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Gay, Ma Santé !
Site web d'expression, d'échange et d'information sur la santé gay et ses enjeux !
Non classé | prep | VIH/Sida | 20.09.2015 - 12 h 00 | 1 COMMENTAIRES
PrEP’Dial : un groupe Facebook d’information et d’autosupport sur la PrEP
PrEP'Dial

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PrEP’Dial est un groupe francophone d’information, de témoignage et de discussions pour les usagers de la PrEP, les personnes intéressées par cette nouvelle stratégie de prévention biomédicale contre le VIH ainsi que celles et ceux qui en défendent l’accès.

Accéder au groupe : https://www.facebook.com/groups/PrepDial

Plus d’information sur la PrEP : http://www.aides.org/info-sante/prep

 

Accompagner les utilisateurs de la PrEP

PrEP’Dial s’inspire fortement du groupe Facebook anglophone PrEP Facts. Il s’agit de proposer un espace d’echange dédié aux utilisateurs de la PrEP et aux personnes désirant obtenir davantage d’information sur cette nouvelle stratégie de prévention.

Le nombre d’utilisateurs de la PrEP dans les pays francophones est en augmentation, que ce soit au travers des essais en prévention actuellement en cours ou à venir tel Ipergay, par un accès via le système de santé, comme au Quebec et on l’espère bientôt en France ou tout simplement par des circuits d’approvisionnement alternatifs (« PrEP sauvage »). Chacun pourra trouver sur ce groupe un espace d’expression, en français, pour partager son vécu dans le parcours de PrEP ou encore partager de l’information. L’objectif n’etant pas de debattre de l’intéret de la PrEP – celui-ci a déjà été démontré notamment pour les hommes ayant des rapports sexuels avec d’aurres hommes, mais bien de soutenir le succès de cette stratégie de prévention qui repose sur un accompagnement renforcé des utilisateurs.

Banaliser l’image de la PrEP

Malgré les tentatives de diabolisation par certains acteurs communautaires refractaires des utilisateurs de la PrEP, ces derniers entendent au contraire défendre leur choix de recourir à cette strategie de prévention. A l’image du mouvement des « Truvada Whores » (« salope à truvada ») ou du fil hashtag #PostYourPrEP sur les réseaux sociaux, sur lequel défilaient les selfies d’utilisateurs avec leur cachet de Truvada, les groupes PrEP Facts et PrEP’Dial souhaitent soutenir le témoignage de ces personnes motivées par l’objectif de prendre soin de leur santé tout en jouissant de leur sexualité.

 

Une animation participative, une modération communutaire

Le groupe est alimenté par les contributions des membres, libres de lancer des débats, répondre à des posts ou soumettre des articles. Le cadre est posé dans le texte de présentation du groupe : pas de dénigrement ou de trolling contre la PrEP ici et des echanges dans le respect des pratiques et des choix de chacun.

Les membres pouvent ainsi partager une information, leurs trucs et astuces sur le bon suivi du protocole de prise du Truvada, gage d’efficacité de la PrEP orale ou encore une information nouvelle qui viendrait de paraitre.

La modération est quant à elle assurée par des militants des associations communautaires AIDES et de « Nous sommes PrEP » réunissant des utilisateurs de la PrEP. Et ce afin de veiller au bon fonctionnement du groupe, à la liberté de ton sans jugement des personnes.

 

Vincent

 

Non classé | Produits | RdR | Relation médecin patient | santé sexuelle | Slam | VIH/Sida | 28.08.2015 - 17 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Traitements contre le VIH et drogues récréatives : interactions potentiellement dangereuses (methamphétamine, méphédrone, MDMA ou kétamine)
Mephedrone

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(Traduction) Les deux médicaments utilisés dans le traitement du VIH et qui sont les plus susceptibles de provoquer des interactions avec les drogues récréatives sont ceux n’ayant pas d’action directe contre le virus mais utilisés en complément des antirétroviraux pour booster la concentration de ces derniers dans l’organisme, à savoir la Ritonavir (délivré sous le nom commercial de NORVIR ® ) et Cobicistat (TYBOST ® ). Interactions également possibles avec les médicaments traitant les troubles érectiles et les benzodiazépines. (auteur de l’article : Roger Pebody, Aidsmap. Traduction : Gaymasanté !).

 

Cobicistat est une des molécules entrant dans la combinaison du STRIBILD ® (avec elvitegravir, tenofovir et emtricitabine), présent également dans le PREZCOBIX ® (avec du darunavir) ou encore EVOTAZ ® (avec de l’atazanavir). Ritonavir est prescrit en complément des inhibiteurs de protéase et est également présent dans le KALETRA ® (avec du lopinavir) ainsi que dans le VIEKIRAX ® utilisé en traitement de l’hépatite C.

Alors qu’il existe potentiellement des interactions dangereuses entre les antirétroviraux à action directe contre le VIH et les drogues récréatives, celles-ci semblent moins inquiétantes que celles identifiées avec les boosters. Par ailleurs, toutes les drogues récréatives n’ont pas forcément d’interaction avec les antirétroviraux.

« Les praticiens doivent être conscients de ces risques pour informer leurs patients, soutiennent les auteurs d’une revue d’experts publiée le 24 août dans le magasine AIDS. Partant du principe que les usagers de produits continueront d’utiliser des drogues récréatives malgré les recommandations médicales, les praticiens doivent envisager de proposer des switch (changement de traitement) chez leurs patients vers des combinaisons thérapeutiques présentant un risque plus faible d’interactions », recommandent-ils dans l’article.

A propos des interactions

Lorsqu’un médicament est pris en combinaison avec un autre produit, licite ou illicite, leur interaction peut potentiellement réduire ou accentuer l’effet de l’un ou de l’autre. C’est le cas tant pour les drogues licites (médicaments) prescrits que pour les produits illicites, comme les drogues récréatives. Néanmoins il y a généralement plus d’études réalisées sur les interactions entre drogues licites, qu’entre médicaments et drogues illicites.

Depuis de nombreuses années néanmoins, des inquiétudes subsistent quant aux interactions entre certains médicaments antirétroviraux et les drogues récréatives. Plus récemment, un nouveau booster a été mis sur le marché : le cobicistat. Et nous assistons en parallèle à une modification des comportements chez les hommes gays au Royaume-Uni vivant avec le VIH en ce qui concerne la consommation de drogues récréatives. Le Crystal meth et la mephedrone sont en effet bien plus consommés qu’ils ne l’étaient auparavant, notamment dans le contexte des chemsex parties, ou soirées privées pouvant durée de nombreuses heures avec une consommation combinée de différentes substances psychoactives.

De plus, nous constatons un usage d’injection plus fréquent de ces drogues, cette pratique ayant pour conséquence une augmentation plus rapide de la concentration des produits absorbés par le sang et des risques de surdose.

Un groupe d’étude composé de praticiens, pharmaciens, biologistes ainsi qu’un consultant sur les produits psychoactifs ont conduit une revue de la littérature et des cas cliniques documentés afin de proposer un résumé actualisé des données disponibles concernant les interactions entre drogues et médicaments antirétroviraux. Plutôt que de couvrir toutes les interactions théoriquement possibles, ils ont souhaité proposer une revue pratique au service des praticiens. Aussi se sont-ils concentrés sur les interactions entre les drogues illicites communément utilisés chez les hommes gays vivant au Royaume-Uni et les médicaments antirétroviraux.

« Nous disposons de peu de données sur les interactions entre l’usage de substances psychoactives et les antirétroviraux, mais les connaissances concernant les potentiels effets cliniques de telles interactions doivent faire l’objet d’une grande attention de la part des praticiens suivant des patients vivant avec le VIH », précisent-ils.

 

Ritonavir et cobicistat

Le message principal de cette revue est que les deux médicaments prescrits les plus susceptibles de causer des interactions dangereuses avec les drogues récréatives sont le ritonavir (NORVIR ® ) et le cobicistat (TYBOST ® ).

Ces deux médicaments appartiennent à la classe des boosters, qui n’ont pas d’effets directs sur le VIH mais qui sont prescrits pour augmenter le niveau de concentration des antirétroviraux. Une petite dose de ces médicaments suffit à faire en sorte que le foie ralentisse le processus de dégradation, ce qui signifie que la molécule antirétrovirale restera plus longtemps dans l’organisme et à un niveau de concentration plus élevée. Sans cet agent booster, il faudrait prescrire une dose plus importante d’antirétroviral, pour un même niveau d’efficacité.

Ces boosters sont généralement utilisés en complément de la classe des antiprotéases (lopinavir, darunavir, atazanavir, fosamprenavir, tipranavir, communméments appelés par leurs noms commerciaux : KALETRA ® , PREZISTA ® , REYATAZ ® , TELZIR ® , APTIVUS ® ) mais aussi avec un inhibiteur d’intégrase (comme l’elvitagravir, contenu dans le STRIBILD ®) et dans certaines combinaisons thérapeutiques contre le virus de l’hépatite C (VIEKIRA ® ).

Ritonavir et cobicistat sont métabolisés par des enzymes du foie appelés CYP2D6 et CYP3A4. Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées par les mêmes enzymes, provoquant de potentielles interactions. L’effet booster ralenti alors leur dégradation par le foie, avec pour conséquence d’augmenter la concentration et la durée de vie dans le corps des produits psychoactifs. Ce qui peut mener à de sérieux effets secondaires voire à une overdose.

Quels produits sont concernés

Un certain nombre de drogues récréatives sont métabolisées soit par l’enzyme CYP2D6 du foie, ou la CYP3A4 – les mêmes métabolisées par le ritonavir et le cobicistat. Celles-ci sont :

  • – Crystal methamphetamine (crystal, tina, meth)
  • – MDMA (ecstasy, X, mandy)
  • – Mephedrone (miaw miaw, plant food, bath salts)
  • – Ketamine (K, vitamin K, special K)
  • – Médicaments contre les troubles érectiles (Viagra, Cialis, Levitra)
  • – Benzodiazepines (benzos, Valium, Xanax)

Les auteurs jugent les interactions potentielles entre les trois premiers produits comme étant plutôt « modérés ». Inversement ils estiment que les trois derniers présentent un « risque élevé » d’interactions. Par ailleurs les médicaments traitant les troubles érectiles ou encore les benzodiazepines font souvent l’objet d’une consommation « sauvage », hors circuit médical, avec un risque de prendre une dose plus conséquente.

Avec chacune de ces drogues récréatives, une interaction avec le ritonavir et le cobicistat a pour conséquence l’augmentation en intensité de leurs effets, pouvant aller à des niveaux dangereux et difficiles à gérer pour la personne.

Des cas de décès chez des personnes sous ritonavir consommant du Crystal meth ont été rapportés, ainsi que chez des personnes consommant de la MDMA. Les analyses post-mortems ont montré un niveau anormal de concentration de ces drogues récréatives dans le sang de ces individus. Des cas ont également été identifiés d’effets secondaires graves consécutifs à l’usage de Ketamine chez des personnes sous ritonavir.

Les surdoses de médicaments traitant les troubles érectiles peuvent être dangereux pour le cœur. Les surdoses de benzodiazepines peuvent quant à elles provoquer des malaises ou des troubles respiratoires.

Les auteurs indiquent ne pas connaitre les interactions liés au GHB (gamma-hydroxybutyrate) ou GBL GBL (gamma-butyrolactone) et reconnaissent que peu de cas d’interactions ont été documentés jusqu’à présents.

Drogues récréatives et inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse
Des interactions différentes peuvent se présenter entre les drogues récréatives et les inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, dans la mesure où celles-ci sont métabolisés d’une autre manière. La conséquence de la combinaison des deux peut alors résulter en une concentration moins importante que prévu du produit psychoactif.

Cela concerne notamment les produits suivants : Efavirenz (SUSTIVA ®), Nevirapine (VIRAMUNE ®) et Etravirine (INTELENCE ®). Par opposition, la Rilpivirine (EDURANT ®) ne semble pas présenter d’interaction avec les drogues récréatives.

Les auteurs pensent que cette interaction peut notamment se produire avec la cocaïne, la kétamine et les médicaments traitant les troubles érectiles.

Cette classe de médicament a en effet pour conséquence d’accélérer la dégradation par le foie des drogues récréatives, ce qui signifie que les produits restent moins longtemps et à une concentration moindre qu’attendue. Bien que cela puisse sembler moins dangereux, les auteurs soulignent que si le produit n’a pas l’effet escompté par la personne, cela peut mener à une consommation plus importante ou une modification de la pratique, par injection par exemple, menant à des risques imprévisibles.

Les produits n’ayant pas d’interaction significative
Les auteurs considèrent le potentiel d’interactions entre certaines autres drogues récréatives et antirétroviraux comme étant plutôt faible. Cela inclue l’alcool, le cannabis, le poppers, l’héroine et certains autres opiacés.

De la même manière, les molécules antirétrovirales suivantes n’ont pas fait l’objet de troubles particuliers documentés :

  • – L’ensemble des Inhibiteur nucléosidique de la Transcriptase inverse,
  • – La Rilpivirine (EDURANT ® ), qui est un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse,
  • – Raltegravir (ISENTRESS ® ) et dolutegravir (TIVICAY ® ), qui sont des inhibiteurs d’intégrase,
  • – Maraviroc (CELSENTRI ® ), un inhibiteur de CCR5.

 

Recommandations

« Les praticiens doivent être vigilants aux épisodes et pratiques de consommation de drogues récréatives chez leurs patients afin de les informer sur les risques de toxicité, des effets secondaires liés aux produits et de potentielles interactions pouvant mener à une surdose involontaire et fatale » concluent les auteurs de l’article.

« Malgré cela, de nombreux patients ne modifieront pas leur consommation, par conséquent un switch vers une autre combinaison antirétrovirale présentant moins de risque d’interaction doit être envisagée avec le patient ».

Auteur : Roger Pebody

Cet article est une traduction du site www.aidsmap.com. Voir l’article original.

 

Références
Bracchi M et al. Increasing use of ‘party drugs’ in people living with HIV on antiretrovirals: a concern for patient safety. AIDS 29: 1585-1592, 2015.

L’université de Liverpool a par ailleurs publié un tableau des interactions entre les antirétroviraux et les drogues récréatives.

Produits | RdR | Slam | 28.05.2014 - 09 h 01 | 1 COMMENTAIRES
Slam : seringues, récupérateurs et petit matériel en accès gratuit

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Image - slamLes militants de AIDES Île-de-France tiennent une permanence dédiée au slam au 36 rue Dussoubs (2e arrondissement, M° Réaumur, Sentier ou Les Halles)) tous les jeudis de 18h à 20h.

Tu trouveras en accès libre tout le matériel stérile et à usage unique nécessaire pour un slam à moindre risque (je vous apprends rien en disant que le partage de la même seringue voire du petit matériel (coton, cuillère, tampon, etc.) entre deux ou plusieurs personnes est à haut risque de transmission du VIH et de l’hépatite C).

C’est également l’occasion de se poser, discuter de ses pratiques, partager les bonnes astuces de consommation et prendre connaissance des ressources existantes concernant l’usage de prods (infos, asso, sites web, professionnels, etc.). Il est également possible de faire un test rapide du VIH et (espérons le) bientôt de l’hépatite C.

Les militants ont un projet de développement d’un espace ressource dédié, avec notamment la production d’une vidéo d’injection à moindre risque et d’un site web faits par et pour les mecs qui slam regroupant plein d’infos, de trucs et astuces. N’hésite pas à venir en discuter sur place, ils ont besoin de volontaires !

Il est également possible de venir en dehors de cette permanence dédiée. Le local de AIDES est ouvert le Lundi de 14h à 17h, et du mardi au jeudi de 10h à 13h. Le mieux reste aussi de les appeler savoir quand tu peux passer. Tél : 01 44 82 53 14

Possibilité de discuter aussi sur BBZ, profil : Assoc AIDES2 !

Pour trouver tous les lieux où récupérer du matériel en France, quelques liens :

VIH/Sida | 07.05.2014 - 14 h 58 | 11 COMMENTAIRES
Enquête flash: votre avis sur la pilule qui protège du VIH.
theNewCondom

Aides enquête sur le Truvada, un traitement pré-exposition.

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L’association AIDES lance un sondage sur la pilule qui protège du VIH qui ne devrait pas tarder à débarquer sur le marché français et qui est déjà disponible aux États-Unis.

Pour répondre à cette enquête flash : cliquez-ici !

On sait que ce traitement marche pour protéger du VIH quand il est bien pris. Mais on sait aussi que dans les essais réalisés, beaucoup de personnes ne le prenaient pas suffisamment bien pour que ça ait un effet protecteur. Il a notamment été mis en avant le caractère stigmatisant d’avoir avec soi une boîte de médicament contre le VIH quand on est pas infecté ou encore le fait d’être catalogué comme salope.

Il faut donc essayer de trouver le meilleur moyen pour soutenir la mise à disposition la plus adaptée de cet outil complémentaire de prévention pour favoriser son appropriation. Et c’est bel est bien l’objectif de ce sondage.

Actuellement cet outil est accessible en France uniquement dans le cadre d’un essai clinique de prévention auprès des garçons (bio ou trans) gays  intitulé Ipergay (www.ipergay.fr). Cet essai comprend un bras de personnes ayant le traitement avec le produit actif qui protège du VIH et un bras de personnes ayant un placebo. Les participants n’ont donc aucune certitude d’être effectivement protégés du VIH.

Dépistage | Handicap | Relation médecin patient | Rencontres | santé sexuelle | VIH/Sida | 15.04.2014 - 17 h 52 | 4 COMMENTAIRES
Handicap & Sexe : « Le BDSM permet de ressentir son corps »

Entretien. Janvier 2014, après un fast-food dégueulasse, nous voila avec Fabrice assis face à face pour préparer un entretien un peu particulier. Cela fait bien longtemps que je souhaitais publier sur ce blog un texte sur les homos, le handicap et le sexe, mais sans trouver vraiment d’accroche originale par rapport à ce qui a déjà été dit. Fabrice me montrera que tout n’a justement pas été dit, notamment par les personnes en situation de handicap elles-mêmes, dont la parole est trop souvent confisquée par les professionnels de santé. Malgré son handicap, en raison de complications survenue à la naissance, Fabrice n’a jamais renoncé à explorer les rencontres, les relations et le sexe. Un chemin semé d’embuches qu’il nous raconte avec courage, pudeur et sincérité. Le « on » a parfois du mal à laisser place au « je ». Car quand on est gay et que l’on vit avec un handicap, il n’est pas facile de parler sexe à la première personne. Mais c’est bien de lui dont il nous parlera, alors big up Fabrice !

 

Vincent – Avant de commencer, quelles expressions dois-je bannir de mon vocabulaire lorsque je parle de handicap ?

Fabrice – Tu dis bien ce que tu veux. Je préfère personnellement parler de « personnes en situation de handicap » plutôt que de « personne handicapée ». Car c’est bien la société qui en étant inaccessible, à certains endroits ou à certains moments, met des personnes en situation de handicap.

Je retiens ! Tu me parles un peu de ton parcours…

J’ai des problèmes psychomoteurs qui se traduisent par une marche retardée, une difficulté à l’écrit et dans l’élocution, depuis ma naissance. Durant mon enfance et mon adolescence j’ai été placé dans des institutions. Pour autant, j’ai toujours essayé de m’intégrer au milieu de personnes valides. Par exemple, on voulait me placer dans des structures d’accueil de travailleurs en situation de handicap, dans lesquelles on fait un boulot mal payé et pas intéressant, comme du pliage d’enveloppes. Ces structures sont nécessaires et utiles, en fonction du handicap. Mais je ne trouvais pas ma place, c’est un milieu protégé qui ne me correspondait pas.

Il en est allé de même dans ma vie sexuelle, puisque j’ai toujours eu davantage de rapports avec des personnes valides. Auparavant je vivais une sexualité clandestine. Je disais être hétéro, alors même que très tôt, j’ai su être attiré aussi bien par les garçons que par les filles. Il faut dire que dans les institutions spécialisées on ne parlait pas beaucoup de sexualité avec les professionnels, à mon époque en tout cas. C’était même interdit d’avoir des rapports sexuels, on risquait le renvoi ! Tu imagines l’image négative que cela nous donnait de la sexualité ? Pour autant il y avait bien une sexualité, ou en tout cas des contacts physiques. Mais c’était caché. On en discutait aussi, enfin on parlait surtout des rapports entre garçons et fille. Comme beaucoup de personnes de mon âge, j’étais dans l’interrogation sur ma sexualité et aujourd’hui je me définis comme homo.

J’ai commencé à avoir mes premiers rapports sexuels vers l’âge de 25 ans. Je fréquente beaucoup les saunas et les boites de nuits et fait des rencontres par Internet principalement. D’ailleurs j’ai eu le droit aux moqueries ou au regard des autres. Cela peut atteindre l’estime de soi. Mais j’ai travaillé là dessus et ça m’a rendu plus fort. Et heureusement, tout le monde ne se moque pas.

Sur ce blog on parle beaucoup des enjeux de santé des gays et en particulier de la gestion du risque dans un cadre sexuel. Comment ça se passe pour toi ?

Quand on est une personne en situations de handicap, on peut parfois être vulnérables. On a tellement peu de relations que l’on est plus facilement tenté de dire oui pour des situations qui sont pourtant de vrais risques. Il m’est arrivé d’être tenté, lorsqu’on me proposait des rapports sans préservatif alors que je veux me protéger.

En raison de mes problèmes de psychomotricité, j’ai parfois aussi du mal à mettre un préservatif. Enfin il y a d’autres fois où, comme tout le monde, lorsque je fais des rencontres, il m’arrive aussi de prendre des risques sur le moment, sur le coup de l’excitation.

Ce dont tu me parles souligne l’importance aussi d’avoir un suivi régulier. Comment abordes-tu ta vie sexuelle avec un médecin ?

Je ne ressens pas le besoin d’aller voir un médecin. Je n’ai pas beaucoup de rapports sexuels, alors bon… Tu sais, j’ai eu affaire aux médecins et aux professionnels toute ma vie. Maintenant, j’en ai un peu marre… Non, quand je vois un professionnel, je ne parle pas de ma sexualité. Il m’est arrivé une fois de demander un test du VIH à un médecin. Mais c’était pour éviter de faire prendre un risque à un garçon. J’ai toujours privilégié les autres par rapport à moi, que ce soit la santé ou le reste. A vrai dire, ma santé n’a jamais eu beaucoup d’importance à mes yeux.

Si je comprends bien, prendre soin de sa santé est très lié à l’estime de soi ?

C’est ça. Néanmoins je vais essayer d’aller au Centre de santé sexuelle, le « 190 » et peut être que ce sera plus simple là-bas.

Tu me raconteras alors ! Ce que tu me dis pose aussi la question des espaces d’échanges et de discussions qui existent lorsqu’on vit avec un handicap et que l’on est aussi attiré par les personnes du même sexe…

Je suis allé à plusieurs reprises dans des associations LGBT. J’ai aussi participé à des rencontres de la communauté. Mais sans jamais réellement trouver ma place. Puis un jour, j’ai rencontré un militant de l’association AIDES. Il m’a dit tout de suite « toi, ça se voit que t’es gay ». J’ai paniqué. Personne dans ma famille ou parmi mes amis n’était au courant, j’avais peur que ça se voit. Et finalement il m’a proposé de participer à des ateliers dans son association. J’ai trouvé là un espace où parler de santé et sexualité dans un cadre convivial.

C’est vrai que maintenant je fais des dépistages du VIH plus régulièrement mais uniquement avec des personnes de confiance à AIDES. J’ai même commencé à participer à des activités de l’association et pour la première fois je me suis mis nu avec d’autres militants sur une plage naturiste sur laquelle ils interviennent l’été.

Pour autant même auprès de personnes avec qui je discute longuement et qui m’acceptent comme je suis, dans les associations notamment, ça reste difficile de faire des rencontres.

J’ai cru comprendre que tu avais monté un projet sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Comment t’est venu ce projet ?

Quand j’étais plus jeune j’écoutais « Love in Fun » sur FunRadio – une émission où les jeunes posaient des questions sur la sexualité, de manière très ouverte. Et je me suis dit qu’il y avait quelque chose de similaire à faire pour les personnes en situation de handicap. Avec plusieurs autres personnes nous avons alors monté une association et notre première initiative fut de lancer une émission radio, diffusée sur Handi F.M. Une fois par mois nous parlions à l’antenne de la vie affective et sexuelle lorsque l’on est en situation de handicap. Nous essayions aussi de mettre en place des distributeurs de capotes dans les institutions. Mais il faut avouer qu’il y avait de nombreuses réactions négatives de la part des professionnels qui considèrent que c’est de l’incitation alors que le règlement interdit tout rapport. Nous mettons également des espaces de parole et d’informations sur la vie affective et sexuelle

Il y a souvent l’amalgame entre vie sexuelle d’une personne en situation de handicap et violence sexuelle, n’est-ce pas ?

Ces violences existent. Dans certain établissements. On ne laisse par exemple pas le choix entre les différents moyens de contraception (pilule uniquement), il y a des cas de stérilisations. Sans parler du manque de respect de l’intimité, en nous baladant nu dans les institutions.  En rentant dans la chambre des résidents sont parfois frappés. Il y a des viols aussi. Toutes ces violences viennent des professionnels ou des autres résidents et sont principalement à l’encontre des femmes. Pour autant c’est très difficile de faire comprendre que notre sexualité ne se résume pas à la violence et que nous avons le droit à une vie affective et sexuelle.

Dans mon entourage il y a même des personnes en situation de handicap qui kiffent le BDSM. Cela leur permet de ressentir leur corps et d’être maître de la douleur qu’elles ressentent, alors que depuis des années celui-ci est meurtri et manipulé par des professionnels inconnus.

Un article publié récemment par Gabriel Girard intitulé « un libre-choix en matière de prévention du Sida ?» souligne que les débats autour de la prévention se focalisent beaucoup plus sur l’acceptation ou le rejet dans la communauté des prises de risque sexuelle que sur les inégalités sociales qui font que l’on est plus ou moins en capacité de prendre soin de sa santé et de se protéger. Il prend pour exemple l’essai de prévention Ipergay sur lequel on entend s’exprimer que des « blancs cisgenre de la classe moyenne […] »… Toi tu es black, homo et en situation de handicap : tu penses quoi de la PrEP [médicament préventif contre le VIH] et des expérimentations en cours ?

Tout le monde pratique le sexe, quelque soit le groupe d’appartenance. Quand je vais au sauna je le vois bien. Seulement, exprimer ses besoins et ses prises de risque n’est pas accessible à tout le monde. Déjà qu’il est difficile d’assumer le fait de prendre des risques. Alors quand en plus on appartient par ses origines à un système de valeurs culturelles et familiales différentes, c’est un dépassement supplémentaire à faire pour pouvoir s’exprimer sur ce sujet.

De mon point de vue, je vois dans la PrEP une super opportunité pour les personnes en situation de handicap. Pour autant je ne me retrouve pas dans la communication de l’essai Ipergay qui vise trop le profil du jeune gay hédoniste. Quand tu as des difficultés psychomotrices qui font qu’il est juste pas possible de mettre une capote et que tu ne te vois pas demander à une tierce personne de venir dérouler le préservatif sur ton sexe, comment tu fais ? Je vois dans l’idée des PrEP une solution intéressante à ce problème là.

Tu parles des tierces personnes. Justement, comment te positionnes-tu dans le débat sur l’accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap, débat qui a tout simplement été balayé d’un revers de la main par le projet de loi sur l’abolition de la prostitution ?

Je suis bien évidemment favorable à l’accompagnement érotique et sexuel. D’une part car ce sera toujours à la demande de la personne et jamais contre son gré – à partir de là, on ne peut pas dire que c’est une violence car tout le monde est consentant. Cela peut se faire si l’on propose un cadre précis. Par exemple que les personnes volontaires pour faire cet accompagnement puissent être formées sur les spécificités du handicaps. Aujourd’hui les quelques situations qui existent le sont de manière clandestine.  Mais l’accompagnement érotique et sexuel n’est pas la seule mesure à mettre en place. Il faudrait aussi une grande enquête sur la sexualité des personnes en situations de handicap, l’accessibilité à des structures de sante comme les centres de dépistage anonyme et gratuit, centres de planification. La formation du professionnel qui travaille dans les centres médico-sociaux est très importante… sans parler de l’accessibilité des lieux de loisirs tels que les bars ou les saunas !

Merci Fabrice !

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Quelques liens utiles :

Ma sexualité n’est pas un handicap – 25 avril 2014

Rencontres nationales de personnes avec handicap, de leurs familles et de professionnels de l’accompagnement pour un partage d’expériences et de réponses autour de la sexualité.

www.masexualitenestpasunhandicap.fr

Handivol

L’Association Handivol a pour but de promouvoir l’affectif, la sexualité parmi les jeunes et adultes handicapé, afin de faciliter la communication, la rencontre, et l’intégration social et citoyenne de tous.

handivol.org

Rencontres | VIH/Sida | 07.04.2014 - 00 h 22 | 3 COMMENTAIRES
« Annoncer son statut sérologique à ses conquêtes… ça peut aussi très bien se passer »

Merci Gabriel Girard pour l’inspiration…

Ça va bientôt faire trois ans que j’ai découvert ma séropositivité au VIH. Très tôt j’ai compris qu’assumer son statut sérologique ne dépendait pas du courage mais bien de la force et du soutien qu’apportent l’entourage, les amis, les proches. Grand adepte des rencontres, notamment par Internet, très vite s’est pourtant posée la question de le dire ou pas à mes conquêtes. A ce qu’il parait, les représentations sur les séropositifs vont bon train dans notre communauté. Il serait même impossible d’assumer son statut sérologique tout en essayant de faire des rencontres. En annonçant la couleur, ne risquerai-je alors pas d’être rejeté ? Voire pire, résumé à mon seul statut sérologique et l’objet de toutes les rumeurs ?

 

Au départ, une sorte d’obligation morale

En fait, je n’ai jamais eu d’attitude tranchée et définitive. Quelques jours après le fameux « le résultat de ton test est positif », les analyses ont montré que ma charge virale était explosive. Pour les profanes, cela signifie que le virus se multiplie rapidement et en grande quantité dans mon corps. Le risque de transmission à mes partenaires est alors élevé, même en me faisant simplement tailler une pipe. Je me sentais alors obligé d’en informer mes amants, même si dans nos pratiques je ne les exposais en fait à aucun risque, refusant par exemple toute fellation ou tout rapport non protégé. Je vivais pourtant à chaque fois ce petit stress qui te prend aux tripes. Savoir comment va réagir le gars… s’il ne va pas t’envoyer balader, se victimiser par un « ça me fait trop flipper dsl » ou pire, ne plus donner de nouvelle.

En fait, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire : il ne s’est absolument rien passé de différent par rapport à avant. Mes partenaires étaient compréhensifs.  Les réticences tombaient facilement. Certains me dévoileront même être eux-mêmes séropos ou alors avoir été en couple avec une personne touchée. Dans le meilleur des cas j’avais même le droit à des remerciements pour avoir été sincère. So cute.

En parallèle et tout de suite après mon diagnostic, j’ai demandé à mon médecin d’initier un traitement. De toute façon il y avait un intérêt pour ma santé. Mais je voyais surtout l’intérêt pour ma vie sexuelle, les rencontres, mes partenaires. Quelques mois après les premières prises de cachetons, ma charge virale était enfin « indétectable », indiquant que le traitement avait littéralement écrasé le virus dans mon corps. En tout cas pour ce qui me préoccupait avant tout, il y en avait en quantité insuffisante pour que transmission à mes partenaires il y ait.

Absence de risque pour mes partenaires : plus d’intérêt à le dire ?

Tant que je prendrai mon traitement correctement, je sais ne plus faire courir de risque à mes partenaires, même en cas de dérapage. Alors quel intérêt de leur dévoiler mon statut sérologique systématiquement ? S’ouvre alors une ère d’hésitation… du « cas par cas », du « on verra bien », du « ça sera au feeling ». Si je sentais une rencontre intéressante se profiler, je le disais avant ou peu après la rencontre. Sinon je m’abstenais… Et non sans un peu de culpabilité, j’avoue. En fait, le dire était devenu presque plus simple à vivre que de le garder pour moi. La raison était simple : je préférais prendre les devants plutôt que de me retrouver un jour devant l’inéluctable question qui finit bien par arriver : « t’es clean ? ». Et ainsi devoir répondre de mon statut sérologique, tout en m’exposant au reproche de ne pas l’avoir dit plus tôt. Le tout s’inscrivant dans un contexte assez incertain autour de la pénalisation de l’exposition au risque, jamais très loin de mon esprit paranoïaque.

Bon, il faut dire que le discours est rodé et travaillé. Je le dois à cet engagement dans la lutte contre le Sida qui m’a solidement armé. Il ne s’agit pas de dire « je suis séropo » et laisser l’autre ruminer avec cette info… Non. J’ai trop souvent entendu des mecs prétendre balancer leur statut sérologique à leurs partenaires comme une provocation, sans accompagner leur message de mots apaisants. Pour finalement se plaindre de ne jamais conclure… Une séropositivité bien expliquée est pourtant la clé contre le rejet. Expliquer ce que cela signifie pour soi. Expliquer ce que cela signifie pour son partenaire, en mettant l’accent sur le risque de transmission auquel il s’expose… ou pluôt le risque auquel il ne s’expose pas grâce à mon traitement. Et à ce sujet, l’argument de la « charge virale indétectable », à savoir le risque proche de zéro de transmettre le VIH, a toujours été mon arme absolue. Celle qui a toujours convaincu ceux de mes amants les plus inquiets.

Avec le temps… au fil des rencontres…

Ce serait mentir de prétendre que tout s’est toujours bien passé. Il est arrivé une fois qu’un garçon ne souhaite pas aller plus loin. Son père était décédé du Sida. Il ne souhaitait pas revenir là dessus. Plus tard néanmoins, il essaiera de me recontacter. Une autre fois, un mec qui me proposait un plan sans préservatif a littéralement cédé à l’hystérie lorsque je lui ai révélé mon statut sérologique. Il me bombarda d’insultes et de messages incohérents, prédisant ma mort proche, mon triste sort et la vie sordide que je devais mener. Il y a forcément raison à la déraison et il n’y en avait en tout cas ici aucune de me sentir visé personnellement. En s’exprimant ainsi, il a surtout exprimé maladroitement son rapport complexe à la sexualité et aux risques.

Ces deux exemples sont les seuls que j’ai en tête de réactions négatives. Deux. Rien de plus… Et je n’ose vous révéler le nombre à placer en dénominateur pour que vous calculiez ce que ça représente en proportion, au risque de passer pour une fieffée salope, comme dirait Brassens. Peut être y-a-t-il eu des occasions manquées ? Des gars qui savaient et qui pourtant n’ont pas souhaité m’aborder en raison du VIH… Mais que représentent-ils par rapport aux nombreuses rencontres où tout s’est passé avec sérénité ? Nous, séropos, sommes la meilleure arme contre la sérophobie. Nos munitions ne sont rien d’autres que nos mots. Ceux-là même qui permettent d’expliquer et de rassurer des mecs qui, d’un coup, se retrouvent face à une information qui peut être déroutante.

Quitte à le dire… autant l’écrire

Aujourd’hui, je suis devenu fainéant. Séro-fainéant. J’ai la flemme de prendre le temps de dire mon statut sérologique et de vivre ce stress de savoir comment va réagir le mec. Alors j’ai adopté la solution de facilité qui consiste à l’indiquer systématiquement dans mon profil, sur les sites de rencontre [voir captures d’écran ci-dessous]. Si une personne me contacte, j’ose espérer qu’elle aura lu mon profil. Elle est alors avertie.

Je crois qu’on ne m’a jamais autant contacté depuis… Pourtant, nulle part est-il inscrit que ma bite fait 24cm (oh c’est bon, j’ai le droit de rêver, oui !). Peut-être cette information sur mon statut sérologique amène-t-elle quelque chose de différent ou d’humain en ces lieux bestiaux ? Les curieux viennent poser quelques questions… les séropos envoient un petit « moi aussi, ça fait quelques mois ! »… Et dans la plupart des cas, je continue paisiblement à faire les mêmes rencontres passionnantes, excitantes et enivrantes avec vous, bande d’obsédés !

En fait, vous savez quel est mon secret pour les faire tous tomber ? Je suis séropo… chhuuut !

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Dépistage | Drogue | Hépatite C | IST | santé sexuelle | VIH/Sida | 12.03.2014 - 16 h 08 | 4 COMMENTAIRES
L’Europe des backrooms
lab.oratory

Drug, sex & electro

lab.oratory

Berlin, Cologne, Bruxelles, Gran Canaria… autant de villes qui raisonnent dans l’esprit de pas mal de mecs gays comme des lieux de pèlerinages incontournables de la culture hypersexuelle. Le développement des transports à bas prix couplé à la circulation plutôt facile au sein de l’espace Schengen ont sans aucun doute contribué à l’émergence d’une scène gay européenne.

J’aime la musique. Mais ma spécialité, ce sont les backrooms. Et quel plaisir ! Pour me rendre de temps à autres aux grandes soirées electro-sex et événements gays en Europe, l’excitation est toujours au rendez-vous. Toutes les nationalités sont réunies, l’attractivité dépasse les frontières  du Vieux Continent – on parle tous le même langage, un mélange entre le globish, le jockstrap et le cuir fétiche.

Musique cadencée et industrielle en fond sonore, torse-nu en petit short et bretelles, ma fiole de poppers dans la main droite, je traverse les couloirs enivrants et agréablement étouffants des corridors sombres, me frayant un chemin à travers la centaine de gars de tous horizons devant moi, certains perchés à la md’, meph’ et autres stimulants, à la recherche du prochains avec lequel baiser.

Même langage, mêmes codes… mêmes virus

Loin de chez moi je ressens à chaque fois la même sensation de liberté et de détachement. Parfois aussi, il faut l’avouer, de chaos. Notamment face à la difficulté d’assumer l’animosité qui m’habite à l’occasion de ces marathons sexuels auxquels je m’adonne, plusieurs heures durant et every single fucking day de ces voyages sexuels.

EuropeMapByNightAprès coup, c’est un peu la descente… avec combien de mecs est-ce que j’ai niké ? Ce soir là j’avais bien assuré en mettant une capote à chaque fois… putain pourquoi ce soir j’ai autant déconné ?

Derrière l’enfer paradisiaque des scènes sexuelles gays internationales se cache aussi une dure réalité : on estime qu’un tiers des mecs gays européens diagnostiqués pour le VIH se sont contaminés à l’étranger (1).

Il n’y a rien de bien nouveau dans une tel constat : le développement des voyages a toujours été une cause majeure de la propagation des épidémies. Souvenez-vous des maladies importées en Amérique Latine par les colons européens. La consommation sexuelle importante au sein d’un groupe, mine de rien assez restreint (les hommes gays sexuellement actifs), favorise la circulation rapide des infections sexuellement transmissibles. La question soulevée est alors plutôt de savoir quelles réponses apporter ?

L’Europe de la santé gay

Les discours de type « à Barcelone personne ne se protège », « à la Démence tu rentres ‘clean’ et tu ressors avec une chaude-pisse » sont totalement stériles. J’ai toujours été agréablement surpris par le nombre de mecs qui prenaient l’initiative de mettre une capote au Laboratory à Berlin ou à la Démence contrairement aux idées-reçues. Par ailleurs, il existe des soirées où la couleur est clairement affichée à l’image des « biohazard party » où le thème est le sexe sans capote entre séropo. Ca a le mérite de clarifier le niveau de risque auquel on s’expose, notamment pour l’hépatite C.

Force est de constater pour autant qu’il n’est pas rare de revenir de weekend avec une mauvaise surprise. Peut-on dès lors éviter cela ? Ou tout du moins réduire les risques ? Pour le coup, nous avons à faire à un public que l’on connait, facilement accessible et aux besoins clairement identifiés. En tout cas connus des associations de prévention dans toute l’Europe et auquel doit être proposé des services renforcés en santé sexuelle.

Notre communauté est le meilleur espace d’élaboration de réponses à ces besoins car nous savons où, quand et comment s’adresser à nos pairs. J’imagine bien une « fucking trousse » distribuée au départ du bus de la Démence, sur les sites des différentes soirées et comprenant capotes, gel, auto-tests du VIH et les adresses des lieux où trouver un traitement d’urgence à Barça, Tenerife, Berlin, Paris, Bruxelles… voire comprenant une boîte de Truvada (cachet permettant de prévenir de l’acquisition du VIH lorsqu’il est bien pris). …

Je rêve d’un supplément « Safer Sex » au guide Spartacus dans sa version papier ou smartphone permettant de trouver facilement le nécessaire pour prendre soin de son cul.

… Enfin je kifferai des équipes de prévention internationales sur les grands évènements sexuels gays, sillonnant les spots à la rencontre des mecs pour proposer dépistages complets, matis de prévention, orientation vers le traitement d’urgence, etc. Un peu à l’image de ce que AIDES a fait pendant l’Europride (voir ici).

(1) Fernández-Dávila P et al. Mobile men who have sex with men: an exploration in European residents of sexual risk taking while travelling abroad. 19th International AIDS Conference, Washington, abstract THPE373, 2012

Drogue | santé sexuelle | Sexe & Technique | 15.12.2013 - 19 h 15 | 18 COMMENTAIRES
Accident de poppers : Save Our Nose

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72719-banane-dtcImagine la scène : le matin, tu arrives au boulot le nez tout irrité. Un collègue te regarde l’air suspicieux et te dit :

« T’as vu tes narines ? Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
– ah mes narines ? Euh… et bien j’étais tranquillement en train de prier quand soudain paf un crucifix me tombe d…
– MENTEUR !!! C’EST UN ACCIDENT DE POPPERS !!!! HAHAHA LA HONTE ! »

Bon je ne suis pas sûr que ça se passerait comme ça dans la réalité mais peu importe : nous allons traiter de cette question, ô combien douloureuse chez nous les gays, des accidents de poppers, lorsqu’on se renverse quelques gouttes sur les narines, brûlant ces dernières et provocant l’apparition quelques jour durant d’une petite croûte jaunâtre pas très sexy.

Pourquoi de telles brûlures ?

Je vous passerai le cours de chimie qui explique pourquoi ça brûle, car je crois qu’on n’en a rien à faire et surtout j’ai arrêté la chimie en seconde dès que l’opportunité m’en a été donnée. Je serais mal placé de vous en donner.

Les accidents de poppers se produisent bien souvent dans un cas précis : je suis en train de me faire prendre et j’ai soudain l’envie de me percher avec quelques inhalations de poppers. Sauf que les coups de reins de mon (ou mes) partenaires ou la position inadéquate dans laquelle je suis (ex : essayer d’en respirer allongé sur le dos) font se renverser une partie du contenu de la fiole sur mon nez ou plaque ce dernier contre les parois, au moment même où je l’approche pour sniffer les vapeurs qui s’en échappent. Et là, le drame.

Quels sont les trucs et astuces à avoir en tête ?

D’une part les mecs, un peu de bienveillance. Lorsque vous êtes en train de voir votre partenaire qui veut se faire une montée de poppers, ralentissez le rythme des va-et-vient voire arrêtez-vous quelques secondes jusqu’à ce que le flacon soit rebouché. En plus, les petites pauses répétées favorisent l’endurance JDçJDr 😉

L’autre jour à l’occasion d’une soirée fort sexuée, j’ai eu l’agréable surprise de tomber sur un mec qui avait transvasé le contenu de sa fiole de poppers dans un tube en plastique plus long (ou alors qui avait trouvé un fournisseur qui proposait du poppers en tube). Ainsi le contenu avait moins de risque de se renverser, néanmoins les parois étaient plus coupantes, ce qui peut être un peu risqué (hépatite etc.) si l’on se passe le tube de nez en nez.

Bon, ce n’est pas tous les jours qu’on trouve un super tube adéquat. Aussi en attendant, vous pouvez utiliser la tactique du pop’addict professionnel : serrez la bouteille dans votre main de telle sorte que les parois se retrouvent protégées de vos narines par vos doigts. Il suffit alors de placer le nez sur l’orifice formé par votre main et d’inhaler le contenu qui s’évapore de la fiole.

Vaseline mon amour

Si malgré tout cela le drame se produit et pour diminuer le risque de passer pour la coquine du service le lendemain au boulot (la vérité fait mal à entendre), le premier réflexe est d’aller se rincer les narines avec de l’eau pour faire partir le produit. Tu pourras ensuite appliquer un produit cicatrisant pour apaiser la brûlure (ex : cicatril). Sache également que la vaseline peut être appliquée avant, pendant et après leS rapportS sexuelS aider à la reconstitution des tissus nasaux (j’ai l’impression d’être dans une pub pour cheveux forts et cassants).

Car même sans accident de poppers, il n’en reste pas moins que les vapeurs qui s’échappent de votre fiole de tous les plaisirs attaque les parois nasales. Pour plus d’information sur le poppers, sa composition, certains risques (cardiaques, respiratoires, oculaires, neuro, etc.) et la passionnante passe d’arme juridique entre l’Etat et le SNEG en France contre son interdiction, n’hésitez pas à aller sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Poppers

Non classé | 02.12.2013 - 23 h 57 | 3 COMMENTAIRES
Addiction au sexe : petites visites chez la psy !

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Freudisgay.png« Note de la rédaction » : cet article ne parle pas de castration chimique, d’ablation des testicules ou autre technique d’arrêt brutal de toute vie sexuelle. Il s’agit ici au contraire d’un article sur le bien-être.

La prise de conscience

Depuis le début de ma vie sexuelle, je suis traversé par des phases d’addiction au sexe. Dès l’adolescence, cela se traduisait par de nombreuses heures passées devant des films pornos – parfois jusqu’à 7 ou 8 par jour, et un isolement fort avec cette problématique. Aujourd’hui cette addiction se manifeste par des cycles d’envies irrépressibles de trouver de nouveaux partenaires sexuels, avec une forme de lâcher-prise. Et à chaque fois, la même musique : tout mon esprit se focalise sur cette recherche d’assouvissement ; une fois l’acte passé, une satisfaction passagère, vite remplacée par un sentiment fort de culpabilité. Et ce depuis maintenant une dizaine d’années avec, en association, une capacité bien médiocre à me protéger et une vie de couple considérablement altérée.

Après quelques discussions avec mon partenaire qui m’aide à prendre conscience de ce rapport complexe au sexe, nous convenons que j’aille consulter une psychologue. Une démarche qui n’engage à rien, visant peut-être plus la compréhension de ce que je pouvais vivre dans la relation au sexe, que le changement de la situation actuelle. On me conseille d’aller voir la psycho-sexologue du « 190 », centre de santé sexuelle situé dans le 20e arrondissement de Paris. Les consultations sont gratuites.

Premiers rendez-vous…

Je n’ai jamais été très psy, je dois avouer. Bien dans mes clichés, j’ai souvent eu peur d’être résumé à des bribes de théories : « … élément perturbé recherchant à tuer la mère pour vivre avec le père ». Bon. A minima, j’essaie de réfléchir à l’objectif de cette démarche pour le partager à l’occasion du premier rendez-vous : comprendre, plus que changer. Dans un premier temps, c’est ce qui apparaît comme étant le plus accessible.

La psychologue que j’ai rencontrée aura été brillante. Cas d’école ou pas, en quelques minutes j’étais cerné : les éléments de réflexion proposés au cours de nos discussions ont été d’une grande utilité. Un peu comme si nous avions soudé les fils conducteurs pour permettre au courant de passer. Est ainsi mieux comprendre d’où peuvent provenir ces phases d’addiction au sexe, dans quel contexte elles se manifestent ou encore quelles autres de mes comportements peuvent avoir la même origine.

A vous de jouer

Je ne vous en dirais pas plus. Cela m’appartient je crois (bande de voyeuristes). Ce petit témoignage vise à rappeler que face à une addiction qui n’est pas des moins tabous, il existe cette possibilité d’être accompagné.

Vincent

Plus d’infos : www.le190.fr

Non classé | VIH/Sida | 07.04.2013 - 18 h 51 | 19 COMMENTAIRES
Bon… la pipe, c’est risqué ou pas ?

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S’il est avéré que la plupart des Infections Sexuellement Transmissibles peuvent être transmises par rapport oral, il faut l’avouer, un flou monstre règne autour du risque de contracter le VIH en taillant une pipe. Une zone d’incertitude qui est de nature à entretenir les fantasmes et qui a longtemps divisée les acteurs de santé. Pour autant des personnes déclarent s’être contaminées par fellation.

Alors, où en est-on sur la fellation (bordel) ?

Des résultats scientifiques difficiles à obtenir

De nombreuses études se sont intéressées au risque de transmission du VIH associé aux rapports oraux-génitaux. S’aventurant même à publier des estimations du risque que vous avez de vous contaminer en taillant une pipe. Estimation qui ne veut absolument rien dire en soi :

  • Le niveau de risque va varier en fonction de ta pratique de la fellation. En gros si tu la prends uniquement dans la bouche ou bien si tu te l’enfonces bien au fond de la gorge. Si tu prends le sperme en bouche, si tu l’avales ou pas et quelle quantité ;
  • Sucer des bites entre mecs est nettement plus à risque que les rapports oraux-génitaux hétéros du fait de la dynamique de contamination plus importante parmi le groupe des mecs qui baisent entre eux (c’est si joliment dit !) ;
  • Enfin dans les études qui sont réalisées des biais énormes existent : peu de gens déclarent s’être fait contaminer par rapport oral et parmi ceux-ci rien ne nous dit qu’ils ne cachent pas avoir eu d’autres pratiques, notamment une pénétration non protégée, plus tabou à révéler. Ensuite les études ne distinguent pas la diversité des pratiques oral (je suce/je me fais sucer, profond/pas profond, éjac bucale/pas d’éjac bucale, ingestion du sperme/pas d’ingestion du sperme). Enfin d’autres biais se posent propres à la méthodologie de recherche ;

A défaut d’avoir une valeur précise de la probabilité de choper le VIH en suçant, l’intérêt néanmoins de ces études aura été d’établir une échelle des risques – certes imparfaite. Celle-ci nous autorise à dire que la probabilité de contracter le virus du Sida en suçant une bite est infiniment plus faible que lors d’une pénétration sans préservatif. De nouveaux éléments sont néanmoins venus nous apporter quelques éclaircissements ces dernières années.

Sucer à l’heure du traitement en prévention

En 2008 un pavé dans la marre a été lancé par l’avis de médecins suisses, le Dr Hirschel et son équipe, sur le risque de transmission du VIH. Complété depuis par d’autres études, l’idée est de dire que lorsqu’une personne séropositive prends bien son traitement et que celui marche, le risque de transmettre le VIH s’effondre. En effet il n’y aurait pas une quantité suffisante de virus dans les liquides contaminants (sang, sperme, sécrétions génitales) pour permettre la transmission.

Or dans quels cas y-a-t ‘il un niveau de virus suffisant dans les liquides contaminants ?

–          Au tout début de l’infection lorsque le virus se réplique à toute vitesse jusqu’à atteindre des millions de copies dans le sang, le sperme et les sécrétions. Le risque de transmission à ce moment-là est alors très élevé. Cette période serait même responsable de bon nombre des cas de transmissions du VIH ;

–          Si la personne ne suit pas un traitement antirétrovirale ou ne le prends pas de manière satisfaisante, rendant difficile d’écraser le virus, une quantité de virus certes plus faible qu’au début peut en effet être suffisante pour transmettre le VIH ;

On peut alors se dire que pour la pipe, le risque de transmission peut être important si mon partenaire est effectivement séropositif, notamment s’il vient juste d’être contaminé et s’il ne prend pas de traitement ou ne le prend pas correctement. Mais vous allez me dire : « ah mais t’es gentil toi, mais y’a pas marqué sur son front tout ça ? ». Et il est vrai aussi, nous ne discutons pas toujours de ça lors de nos rencontres…

« Moi, je suce sans capote, je fais comment alors ? »

Ce n’est pas évident de savoir où en est ton partenaire sur son statut sérologique – peut-être ignore-t-il lui-même sa séropositivité. D’ailleurs plus de 3 contaminations sur 5 sont à l’origine de personnes qui ne savent pas qu’elles sont porteuses du VIH, à défaut de ne pas avoir encore été dépistées [1]. Si tu  fais le choix de ne pas utiliser de préservatif lorsque tu tailles une pipe, voici du coup quelques infos-clé à avoir en tête :

  1. Le sperme et le liquide pré-séminal peuvent contenir beaucoup de virus. Les prendre en bouche ou les ingurgiter augmente donc significativement le risque de contracter le VIH si ton partenaire est contaminé et ne prends pas de traitement ;
  2. Une plaie ouverte ou des aphtes seraient susceptibles de constituer une porte d’entrée pour le virus. Par exemple le brossage de dents favorise les saignements et il est recommandé d’attendre deux heures après s’être lavé les dents pour tailler une pipe (sinon un chewing-gum fera l’affaire mais ne le dis pas à ton dentiste) ;
  3. Les gorges profondes mettent en contact le sexe de ton partenaire avec une partie du pharynx. Partie plus à risque de faciliter le passage du VIH (peu de salive pour protéger les muqueuses et fortes présences des cibles du virus dans cette région) ;
  4. Si nous nous faisons tous dépister régulièrement du VIH et des IST, nous limiterons le nombre de transmissions. Tu as la possibilité de faire des tests du VIH à résultats immédiat dans les associations ou un check-up de toutes les IST dans le Centre de Dépistage le plus proche de chez toi ;
  5. Si tu penses avoir pris un risque, sous 48h tu peux aller récupérer un traitement d’urgence à l’hôpital le plus proche (la nuit aux urgences, le jour au service des maladies infectieuses s’il y en a un, sinon aux urgences direct). Le VIH se matérialise dans les premières semaines par des symptômes qui ressemblent à une grosse grippe (fatigue, maux de tête, ganglions au cou, aux aisselles et à l’aine notamment). N’hésite pas à aller faire un test si tu perçois ces symptômes et que tu penses avoir été exposé à un risque de contracter le VIH.

En conclusion, s’il est difficile d’établir un niveau précis du risque de transmission lors de la fellation, celui-ci dépendrait fortement de la quantité de virus dans le corps de ton partenaire s’il est séropositif et s’effondrerait s’il prend un traitement. Si tu décides de ne pas mettre de préservatif, il existe néanmoins des techniques pour réduire le risque d’acquisition du VIH (éviter d’avaler ou les gorges profondes, faire attention aux plaies, traitement d’urgence) et des réflexes pour réduire le risque de transmission à ses partenaires si l’on vient d’être contaminé (dépistage, prise de traitement).

Vincent

PS : je suis sûr que tu es toujours aussi frustré qu’avant de la réponse que je viens d’apporter…


[1] V. Supervie, D. Costagliola

 

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