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Gay, Ma Santé !
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Général | 27.04.2011 - 01 h 17 | 23 COMMENTAIRES
Existe-t-il une santé gay ?

Pour inaugurer notre blog, rien ne vaut un questionnement sur son existence même !

« C’est bien beau de vouloir parler de santé gay,
mais pensez-vous vraiment qu’il en existe une ?»

(Enquiquineur Anonyme)

Des corps ni plus ni moins différents des autres
Après tout, c’est vrai. Notre corps, en dehors de toute modification qu’on peut lui apporter, n’est pas influencé par notre orientation sexuelle dans sa formation, son fonctionnement ou son évolution.

A moins que certains arrivent à démontrer qu’il existe un gène de l’homosexualité, il n’y a donc à priori pas de différences dans l’approche du corps entre les homos et les autres.

Parler de santé gay alors même que l’on part du principe que notre orientation sexuelle ne détermine pas notre corps semble donc un peu paradoxal, n’est-ce pas ?

 

Un rapport particulier à notre santé
Mais si l’on regarde au delà des apparences. Que l’on décortique le rapport des gays à leur santé. Que l’on observe la récurrence plus élevée de certains petit soucis de santé ou de comportements par rapport au reste de la population, ainsi que les solutions et les solidarités envisagées comme réponse, on peut se dire alors, qu’en effet, il y a quelque chose de particulier au niveau de la santé des gays.

(Jonathan trouve que le paragraphe qui suit fait très « C’est pas sorcier »)

Campagne de lutte contre l'homophobie réalisée par l'association Le Refuge

Hmmm par exemples. Les gays seraient 5 fois plus nombreux a avoir tenté de se suicider par rapport à la population dans son ensemble, notamment à cause de l’homophobie dont ils sont victimes (1).

En ce qui concerne les Infection Sexuellement Transmissible, 40% des mecs ayant des rapports sexuels avec d’autres mecs disent en avoir attrapé une  dans leur vie et entre 12 et 15% seraient porteurs du VIH (Virus de l’Immunodefiscience Humaine), bien loin des 0,2-0.3% que l’on trouve dans la population dans son ensemble  (2).

Nous pourrions parler encore de  la consommation plus importante par les gays d’alcool et de drogues (3) ou de l’importance à la fête, de la construction des genres, et bien d’autres sujets qui nous laissent à penser que notre orientation sexuelle créée bien un rapport différent et particulier à notre santé en tant que gay.

 

Une communauté solidaire
Ce rapport implique des attentes particulières vis-à-vis des travailleurs en santé auxquels nous avons à faire (médecins, psy, associatifs, etc.) ; alors même que ce n’est pas forcément évident d’en parler ouvertement, par peur d’être jugé voire « dénoncé ».

Slogan historique d'Act Up New York créée en 1987 pour mobiliser par l'action directe les gays et l'opinion face à l'épidémie de VIH/Sida.

Pourtant l’expression de nos besoins et nos problématiques de santé est un élément clé pour prendre soin de nous et tendre vers notre bien-être.

Et les gays se distinguent aussi pour avoir su démontrer leur capacité à se soutenir et à se saisir des questions relatives à leur propre santé pour que, non seulement, leurs besoins spécifiques soient pris en compte et trouvent des réponses adaptées. Mais aussi afin d’en être les acteurs face à une société et des sciences qui ont longtemps cherchées à nous soigner d’une prétendue maladie qui n’en est pas une, notre homosexualité, ou qui nous ont blâmé tout autant pour qui nous sommes que pour les maux qui nous affectent parfois dans une plus grande mesure.

Parler de santé gay invite donc à voir au delà de notre corps à l’état brut, d’envisager les interactions entre notre bien-être, notre homosexualité en soi et sa place dans la société et les groupes auxquels nous appartenons.

Et toi, que penses-tu du concept de santé gay ?

Jonathan & Vincent

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(1) C’est pas nous qui l’disons c’est l’INVS (2007) qui l’dit
(2) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit
(3) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit

LES réactions (23)
Existe-t-il une santé gay ?
  • Par babar 01 Mai 2011 - 4 H 06

    Je reviens sur ce que j’ai dit dans le premier commentaire de ce fil de discussion.

    A priori je n’accorde pas moins de confiance à un médecin hétéro qu’à un médecin gay friendly ou franchement gay.

    Toutefois, sur le plan du vih, par exemple,je préfère avoir à faire avec un médecin généraliste qui a une patientèle très large en termes de classes d’âges et de pathologie, peu importe qu’il soit gay et qui donc de ce fait a une expérience de clinicien très solide.

    Pourquoi ?

    Parce qu’un médecin généraliste qui a une longue expérience et qui a une patientèle diversifiée aura un oeil de clinicien qui, me semble-t-il, sera davantage perspicace qu’un médecin ayant une patientèle spécifique, aux pathologies spécifiques.

    Or dans le cas du vih, il est très important, selon moi, que le médecin généraliste puisse engager un dialogue et envisager un diagnostic non pas seulement en fonction d’examens biologiques qu’il pourrait prescrire mais en fonction de son expérience de clinicien qui me semble primordiale et qui permet de prendre des raccourcis dans le processus de décision.

    C’est d’ailleurs ce qui se passe en Afrique, par exemple, où les médecins prenant en charge les pvvih n’ont pas facilement accès aux examens biologiques mais ont acquis de ce fait une expertise de clinicien reconnue qui, malheureusement, se perd dans nos sociétés riches où les scanners, les examens biologiques et tutti quanti… ne peuvent pas se substituer à cette expertise acquise au fil des consultations et des visites à domicile, auprès de patients de 0 à plus de 100 ans…

     
  • Par Vincent 28 Avr 2011 - 23 H 59

    Pourtant il y a plein de mecs hétéros qui kiffent s’introduire des trucs dans l’anus ou se faire prendre par leur femmes en God-ceintures.

    Beaucoup refoulent 🙂

     
  • Par Tazman 28 Avr 2011 - 12 H 30

     » Notre corps, en dehors de toute modification qu’on peut lui apporter, n’est pas influencé par notre orientation sexuelle dans sa formation, son fonctionnement ou son évolution. »

    Certes mais il n’empêche que d’un point de vu purement clinique l’orientation sexuelle doit être prise en compte, du moins les pratiques sexuelles.

    Un seul exemple : les HSH ont une propention à s’introduire diverse chose dans le fondement légèrement plus grande que les hommes ne couchant qu’avec des femmes. ^_^

    Cela n’est pas sans conséquence sur cette zone fragile de l’anatomie.

     
  • Par Vincent 28 Avr 2011 - 6 H 40

    Cette proposition est tout à fait intéressante ! N’hésite pas à nous en informer si tu publie cela sur ton blog ou même à nous l’envoyer pour qu’on le publie ici !

    Vincent

     
  • Par Prose 27 Avr 2011 - 20 H 39

    @michelle-paris J’ai l’impression que l’UFR de psycho où j’étudie est plutôt « friendly » ou en tout cas neutre. Je n’ai jamais entendu un propos déplacé ou même ambigü venant d’un prof sur le sujet de l’homosexualité. Au contraire, ça a été utilisé très simplement comme exemple pour illustrer les minorités/les préjugés et une de mes profs a aussi parlé d’anciennes recherches pas super éthiques sur la population gay (et elle critiquait elle-même la démarche !). J’ai encore quelques exemples comme ça…
    En plus de ça, il parait qu’il y a « pas mal » de gays en psycho (j’en ai repéré quelques uns dans mon amphi 😉 ).
    Donc je me demande : cette idée qui circule selon laquelle les psys et les LGBT ne font pas bon ménage, est-ce exagéré ou non ? J’avoue que je n’en sais rien, et que ça ne m’aide pas à envisager d’en rencontrer un ou une pour résoudre certains soucis (oui, c’est plutôt cocasse, venant d’une étudiante en psychologie !).
    Après, oui, je pense que beaucoup de psys ne sont pas formés à recevoir des personnes LGB (et encore plus T !!!) et à appréhender correctement certaines situations qui y sont liés (découverte de son homo/bisexualité, de sa transidentité, coming out, etc.). Mais le rôle du psy (clinicien) c’est aussi ça : se former en continu pour pouvoir aider au mieux les clients/patients qui font appel à lui.

    Enfin, il ne faut pas confondre psychiatrie, psychologie et psychanalyse (Freud => psychanalyse). On peut être psychiatre ou psychologue sans nécessairement être psychanalyste, et il existe en plus des courants psychanalytiques non-freudien… Donc il est tout à fait possible de rencontrer un psy-quelque-chose qui ne s’appuie pas sur des théories qui mettent la sexualité (et l’orientation sexuelle) au centre de tout.
    Le mieux, si on s’y connait un petit peu, c’est de se renseigner un minimum sur le psy qu’on va rencontrer.

    Désolée pour la digression 🙂
    Si ça intéresse des gens et si je trouve de la documentation, je pourrais essayer de rédiger quelque chose sur le thème « la psycho vu par les LGBT, les LGBT vu par les psys ».

     
  • Par Paul Denton 27 Avr 2011 - 18 H 10

    @maxiloutre: « . IL y a la théorie (valable dans beaucoup de cas, mais avec des exceptions) sur le secret médical dans le cas d’un médecin de famille. » c’est tout ce que je voulais dire en effet 🙂

     
  • Par Maxibear 27 Avr 2011 - 16 H 13

    Tout à fait d’accord avec Paul Denton. IL y a la théorie (valable dans beaucoup de cas, mais avec des exceptions) sur le secret médical dans le cas d’un médecin de famille.
    De plus, comme un médecin est avant tout un être humain, et donc le relationnel compte. Mon ancien médecin était très compétent pour mes gastros, mes angines ou autres, mais dès que je suis allé la voir pour savoir d’où venaient mes démangeaisons mal placées, j’ai bien senti qu’elle ne pousserait pas assez loin les investigations pour les soigner…
    Je suis ensuite allé voir un médecin à qui j’ai expliqué mon soucis, à qui j’ai précisé que j’étais gay au cas où cela viendrait de mes pratiques. Il n’a évidemment fait aucune remarque sur le coup, mais quand je me suis trouvé dans une position qui lui permettait une « exploration », et que je lui ai dit d’y aller mollo parce qu’il me faisait mal, il m’a gentiment dit en riant « me dites pas que vous n’avez pas l’habitude »…
    Sur les conseils d’un ami, je suis allé voir son médecin « gay friendly » et là, tout s’est bien passé… pour finir cela n’avait au final rien à voir avec ma sexualité !!! (même si n’aurait rien changé).
    Je précise que sais très bien que j’aurais pu me plaindre à l’ordre et tutti quanti, mais je ne suis pas du genre à faire des procès tous les 4 matins (sauf en cas réellement grave). Les médecins sont des professions libérales et s’ils tiennent à perdre des « clients », ils ont aussi le droit d’être cons, malgré des années d’études !

     
  • Par Paul Denton 27 Avr 2011 - 13 H 38

    @bastard: je ne remets pas en cause ton cours sur le secret médical, je t’explique que certains médecins sont plutôt souples avec cette règle surtout quand il s’agit d’un médecin de famille. C’est la nature humaine, c’est tout. Maintenant, pour en revenir au débat, je pense qu’il ne faut pas hésiter à changer de médecin si on est mal à l’aise. L’époque du médecin tout puissant, c’est terminé 🙂

     
  • Par traitdunion 27 Avr 2011 - 12 H 43

    Oui ça existe et ça doit continuer à exister ! C’est un respect et une sensibilité , du médecin à la vie de son patient . Il y a en tas de médecins sensibles et respectueux à nos comportements sexuels .

     
  • Par The B. 27 Avr 2011 - 12 H 28

    @Paul-Denton, ça ne dépends pas du médecin, du tout, ils sont tous soumis au secret médical, et dès l’âge de 16 ans on peut exiger de son médecin qu’il ne divulgue rien à ses parents de ce qu’on lui confie. (et en l’occurrence je te renvoie vers mes parents toubibs qui confirment cette obligation légale et morale avalisé leur de la prise du serment d’Hippocrate par le médecin doctorant lui même.)
    Donc oui, je suis assez catégorique 🙂

     
  • Par Sophisticket 27 Avr 2011 - 12 H 17

    Il manque même « état complet » *

     
  • Par Sophisticket 27 Avr 2011 - 12 H 15

    Je plussoie : la définition de la santé par l’OMS en 46 dit que « la santé est un état de bien-être physique, mental et social et ne consiste pas simplement en une absence de maladie ou d’infirmité »
    Donc à mon sens, cet article touche en plein dans le mille 😀

     
  • Par michelle-paris 27 Avr 2011 - 11 H 44

    Excellente intiative !!

    Oui, il existe un problème avec la « santé gay », pire encore avec la « santé lesbienne »

    Si pour les généralistes c’est déja dur de trouver le « bon » mèdecin, pour les gynécos c’est encore plus galère…

    Pour les psychiatres, ça tient du miracle de trouver un psy qui ne considèrera pas que c’est « le » problème qui cause tous les autres, et qui ne jouera pas au mini-Freud de comptoir 🙁

     
  • Par Vincent 27 Avr 2011 - 11 H 31

    merci de la pub 🙂 !!

     
  • Par Vincent 27 Avr 2011 - 11 H 07

    C’est intéressant cette conversation sur le choix de son médecin. C’est assez récurent d’entendre dans son entourage gay : « tu connais pas un médecin gay ou gay-friendly ». Il y a une vraie demande et en même temps il est très difficile pour des association comme l’Asso des Médecins Gays de fournir des listes – ce n’est pas déontologique.

    Du coup là encore des solidarités se créent : on s’échange des noms de médecins, de praticiens. Dans les services VIH tel médecin à meilleur réputation que tel autre alors on demande à changer, etc.

    Et je sais à quel point c’est agréable d’avoir un médecin qui ne juge pas. Ici où je vis (Grande-Bretagne) je ne vais que dans un centre de santé sexuel car ils sont super pro et à l’écoute pour parler des cul. Tandis que ma médecin généraliste en France quand elle a su qu’il fallait qu’elle regarde mes boules elle a fait de gros yeux, j’ai eu le droit à des commentaires « mais vous, les homos, vous pouvez pas en trouver un et rester avec lui » et d’autres choses ahurissantes du type « ah oui c’est à nous d’annoncer le fardeau si le test VIH est positif ».

    Bref la qualité de la relation médecin-patient prend encore plus de sens pour nous en tant que gay 🙂

     
  • Par Paul Denton 27 Avr 2011 - 10 H 38

    @bastard: tout dépend du praticien, notamment lorsqu’il s’agit d’un médecin de famille. Tout dépend de l’âge, aussi. A 18 ans, j’ai pris un autre médecin que celui de mes parents. Je n’avais pas confiance. Tout ça pour dire que je ne comprends pas comment tu peux être aussi péremptoire sur le sujet… Manque d’expérience, sans doute 🙂

     
  • Par The B. 27 Avr 2011 - 10 H 26

    @Babar ton ami manque de jugeotte (no offense intended) ou d’information, il y a une chose qui empêche totalement son médecin de parler de sa sexualité au reste de sa famille qui s’appelle le secret médical… (le trahir en dehors d’une procédure judiciaire peut valoir radiation du Conseil de l’Ordre…)
    Après, si ton médecin est plus informé que la moyenne sur les questions de santé LGBT, tu as bien fait de le lui conseiller quoi qu’il en soit.

    @Les auteurs jolie intervention. Vivement la suite 🙂

     
  • Par Red 27 Avr 2011 - 8 H 23

    Je pense qu’il est important qu’on en parle ! 🙂

     
  • Par babar 27 Avr 2011 - 5 H 36

    Je ne sais pas si le concept de « santé gaie » est pertinent mais je sais qu’il vaut mieux avoir à faire à un médecin bon clinicien, ouvert, non jugeant si l’on veut parler de soucis de santé liés notamment à sa sexualité gaie.

    Un exemple :

    Une de mes connaissances gaies avait un souci intestinal. Mais il n’osait pas en parler à son médecin traitant qui est aussi le médecin de (sa) famille et qui n’est pas du tout informé de ses pratiques sexuelles. Cette connaissance a tout de même fini par parler de ce souci intestinal à ce médecin sans évoquer toutefois une cause sexuelle possible de ce trouble…

    Comme au bout de plusieurs semaines, les choses s’aggravaient, j’ai conseillé à ce garçon de rendre visite à mon médecin en lui recommandant de s’ouvrir le plus possible de sa sexualité. Mon médecin n’est pas gay mais est très ouvert. Et avec lui, si on a mal au c…, inutile de prendre des précautions oratoires. Il faut lui dire qu’on a mal au c… et évoquer sans ambages les circonstances qu’on pense liées à ce mal de c…

    C’est donc ce que le garçon cité ci-avant a fait. Mon médecin a pu mettre en oeuvre le protocole d’investigation adapté qui a abouti au diagnostic alarmant d’une lymphogranulomatose vénérienne (LGV)bien avancée déjà qu’il faut pourtant traiter très tôt pour éviter des complications.

     
  • Par Prose 27 Avr 2011 - 5 H 00

    Je pense que tu as raison. Et quand je vois le lien (abusif) que les gens (généralement hétéro) font entre homosexualité et VIH, je me dis que tout le monde en a plus ou moins conscience.
    On ne peut pas en dire autant de la « santé lesbienne »…

     
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