) ? »

    Quel est le référent de ce pronom personnel « il » dans ton propos ? Le séropositif ou le séronégatif dans le couple discordant ?

    Merci.

     
  • Par blaz 02 Août 2011 - 8 H 48

    c’est vrai que les séronégatifs dans les couples sérodifférents sont souvent « oubliés » dans les prises de paroles, comme si ça devait être naturel pour eux d’accepter la séropositivité de leur mec sans se poser de questions.

    étant S+, au tout début, j’avais filé le numéro de Sida info service à mon compagnon (S-). Parce qu’il avait des questions qu’il n’osait pas me poser au début, parce que c’est une oreille anonyme au téléphone, parce que somme toute ils sont de bons conseils (faut pas en attendre non plus la clé du miracle de la vie non plus hein…), ça peut vachement aider.
    Enfin, je sais que mon compagnon ça l’a pas mal aidé à déstresser sur le sujet, et depuis on en cause simplement. C’est devenu un sujet domestique, comme la lessive et penser à acheter du gel. 🙂

     
  • Par Jfq89 02 Août 2011 - 8 H 40

    Merci livio et tous les autres témoignages…! Ca me fait énormément plaisir de voir vos réactions en tous cas, et que cet article puisse être utile !

     
  • Par livio 02 Août 2011 - 8 H 20

    Merci pour cet article et la sincérité des témoignages.

    Je suis moi même dans un couple sérodifférent depuis 1 an et demi et séronégatif. Entre mon mec et moi, les choses se sont faites naturellement, j’ai su depuis le premier jour qu’il était séropo, on a réussi à facilement se parler et faire en sorte d’avoir une sexualité protégée et épanouie. Oui nous trouvons la capote contraignante mais aucun de nous deux n’envisage une seule seconde de s’en passer. Nous n’avons jamais eu d’accident mais si cela devait arriver je n’hésiterai pas à faire tout ce qu’il faut pour avoir un TPE aux urgences. Par acquis de confiance je me fais dépister tous les 6 mois, sans anxiété particulière (mais un rituel néanmoins nécessaire!)

    Depuis 8 mois, mon copain est sous traitement sur conseil de son médecin et principalement par souci de protection réciproque. Médicalement parlant, rien ne pressait.
    Ses amis proches sont en courant, mais aucun de mes amis (dont certains sont devenus ses amis) ne le sont.

    Ce qui fait du bien, c’est de lire ces autres témoignages, car sur le fond on sait que l’on est pas dans une situation isolée mais personnellement je ne connais pas d’autres couples sérodifférents (ou alors je ne suis pas au courant). Je me souviens avoir lu des brochures sur le sujet et je ne m’étais pas du tout reconnu dans les témoignages.

    Il y a des jours où je trouve que le « secret » est difficile à porter, où j’aimerais pouvoir me confier… mais ces moments sont rares, généralement je ne pense pas trop à tout ça.
    Avant de connaître mon mec, j’ai milité chez AIDES quelques années et je pense que ça a été une étape cruciale pour que je sois très à l’aise avec le sujet et que je puisse en parler sereinement dans mon couple.

    En tout cas merci encore pour ce post.

     
  • Par Jfq89 01 Août 2011 - 23 H 17

    Mais de rien Stéphane !!
    Je ne sais pas si ça peut te rassurer, mais ayant beaucoup échangé avec X. suite à ce témoignage, je peux te dire qu’ils n’ont jamais mis de préservatif pour la fellation, tout en évitant le sperme en bouche et dans les yeux…! Enfin, jamais sauf une fois, la toute première, où son copain était récemment au courant de sa contamination, et très flippé de transmettre son virus…! Et pour l’instant, chance ou pas je ne sais pas, mais X. est séronégatif aux dernières nouvelles.

    Quant à la prise de traitement, il faut vraiment peser le pour et le contre toi tout seul, puis à deux je pense…! Mais les récentes études montrent plutôt que plus le traitement est pris rapidement, moins il y aura d’effets secondaires par la suite… car le système immunitaire aura été fatigué moins longtemps en gros…
    Quant à l’expérience de A., je n’avais pas tout mis son mail, vu qu’il me semblait que son Post-Scriptum était plus perso que pour le témoignage, mais je vais quand même le répéter :
    « PS : mon médecin parisien m’a fait abandonner le Kaletra+Truvada contre l’Atripla (1 prise par jour avant le dodo) c’est génial, plus d’effets secondaires indésirables, seul effet : des rêves qui s’intensifient ! (et ça c’est plutôt fun, mais bon il paraît que ça va passer…) »

    Comme quoi, avec certaines molécules, que ton médecin adaptera selon les effets que tu ressens, y’a de quoi avoir un traitement pas trop contraignant… Il faut te rassurer au maximum, et surtout il est important d’être bien psychologiquement, car ça joue sur les effets, si tu as le soutien de ton mec, et que tu n’angoisses pas trop, ça devrait le faire ! Faut te persuader que tout ira bien après quelques jours, et t’es sur de bons rails je pense ! =)

     
  • Par Stéphane 01 Août 2011 - 20 H 39

    Merci pour ces témoignages, étant moi même en couple serodifférent je suis actuellement en train de me poser la question de commencer un traitement alors que techniquement j’ai encore quelques années devant moi avant de le faire.
    Suite à un risque d’exposition nous sommes allés aux urgences et mon copain est actuellement sous traitement prophilaptique.
    Il s’est lui aussi fait traité d’inconscient car bien que nous utilisions des préservatifs pour les rapports anaux, nous ne le faisions pas pour la fellation.
    Il est vrai que ce n’est pas parce que je n’ai pas besoin de traitement que je ne suis pas contagieux.
    Nous faisons donc aujourd’hui très attention, je dois dire que ma libido en a pris un sérieux coup.
    Psychologiquement il n’est pas évident de se dire qu’il faudrait commencer en avance un traitement à vie avec toutes les conséquences que cela va avoir.
    Je sens que mon copain comprend pourquoi j’hésite à commencer un traitement, même s’il me fait comprendre qu’il faudrait que je le fasse. Mais le cheminement psychologique n’est pas chose aisée, lire ce genre de témoignage me conforte et m’aide, encore merci

     
  • Par Vincent 01 Août 2011 - 16 H 32

    merci pour ce témoignage!

     
  • Par blaz 01 Août 2011 - 14 H 57

    couple sérodiscordant, je connais je suis dedans.
    (3ans actuellement, et avant ce fut 5a avec un autre mec)

    C’est clair que la prise de traitement change tout. A partir du moment ou on est presque plus contaminant, on est beaucoup moins stressé.
    Mais si le traitement commence alors qu’on est en couple, il faut être bien accroché, même si les effets secondaires disparaissent vite (pour le sustiva/truvada devenu atripla depuis, les deux premieres semaines étaient un enfer, puis cest resté genant pendant 2mois, puis après plus rien ou presque), il faut s’attendre à des moments pas glop.

    Pour répondre à la question des espaces de discussions…
    J’avoue que je ne saurais dire. Je crois aps qu’une structure médicale soit la bonne réponse (pas le temps ou pas l’empathie nécessaire, voire méconnaissance de ce qu’est la vie d’un homo)
    Les forums internet peuvent être un bon début, mais bon , c’est comme soigner sa grippe sur doctissimo, les conseils en ligne sont à prendre avec des pincettes.
    Les assocs comme AIDES ou ACTUP sont perçues (jinsiste sur le perçues) comme trop militantes (cas de ACT UP) ou trop maternage sur le thème « tu es malade, mais on va t’aider à vivre ».
    Dialoguer avec d’autres séropos , cest souvent ce qui marchent le mieux.
    A l’époque, j’étais passé par une assoc JSpotes (http://www.jspotes.org/), ça permet de rencontrer d’autres gens qui ont eu ou ont les mêmes interrogations.
    Comme dit dans l’article, il n’y a pas de réponses uniques.
    Chacun décide de ce qu’il dit ou pas, fait ou pas.
    Tant que ça permet de continuer à se regarder dans la glace le matin.

     
  • Par Adrien C. 01 Août 2011 - 13 H 32

    Merci pour ce post! Il évoque un problème rarement évoqué et ça m’a permis de répondre à pas mal d’interrogations 🙂
    Les témoignages sont supers touchants! Bon courage!

     
  • Par Vincent 01 Août 2011 - 12 H 35

    @Jigglypuff : sérointerrogatif est le terme barbare employé pour désigner les personnes qui ne sont pas vraiment sûres de leur statut sérologique. Notamment après une ou plusieurs prises de risque depuis son dernier test.

     
  • Par jigglypuff 01 Août 2011 - 12 H 32

    @teodu25 : C’est quoi un sérointerrogatif ?

     
  • Par Prose 01 Août 2011 - 12 H 28

    Je suis contente de pouvoir lire ce genre d’articles. C’est vrai qu’on n’en parle pas assez…

     
  • Par Red 01 Août 2011 - 9 H 38

    Très touchant et très intéressant. Merci !

     
  • Par teodu25 01 Août 2011 - 9 H 22

    Touchant !

    He, j’ai a la foi le sentiment de pouvoir etre un des potes, avec qui ont oserai pas en parler, de peur de tren demander. A la foi l’impression d’etre l’un des 2 temoins.

    Je sui sero interrogatif, en couple avec un seroneg (serointerrogatif).
    Quel precarité !
    Vivre ce statu quand nous sommes en couple libre n’est pas evident.
    Meme si les sujets sex, prevention depistage ne sont pas tabo, une/deux seroconvertion, ont du male a prendre place dans les hypotheses!

    Mes amis, collegues, me jugeraient si il aprenait que je me suis fait contaminer c’est sur !

    MERCI pour cet article!
    Qu’il soit lut et que certains prennent ce qu’il y a a prendre!!!!

     
  • Par shinox 01 Août 2011 - 8 H 57

    Super article. Moi je sais pas si je vis sur une autre planète mais j’ai connu qq couples séro différents (5-6) et aucun ne se cachait. Même si c’était des connaissances, à la première rencontre, tout était clair.

    De ce point de vue, j’ai été peut être gâté mais ils le vivaient tellement normalement, sans larme et tristesse et prise de tête et dépression etc, que moi, cela m’a enlevé toute les miennes à leur sujet: j’ai vu des couples qui pouvaient être heureux malgré cet état de fait. Donc ça m’a redonné espoir et maintenant je suis persuadé que tout le monde peut le faire.

    Après pour ce qui est des protections, j’en ai parlé à un ou deux de ces couples. Préservatifs pour l’un et rien pour l’autre.

    C’est leur choix. Ils font ce qui veulent avec la vie. Mais ayant perdu qq copains suite à cette maladie, ben je n’ai pu m’empêcher d’être un peu dur avec les deuxièmes:

    Moi aussi je leur ai dit qu’ils étaient irresponsables (surtout qu’ils étaient en couple ouvert). Ils m’ont répondu que c’était leur vie. Je leur ai dit certes… mais pour tout ceux qui sont en stade terminal et qui aimeraient être dans votre état de santé, ne vaut il pas la peine de faire l’effort de mettre un préservatif?

    Je crois que c’est une des dernières choses qu’on s’est dite. ^^

     
  • Par Fabizm 01 Août 2011 - 7 H 10

    Super la réaction de l’urgentiste qui le traite d’ « irresponsable et suicidaire »… C’est sûr que ça doit être une situation difficile à vivre, encore plus difficile à concevoir tant qu’on n’y est pas confronté, mais de là à juger les gens de cette manière surtout sur un cas aussi grave de là à dissuader la personne de prendre un traitement d’urgence, c’est ça qui est irresponsable.

     
  • Par Paul Denton 01 Août 2011 - 6 H 45

    J’avais vu le docu de FR2 « Face au sida » sur FR2 lors du dernier Sidaction et l’un des médecins interrogé disait que « Le corps médical [avait] été entièrement remis en question par l’épidémie de Sida ». Une patiente expliquait qu’ils écoutaient « beaucoup plus le ressenti du malade. »

    Le médecin cité dans ce post n’a pas du faire sa révolution copernicienne.

    Sinon, c’est intéressant car on se pose forcément la question à un moment ou à un autre. Qu’est ce que je risque en couchant avec un mec séropo, est-ce qu’il se protège efficacement, comment le vivre sur le long terme? Etc.

    Très bon post.

     
  • Par aifelle 01 Août 2011 - 5 H 32

    le médecin est probablement hétéro avec le coeur dur aussi dur qu’un silex. Les témoignages sont touchants

     
  • Par Vincent 01 Août 2011 - 0 H 47

    Merci Jonathan pour avoir pris le temps de recueillir ces deux témoignages.

    J’ai beaucoup apprécié le premier qui permet de présenter le point de vue du partenaire séronégatif que l’on a trop tendance à négliger. Et j’ai également apprécié les deux pour leur capacité à montrer qu’il n’y a pas de fatalité : on peut vivre dans un couple sérodifférent et être heureux 🙂

    Il serait intéressant que les associations se saisissent davantage de la question des couples sérodifférents. Notamment en créant des espaces de convivialité et d’auto-support pour ces couples. Ou en donnant la possibilité de bénéficier de counselling en couple ou individuellement.

    Enfin l’attitude des médecins en milieu hospitalier est parfois ahurissante. Ça aussi ça peut faire l’objet d’interpellations.

     
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