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J’aurais préféré ne pas être gay…

14 mai 2012
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Shakespeare se posait la question d’être ou ne pas être… quelle chance le fait de pouvoir choisir ! C’est un luxe qui ne nous est pas permis à nous autres, personnes homosexuelles, malgré ce que peuvent en dire bon nombre de détracteurs sur la scène publique ou parfois dans nos sphères privées.

Je pense que j’ai eu la chance de naître sous une bonne étoile, d’avoir une famille avec de réels soutiens, une famille où même si ça n’a pas été facile avec tout le monde, même si j’ai eu peur de m’assumer, au final je suis libre d’être qui je suis sans avoir à me cacher, un cercle d’ami où il en est de même, et un cercle professionnel où l’homosexualité pourrait peut-être être considérée comme une norme statistique… =) ! Je pense avoir eu la chance d’avoir pu m’épanouir, et même si ça peut m’arriver de cacher mon homosexualité dans certains lieux publics, la plupart je n’ai désormais plus aucun souci avec cette part de mon être. Et plusieurs fois j’ai entendu cette phrase qui me fait un pincement au cœur… « J’aurais préféré ne pas être gay… » ! Et à chaque fois mon sentiment oscille entre de la colère, de la révolte, de la tristesse, et de l’empathie. Je pense que ça me renvoie sûrement aux tourments que j’ai pu vivre intérieurement en me rendant compte que j’étais gay et je pense que je dois un peu le prendre comme une insulte ou un affront à l’égard du combat ou du moins le cheminement parfois difficile que j’ai dû parcourir pour arriver à l’état d’acceptation dans lequel je me trouve. Et puis c’est un peu comme si j’entendais un « J’aurais préféré ne pas te connaître… » car la probabilité de se rencontrer si on n’avait pas été tous les deux gays aurait été plus faible je pense, et on n’aurait certainement pas vécu les mêmes choses…

Je pense que la différence est une chance. Le fait d’appartenir à une minorité, même si ce n’est pas facile tous les jours, peut conférer une certaine force, car il faut de la force pour s’accepter et avancer la tête haute dans une société où l’homophobie est présente sous diverses formes (primaire avec des brutus, mais aussi politique où il n’y a pas d’égalité de droits totale avec les personnes hétérosexuelles). Je pense que la différence peut conférer plus de tolérance et une ouverture sur le monde peut-être plus grande. Et à côté de ça je trouve ça beau d’être différent, mais c’est un jugement subjectif. C’est un facteur commun qui fait se rapprocher et apprendre à se connaître des personnes d’horizons totalement divers et variés, notamment dans les lieux dits « communautaires ». On peut aussi bien croiser des médecins, des hommes politiques, des manutentionnaires, des coiffeurs, des ingénieurs, des étudiants en toutes sortes, des musiciens, des mécaniciens, des contrôleurs de train, des militants associatifs, des avocats, qui sont tous au même endroit… enfin bref des gens issues de toutes les classes de la société. Certains pourraient parler de « communautarisme », de « ghettoïsation », etc. mais ces lieux ont été créé parce que c’était le seul moyen pour certains d’échapper à l’homophobie et de ne pas avoir à cacher son homosexualité en société. Je pense que la « communauté homosexuelle » dans sa grande diversité est une vraie richesse et j’espère qu’elle la conservera longtemps. Mais je pense que pour profiter pleinement de cette richesse il faut être bien dans sa peau… ! Ce qui n’est bien évidemment pas évident… !

Quand j’entends mon copain, mon meilleur ami ou d’autres personnes dire « J’aurais préféré ne pas être gay… » j’aime à me dire que si la vie était trop facile ça ne serait pas intéressant… s’il n’y avait aucun challenge elle serait bien fade… même si je suppose que les personnes hétérosexuelles ont également leurs lots d’interrogations et de problèmes à résoudre. Mais je ne sais pas du tout ce que je serais devenu si je n’avais pas été gay, si j’avais eu un boulot qui me plaît tant, et puis surtout si j’avais rencontré toutes les personnes géniales que je côtoie !? Mais dans un sens, comment leur en vouloir de ce mal être que j’ai aussi vécu à un moment donné ?

Comment leur en vouloir d’avoir peur de se faire agresser dans la rue parce qu’on est un « pédé » ou une « gouine » ? C’est dur de devoir réprimer sa passion quand on se promène en couple dans la rue, pour ceux qui ont la chance d’être en couple, et de se retenir de prendre la main de son copain (ou de sa copine pour certaines), de se retenir d’avoir des gestes de tendresse, de regarder autour de soi avant d’embrasser la personne qu’on aime, de guetter le regard de travers, la moquerie ou le doigt pointé en sa direction alors que les couples hétérosexuels ne se posent pas cette question pour se faire des au revoir passionnés sur le quai de la gare par exemple (oui j’écris souvent mes articles dans le train… =) ) ! C’est la première chose que m’a dit ma mère quand elle a appris que j’étais gay : « Ma seule peur c’est qu’on te fasse du mal en raison de ton homosexualité… ». Mais parfois il n’y a pas besoin d’attendre que le coup fatal soit porté directement par autrui. C’est effarant de voir que les jeunes homosexuels masculins ont un taux de suicide 13 fois plus élevé que celui des jeunes hétérosexuels. Ces derniers meurent bien plus souvent d’accidents de la route que par suicide.

Comment leur en vouloir d’avoir peur de ne pas pouvoir fonder une famille parce que dans l’état actuel des choses la législation nous considère comme socialement stériles. Tant que le mariage pour les couples de même sexe, l’adoption, l’insémination artificielle, la gestation pour autrui et tutti quanti ne seront pas effectifs les choses seront difficiles pour nous et les familles homoparentales qui existent déjà seront dans la précarité. Depuis très jeune j’ai toujours adoré les enfants et j’ai toujours voulu plus tard en avoir plusieurs et je ne m’en suis jamais caché… Une de mes grands-mères m’imaginait même en bon père de famille entouré de plein d’enfants avant d’apprendre que j’étais gay. Aujourd’hui je suis persuadé que j’en aurais un jour… mais beaucoup d’amis qui ont 30-40 se sont résignés avec peine à ne pas en avoir. C’était je pense une des étapes les plus difficiles pour moi dans l’acceptation de mon homosexualité que de penser au début que je ne pourrai pas avoir d’enfants. Et ça m’est resté longtemps en travers de la gorge quand j’ai entendu mon père dire un jour que « les homosexuels sont égoïstes, ils ne veulent pas nous faire de petits-enfants »… heureusement qu’il ne pense plus ça aujourd’hui et qu’il m’aime et m’accepte comme je suis aujourd’hui. J’espère que les choses pour les gays vont rapidement s’arranger maintenant qu’on a un nouveau président.

Comment en vouloir à mon meilleur ami quand il me dit que s’il n’avait pas été gay il ne serait très probablement pas séropositif aujourd’hui ? Comme si la stigmatisation en raison de notre orientation sexuelle ne suffisait pas, nous sommes injustement victime d’une terrible épidémie. Comment vivre pleinement sa sexualité lorsque l’on sait qu’un gay a statistiquement 200 fois plus de risques qu’une personne lambda de se faire contaminer par le VIH ? En raison d’un multi-partenariat souvent important dans une population très réduite où le virus a une très forte prévalence (12 à 15% des gays vivent avec le VIH), de pratiques sexuelles (la sodomie) plus à risque car la muqueuse anale est plus fragile que la muqueuse vaginale et saigne donc plus facilement etc… ! C’est injuste mais nous devons assumer cette épidémie et être forts pour la combattre. Mais quelle chance pour nous qui somme la jeune génération de vivre à une époque où un traitement efficace existe et nous permet de vivre quasi aussi longtemps que tout le monde. Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous conseille de regarder « We Were Here », un film qui parle de l’hécatombe qu’a fait le VIH à ses débuts à San Francisco parmi la population homosexuelle. Des beaux et jeunes mecs qui par milliers sont tombés malade puis sont morts en quelques semaines… C’est un traumatisme épouvantable qui reste encore dans la mémoire des gens, ce qui entretient notamment, je pense, les stigmatisations des personnes vivant avec le VIH. Ce n’est certes pas à oublier, ce n’est pas facile de déprogrammer son cerveau car la peur y est souvent ancrée profondément, mais il faut réussir à rationaliser cette peur car aujourd’hui la situation n’a rien à voir, on vit avec le VIH. Et je ne pourrais jamais assez remercier ma mère de ne pas m’avoir fait plus tôt…

Aujourd’hui nous avons un nouveau président, peut-être bientôt une nouvelle assemblée qui sera à gauche, du moins je l’espère, et j’espère que le changement sera pour bientôt en ce qui concerne les droits pour les personnes homosexuelles. Je remercie les générations précédentes de gays et lesbiennes qui se sont battues pour les utopies que nous vivons aujourd’hui. J'espère voir se multiplier les initiatives comme It Gets Better (aux USA) ou Demain Sera Meilleur, à Montpellier. J’espère un jour ne plus entendre « J’aurais préféré ne pas être gay… » cela voudra dire que les combats que nous menons aujourd’hui auront portés leurs fruits, et que les générations suivantes de gays et lesbiennes et bis et trans vivront mieux que nous. Ils vivront nos utopies d’aujourd’hui…

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Se faire dépister tous les trois m… mecs !

4 avril 2012
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« Break the chain! ». Un nombre important de transmissions du virus du Sida ont pour origine des personnes qui elles-mêmes ont été récemment infectées. Très contagieuses au début de leur infection, elles transmettent beaucoup plus facilement leur virus à une autre personne, qui devient alors aussi très contagieuse. Et ainsi de suite… formant des chaines de contaminations sans même que les personnes impliquées en aient vraiment conscience.

Tout du moins jusqu’à leur prochain dépistage où elles pourront envisager de prendre un traitement qui, en quelques semaines, pourra rendre le risque de transmission de leur virus peu probable.

Ces chaînes peuvent néanmoins être brisées en adaptant la fréquence du dépistage à chacun. Et ceci nous est permis grâce au développement des tests rapides.

Si j’ai pour habitude de me faire dépister tous les six mois et qu’en six mois je nique avec une vingtaine de personnes sans savoir que je suis séropositif, j’ai alors un très fort risque de transmettre mon virus à ces vingt mecs. Voila pourquoi la fréquence du dépistage doit être propre à l’activité sexuelle de chacun, pour, qu’en cas de séropositivité, le test soit effectué le plus tôt possible. Plus je baise, plus la fréquence de mes dépistages devrait être élevée.

Et au diable ces questions de « délais de trois mois ou six semaines depuis la dernière prise de risque » qui ne veulent rien dire lorsqu’on se tape plus d’un mec différent tous les mois et qu’on appartient à une population aussi touchée par le VIH que la notre. Grâce aux tests rapides du VIH, et bientôt j’espère, les autotests salivaires, on a la possibilité de se faire dépister simplement, rapidement et gratuitement autant de fois qu’on veut.

Voici un petit exemple de feuille de route du dépistage que chacun peut se construire (vous pouvez l'imprimer et mettre dans votre portefeuille) :

Pas de test du VIH de plus de 3 mois depuis mon dernier rapport sexuel

2 mecs par mois = 1 test rapide du VIH tous les 2 mois

> 4 mecs par mois = 1 test rapide du VIH par mois

Check-up des IST tous les 6 mois

Prise de risque = Urgences

Santé & Plaisir

 

Par cet article je ne cherche pas à donner raison aux mecs complètement paranos qui se font dépister toutes les semaines après leur plan cam du mercredi aprem parce que bon « on sait jamais, hein, ptêtre que ça se transmet par WiFi ! ». Je m’adresse bien ici à tous ceux d’entre nous qui ne veulent pas se contaminer au VIH et qui ont conscience qu’en multipliant les partenaires, on multiplie notre exposition et celle des autres au VIH. Et qu'il y a moyen de casser cette dynamique de transmission en adaptant la fréquence des dépistages à nos pratiques !

Vincent

Où faire un test rapide près de chez toi ? / voir opération Flash Test sur Paris

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L’injection chez les gays – « ça slam’ pour moi »

14 mars 2012

Rémy a 28 ans et vit en région parisienne. Depuis plusieurs mois maintenant, il « slam' » régulièrement. Cette pratique, qui semble se développer dans certains cercles gays des grandes métropoles, consiste à s’injecter des produits tels que la mephedrone, le 4-MEC voire de la cocaïne.

Slammer (de l’anglais, to slam/slamming) = s’injecter une drogue.

Visant à atteindre une désinhibition totale, le slam commence bien souvent dans un cadre sexuel ou festif. A la recherche de performances et de plaisirs intenses, la pratique fait pourtant plonger rapidement ceux qui s’y prêtent vers la dépendance. Celle-ci peut alors devenir problématique. Santé, boulot, argent… La difficulté à se contrôler impacte directement la vie de ceux qui consomment.

D’abord initiés au cours de soirées entre slammeurs, le glissement vers une consommation en solo se fait en quelques  mois voire quelques semaines à peine. Le profil de ces gays injecteurs, que commencent à rencontrer certains médecins, n’a pourtant rien à voir avec ceux, plus stéréotypés, des toxicomanes.

Que ce soit un phénomène en devenir ou une mode vouée à disparaître, Rémy a souhaité raconter son expérience. Un témoignage riche, pour que notre communauté, les associations et les médecins s’emparent de ces pratiques et s’organisent  face aux risques qu’elles représentent pour les slammeurs. En évitant de tomber dans l’écueil de la morale (« c’est mal », « mais que devient notre monde ? »), la question est clairement posée de savoir comment les gays, qui ont été le fer de lance du « safer sex », s'approprieront-ils désormais la culture de réduction des risques (RdR), liés à la consommation de produits ?

Témoignage recueilli par Jonathan

Comment en es-tu arrivé à « slammer » ?

Tout a commencé il y a quelques mois. Je parlais sur Internet à des mecs qui slammaient. Avant de se lancer, bien souvent il y a un passé dans la consommation de produits. On arrive pas au slam comme ça. Mais pour moi, c'était le stade à ne pas atteindre – je n'avais pas envie d'y aller.

Puis, plus j'en entendais parler, plus ça me faisait envie. Un peu comme un effet de mode. J'ai dédramatisé la pratique dans mon esprit. Tu sais, dans le slam il y a un peu le culte de la performance sexuelle, qui se mêle à l'envie d'aller toujours plus loin. En plus les mecs avec qui j'en parlais étaient plutôt mignons, me plaisaient et je me sentais vraiment à l'aise et en confiance. Alors j'ai eu envie d'y aller.

Comment s'est passé ton premier slam ?

Je me suis rendu chez un couple de mecs qui slammaient déjà. Avec internet, sur certains sites sur lesquels je suis inscrit, ce n'est pas bien compliqué à trouver. Quand tu vois marqué « chems++++ » (chems = 'produits' en anglais, ndlr) sur le profil d'un mec, ça ne fait pas trop de doute, pour moi, sur leurs pratiques.

Ce soir là je n'étais pas seul à m'initier. Il y avait un autre gars qui, comme moi, venait découvrir la pratique pour le première fois. Ça avait un côté rassurant de ne pas être le seul. On a bien discuté avant, puis on l'a fait. Comme je ne connaissais pas les gestes pour s'injecter, ils m'ont fait le slam. Pour qu'on évite de se partager les seringues et le matériel, on a pris une feuille de papier et tracé des colonnes avec nos noms dans lesquelles chacun avait son matos.

Quels sont les effets que ça procure ?

Une fois le slam fait, les effets se font vite ressentir. Ça me détend, je parle beaucoup plus facilement, je me sens détendu et très sociable. Je me sens bien et l'excitation est très forte. Tu peux alors baiser pendant des heures et des heures – de toute façon c'est presque impossible de jouir. Le niveau de plaisir est vraiment très intense.

Les sens sont aussi démultipliés 10x, 20x ! Un peu de lumière peut vite devenir éblouissant d'ailleurs. Le bruit est aussi gênant. Le plan se passe alors dans une grande pénombre et au calme.

N'y a-t'il pas des risques d'overdose ?

Les produits que j'utilise sont surtout le 4-MEC-Crystal ou la mephedrone – des cristaux que l'on fait fondre dans la cuillère avant de les injecter avec de l'eau stérile. Ce sont des produits qui sont moins à risque d'overdose, je crois. Pour le moment j'ai toujours refusé de m'injecter de la cocaïne – c'est une limite que j'essaie de ne pas franchir. Maintenant je sais que si je suis perché, au cours d'une soirée, et qu'on m'en propose, j'aurais peut être plus de mal à dire non.

Les prods' que je prends sont des amphétamine. C'est coupe-faim et coupe-soif. Tu peux vites te déshydrater et assécher tes muqueuses. Je me sens souvent « desséché » quand je slam.

Tu me dis que le plan peut durer des heures, comment ça se passe ?

Le produit procure des effets pendant environs 1h/1h30. Au cours d'une nuit tu peux donc slammer près d'une dizaine de fois. Au bout de la 5e ou de la 6e, « l'effet de montée » ne se fait plus autant ressentir, me poussant alors à en prendre toujours plus. Le rapport au temps est totalement différent : tu peux avoir l'impression que 3h viennent de s'écouler, alors qu'en fait il s'en est passé beaucoup plus. Parfois j'ai même l'impression d'avoir des black-outs, je ne sais plus trop ce qui s'est passé.

Et comment gères-tu la descente ?

La descente n'est pas forcément dure, au début – et puis le pétard aide bien. Par contre les jours qui suivent sont difficiles à gérer, avec de gros coups de blues ou des envies soudaines de slammer de nouveau. Dans ces moments là je prends ma carte bancaire et je commande sur internet. C'est très facile de trouver mes prods. D'autant que plus tu commandes, moins c'est cher...

Comment ton rapport au slam a-t-il évolué, au fil des mois ?

En l'espace de 5 ou 6 mois, je suis passé d'un slam par mois à un voire plusieurs par semaine. L'addiction vient très vite. Une fois que j'ai commencé à stocker chez moi mon propre matériel et des prods', j'ai commencé à pratiquer seul.

Quand je suis seul et que je m'ennuie, je peux me faire un slam. Je vais alors sur des sites de rencontre, histoire de trouver des mecs avec qui baiser. Ça peut durer longtemps... une fois j'ai passé trois jours non-stop à me branler, draguer, niker, slammer et ainsi de suite. Je suis incapable de dire combien de fois... Çà a duré au moins 12h... du moins c'est ce que je pensais. Ça avait en fait duré trois jours, durant lesquels je n'étais pas allé bossé...

Quel impacte cela-a-t-il sur ta vie quotidienne ?

En plus du rapport au temps qui devient complexe, je suis vite tombé dans l'engrenage du slam. Je claque beaucoup d'argent – rien qu'au mois de janvier entre les produits et parfois le taxi pour aller voir un dealer à l'autre bout de Paris, au milieu de la nuit, j'ai dépensé entre 450 et 500€. Voilà à quoi a servit mon 13e mois...

Je me sens souvent dans le bad. Pas d'humeur. Pas de motivation.

L'injection présente des risques somatiques (abcès) ou infectieux lorsqu'elle est pratiquée à plusieurs, comme pour l'hépatite C. Comment gères-tu ces risques ?

Quand j'ai commencé à slammer seul, je me suis défoncé le bras. J'avais juste vu cela sur les autres ou c'était toujours quelqu'un d'autre qui me le faisait. Le pire c'est que j'avais des notions de RdR (réduction des risques liés à l'injection, ndlr), mais voilà je ne savais pas comment mettre l'aiguille, quel angle d'entrée avoir, comment bien viser. Je me suis toujours injecté sur le bras gauche pour garder un bras sans dommage pour les prises de sang. J'ai bien essayé de regarder sur internet pour voir comment le faire, notamment sur le site d'ASUD (Association d'auto-support auprès des Usagers de Drogues, ndlr). Mais aujourd'hui ça devient de plus en plus difficile d'y arriver. Mes veines sont abîmées. Et crois moi, quand tu te loupes, que l'aiguille rate la veine, tu souffres. Et ça fait un abcès.

Il y a un vrai besoin d'être accompagné dans le slam. Pour apprendre les bons gestes, notamment avec d'autres mecs qui slamment eux aussi et qui savent bien faire.

Je fais toujours très attention à l'hygiène et à ne pas partager la seringue et le petit matériel (cuillère, filtre, coton, etc., ndlr). Quand on est plusieurs, chacun a un plateau avec son propre matos. Une fois je faisais une soirée avec un mec qui est porteur du virus de l'hépatite C. A un moment il s'est retourné et, sans faire exprès, m'a griffé avec l'aiguille. On a pas vu de sang et on a désinfecté très rapidement. Mais j'ai vraiment flippé car il n'y a pas de traitement d'urgence pour l'hépatite C. Lorsque je suis allé me faire dépister, j'ai vraiment eu très peur.

Justement comment abordes-tu cela avec les professionnels de santé ?

Au « 190 » (Centre de Santé sexuelle à Paris, ndlr) j'ai pu en parler assez facilement avec le médecin. Il n'avait pas forcément de conseils à donner mais m'a écouté. Il m'a dit rencontrer de plus en plus de mecs qui slamment et se contaminent à l'hépatite C. Il s'agit apparemment de profils totalement nouveaux – que les médecins ne voyaient pas avant. Ce n'est pas le tox avec ses chiens qui vit dans les squattes. Le contexte de ces personnes est totalement différent. Ce peut être le boulanger ou le fleuriste du coin venant consulter et qui découvrent qu'ils ont chopée l'hépatite C au cours d'une soirée à slammer. Et il y en a de tous les âges.

Et dans ton entourage, comment en parles-tu ?

J'ai une amie à qui j'en parle. Elle m'écoute et ça compte beaucoup. C'est important aussi de discuter avec d'autres personnes qui vivent la même chose, d'autres slammeurs.

Comment envisages-tu la suite ?

J'en ai marre du trash, de l'absence de contrôle et du sans limite. Je n'ai plus envie de rencontrer de nouvelles personnes qui slamment. Je veux juste me poser, rencontrer quelqu'un qui m'apporterait un cadre. C'est quand je suis seul, que je m'ennuie et cogite sur mon cadre de vie merdique que je slamme. Parce que ça m'aide à me sentir bien, je me défonce.

C'est en m'occupant, en étant avec des gens que je sortirai de cette spirale. Je veux arriver à me fixer des limites, pouvoir slammer, mais juste une fois de temps en temps en soirée, comme ça. Contrôler, ne plus être dans la dépendance physique.

Lorsque je m'occupe à autre chose pendant une longue période j'ai vraiment l'impression de revivre.

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Les Femmes, les Gays et le VIH

7 mars 2012
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Bonjour à toutes et à tous,

 

Pour cette journée de défense des droits des femmes, nous avons tenu à rappeler la place qu’ont jouée nombre d’entre elles dans la mobilisation face à l’épidémie de VIH. Et particulièrement chez les gays.

 

Nous abordons souvent le rôle des femmes comme fer de lance des combats contre le VIH, notamment en Afrique. Face aux dominations de genres, ignobles, qui sévissent dans la plupart de nos sociétés, qui les affectent et les rendent plus vulnérables au virus du Sida, les femmes se sont mobilisées.

 

Mais peu souvent est abordé le rôle que nombre d’entre elles ont joué face au VIH et le soutien aux malades dans la communauté gay.

 

Le film « We Were Here » retraçant la mémoire de l’émergence du VIH à  San Francisco, dans le quartier gay de Castro, au début des années 80, nous rappelle ce fait majeur. A l’époque déjà, des femmes, notamment lesbiennes ou travaillant auprès des premiers malades, se sont consacrées à mobiliser et aider la communauté à s’organiser face à la maladie.

 

Aujourd’hui encore nous ne saurions compter le nombre de femmes dans les associations, dans nos cercles d’amiEs, nos mères et nos sœurs qui partagent avec nous la difficulté particulière d’être gay et séropositif.

 

Ces solidarités nous rappellent qu’en tant que groupe injustement affecté par le VIH, lutter contre les dominations de genre, contre le racisme, la xénophobie et toute forme de discriminations, s’impose à nous. Car si nous ne vivons pas forcément la même différence qui fonde le rejet et la violence, ce sont ces derniers que nous avons en commun et face auxquels nous devons nous mobiliser tous ensemble.

 

Jonathan & Vincent

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Se faire « checker » le cul !

12 février 2012
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Santé anale, santé sexuelle

La santé sexuelle pour beaucoup de gays tourne en grande partie autour de leur beau petit cul ! Me faisant fréquemment prendre, cela me semble important de me faire examiner régulièrement mon anatomie anale pour dépister une éventuelle anomalie.

Les pratiques anales ou la présence de certaines infections sexuellement transmissibles peuvent en effet provoquer des troubles au niveau du rectum et de l'anus. Des fissures, des hémorroïdes ou des saignements peuvent apparaître à la suite de vos ébats sexuels. Et certains virus tels que les HPV1 – très fréquents chez les gays – peuvent être à l'origine de condylomes (sorte de petites verrues) ou d'un cancer de l'anus.Cela faisait longtemps que je souhaitais vous en parler – mais j'attendais ma prochaine consultation de proctologie, qui peut être menée soit par un médecin spécialiste, par un dermato ou généraliste qui a des connaissances en procto.

Avec tout ça, je préfère donc me faire « anusculter » de temps à autres ! Et ce d'autant que j'ai eu des condylomes externes par le passé, qui sont partis facilement grâce à une crème. Je craignais d'en avoir développé en interne – ayant régulièrement de petits saignements à la suite de rapports sexuels.

Une consultation de l'anus c'est...

Lorsque j'étais en Grande Bretagne, j'ai eu l'occasion d'avoir un examen de l'anus et du rectum à chacune de mes consultations de dépistage. Très professionnels, le médecin allait systématiquement se mettre derrière un rideau pour me laisser le temps de me déshabiller complètement et m'allonger sur la table de consultation – sur le côté, les genoux relevés, c'est moins « humiliant », parait-il. En France, c'était plus direct.

Il s'agit alors d'observer votre anus afin de déceler tout signe suspect. Tout d'abord à l'extérieur puis à l'intérieur. Pour cela, le médecin m'insère un doigt pour palper l'intérieur du rectum puis à l'aide d'un anuscope dilate l'anus afin de pouvoir observer ce qui peut bien se passer la dedans.

Pour avoir eu l'occasion de me faire « anusculter » à trois reprises, je trouve cela plutôt simple et rapide. La dernière fois le médecin n'étant pas franchement très doux, il m'a fait mal. Plus que jamais la relation médecin-patient est primordiale, ça aide à dilater pendant qu'il vous ausculte ;)

Cette fois-ci je n'étais pas très à l'aise. Car durant l'examen je n'ai pas bien aimé son air étonné lorsque je lui ai expliqué me faire prendre régulièrement. J'avais le sentiment de lui faire perdre son temps et qu'il avait envie d'en finir au plus vite. D'ailleurs la consultation a du durer au maximum 4 mins. Entretien et osculation inclus.

Et ce alors même qu'il y aurait dix mille choses à aborder avec un patient qui se fait sodomiser : quelles sont mes pratiques sexuelles et comment je gère ma prévention ? Comment sont préparées mes pénétrations ? Quels sont les autres problèmes que j'ai pu avoir ? Que nenni, tu baisses ton froc devant le docteur et l'infirmière qui te regardent, tu t'allonges et tu dilates. Y'a rien ? Tu te casses avec une crème apaisante à appliquer en cas de douleur.

Cela ne me dissuadera néanmoins pas d'y retourner de nouveau – peut être avec un autre procto qu'on m'aura conseillé. En attendant je continue à faire du diagnostic profane : je regarde mes fesses dans un miroir, je me mets un doigt à l'intérieur pour voir si je ne sens rien de suspecte. Notamment si je ne sens pas des petits boutons ou bouts de peaux qui pourraient faire penser à des condylomes.

Bref, j'apprends à connaître mon anatomie pour pouvoir prendre soin d'elle.

Et vous ?

Vincent

Crédit photo : myhiv.org

1 Papillomavirus Humain (“Human Papilloma Virus”)

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Billet d’humeur : j’aime plus le 1er décembre…

7 décembre 2011
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Ma première journée mondiale de lutte contre le Sida je trouvais ça cool, je distribuais des capotes dans mon lycée. Maintenant ça me prend la tête. Pas parce que je suis contre cette journée, au contraire. Mais parce qu'elle est trop synonyme de défaitisme, alors que je suis plein d'espoirs.

La Journée Mondiale est passée...ouf ! Entendre les journalistes, artistes, médecins, associatifs, anciens activistes à la retraite (re-ouf!) et autres nous accabler du même discours pessimiste copier/coller depuis des années commençait à me prendre sérieusement la tête. Et ce alors même que 2011 marque un tournant majeur et prometteur dans la lutte contre le VIH.

Même mon témoignage énergique et optimiste donné à une journaliste a été retoqué en un truc déprimant à faire pleurer jusque dans les chaumières. Comme si, lorsqu'il s'agit de parler du VIH, la règle était de faire un « constat d'échec », de parler d'une « situation alarmante » et « hors de contrôle ».

Surtout chez « les jeunes », of course ! Catégorie qui ne veut absolument rien dire tant elle est hétérogène. Comme si c'était en mettant le paquet sur la prévention auprès de Jérémy, Natacha, Julie, Kévin et leurs amis de la 1ère B du Lycée Saint-Joseph de Trouville dans les Yvelines qu'on allait arrêter l'épidémie de VIH.

Ok, c'est cool de faire de la santé sexuelle auprès « des jeunes ». Tout le monde doit avoir un accès à l'éducation sexuelle et les établissements scolaires ont une responsabilité pleine et entière dans ce domaine.

Mais ce serait encore plus cool si on ciblait plus particulièrement les jeunes gays, les jeunes migrants, les jeunes précaires, les jeunes tox, les jeunes sans papiers, les jeunes déscolarisés, les jeunes incarcérés et autres.
Mais pas parce qu'ils sont jeunes... mais parce qu'ils sont gays, migrants, précaires, tox, sans papiers, déscolarisés, incarcérés et autres et qu'ils ont, pour le coup, bien plus de risque d'être exposés au VIH et aux IST que Jérémy, Natacha et leurs amis.

Car le VIH est aussi symptomatique des maux d'une société. Et ce n'est pas une question d'âge.

Jouons la carte de la solidarité !

Chez les gays, on a sans doute atteint le niveau maximal d'utilisation du préservatif – bien meilleur que dans n'importe quel autre groupe, soit dit en passant. Il ne faut pas s'attendre, je crois, à ce qu'on le dépasse. Au contraire, on constate une hausse du nombre de découvertes d'IST, traduisant la multiplication des prises de risque. Attendre un re-sursaut soudain autour du préservatif me semble être une perte de temps.

Alors que fait-on maintenant, mes amis ? Pleurons notre triste sors ? Accablons ces « jeunes pd insouciants » de plus en plus nombreux à découvrir leur séropositivité ? Bref, faisons un constat d'échec comme à la télé ou à la manière de Gégé du PMU au coins de la rue : « jvous l'dit, moi ! Tout fou l'camps ! » ?

On aura certainement pas ce sursaut autour de la capote. Il y a plus de prises de risques et un rapport au risque et au VIH qui ont évolué chez les gays (« ça ne fait plus peur » disent certains). Néanmoins, avant de paniquer, de toujours chercher à trouver des coupables, je crois qu'il y a vraiment quelque chose à travailler au niveau des solidarités qui se jouent entre nous.

… parler cul entre potes, s'écouter parler de nos pratiques sexuels, de nos prises de risque, se conseiller et soutenir mutuellement dans notre prévention, c'est être solidaire.

… ne pas envoyer balader les séropos, montrer à ses potes séropos qu'ils ne sont pas seuls, c'est être solidaire.

… se faire dépister régulièrement c'est être solidaire. Car les personnes qui transmettent le plus le VIH et les IST, ce sont celles qui ignorent qu'elles sont infectées.

… prendre un traitement lorsqu'on est séropo pour réduire le risque de transmettre son virus à ses partenaires, c'est être solidaire.

… parler prévention avec ses partenaires sexuel avant et/ou après être allé au pieu, leur envoyer un SMS quand on s'est chopé une IST, c'est être solidaire.

… agir pour transmettre la mémoire des « années SIDA » à ces jeunes qui ne les ont pas connu et qui, soit disant, n'en ont rien à foutre, c'est ça, aussi être solidaire.

Ça fait un peu biblique mon énumération, mais vous voyez, il y a encore beaucoup à faire dans notre communauté avant de dire que nous sommes en situation d'échec face au VIH. Cette solidarité est l'affaire de tous. Elle est même l'une des clés, je crois, à un contrôle de l'épidémie, la notre, pas celle de l'autre.

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Séroconversion, et si jamais…?

30 novembre 2011

Séroconversion, et si jamais… ?

Depuis  l’article sur les couples sérodifférents, beaucoup de réflexions liées de prêt ou de loin à ce sujet se sont bousculées dans mon esprit, notamment sur la séroconversion.

Qu’est-ce donc alors ? Il s’agit, comme son nom l’indique, du moment où un séronégatif devient séropositif… la science ne nous permettant pas encore de faire une séroconversion inversée, hélas… (sauf une fois dans un cas allemand de greffe de moelle osseuse mais c’est l’exception qui confirme la règle) !

J’aurais très facilement pu recueillir des témoignages de personnes séropositives pour savoir comment elles ont vécu cette séroconversion et l’annonce de leur séropositivité, mais je préfère axer ça plus sur une réflexion de chacun… « Et si jamais, un jour, ça m’arrivait… ? » Et le plus intéressant ne sera pas cet article, mais votre projection dans les commentaires.

Je sais qu’il s’agit d’une chose à laquelle les gens ne préfèrent pas penser, ça en terrifie beaucoup, et je l’observe notamment lorsque je pose cette question à l’occasion d’un test rapide pour le VIH… Soit les gens n’y ont pas réfléchi avant, soit même sur le coup, ils ne préfèrent pas y réfléchir lorsque je leur demande tellement l’idée même les panique. Mais je pense que c’est une étape essentielle dans la lutte contre le VIH/Sida et les stigmatisations qui y sont liées.

                On a beau dire qu’on se protège tout le temps, et même si cela est vrai et que je ne peux qu’encourager ces comportements, on reste avant tout humain, et comme tout humain, nous sommes imparfaits. Les accidents n’arrivent qu’aux autres, sauf qu’on est tous l’autre d’autrui… Et avec une conjonction de plein d’évènement, le pire peut arriver. Et si on prend un ou des risques, l’important pour moi c’est qu’on puisse en parler librement sans crainte d’être jugé, traité d’irresponsable ou de suicidaire. Et pour moi, le principe de la prévention entre autre, c’est de penser les choses avant, pour d’une part les éviter, et d’autre part savoir comment réagir si on n’a pas su les éviter.

Et aujourd’hui encore, beaucoup de représentations persistent autour du VIH, et les témoignages du vécu des vieux séropos n’est plus représentatif de ce que vivra aujourd’hui un mec qui va se contaminer… L’épidémie a changé. Si avant on était dans une optique de mort rapide (en 1999, seul un mec séropo sur deux se contaminant à 25 ans était toujours en vie à 35 ans !!!), aujourd’hui on est dans une optique de vivre, avec le VIH car l’espérance de vie de quelqu’un se contaminant aujourd’hui est la même qu’une personne lambda. Et du coup un dilemme se pose à moi… Est-ce qu’il faut mentir aux gens en tenant un discours alarmiste et entretenir la peur autour du sida, alors même qu’on sait que la peur est un mauvais levier, qui est hélas très employés dans tous les domaines de la prévention en général (sida, drogues, sécurité routière, etc.), et dont on sait que ça ne marche pas ? Ou alors faut-il dire la vérité de ce qu’est aujourd’hui l’épidémie chez un gay lambda en France, afin de dédramatiser le sida, au risque d’être taxé d’irresponsable qui va faire que les gens vont relâcher leurs comportements préventifs ? C’est plutôt le parti pris que je pense être le bon, au risque de m’en prendre plein la gueule. Je suis conforté dans mon intention par la phrase que j’ai entendu de la bouche du Professeur Bernard Hirschel (co rédacteur du Swiss Statement en 2008) récemment à Chambéry qui disait donc que « Si on veut faire des vagues, il faut jeter un pavé, et pas un petit caillou ! ». Mais je tiens quand même à préciser que ce n’est aucunement mon intention de faire une quelconque incitation à prendre des risques, qu’il y a des IST à côté, et que même si on peut vivre très bien avec le VIH, il est quand même préférable de vivre sans.

                Et si moi j’étais séropositif ? Comment arriverais-je à organiser ma vie avec le virus ? Avec les consultations régulières à l’hôpital, une éventuelle mise sous traitement rapide, comment le cacher aux gens qui m’entourent ou comment leur dire ? A qui le dire ? Quand ? Comment ? Comment supporter le regard des autres qui va changer ? Comment gérer la peur que je risque de voir dans le regard des autres ? Comment gérer, le dégoût, le rejet,  la peur, ou la haine des autres ? Comment je vais faire si le traitement a des effets secondaires et que je veux avoir une vie sociale comme avant à faire des sorties avec mes potes, faire du sport, être opérationnel à mon boulot ? Comment réagirait mon mec ? Mes parents ? Mes frères et sœur ? Mes amis ?

Ce seraient les premières questions qui me passeraient en tête… Mais c’est parce que je suis un peu privilégié vu que je travaille dans la prévention du VIH/Sida… Car hélas pour beaucoup de monde qui n’a pas les mêmes connaissances que moi la première question qui se pose est « combien de temps me reste-t-il à vivre ? », ensuite viennent les autres. Sur les actions qu’on mène avec Aides on peut s’apercevoir que beaucoup de monde pense encore à tort que les traitements ne servent qu’à maintenir en vie les séropos quelques années seulement, et qu’ils ont une vingtaine de cachetons à avaler par jour… ! Mais c’est FAUX ! Du moins ça n’est plus vrai… ! Dans l’immense majorité des cas il n’y a pas plus de 5 cachets à avaler par jour, certes ils sont plutôt gros, et au début il faut prendre les anti-nausée et anti-diarrhée au cas où, mais tout le monde n’en a pas besoin, et le corps s’adapte plutôt rapidement et très vite il n’y a plus besoin d’artifices autour… ! Certains ont même qu’un seul cachet à prendre le soir, comme A. qui témoignait dans l’article sur les couples sérodifférents… et s’en portent très bien ! Mais l’avantage même par rapport à beaucoup de gens, c’est qu’il y a un check up complet du corps régulièrement, donc au moins pépin de santé, les personnes séropositives bénéficient de soins précoces… genre des anomalies cardiaques, des tumeurs ou autre que les personnes quidam découvrent souvent trop tard quand on ne peut plus rien faire.

                Je pense maintenant qu’il est temps d’arrêter de nier les évidences ! Ce qui tue aujourd’hui les séropos, ce n’est plus le VIH, c’est le regard des autres !!!! Et rien que d’y penser je sens mon sang bouillir de colère !!! Alors que médicalement ça roule (sauf pour des personnes contaminées depuis très longtemps et qui peuvent être en échec thérapeutique), qu’il serait totalement possible pour une personne séropo de VIVRE (avec un grand V et une grande IVREsse), d’être amoureux et en couple, de ne plus contaminer son partenaire même s’il n’y a pas de capote, qu’il serait possible de faire du sport, de travailler comme tout le monde, d’être heureux, d’être comme tout le monde en définitive, sans ces tracas là en tête… Ce n’est très souvent pas possible, mais pas à cause du virus en lui-même. Si certains ont trouvé la force de rationaliser la chose, d’arriver à en parler plutôt facilement sans avoir à se cacher, même si ce n’est pas facile, beaucoup sont terrifiés à l’idée même d’en parler…. Ils se sentent sales, comme des bombes virales, ils ont peur d’être rejetés, répudiés de la communauté, ils s’interdisent de vivre, ils ont honte… Mais HONTE de quoi au final ??? Honte parce qu’ils ont chopé un VIRUS ?? Ou honte parce que les représentations autour de ce virus sont sinistres et n’ont pas évolué en même temps que les avancées de la science depuis 30 ans ? Honte parce que les autres les font se sentir honteux ! Dans l’esprit de beaucoup ils sont malades… mais il faudrait avoir honte, être coupable d’être malade ? Ils ont honte parce que des paroles ignobles sortent de la bouche de certains à leur encontre… Il y a en gros 1 gay sur 10 qui est séropo en France… Combien arrivent à en parler ? Ca n’est pas écrit sur leur tête qu’ils le sont, mais beaucoup souffrent de cette image qui est véhiculée par le VIH… Et en tant que personne affectée dans mon esprit par ce virus, ça me fait franchement mal de vivre dans une telle société… Si on demande à des gens si la capote protège du sida, ils nous diront presque tous oui… et si on leur demande s’ils pourraient coucher avec une personne séropositif, en mettant un préservatif, la réponse n’est pas si unanime… !

1 sur 10… et si jamais, demain, c’était moi ? Et si jamais, demain, c’était toi ?

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Le dépistage rapide et communautaire

9 octobre 2011
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Depuis peu, les Tests de dépistages1 sont autorisés dans un cadre non-médicalisé en France. Cela signifie, que vous pouvez vous rendre auprès d'acteurs habilités, tels que des associations de lutte contre le VIH/Sida, pour vous faire dépister.

Ces nouvelles dispositions viennent ainsi compléter l'offre de dépistage du VIH qui existe déjà en France (hôpitaux, CDAG, laboratoires, Centres de Planification, etc.). 

A la différence que dans le cadre de ces tests, le résultats vous est rendu en quelques minutes seulement, sans prise de sang, mais grâce à une petite piqûre indolore sur le doigt.

Avant de vous présenter davantage, ce que je considère être une vraie révolution en matière de dépistage, j'aimerai vous faire partager ma petite expérience de cette nouvelle approche.

Mon expérience du test communautaire

J'attendais avec impatience la mise en place de ces tests. Car personnellement j'ai beaucoup de mal à échanger avec le personnel de santé que je rencontre dans un cadre hospitalier ou dans un centre de dépistage classique. J'aimerai à l'occasion de mes dépistages pouvoir exprimer mes craintes, mes pratiques, de manière libre. Mais les quelques fois où j'ai eu l'occasion de le faire, j'avais l'impression d'avoir Saint-Pierre en face de moi décidant de m'envoyer en Enfer pour me punir d'une débauche immorale.

De retour d'Angleterre, je souhaitais faire le point car j'avais de fortes craintes et je voulais aussi enfin l'occasion de discuter de mes pratiques dans ce cadre particulier. Je me suis donc rendu à un accueil de AIDES, sans rendez-vous (vu que ce n'est pas le rôle d'une asso de faire du dépistage à la chaîne). Je me retrouve donc dans une pièce toute petite et assez froide. « Pas encore le budget pour l'aménager », m'explique-t-on. Mon « dépisteur » ? Un autre mec gay militant dans l'association.

Le fait que je sois moi-même militant Sida n'a peut être pas été quelque chose de facile à gérer pour la personne me faisant l'entretien. « Tu connais déjà les risque et la manière de s'en protéger » m'a-t-il dit. Certes, mais force est de constater que cela ne suffit pas pour se protéger ! Et j'ai souhaité prendre le temps de discuter de cela.

Au final, on a parlé pendant un bon moment de mes pratiques, mon rapport au risque, mes craintes. En fait, avec le recul, même si c'était un mauvais moment à passer comme tous mes dépistages, je me rends compte que j'ai tout dit. Ce qui n'arrivait jamais dans un circuit classique de dépistage ou je disais seulement : « je viens juste faire le point... ». Et ce alors même que nombre de mes dépistages sont motivés par des prises de risques et que ça a toujours été une vraie angoisse que je n'arrivais pas à verbaliser devant Docteur X, Y ou Z.

Mais voilà, je sais qu'à AIDES on peut parler prise de risque et sexualité comme on parlerait de la météo. Et ça a surement été très facilitateur pour moi, même si en dehors de ce cadre de l'entretien, je n'aurais pas forcément tout déballé comme ça à une personne que je connais à peine.

Après quelques questions de type : « comment réagirais-tu en cas de dépistage positif / négatif ? » « connais-tu des personnes dans ton entourage qui sont séropositives ? », vient donc le moment de réaliser le test. C'est relativement simple : après m'être fait masser le doigt (hot... :p), un tout petit appareil permet de me faire une mini-piqûre indolore. Après quelques secondes, une gouttelette de sang sort de mon doigt et à l'aide d’une petite pipette, mon « dépisteur » m'en prélève un peu et l'injecte dans le petit boîtier contenant le test de dépistage.

Une petite manipulation est nécessaire pour avoir le résultat, en mélangeant quelques produits avec le sang pour qu’apparaisse(nt) le ou les petits indicateurs qui permettront de connaître le résultat.

Durant cette manipulation, on vous demande alors de sortir deux petites minutes : c'est à l'intervenant de vous donner le résultat, pas à vous de le découvrir en même temps en regardant le petit boîtier.

Deux minutes plus tard, le résultat est annoncé et s'en suis l'entretien post-test où l'on discute de la suite. Si le résultat est négatif cela permet une nouvelle fois de discuter de son rapport au risque, son vécu des dépistages, etc. Si le résultat est positif, cela permet d'accompagner la personne sur le moment et lui proposer un accompagnement pour la suite, qui peut être un accompagnement physique à l'hôpital ou dans un centre de dépistage.

Car si les asso sont habilitées à faire des dépistages, seul un médecin peut rendre un diagnostic. Aussi est-il est nécessaire de faire confirmer un résultat positif.

Voilà pour mon expérience ! J'en ressors globalement satisfait. Ça a été l'occasion de me faire dépister et de discuter de ma sexualité, ce qui est finalement relativement rare pour moi. Après libre à chacun d'aller là ou il veut pour se faire dépister. Mais un des avantages de ce nouvel outil, comme nous allons voir, c'est qu'il permet aussi d'aller vers les personnes et non pas seulement d'attendre qu'elle viennent.

Les enjeux du dépistage rapide et communautaire

Le dépistage rapide et communautaire cherche à répondre à certains enjeux majeurs de la lutte contre le VIH/Sida : dépister plus et plus tôt les personnes les plus exposés au risque de contracter et transmettre le virus. Et ce afin de leur proposer un suivi médical incluant éventuellement un traitement, si la personne se sent prête. Pour le bénéfice de sa santé. Et pour lutter contre le risque de transmettre le virus.

Sauf que, concrètement, il y a toujours des personnes que l'on n'arrive pas à atteindre par le dépistage classique. Des personnes qui ignorent qu'elles sont séropositives et qui sans traitement sont très contagieuses, notamment les premiers mois de leur infection. Des personnes qui n'ont pas le « réflexe dépistage » pour de nombreuses raisons : hors-milieux, peur entretenue par de nombreuses prises de risques, crainte d'aller dans une structure de dépistage, etc.

Pour répondre à cela, les tests rapides et communautaires pourront se faire sur les lieux où interviennent les militants associatifs. L'intérêt que ce soient des militants associatifs (formés à cela) et non des médecins permet une approche différente du dépistage. Ceux-ci sont ainsi en effet proposés par des personnes qui ont de fortes chances d'avoir un vécu de la sexualité et du rapport au risque plus proche du votre. Cela peut être libérateur de parole et peut permettre un échange de savoir entre pairs que l'on ne trouverait pas dans un autre cadre !

Ces dépistages pourront être proposés directement là où les mecs se trouvent (et baisent éventuellement). Dans les saunas ou les sexclubs par exemple, une petite pièce pourra être mise à disposition pour faire du dépistage. Sur les lieux de drague, un mini-bus peut offrir un espace pour cela.

Il s'agit donc de toucher un public que l'on n'aurait du mal à atteindre ailleurs. Et d'avoir cette démarche proactive vers les personnes, pourra éventuellement en pousser certaines qui, par crainte de se faire dépister, n'aurait jamais eu la force d'aller jusque dans un centre de dépistage ou chez leur médecin.

Les interrogations soulevées par le dépistage rapide et communautaire


De nombreuses questions se posent régulièrement. Par exemple, la confidentialité et l'anonymat. Le risque d'être vu dans un état un peu perturbé en cas de résultat positif. Ce sont de vraies questions auxquelles les acteurs associatifs doivent systématiquement réfléchir lors de la mise en place de cette offre supplémentaire sur leurs actions. L'aménagement physique du lieu est aussi pensé en fonction de cela.

Un dépistage peut être fait dans un lieu insolite (un vieux parking de baise). Il ne sera pour autant jamais fait à la sauvage et des conditions d'hygiène, de sécurité et de confidentialité doivent être réunies pour pouvoir en proposer un. D'où l'intérêt notamment d'avoir un mini-bus aménagé sur un lieu de drague ou une pièce dédié dans un sauna. L'anonymat est bien entendu garanti comme dans n'importe quel centre de dépistage. Si on vous demande votre prénom, vous pouvez dire : Lope57ans.

Quant au fait d'être vu... j'aimerai vous dire que je croise plus souvent des têtes que je connais, et donc des mecs susceptibles de me voir effondré, quand je vais me faire dépister dans un centre, que sur un lieu de drague... Donc à ce niveau là, c'est kiff-kiff.

Enfin j'aimerais rajouter que c'est une offre supplémentaire de dépistage qui est proposée. Si une personne ne se sent pas à l'aise d'en faire un à cet endroit en particulier, pourquoi en ferait-elle un ici et pas ailleurs ? Il n'y a aucune injonction au dépistage, juste une offre différente en complément de ce qui existe déjà. Et l'entretien pré-test permet justement d'identifier si c'est le meilleur moment pour la personne de faire un test et si ça ne vaut pas le coup d'attendre d'être ailleurs ou d'être prête dans son esprit pour en faire un.

D'après les échos que j'ai eu, il semble néanmoins que ces « lieux insolites » (saunas, lieux de drague), ont un certain succès auprès des mecs pour faire un test de dépistage.

La dimension politique du dépistage communautaire 

J'aimerais terminer cet article sur l'enjeu politique de la mise en place du dépistage communautaire. Que ce soient des pd qui dépistent d'autres pd, des migrants qui dépistent d'autres migrants, des tox qui en dépistent d'autres, des putes qui dépistent d'autres putes, cela participe d'un seul et même objectif d'appropriation par les communautés du pouvoir sur leur santé.

Cela renforce les capacités d'une communauté à agir favorablement sur la santé de ses pairs en adaptant l'offre de santé à ses besoins spécifiques, qu'ils connaissent mieux que personne. Ce qui est plus difficile avec une offre standardisée, qui bien qu'ayant le mérite d'être universelle, ne permet pas de prendre en compte les spécificités propres à des communautés plus affectées.

D'une vulnérabilité, celle par exemple du risque très élevé d'exposition au VIH, on en fait une force, pour combattre, justement, ce qui nous affecte de manière disproportionnée par rapport aux autres. A prendre en compte ces spécificités dans un cadre de non-jugement, cela participe à faire exploser les barrières qui freinent la lutte contre le VIH, comme la peur ou le rejet du dépistage classique.

Enfin, davantage de solidarité entre pairs, cela renforce aussi l'idée que l'on n'est pas seul dans sa communauté. Même si cela ne fait pas tout, dire « je suis séropositif » auprès de pairs capables de soutien et d'empathie est quand même plus aisé. A Brighton, où je viens de passer une année, il y a une communauté LGBT très organisée avec une forte visibilité du VIH (des personnes, des associations, des évènements, des symboles). Et jamais autant de personnes rencontrées et de mes partenaires sexuels se sont senties aussi à l'aise de me révéler leur séropositivité.

Je ne crois pas être utopiste, il y a encore du boulot pour transformer l'image et les représentations sur le VIH et les personnes séropositives au sein de notre communauté. Et lutter contre la sérophobie. Le dépistage communautaire est néanmoins un pas de plus vers cet objectif, il me semble. Car un gay ou gay-friendly qui dépiste un autre gay le mardi à 23h sur un vieux parking, ça a une valeur symbolique différente sur la place du VIH et des séropositifs dans notre communauté, qu'un gay qui se fait dépister par Dr. X, Y ou Z le jeudi après-midi à 16h15 pendant les heures d'ouverture du centre de dépistage.

N'hésitez pas à vous renseigner auprès de AIDES (www.aides.org), pour voir où sont déployés les actions incluant du dépistage rapide et communautaire près de chez vous. J'espère que bien d'autres associations seront en mesure de proposer cet outil également.

Vincent

Crédit photo : Terrence Higgins Trust 2011 - Montage : Vincent

1. Tests Rapide d'Orientation au Diagnostic (TROD)

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La relation patient-médecin

15 août 2011
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Au cours des précédents articles nous avons plusieurs fois eu l'occasion avec Jonathan de parler de la relation patient-médecin lorsqu'on est gay. Et notamment de la difficulté à fonder une relation de qualité avec son médecin traitant ou tout autre professionnel de santé auquel on est confronté.

Oui, il existe une santé gay

… C'était même le sujet de notre article introductif (voir « Existe-t-il une santé gay ? »). Il est indéniable que traiter un patient gay nécessite certains réflexes tels que proposer un dépistage des IST, aborder la question du poids de l'homosexualité dans la famille, au travail, etc.

Mais voilà, le constat que nombre d'entre nous faisons est que d'une part il est difficile de révéler son homosexualité à son médecin. Surtout lorsqu'on dépend encore de son médecin de famille. Et d'autre part lorsque cela a effectivement été dit, on se retrouve parfois face à devoir faire avec leurs maladresses et les clichés habituels qui ne facilite pas l'expression de notre parole.

Exemple ci-dessous d'une conversation que j'ai pu avoir avec ma médecin traitant :

« Je viens pour un test chlamydia, vu qu'une personne avec qui j'ai eu un rapport dit l'avoir chopé et n'avoir eu de contact sexuel qu'avec moi ces derniers mois (et a regretté d'ailleurs, :) ). Je souhaite faire un test et éventuellement avoir un traitement.

- Mais vous avez des symptômes ?

- Non

- Alors pourquoi vous voulez faire un test ?

- On peut être porteur asymptomatique pendant un certain temps.

- Vous croyez ?

-  Oui...

(elle regarde sur son ordinateur)

- Ah oui. »

Un peu plus tard :

« Est-il possible de faire un test VIH également ?

- Pourquoi ?

- Et bien je fais régulièrement un test pour contrôler.

- Ah bon ? Mais vous avez pris un risque ?

- Non.

- Il faut bien mettre un préservatif avec vos petites copines. Et si vous prenez un risque... bah... tant pis !

- Il existe un traitement d'urgence, non ?

- Ah oui, aussi... »

Un peu plus tard encore :

« Ah mais vous êtes ho-mo-se-xuel ? Bon... et c'était un rapport... comment dire... incertif ou réceptif ?

- 'réceptif'...

- non mais, vous, les homosexuels. Vous pouvez pas en garder un et vivre avec, plutôt que d'aller voir à droite et à gauche ?

- et bien, c'est un choix de vie.

- ah. Moi je connais un couple homosexuel, ils ne vont pas voir ailleurs en même temps. »

Je ne lui en ais pas voulu à ma médecin traitant. Mais voilà, c'est juste qu'elle a une patientelle principalement composée de familles et de personnes âgées. Elle est certainement très compétente dans les pathologies liées à l'âge. Mais au niveau de l'homosexualité ou de la santé sexuelle elle n'y connait absolument rien et manque de tact pour en parler.

Faut-il un médecin gay ?

Une demande à laquelle nous avons souvent à faire dans l'associatif est celle de donner le bon filon d'un médecin gay dans le coin. Il n'existe pas de liste officielle et c'est souvent par le bouche à oreille que cela fonctionne. Il existe bien une association des médecins gays (AMG – voir chat avec les Dr. Philippe Lagrée et Nicolas Foureur). Celle-ci milite à la fois pour la reconnaissance des médecins et des patients homosexuels. Mais ce n'est pas le rôle de l'AMG de publier le nom des professionnels de santé homosexuels, bien que lors de ses permanences vous pouvez éventuellement êtres orienté vers un médecin en particulier.

Néanmoins l'homosexualité d'un médecin ne garantie pas sa capacité à aborder les problématiques récurrentes chez ses patients homos. Il est peut être préférable d'avoir à faire à des professionnels de santé formés, par exemple, à la santé sexuelle ou à la sexologie clinique. Car n'oublions pas que l'objectif c'est de vous soigner. Ce n'est pas à vous d'être désolé d'être gay mais bel et bien à celle ou celui à qui vous faites un chèque, ou que l'État paye, à la fin de la consultation, de vous apporter un service de qualité.

Je le répète souvent, mais il existe une grande diversité de professionnels de santé. Certains excellents, d'autres qui ne méritent pas ou plus leur titre. Vous êtes libre de changer si vous ne vous sentez pas à l'aise. Que ce soit en consultation de ville, ou même à l'hôpital, vous pouvez toujours essayer de voir avec le secrétariat s'il existe la possibilité de voir un autre médecin.

C'est cette relation patient-médecin, si importante, qui peut être l'une des explications de l'attrait des gays pour les centres de santé sexuels.

Les centres de santé sexuelle

Globalement, il s'agit de centres de santé anonymes et gratuits dans lesquels vous pouvez bénéficier de consultations liées à la santé sexuelle/psycho-sexuelle. Comme par exemple le dépistage approfondi des IST. Personnellement j'ai été totalement séduit par le concept en Grande-Bretagne. En France il n'est pas encore généralisé en dehors de Paris, faute de moyens et de volonté politique.

J'ai bénéficié à chaque fois d'entretiens où l'on me posait plein de questions allant de la pipe au fist, en passant par l'origine de mes partenaires, si les rapports étaient protégés, si oui, comment, si non, à mon avis, pourquoi, si j'avais eu des rapports tarifés, si j'avais pris des produits, etc. etc. Tout est abordé et de manière simple, directe et respectueuse, sans jamais me juger et toujours avec une attitude positive et encourageante.

Et par la suite j'ai à chaque fois eu le droit à une batterie de tests que même la NASA ne doit pas effectuer sur ses astronautes : prise de sang, prélèvement buccal, spéculum dans le cul et prélèvement anal, prélèvement dans l'urètre (GGGgggnnnnaaaaaaaaaaaaah putain oui je suis un HOMME ET JLE SENS BIEN LA... OH OUI JE SOUUUUUFRE VAS Y REMUE LE COTON TIGE DANS L’URÈTRE UNE DEUXIÈME FOIS) et analyses d'urines. Ouf ! Petite anecdote, pour montrer le respect que le médecin attache à votre intimité et la délicatesse de ce moment, le médecin va s'isoler derrière un rideau pendant que vous vous déshabillez et ne reviens qu'à votre signal. C'est tout simple, mais ça rassure.

Enfin, il m'a à chaque fois été proposé de voir une psy super sympa qui m'offrait des petits sacs de préservatifs et de lubrifiant en me demandant comment j'allais. C'était aussi l'occasion de me demander comment l'entretien avec le médecin c'était passé et en récapitulant ce qui venait d'être fait. Elle saisissait aussi l'opportunité d'aborder la question de quoi faire en cas de prise de risque ou de savoir comment j'analysais mes propres prises de risque quand j'en prenais.

Le jour même des premières analyses sont rendues et les traitements éventuels donnés gratuitement. Et pour les tests nécessitant un passage au laboratoire (VIH syphilis, etc.), un délais d'une semaine était à prévoir pour venir chercher ses résultats (ou les recevoir par SMS...).

En conclusion ?

Vous l'aurez compris, la relation patient-médecin, lorsqu'elle est de bonne qualité et vous permet de vous exprimer sans être jugé, peut permettre un certain confort du patient. Et celui-ci sera par conséquent d'autant plus à l'aise de donner l'ensemble des informations nécessaire au praticien pour faire son diagnostique médical.

N'oubliez jamais que dans cette relation avec votre médecin, vous êtes roi et non l'inverse.

La santé sexuelle et les questions relatives à l'homosexualité forment une pratique médicale particulière, on pourrait même dire, une spécialité. Et l'existence de centres spécialisés est un vrai confort pour les patients homosexuels.

Notez la publication d'une brochure, à destination des généralistes, réalisée par AIDES et l'AMG intitulée : « Homosexuels, des patients comme les autres ? ». Si un jour par hasard vous passez pas loin de chez votre médecin, n'hésitez pas à glisser un exemplaire dans sa boîte aux lettre.

Vincent

Et vous, vous santez vous à l'aise de parler avec votre médecin de votre homosexualité et de votre santé sexuelle ? Souhaiteriez-vous avoir un médecin gay ou cela ne vous importe peu ? Quels sont vos trucs & astuces pour aborder ces questions avec votre médecin ?

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Crédit photo: © Terrence Higgins Trust / Montage : Vincent
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Couples sérodifférents – témoignages

1 août 2011

Article écrit par Jonathan.

« Sérodifférence »… ! Pour faire simple, c’est le fait qu’il y ait dans un couple un partenaire qui est séropositif, et le deuxième qui est séronégatif, donc qu’il y ait une différence sérologique (VIH en l’occurrence) entre les deux partenaires. Ce terme est à préférer à celui de « sérodiscordance » portant une sémantique plus agressive.

C’est une situation qui est très souvent cachée, parfois même aux amis les plus proches. Il a été rude de trouver des témoignages dans mon entourage, malgré le boulot que j’exerce. Bien que dans les témoignages ci-dessous vous verrez que ce n'est pas un sujet dont le couple parle au quotidien, on remarque la difficulté qu’il peut y avoir à parler du fait d'être séropositif ou d'être dans un couple sérodifférent aux autres, à l'extérieur du couple.

Je suppose que dans votre entourage il y a possiblement plusieurs personnes séropositives, mais il y a aussi plusieurs personnes qui sont en couple avec une personne séropositive. Dans tous les cas combien vous en parlent ? Combien connaissez-vous de couples sérodifférents ? Et si oui, si vous l'avez appris directement d'eux ou bien par quelqu'un d'autre qui les auraient  « outé ».

Sur les actions de prévention que je mène avec l'association AIDES, j’en ai rencontré des tas de mecs… Et peu m'ont parlé de leur vécu dans un couple sérodifférent de vive-voix. Alors même que lorsque l'on fait passer des petits questionnaires anonymes, certains disent être concernés.

Cet article nous permet de réfléchir à savoir quels sont les espaces d’expression pour ces couples. Des deux partenaires ensemble tout autant que de celui qui est séroneg et celui qui est séropo, sans que la parole de l'un n'écrase celle de l'autre. J'ai ainsi souhaité par cet article donner la parole à deux mecs vivant dans deux couples sérodifférents. L'un est séroneg et le deuxième séropo.

« Ça va faire un an et demi qu’on est ensemble, il sait depuis un peu moins de 2 ans qu’il est séropo, et pour l’instant il n’est pas sous traitement car son médecin spécialiste du VIH n’en voit pas l’intérêt tant que ses T4 sont bons (défenses immunitaires, ndlr), car initier un traitement est quelque chose de lourd, et une fois commencé il faut s’y tenir à vie… et la vie pour nous est encore longue, lui ayant 25 ans, et moi 21 !

Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ce ne soit pas quelque chose d’anodin, mais merde et moi dans l’histoire ? Je compte pour quelque chose ou bien ?

Je l’aime plus que tout, et je ne veux pas être contaminé. Et lui non plus ne veut pas me contaminer, il m’a dit plusieurs fois qu’il se foutrait en l’air si ça arrivait… il ne supporterait pas l’idée de me faire ça, ça le détruirait de me refiler son virus !

Mais voilà, au fil du temps c’est de plus en plus difficile à accepter de mettre un préservatif que nous trouvons tous les deux irritant en position passive, et notre sexualité ne peut pas être aussi épanouie que ce que nous voudrions. Et même si on essaye de mettre en pratique ce qu’on nous a dit pour réduire au plus possible les risques, il y en a de temps en temps.

On va ensemble à ses consultations à l’hôpital, mais quand on parle de sexualité, le médecin nous répond avec un sourire bienveillant qu’il suffit de mettre un préservatif, ce qui coupe court à toute discussion. Ni lui ni moi n’arrivons à lui parler d’éventuelles prises de risque. Un truc bien que ce médecin a fait, c’est de me rédiger une ordonnance valable un an pour me faire dépister tous les 3 mois, et il va aussi me vacciner, en douce, contre l’hépatite A en même temps que lui, et gratuitement (en France le vaccin n'est pas remboursé normalement, ndlr).

On nous a évidemment parlé du traitement d’urgence au cas où… mais je ne peux clairement pas aller chercher un traitement tous les mois… ! Une fois, la capote avait craqué, j’ai voulu en prendre un, et la médecin aux urgences était très désagréable, m’a dit que j’étais ‘’irresponsable et suicidaire’’, et a fortement insisté sur le prix de la trithérapie.

J’ai décidé de partir et de ne pas le prendre, c’était trop décourageant.

Heureusement les tests sont toujours négatifs aujourd’hui. Mais je sais qu’il suffirait d’une fois, et mon copain aussi ça le fait flipper… je pense désormais que "l’amour est un facteur de prise de risque", comme tu me l’avais déjà dit une fois. Je refusais de croire à cette connerie quand je l’ai entendu, mais force est de constater que si ! Autant avec les plans cul que j’ai pu faire, e n’avais aucun soucis de prévention, là j’ai un mec, je l’aime plus que tout, mais je refuse de voir en lui le virus, ce n’est pas ce qui compose son être, c’est l’homme de ma vie et je veux vivre avec lui comme n’importe quel autre couple.

Peut-être que la femme aux urgences avait raison, qu’on se voile la face, qu’on est irresponsables, d’ailleurs il a été très bouleversé par cet épisode de notre relation, où ça a réveillé en lui ses vieux démons, bloquant totalement sa libido… !

Il y a pourtant quelque chose qui pourrait nous sécuriser plus, c’est le traitement ! J’ai lu il y a peu une étude montrant que le traitement chez les couples comme nous réduisait de 96% le risque de contamination  !!!!!! (étude HPTN 052, ndlr) Au fond de moi je n’attends que ça, qu’il le prenne, je suis prêt à l’accompagner et le soutenir du début à la fin, pour que ça se passe le mieux possible. Et en évitant le sperme comme on le fait actuellement, je pense que le risque de contamination serait presque nul.

Mais voilà, je ne veux pas lui dire tout ça.

J’entends ses peurs avec le traitement qui est lourd, je veux être fort pour lui, et je ne veux pas qu’il le prenne juste pour me faire plaisir, mais parce qu’il en a vraiment envie/besoin, lui, et qu’il sera prêt à le prendre toute sa vie. Du moins jusqu’à ce qu’on trouve mieux.

Mais du coup j’en parle où ? A qui ?

Ses amis les plus proches sont au courant de sa séropositivité, mais je ne veux pas me confier à eux. Je n’ai que deux amis à qui je fais entièrement confiance, et qui je sais ne lâcheront jamais le morceau, et qui d’ailleurs habitent plutôt loin de Lyon. Ce qui évite au plus possible les fuites d'ailleurs. Mais ils n’ont pas que ça à faire non plus que de m’écouter parler. Donc la plupart du temps je garde mes craintes et mes questionnements pour moi.

Mon mec a une psychologue à sa disposition à l’hôpital s’il veut, mais moi j’aimerais bien pouvoir en bénéficier aussi des fois, pour pouvoir me vider un peu, lui dire mes peurs, pouvoir trouver des solutions avec cette psy peut-être… avoir l’avis d’un professionnel, mais bon ce n’est pas possible. Et si je me contaminais un jour, comment ça se passerait ? Je ne sais même pas si je pourrais parler, à ces deux rares amis avec qui j’en ai discuté, d’une séroconversion…

Mis à part ça je suis heureux tout de même hein, j’ai un mec formidable et pour rien au monde je n’en changerais. Je l’aime et on a plein de projets ensemble. On nous dit qu’on forme un beau couple, mais je pense que beaucoup sont très loin de penser à quel point on s’aime, et combien le VIH a pu nous consolider. »

(X., 21 ans, séronégatif en couple sérodifférent)

« Nous avons toujours très bien vécu ma séropositivité dans mon couple actuel, car j'en ai informé Maxime dès le début, avant tout rapport. Avec lui je sentais que ça pourrait devenir sérieux, et la suite m'a donné raison (depuis 3 ans), c'est pour ça que j'y ai été avec des pincettes.

Notre rencontre correspond à mon début de traitement. Nous étions très prudents au début, c'était même un peu de l'obsession, surtout de ma part. Aucun, mais alors aucun risque de pris. Une fois le traitement commencé et depuis que ma charge virale est devenue indétectable (ce qui réduit voire annule le risque de contamination, ndlr), nous avons relâché la vigilance, en gardant quand même la capote pour les relations anales (ce qui en l'occurrence ne gêne aucun des deux).

Aujourd'hui on a trouvé un équilibre tout à fait stable, je vais 2 fois par an à l'hôpital vérifier que tout va bien et lui se fait dépister par la même occasion, sans grande inquiétude franchement. C'est d'ailleurs tellement devenu un non-sujet de conversation (parce que nous ne nous inquiétons pas) que je ne saurais pas trop quoi te dire vis-à-vis du ressenti de Maxime. Je me vois un peu comme un diabétique, mais au lieu d'une piqûre par jour je prends une pilule. Et quand on baise (c'est toujours aussi bien) je ne pense pas une seconde à la maladie.

Par ailleurs, je n'ai jamais ressenti le besoin d'en parler, ni à mes amis, ni à ma famille, donc personne ne le sait. Je n'ai pas envie de leur faire peur et je n'ai pas envie d'avoir ce trait-là dans l'idée qu'ils se font de moi. Le jour où ma séropositivité m'affectera (si ce jour arrive) alors j'en parlerai. Tant que ça reste une pilule par jour sans effet sur mon corps ni sur mon esprit, je n'en parlerai pas.

Maxime, lui, a eu besoin d'en parler, évidemment avec moi et là il n'y a aucun problème de communication, mais aussi avec une amie proche à lui (qui est devenue une amie à moi aussi). Donc je sais qu'elle sait mais je n'en parle jamais avec elle. Je crois que maintenant Maxime non plus, il a quand même eu besoin de se rassurer auprès d'elle je pense au début de notre relation.

De manière générale lui et moi sommes sur la même longueur d'onde. Nous considérons que c'est un peu du domaine de l'intime dans notre couple donc nous n'en parlons pas autour de nous, mais nous en parlons entre nous, si besoin, et franchement pas tous les jours, loin de là !

En tous cas, je souhaite à tous les séropos d'arriver à trouver un équilibre comme j'ai pu le trouver, et à ceux qui sont en couple ou cherchent à l'être de trouver un bonhomme ou une bonne femme qui ne se prenne pas trop la tête, parce que ça n'en vaut vraiment pas la peine. C'est aussi pour ça que je voulais militer un petit peu à AIDES, pour transmettre ce genre de message, mais comme je te le disais je n'ai vraiment plus le temps de le faire... Dommage. Mais tu peux le porter pour moi, je sais que tu fais ça très bien :)  »

(A., 23 ans, séropositif en couple sérodifférent)

Je tiens à remercier ces deux personnes qui ont témoignées. Parler de ce sujet n'est pas forcément évident.

 

Difficulté à se protéger et stratégies adoptées

Les deux témoignages évoquent les difficultés à se protéger, bien que pour le second cela semble poser moins soucis. X. nous parle à un moment des techniques de réduction des risques sexuels. Bien évidemment, son médecin leur a dit de mettre un préservatif, et c’est la norme préventive, c’est aujourd’hui le moyen le plus sûr de se préserver du VIH. Il est recommandé de l’utiliser autant que possible.

Mais après, personne n’est infaillible, et on peut entendre que dans certaines situations, des personnes puissent être plus vulnérables que d’autres. Et comme la majeure partie des gens, ils ne veulent ni se contaminer, ni transmettre leur virus.

Bien sûr, il existe des stratégies pour réduire ce risque, ce dont parle X. à un moment. L'actif prend par exemple moins de risque que le passif, mettre le paquet de gel permet de réduire le risque de lésions, se retirer avant l'éjac, etc. Mais comme il est indiqué, de récentes publications en matière de recherche contre le VIH montrent que le traitement permet de réduire voire d'annuler le risque de transmission du virus, lorsqu'il est pris correctement [1]. Ou encore on pense fortement que le fait qu'un séroneg prenne un traitement spécifique avant un risque permettrait d'éviter d'attraper le VIH. Dans les deux cas, il s'agirait d'outils de plus pour les personnes souvent exposées à un risque. Comme ici dans les couples sérodifférents.

Dans les deux témoignages, on note bien ainsi que le traitement, plus que toutes les autres stratégies mises en oeuvre, est perçu comme facteur d'amélioration de la qualité de vie sexuelle dans le couple. L'angoisse, la peur de transmettre son virus est nettement atténuée si le traitement fonctionne. C'est une vraie bouffée d'oxygène pour la vie sexuelle du couple. Bien que ce soit une décision qui doit être pesée, réfléchie (et soutenue ?).

Et vous, est-ce que vous avez connaissance de couples sérodifférents, ou vous mêmes, êtes vous concerné ? Quels espaces pourrions-nous offrir pour que ces couples puissent s’exprimer, échanger, être soutenus sur les difficultés qu’ils rencontres, sur les stratégies qu’ils pourraient mettre en œuvre pour se protéger, etc. ? La séroconversion dans le couple ?

Jonathan

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[1] Voir étude HPTN 052 (lien)

[2] Voir études Partners, FDN ou encore Iprex pour les homos

Crédit photo: © Terrence Higgins Trust / Montage : Vincent


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